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La Nouvelle Revue Française N' 121 (Janvier 1963)

De
200 pages
Marcel Arland, Lettre sur une Éducation sentimentale (I)
Georges Poulet, L'Espace proustien (I)
Eugčne Guillevic, En cause
Jean Paulhan, Énigmes de Perse (II)
Jean Dutourd, Histoire de Sébastien
Chroniques :
Maurice Blanchot, La Littérature encore une fois (II)
Étiemble, Jeou P'ou-Touan ou Jou Pu-Tuan?
Philippe Sollers, Un Nouvel Étranger
Claude Roy, Racine et Dubillard
Jean Revol, Art et aliénation
Notes : la poésie :
André Miguel, Au secret des pierres, par Jean Lebrau (Gallimard)
Notes : lettres étrangčres :
Jacques Brosse, Anthologie de la poésie chinoise classique, par Paul Demiéville (Gallimard)
Robert André, La Frontičre, par Uwe Johnson (Gallimard) - La Parlerie, par Giancarlo Marmori (Le Seuil)
Notes : le roman :
Robert André, La Route de Varennes, par Willy de Spens (Plon)
Jacques Chessex, L'Aprčs-midi, par René Pons (Gallimard)
Willy de Spens, L'il du centre, par Paul Savatier (Gallimard)
Notes : le cinéma :
Claude Ollier, Le Dit des années de feu - Coups de feu dans la sierra
Notes : la musique :
André Boucourechliev, Panorama de l'art musical contemporain, par Claude Samuel (Gallimard)
Notes : les arts :
Jean Revol, Le Corbusier (Musée d'art moderne)
Gilbert Vincent, Reliefs gravés, par Roger Vieillard (Galerie Coard)
Jean Revol, Janine Béraud (Galerie Gérard Mourgues)
Jean-Jacques Lévęque, Rezvani (Galerie Saint-Germain)
Notes : lectures et spectacles :
Gilbert Vincent, D'Artagnan amoureux, par Roger Nimier (Gallimard) - Les Noces de la Vanille, par Lo˙s Masson (Laffont)
Jacques Chessex, L'Astrologue renversé, par Michel Bernard (Julliard) - Derričre la baignoire, par Colette Audry (Gallimard)
Gilbert Vincent, La Fin de la semaine, par Albert Bédarrides (Le Seuil) - Les Bagages de sable, par Anna Langfus (Gallimard) - Les Pianos mécaniques, par Henri-François Rey (Laffont) - Rendez-vous sur la Terre, par Pierre Hulin (Gallimard)
Jacques Chessex, Le Pęcheur, par Michel Alvčs (Grasset) - Entre les barricades, par Michel Alvčs (Grasset)
Willy de Spens, Les Quatre Cavaliers, par Georges Bordonove (Julliard) - Du côté de l'ombre, par Jean Sulivan (Gallimard)
Claude Roy, L'Éternel Mari, de Dostoďevski (Théâtre de l'Alliance Française)
Les revues :
Gabriel Germain, Sur les traces de Victor Segalen
Jean Guérin - Georges Mounin, Sur une nouvelle définition du langage
Jean Guérin, Les cigognes, l'ours, l'aigle doré et les calculs bovins - Divers
Correspondance :
Claude Elsen, Une lettre
Le temps, comme il passe :
Jacques Chardonne, Réfractions
Jean Grosjean, Graduel
Michel Deguy, Essai de prolongement du Rire
Robert Levesque, Les Palmes d'Alicante
Textes :
Emily Brontë, Quatre počmes
Voir plus Voir moins
LANOUVELLE RevueFrançaise
LETTRE SURUNEÉDUCATIONSENTIMENTALE
