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La Nouvelle Revue Française N' 135 (Mars 1964)

De
200 pages
J. M. G. Le Clézio, Le jour oů Beaumont fit connaissance avec sa douleur
Marcel Jouhandeau, Journaliers
Daniel Boulanger, L'oncle d'Asie
Jean-Claude Renard, Et les Îles feront silence
Michel Foucault, La Prose d'Actéon
Louis-Ferdinand Céline, Virginia
Chroniques :
Maurice Blanchot, L'Apocalypse déçoit
Roger Judrin, Feux et fées
Alain Bosquet, Patrice de La Tour du Pin ou La vie recluse
Robert Abirached, Vivre en Suisse?
Étiemble, Twist, Touiste ou Tvite? (Fin)
Jean-Louis Curtis, Entre le naturel et l'artifice
Notes : la poésie :
Jacques Chessex, La Semaison, par Philippe Jaccottet (Payot)
Maurice-Jean Lefebve, La Gangue et le Feu, par Claire Lejeune (Bibliothčque Phantomas)
Notes : littérature et essais :
Roger Judrin, Moličre, par Jacques Guicharnaud (Gallimard)
Willy de Spens, Rivarol, par Jean Dutourd (Mercure de France)
Roger Judrin, L'Historisme, par Carlo Antoni (Droz)
Notes : le roman :
Georges Anex, Été indien, par Claude Ollier (Les Éditions de Minuit) - Un ręve plus long que la nuit, par Alain Jouffroy (Gallimard)
Claude Michel Cluny, Aube ou La vertu, par Michel Bernard (Julliard)
Notes : les arts :
Jean Revol, Victor Hugo dessinateur (Le Minotaure)
Frank Dunand, Un art ŕ l'état brut, par Karel Kupka (Guilde du Livre)
Lu et vu :
Philippe Jaccottet, La Derničre Ligne, par Alain Borne (Club du Počme) - Table rase, par Paul Valet (Mercure de France) - Environs d'un temps, par Didier Coste (Éditions de Minuit)
Claude Michel Cluny, Un soldat en déroute, par Gilles Lapouge (Casterman)
André Miguel, Ŕ tout prix, par Roger Rudigoz (Julliard) - Trémolo sur l'il, par Jean Dubuffet (Gaston Puel)
Le temps comme il passe :
Roger Judrin, Aprčs coup
Jean Grosjean, Commentaires selon Jean (IV)
Philippe Jaccottet, L'hiver au nom si juste
Jean Dutourd, Le petit Jean-Paul
Armen Lubin, Ŕ la nuit venue
Louis Guilloux, Notes 1935
Jean Lebrau, Brindilles
Textes :
Virgile, La Descente aux Enfers (Fragments)
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LANOUVELLE REVUEFrançaise
FIT
LEJOURBEAUMONT CONNAISSANCEAVECSADOULEUR
LapremièrefoisqueBeaumontdutfaireconnaissance avecsadouleur,cefutaulit,versquelquechosecomme troisheuresvingt-cinqdumatin.Ilseretournasurlemate-las,péniblement,etsentitlarésistancedescouvertureset desdrapsquiparticipaientàsonmouvement derotation, maisd'unefaçonincongrue,ens'yopposant.Commesi unemaininvisibleavaittordulestissusautourdesontorse etdeseshanchesimmobiles.Aprèsquelquesminutes,ou quelquessecondes,ilessaya,lesyeuxfermés,desedégager entirantavecsamaingauchesurlesplisdesonpyjama etsurlestorsadesdesdraps.Ilneréussitqu'àserendre davantageprisonnier,et,lamauvaisehumeurlegagnant, ilruadansl'enchevêtrementdecequidevaitressemblerde plusenplusàunecamisoledeforce.Sesdeuxpiedsper-cèrentàlafoisetsurgirentauboutdulit,livides,plon-geantd'unseulcoupdanslefroid.Lesderniersrestesde laparesse,l'engourdissementdusommeil,sansdoute,le maintinrentencoredanscetteposition;maislesentiment d'uninconfortsournois,unmalaisetrèsintellectueletcepen-dantphysique,granditdanssonesprit.Soncerveaurecom-mençaitàfonctionner.Desimagesfugitives,àpeinetracées,