Quelâgeaviez-vousencestemps,professeurAubertin, quand,devotrechaire,vousfixiezsurmoiunregard quejen'aipuoublier?Jeretrouve,aprèsquarante-cinqans,votrepuissantefigurelehautfrontsousle crânechauve,lesyeuxinnocentsetfarouches,legrand nezcorvin,la broussaillegrisonnantedessourcilset delamoustache,lafatigueetl'amertumequisillon-naientd'ombrelejaunebilieuxdestempesetdes maigresjoues.Jevousrevoisdansvotreéternelveston dechasseurauxboutonsdecuivre,quibravaitles convenancesducollège.J'entendslebruitdevosgros souliersàclousquimartelaientleplancherdenotre salle,tandisque,lesmainsderrièreledos,vousalliez entrenosbancs,d'unmuràunmur,frontbaissé, soufflantenhérissonsouslesfeuilles.Quel âge?I/âge mevoiciàprésentl'âgedelaretraite,etjedoute que,l'ayantprise(enclaquantlaporte),vousayez faitdesosbeaucoup plusvieux;lasolitude,lefoie, lesmauvaissouvenirs,lasouillonquivousgrugeait jevousaccordecinqousixannéesdeméditationsur lesbiensdecemonde.MaisenfinjeneparlèniàUn
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE vivant,nitoutàfaitàunmort;etcenomquejevous donne,était-ceceluiquevousportiez?Mettonsque je m'adresseàuneimage. Uneimagequim'estsouventrevenue.Jemesuis trouvé,àlafind'octobre,dansmonvillagenatal,à peinesortid'unelongueconvalescence,etl'âmeaussi malenpointquelesyeux.Unmerveilleuxautomne m'yattendaitcequelalumièreadeplusfragileet deplusgrave;cequelesgens,auseuildel'hiver,ont d'ingénu;dansledépouillementdeschoses,unehar-moniefondamentale,unevibrationsilencieuse,unchant toutefoislepluspur.Jemepromenaisàmi-ciel, toutétonnéetheureuxdemesentirauxtalonsunpeu desableoudecrottin.Bref,unenchantement;sibien quej'airedoutélasuitelamaisonsansfeu,l'horloge quinebatplus,lesrestesmoisisd'uneenfance,trop demortspouruneveilledeToussaint.J'aigagné,à trentekilomètresdelà,notrebonnevilledeLangres. Cefutaussitôtlabrume,lefroid,leventmaussade enunedemi-heureunautremonde,comme,jadis, lemondeétouffaitàlongueurdesaisonunenfant quin'avaiteujusqu'alorsd'autresmesuresquedes boisetdeschampssanslimites.Simplementprivilège del'âgeetd'unelibertéreconquisejevenaisàprésent enpromeneur.Jemesuisdoncassuréd'unechambre chaudeetd'unetabledécente.Aprèsquoi,dehors Unvraitouriste.Etj'airôdédeuxoutroisheuresdans lapénombreoulaparfaiteobscuritédesrues,passant devantnotreantiquecollège,saluantnotrePhilosophe debronzequigrelottaitsursonpiédestal,hésitant soudaindevantcettemaison,unpeuplusmisérable qu'ellen'étaitrestéedansmonsouvenir.Pasunchat, niunedévoteattardée,surleparvisdelacathédrale elleétaitclose,maisjenesouffraispointd'uncœur repentant.Pardelàlesportescochères,lescoursetles perrons,lesvieuxhôtelsbourgeoiscontinuaientleur
LETTRESURUNEÉDUCATIONSENTIMENTALE
mort.Desruellesenpente,desimpasses;plusloin,un longbâtimentsilencieuxilsiedquetoutesouffrance s'endorme,lanuittombée,dansunhôpitaldesous-préfecture.Jesuisenfinparvenuauxrempartsetj'ai suivilecheminderondejusqu'àlatourSaint-Ferjeux. J'entendaislesplaintiveschienneriesduventsousla voûtedespoternes.Partoutlabrume.Était-ilpossible qu'ilsetrouvât,aufonddecesténèbresvisqueuses, unvillagequipûtm'apporter,àtoutlemoinsunefois touslesdeuxans,unaccord?Jecontinuaismaroute enaveugle.Maisvousétiezavecmoi,professeurAuber-tinilmesemblaitpoursuivrelamarchequevousaviez silongtempsmenée.Avecmoi,m'entendez-vous? Commejadis,etcommetoujoursdèsquejepenseà cettevilleetàcemondequinousenfermaienttous deuxetnouscrispaient,l'unàl'approchedesafin, l'autredanslacraintede nesavoirvivre.Cefutcette avant-veilledesTrépassés,maisdanslabonnetiédeur demachambre,quej'airésoludevousécrire.