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
s'allumaientets'éteignaient sursesrétines,àl'abrides paupièresjointes,commedesenseignesaunéon.Ilyavait unebarqueenboisquidérivaitsurunerivièrebrumeuse, etilramaitdetoutessesforces;puisilsavaitqu'ilétait surcettebarque,etl'histoirecommençaitnaturellement, labarquechavirait,l'ilenageaitdoucementverslui,etdes plages,desplaquesdevases'infiltraientsoussonventreet leportaientavecdedouxchatouillis.Oubiensespasqui martelaientletrottoir,encadence,enlégèretéetd'autres pas,d'autresjambessurvenaient,laprésencedansanted'une jeunefemmedontilneparvenaitpasàsurprendrelevisage. maisquidevaitavoirdessortesdelongscheveuxblond-rouxetdesbrasnustrèsblancs,presquelumineux.Des motsdephosphorenaissaientensilence,enfouisauplus profonddesatête,verslanuquepeut-être,etcesmots s'allumaientets'éteignaient,euxaussi,danslanuitduvide préhistorique,prêtsàs'organiserenphrases,prêtsàmodu-lerdespropositionscirconstancielles,conjonctives,interro-gatives.Commesidespointsdesuspensionlesavaientligo-tésentreeux.QuandBeaumontsentitquecetteinvasion, loindefaiblir,précipitaitsacourseetprogressaitdefaçon continue,ilcompritqu'ilnepourraitplusdormir.Sespau-pièrestremblèrent,seresserrantencoredetempsentemps, maisnerveusement,puis,toutàcoup,sansqu'ilaitpu savoircommentetpourquoi,sesyeuxfurentgrandsouverts. Contrairementàcequ'onluiavaittoujoursditilfautun certaintempspourque larétines'habitueàl'obscuritéet pourqu'ondistingueleschoses,Beaumontvittout,etd'un seulcoup.Ilétaitcouchésurlecôtédroit,à causeducœur, et lachambreluiapparutcommeenpleinjour,àcette différencequelalumièreavaitétéremplacéeparl'obscurité. C'étaitunechambredanslegenred'unnégatifdephoto, avecunhautplafondnoir,quatre mursetunplanchergri-sâtres,et unenuitblanchequientraitparbandesàtravers lesvolets.Beaumontrestacouchésurlecôté,lesyeux ouverts, parfaitementimmobiledanslesnœudsetlesstran-
LEJOURBEAUMONT..
gulationsdesesdraps.Lebruitdesamontrel'atteignit enfin,progressivement,commesicelaavaitétéunefuite dansuntuyaud'eau,dontchaquegoutteseseraitattachée àlaprécédentepourfabriqueruneespècedestalactitemou-vantes'insérantmillimètreaprèsmillimètredanssamatière et grise.Ilentendit«tic-tic,tic-tic, tic-tic, tic-tic,tic-tic rejetalescouverturesàsespieds.Ilallumalalampe de chevetetlutl'heuretroisheurestrente-deuxdumatin.Il yavaitdoncenvironseptminutesqu'ilavaitfaitpourla premièrefoisconnaissanceavecsadouleur,etilnele savaitpas. Beaumontseleva,traversalecorridoretlespiècessom-bres,urina,butungrandverred'eauglacéedansleréfrigé-rateur.Enretournantverssachambre,sesdeuxpiedsnus appliquésalternativementsurleparquethumide,ilsentit vraimentqu'ilsepassaitquelquechose.Depuisqu'ilétait