i
Octobre;notrecour,celledespetits,àlarécréation dedixheures.Nousétionsunetrentained'enfantsà jouer(ilfaisaitfroid)ouplutôtàchercherunedétente. Maisquanddoncai-jepumedétendreentredesmurs etdescompagnonsimposés? Aufonddelacour,contrelemurleplussombre, lepréaus'étendaitentrel'escalierdudortoiretcelui duPrincipal.Etcommechaquematin, surlamarchedu seuil,lePrincipalapparut.Nousétionstoujoursgênés parlaprésencedecegrandhommeenhabitnoir, auxyeuxlointainsdansunelongueetnoblefigure blême.UnGrandHomme,etnousl'admirionscomme unhérosdenoslivres.Sagravité,sessilences,sesrares
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
parqles,jusqu'auxsouriresquitombaientparfoisdesa mouelippueetcravatéedeblanc,nousfrappaient decrainte.Maiscejour-là,àpeinesinousreconnaissions ledieuducollège;sa tenuenousenimposait moins;levisagesemblaitfaireuneffortpourgarder saréserve;leregardétaitplusprocheetpourtantun peunoyé;lesbrasavaientquittéledospourpendre lelongdeshanches.Peut-êtresongeait-ilàsonfils quidepuisquelquesjoursétaitmalade.Etqu'ileût surmontésapeinepourtenirauprèsdenoussonrôle, quel'onpûtsurprendrechezuntelhommelestraces d'unehumanitécommuneavais-jedema vierêvé plusbelleleçon?Grandeurettendressemavoieétait tracée. Soudain,latendressel'emporta.Undenosaînés, JeandeCharonne,quittantsacourpourlanôtre, venaitdesedirigerversl'Hommeduseuil;ilsalua, parutposerunequestion,aveccettegrâcelégèreque j'admiraistant;etvoiciquelePrincipal,attentif, charmé,posaitsurlefrontdurhétoriciendeslèvres recconnaissantes.JeandeCharonne,aveclemême naturelqu'ilavaitapportéàsadémarche,repritle chemindesonétude,etnousditenpassantquele maladeallaitmieux.Charonnen'étaitpas,deloin, lemeilleurélèveducollège;maisleplusélégant,et simpledansl'élégance,affable,nullementobséquieux; etpuisilvenaitdesAntilles.Jetrouvaisjustequ'il eûtparlépournous,et,songeantàlabonnenouvelle dontilnousavaitfaitpart, j'étaisému,j'étaisheureux; jel'étaispourleFils,bienqu'ilnefûtpasdesnôtres, pourlePrincipalplusencore,dontj'avaispucomprendre l'inquiétudepaternelle.Monpère,sansdoute,était mortunpeutroptôtpourtémoigneràmonendroit d'untelsouci.Maisjenemanquaispointd'imagination. Cependantl'undemescamarades,garçondebonne etpieusefamille(lestissusCalombe),seglissaitlente-
LETTRESURUNEÉDUCATIONSENTIMENTALE