réveillé,ilavaitcomprisconfusémentqu'ilyavaitundétail anormal,enlui,ouailleurs,quiavaitprispossessiondeson esprit.Impossibledesavoirquoiexactement;c'étaitun peucommel'idéed'unchangement,mettonslapluiequi tombebrusquementdehors,oulesouvenirdufracasd'un accident,entredeuxvoitures,enbas,prèsducarrefour. Aulieuderetournerdanssonlit,etdeprofiterdelaplace chaudequ'ilyavaitcreusée,ilmarchajusqu'àsatable,tira unechaiseets'assit.Ilfrissonnait;lepyjamadefinetteétait troplégerpourlasaison.Maislefroid,lesilence,nirien d'extérieurnepouvaitledécideràbouger.Ilétaitpréoccupé parunvideintense,quil'habitaittoutentieràprésent,et lemaintenaitdanscettepostureméditative,latêtedressée, lesdeuxbrasappuyéssurleborddelatable.Ilregardait droitdevantlui,dansladirectiondumurd'enface,respi-rantàpeinesoncerveau,bizarrement,étaitdevenuune drôled'espèced'animal, unver,parexemple,etcetanimal seretournaitsurlui-même,àlarecherched'unechose inconnue.Cettebêtefroiderampaitimperceptiblement,puis s'immobilisait,ettordaitpeuàpeusoncorpstrapupour
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
regarderenarrière.Pasd'yeux,maisdessemblantsd'an-tennes,oudescornesd'escargot,saillaienttranquilleshors delamassecartilagineuseetseposaientavec délicatesse surlaparoicrânienne,surl'objettapissédeméninges rosées.Beaumontcompritbrusquementquecevercoton-neuxquisetordaitdanssatête,c'étaitsoncerveau,c'était sonintelligence,c'étaitlui-même;ilsentitalorsunepeur inconnuel'envahir,unsentimentprécaireethonteux,qu'il n'avoueraitprobablementàpersonne.Ilpritdesamain droiteunmiroircasséquitraînaitsurlatable,aumilieudes papiers,etilsecontempla.Ilvitsonmasqueanonyme, trente-cinq-quaranteans,auxtraitsfaibles,sesjouesni grassesnimaigreslabarbeavaitdéjàpoussé,commesur lafaced'unmort.Ilécartaseslèvresetvitsesincisives, enfoncéesdanslesgencivesaumilieud'unlégeranneaude tartre.Puissesyeux, vraisemblablementbleus,fixesdans lamassedechairridée,pareilsàdesyeuxdepoupée.Son frontàpeinefuyant,sescheveux,sesoreilles,sesnarines, sesdeuxdépressionssymétriquesàlaplacedescondyles. Ilvitsonmenton,lescommissuresdeslèvres,lacicatrice d'unanciengraindebeauté,etsurtout,deplusenplus,il vitsapeau,cetteétenduedepeaublanche,perforéedetrous, hérisséedepoils,lapeauélastiqueetsaine,lapeauflétrie etbrunie,lapeauseformentlespustulesetlesboutons defièvre,cetissud'inflammationsetd'eczémas,cetteextra-ordinairecartequiétaitlasienne,etilseperdait,sem-blableàunmoucheronminusculeentraindemarchersur uncorps.Quandilbougeaànouveau,cefutpourallumer unecigarette;ilaimaitseregarderfumer;aussi,ilcala lemiroirsurlatable,contre unepiledelivres,etinséra lentementunecigaretteentreseslèvres.Mais,cettenuit-là, ilneparvenaitpas àrefairelesgesteshabituelsselonl'ordre. Ilnetremblaitpas,non,maisiln'arrivaitpas àsevoir.Tout sepassaittropvite.Ilauraitfallurecommencer,encore, encore,remettrelacigarettedanslepaquet,lepaquetdans letiroir.Puisreprendrelepaquet,trèsnaturellement,y
LEJOURBEAUMONT..
glisserlepouceetl'indexenformedepince,etchoisirla cigarettequ'ilvoulait.Laporteràseslèvres,avecunesuite perceptibledemouvementsd'ascensiondel'avant-bras,le coudefichésurlereborddelatable.Casseruneallumette danslapochettedecartonet lagratterduhautversle bas.Ilauraitfalluquel'allumettebrûle,rienqu'unefois, maisunebonnefois,définitivement.Etqu'elleembrase l'extrémitédelacigarette,etqu'elles'éteigne,etquela cigarettefume,fume,danssabouche etdanssagorge, commeunbeaugestedramatique.Aulieudecela,toutse faisaitdistraitement,commesicen'étaitpasluiquifumait, quiallaitfumer,quiavaitfumé,maisquelqu'und'autre, celuidumiroir,parexemple.Beaumontcessaderegarder lemorceaudeglacebrisée.Ilrepoussasonbusteenarrière ets'appuyacontreledossierdelachaise.Dehors,dansle froidetdansl'indifférence,dansl'illuminationélectrique desrues,unbruitdecascadedescendait.Desnappesde bruit,déchirantlesilence,quis'étalaientlelongdestrot-toirs,résonnaientcontrelesailesdesvoitures,rebondis-saientdemurenmur,arrachaientdeslambeauxauxaffi-ches.C'étaitlapluie,ouquelquechosedumêmegenre. Peut-êtreunarroseurpublic,peut-êtreunegouttière crevée.Beaumontrespiraitlafuméedesacigarette,etses yeuxétaientfixéssurletoitdelatable.Avecdespicote-mentsdouloureux,ildéchiffraitlesobjetsépars,lescen-drierspleinsdecendres,lescrayons àbillepêle-mêledans unevieilleboîtedeconserves,deuxoutroisdessousde verreencarton,etdescentainesdefeuillesdepapier,amon-celées lesunessurlesautres.Unfeuilletjaune,aupremier plan,attirasonregarddequelquescentimètres,etilse trouvaenquelquesorteobligédelire,avecunepeineet unsoininfinis
Nous,nousnesommesnidesennemisdenotrepays,ni desidéalistesnébuleux,maisdesFrançaispourquileréa-lismeconsisteàtravaillerpourlapaixaveclcsarmesde
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE lapaix,quisontlavérité,ledondesoietl'amitiéavec tous. Nousnoussentirionsobligésàlamêmeprotestationpour desdétenusappartenantàtoutautreparti,classe,nation, confessionourace,carnotreactionestientémoignagede conscience. TRENTEVOLONTAIRES
Quandileutterminé,ils'aperçutqu'ilétaitgrandtemps, cardéjàilnepouvaitpluslire.Danssatête,enfouiau fonddesmembranesrougesdesméninges,legrosver inquiets'étaittordusurladernièrelignedelafeuillejaune, etilpassaitsontempsàcompterlespointillés,àlespalper unàundesesventousesopaquesetdesesantennesblettes. Illescomptaitetlesrecomptaitinlassablement,commesi plusriend'autren'avaiteud'importancesurterrequecette successiondepoints,detiretsplusexactement,etcomme àlarecherched'unnombremystérieux,dontilapprochait àchaqueseconde,quidonneraitenfinunedéfinitionàtoute lafeuille,àtouslespapiersécritsoudessinés,àtoutesles confessions,àtouslesromansetàtoutesleslettresdu monde,unnombrepuretmajestueuxquiparalyseraitenfin l'infatigableethaineuxmouvementdesapparences.Lesyeux vides,levisagefigéetstupide,Beaumont,têteenavant, cigaretteentraindes'éteindreentredeuxdoigtsdelamain gauche,semblableàl'hommedumiroir,balbutiaàhaute voixlenomdecechiffre «Quarante-trois.» Etlemalauxdentss'arrêta. Cefutunpassagetoutàfaitmystérieux,jepense,età peudechoseprèsfatal.Cequin'avaitétéjusque-làque brouillard,balancement,malaisecommeunemerhouleuse, dontonnesaitsic'estelleousic'estvousquisouffrez, enroulis,entangages,cettenauséevisuellequirendâpre etmaladifdeskilomètrescarrésdevaguesetdeciel,tout celas'éclaircit,etungenredesoleilpointu,unmalprécis,
LEJOURBEAUMONT..