mentlelongdumur,d'ungroupeàl'autre,commesi derienn'était,s'arrêtantparfois,reprenant,l'air songeuroudétaché;ainsijusqu'auseuilsetenaitle Principal.Etdenouveaunousvîmeslagrandefigure prêterl'oreille,s'éclairer,dessinerunsourireému, sepencherenfinsurlefrontd'unCalombeplusconfit qu'àlaSainteTable.Maisdéjàunautre«Calombe» seprésentait,etd'autresderrièrelui,quiprenaientrang, ettous,tandisquesurlamarcheduseuillePrincipal necessaitdesecourber,déposantsurlesfrontsenfantins toutelatendreémotiondesanoblelippe. Pourmoi,durementappuyéàl'unedes colonnesde fontequisoutenaientlaverrièredupréau,jenefus d'abordquestupeur.Maiscedéfilé,cetteprocession, ceconcours,cesairsdecandeurineffableetd'intime jouissance,et,là-bas,leGrandHomme,lehérosdu DeViris,quiseprêtaitetparticipaitàcetteabjec-tionpeuàpeuj'encrevaisdehonte. Laclocheenvainsonna.Ilfallaitquechacuneût sontour,etposâtlamêmequestioningénue,avecune mineàchaquefoisplusanxieuse,maissoudaind'autant plusrayonnante,etqu'ilobtîntlamêmeobole. J'attendaistoutducollège.Cefutlapremièreleçonque j'enreçus.J'osedirequ'ellefutdurable.Vousrappelez-vous,Professeur,vousqui,devotreclassed'allemand guettiezvosélèves,cegaminquevousavezvutraverser lacour,lespoingsserrés,lesyeuxgros.J'aigagné monbanc;maisjenepouvaism'asseoir.Vousme regardiez.Vousm'avezdit Tun'yvaspas? « » Jenepouvaisrépondre.Et,vousapprochant «Alors?Onserévolte?» jenesavaispasquetantdedétressepûts'appeler Oh révolte.Vousavezconcluaprèsunlongsilence «Tuasbienfait, » Puis,compassionouamertume
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
«Écouteçanesuffitpas,larévolte.» Etvousvousêtesmisàmarcherdanslapièce.Le mur,lesbancs,lemur. Tupasseraschezmoidimanche.Jetedonnerai « quelquesbouquinsdontjen'aiquefaire.» Ettoujoursvospas.Jelesentendsencorecesoir jevousécris,etilmesemblequej'écrisunpeu commevousmarchiez.
Voiciunenfantdansuncoindecampagne,vers quatreheures,enseptembre.Lecoinleplushumble untrousanshorizon,unchampenfriche,unpeud'eau dansuneornière,entrelesherbesfolles.Jemetiens accroupidevantcetteeau,quiestpure,quipasseavec lejour.Jenechercherien,jenesongepas àjouer, jenemeraconteaucunehistoire.Iln'yariend'autre, sinon,venuedetrèsloin,unerumeurdepeupliers. Etjenemedemandepascequejefaisnicequim'attend. Pasdavantageceque jesuis.Maisjesuislà,avecces chosesquimepermettentdevivreetdontjepartage uninstantlavie.C'enestassez.Leresteviendraplus tard. Lerestecommenceàveniràmesurequejeremonte lacôteverslamaison,etquelegrandpaysages'ordonne, collinesetvallées,souslalumièreetlesgravesombres ducouchant.Oui,resteàrejoindreleshommesetleurs coutumesconditionsprovisoires,audemeurant familières,etquinesontpastoutessansdouceur larentréedestroupeauxetdesvoituresdefoin,les vieillessurlepasdesportes,lalonguecuisinedeterre battue,lesplaintesoulessilencesdemamère,l'alcôve ténébreuse,mais,jusquedansl'alcôve,lapenséede cetteimmensecampagnejerespireetm'endors enfin.