semitàéclore.DanstoutlevisagedeBeaumont,celaavait uneplaceprécise;c'étaitdanslamâchoire,aufonddela bouche,probablementsousladentdesagesseousousla molairedévitalisée,àgauche.Riendebiengrave,pourl'ins-tant.Justeunepetitedouleur,sècheetdéfinie,peut-êtreun boutonsurlagencive,oubienunenévralgieéphémère,que lesimplecontactd'uncachetd'aspirine surlalanguesuffi-raitàdissiper.Beaumontredressasontorse, écrasalaciga-retteéteinteaufondd'uncendrierenfer.Ilrepritlemiroir brisé,maisdelamaindroite,cettefois.Ilouvritlabouche etregardaàl'intérieur.Cen'étaitpastrèsfacile,àcausede labuée;ilpritunmouchoirsalesurlatable,essuyale morceaudeglace,et,retenantsonsouffle,lespoumons gonfléscomprimantlesfossesnasalesjusqu'àlaissersourdre unmincefiletd'airquis'échappaitparlesnarines,ilorienta lerefletdel'ampouleélectriqueverslefonddesabouche. Maisilnedistinguariend'anormal.Laplupartdesdents étaientplombées,évidemment,maislesgencivessemblaient saines.Beaumontchangealemiroirdemain,et,àl'aide d'uncrayonàbille,ilsemitàcognertouteslesmolaires ducôtégauche,afindedécelerlasourceexactedesonmal. Envain.Souslechoc,touteslesdentsserévélaientégale-mentsensibles,maissansplus.Ilnepouvaitdoncpass'agir d'unecarieàproprementparler.Utilisantlemêmecrayon àbille,Beaumontsemitàfrotterlesgencives,autourde lamolaireetdeladentdesagesse.Envainégalement. Certes,lasensibilitéétaitplusgrandeautourdecesdeux dents,maisonn'auraitpuqualifiercettesensibilitédedou-leur.C'étaitplutôtlaréponsenormaled'unedentitiontra-vailléeparlapyorrhéealvéolaire,parlagingiviteetles névralgiesdetoutgenre.Entoutcas,riend'unabcès.Beau-montreposalemiroir,àdemirassuré.Pendantuninstant, même,illuisemblaallermieux.Ilserecouchadansson litetéteignitlalumière.Maisdanssatêtecouchéesur l'oreiller,lemalseréveillasoudain,avecunetelleintensité qu'ilsemitàgrogner.Beaumontn'hésitapas;ilralluma,
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE sautahorsdulitetfouilladansletiroirdesatable.Il eusortituntubed'aspirineetdeuxsomnifères.Puisil retournadanslacuisine,avalalescachets,plusungrand verred'eauglacée,urinaencoreetrevint.Ilattenditun momentdeboutquelesmédicamentsaientpudescendrele longdel'oesophage,etilserecoucha.Ilattenditcommeça, cachéaumilieudesdraps,queviennelemiraculeuxpassage. lafusiondetoutsonêtredansunespaceliquide,lechaos diluvienenformedefanfare,cettetraîtrisequiretournerait sesyeuxdanssesorbitesetluimontreraitauloin,trèsloin, commeàtraverslapluie,legiboyeuxprésentdessonges. Maisladouleur,carc'étaitunedouleur,àprésent,avait encoresensiblementaugmenté.Etdéjà,levisagemobile, uneespècedesueurlégèremouillantlapaumedesesmains etlescôtésdesespieds,Beaumontsentits'ouvrirdevant luilesportesd'unmondeinconnuettragique,unmonde l'inquiétudeestunebeauté,unpaysageexaspéréque hantelesouvenirdel'autreterre,ourègnentlecalme etlebien-être,lesanimauxauxyeuxclairs,lesilenceaqua-tiquedesnerfs.Ilsentitdéjàlatristessemonotonedece voyage,l'arrachementauxdemeuresd'autrefoisetlache-vauchéefutureversunpetitenferàespaceréduitlessou-venirsdesnuitsbienrondes,lesdouxoublisdutempspassé, murmuraientenluidesplaintesnostalgiques,pareillesà delonguesrivièresbordéesdesauleslesmalardsvolent bas,entredeshaillonsdefumées.Dehors,lebruitdesnappes d'eauavançaittoujours,lelongdesruesducarrefour. Uneautomobilepassaitparfois,traçantdessillonssonores surlemacadam.Oubiendespasd'hommemartelaientle sol,tranquilles,nésderienets'acheminantversrien. Beaumontserejetasurlelit,enboule;espérantquand mêmequelquechose,jenesaispasquoiexactement,des osmosesd'acides,desassimilationsdeglutéthimides,le sommeil,lapaix,sansdoute.Lemals'éloignaeffectivement lesimagessefirentplusraressursesrétinesunetorpeur artificielle,augoûtunpeuamer,envahissaitBeaumont.Un