LETTRESURUNEÉDUCATIONSENTIMENTALE
Jetezcetenfantentrelesmursd'unepetiteville, laplusferméedepositionetdemœurs.Moiquidéjà, dansmonvillage,n'aimaisquelesquartierslesplus pauvres,parcequechaquemaisonyavaitsonindé-pendance,etquileurpréféraisd'ailleurslesmasures parsemées dansleschamps,jenepouvaisadmettre, jenepouvaiscomprendrecetteville,ceslourdspâtés d'immeubles,cesmontrueuxenroulementsdetermi-tière,cetterépartitiondecellulesplusou moinshautes, plusoumoinsornées, selonlesconditionssociales, cetteignoranceoucettepeurdetoutcequenous devionsànotreoriginelaterre,etlecielquiluiest donné,lesanimaux,lesplantes,l'eaudessources,la respirationetlamarchesansfrein,lesriressansver-gogne,lesjurons(pourquoipas?),leslarmesquand ellesviennentetn'importeoù,etlagrâcequ'ilfaut saisiràl'instantelletombe. Auprixdeceschosespremières,toutmeparut longtempssubstitutiondérisoireetcomédiedesinges. Toutoupresquetout.Jeveuxdiretoutcequineme semblaitpasleprolongementdeceschosesdansun autredomaine,lemoyendelesrevivreetdelesfixer. Jenemanquaispasabsolumentd'espoir.J'avaisquelque lectureetmêmejecommençaisàépelerenmoiquelques motsassezintimes.Lesquels,Professeur?Ehbien, Dieu(dontje gardaisquelquessouvenirs),l'amitié, dontj'apprenaisleslégendes,etl'amour,vouslepensez bien,quin'étaitpasencorevenu,maisdontjesentais laplacetoutevive,etlevœu.Ilyavaitaussi,parlons bas,cetteétrangeaventurequejesoupçonnais,quand unepaged'unlivre,unépisode,unefigure,quelquefois unesimplephrase,meserraitlecœur. Etlà-dessusmonéducationcommença,quin'est pasfinie.
LANOUVELLERTÎVUKFRANÇAISE
Noushabitions,lapremièreannée,mamère,mon frèreetmoi,uneancienneboucherie.Leboucherétait mortdepuislongtemps,laissant unfilsvétérinaireet, pourveuve,unevraiedame.Grasseetcourte,délica-tementvêtue,unpeusourde,unbrinpoudrée,de l'onctiondanslavoix,etdansleproposuneinnocence quedémentaientdesyeuxtrèsavertis,MmeGoldmann nouslouaitaupremierunvestibuleetunechambre, avecdeshoussessurlesfauteuils,unearmoirebretonne dontellegardaitlaclé,et,pourlatraverséedela chambre,deuxbarquettesdechiffons.Ilvadesoi quelabellechambre,nouslaréservionsausommeil; lejournousrestionsaurez-de-chaussée,dansl'arrière-boutiqueunepetitepiècesombrequidonnaitsurune courminuscule,encagéeentredehautsmurs.Quantàla boutiquemême,onn'yvoyaitplusàprésentquedes potsdefleurs;maisilyesttoujoursrestépourmoi, lesoirsurtout,quandjerentraisdel'étude,des fantômesdebêtes,unelourde odeurdesang.Jene pourraijamaisaimerlesboucheries. Jen'enaimaispasmoinslaviande;maisnousen mangionspeuc'est qu'ilnousfallaitvivredesquelques sousqueparvenaientànousdonnerchaquemoismes grands-parentsmaternels.Ilestvraiquenousavions d'autresressourceslesamedi,unhommedenotre villagevenaitaumarchédeLangres,danssonchariot pleindefruitsetdelégumes.Vershuitheuresdumatin, quandils'arrêtaitdevantl'immeuble,nousentendions hennirsonchevalcommesilabêteeûtflairé,malgré l'odeurdespotsdegéraniumoudejacinthe,l'odeur impérissabledusang.Mamère,quiatoujourseule sensdesmotsnobles,disait«C'estleMessager.» Laporte,ens'ouvrant,déclenchaitunesonneriequi résonnaitjusquedanslacour.EtvoicileMessager, unpetithommefortementmoustachu,souriantet pleureur,lefouetàlamain,souslebrasunpanier,