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La Nouvelle Revue Française N' 145 (Janvier 1965)

De
196 pages
Roger Caillois, Soleils inscrits
Jérôme Peignot, Sola Inconstantia Constans ou De Benjamin Constant, professeur de mariage
Philippe Jaccottet, Oiseaux, fleurs et fruits
Henri Raynal, Le Propagandiste du possible
J. M. G. Le Clézio, La Fičvre
Chroniques :
Maurice Blanchot, Le Héros
Michel Butor, Le théâtre de Victor Hugo (Fin)
Claude Roy, Des erreurs commises sur Brecht
Jean-Louis Curtis, Esthétisme et contestation
Marcel Arland, Toulouse-Lautrec
Notes : littérature et essais :
Jean Follain, En lisant les Cahiers de Paul Valéry, I ŕ X, par Edmée de La Rochefoucauld
Jean-Philippe Segonds, Valery Larbaud et l'Italie, par Ortensia Ruggiero
Jean Follain, Le Petit Ouvrage inachevé, par Paul Léautaud (Éditions du Bélier) - Poésies, de Paul Léautaud (Éditions du Bélier)
Notes : le roman :
Robert Abirached, L'Écluse, par Jean Pierre Faye (Le Seuil)
Jacques Chessex, Le Reliquaire, par Frantz André Burguet (Gallimard)
Jean Duvignaud, L'Histoire, par Michel Zéraffa (Grasset)
Claude Michel Cluny, Le Sixičme Ciel, par Jules Ravelin (Gallimard)
Notes : lettres étrangčres :
Dominique Aury, En toute candeur, par Kenneth White (Mercure de France)
Jean Duvignaud, La République des Animaux, par George Orwell (Gallimard)
Claude Michel Cluny, Le Séducteur quitté, par Iris Murdoch (Gallimard)
Robert Abirached, Le Remords, par Alba de Cespédčs (Le Seuil)
Notes : les spectacles :
Raymond Bellour, Le feu de la pensée
Notes : les arts :
Renée Bouillier, Les collages - Picabia
André Pieyre de Mandiargues, Une Révolution du regard, par Alain Jouffroy (Gallimard)
Carnet :
Denis Vincent, François (Aubier) - L'État sauvage, par Georges Conchon (Albin Michel) - La Conversation, par Claude Mauriac (Grasset) - La Terre et la Guerre, par Jacques Chauviré (Gallimard) - Sébastien, par Michel Breitman (Denoël) - L'Amateur, par John Fowles (Le Seuil) - Il faut passer par les nuages, de François Billetdoux (Théâtre de France) - Magritte (Galerie Iolas)
Les revues :
Pierre Bettencourt, L'Art brut (n° 1)
Le temps comme il passe. Parenthčses :
Roger Judrin, Les ailes et le taureau
Le temps comme il passe :
Jean Duvignaud, Aux frontičres de la littérature
Édith Boissonnas, Aruspices
Claude Michel Cluny, Égée
Gaston Chaissac, Lettres Chroniques
Textes :
Anonymes, Le Fils sans nom d'Uryzmäg
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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
SOLEILS
INSCRITS
1
Versl'année1100,legouverneurdelaprovincede Wou-Wei étaitMiFou,appeléaussiMiNan-Kong,grand amateurdepeintureetdecalligraphie,critiqued'art, peintreetcalligraphelui-même.Commebeaucoupdelettrés desontemps,ilaimaitetadmiraitlespierresétranges. Unjour,ilserevêtitdesarobedecérémoniepoursaluer unerochedresséedanssarésidence.Ils'inclinadevantelle etl'appela«Frèreaîné».L'extravagancepouvaitpasser poursacrilège.Onlacommentabeaucoupetelleparvint auxoreillesd'uncenseurimpérial,quifitrapport surelle. LesAnnalesdesSongconserventl'anecdote.Selond'autres textes,l'administrateurexcentriquefutdestitué.
Mapusillanimitém'auraitsansdouteempêchédeme livreràcettemanifestationquelquepeuprovocatrice,mais jeressenspourlespierreslamêmerévérencequelelointain Chinois. MiFounes'entintpaslà.Ilreprésentalascènedans untableau,perpétuantparbravadesongesteinconsidéré.
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
Troissièclesplustard,lepeintreNiTsancommentacette peintureenremarquant«Onvoitqu'iln'obtintpassans raisonsonsurnomdeTête-à-l'envers». MiFouétaitagitéetagressif,intolérantettéméraire, dédaigneuxdescheminstracés,portéàl'énigme,àla contradiction,audéfi.Illuiarrivaitdes'accoutrerdetelle sortequelesbadaudss'attroupaientdanslarueautour deluietlehuaient.Parfoisprudentparnécessité,ilne savaitpasengénéralrésisteràsesimpulsions.
LeMiNan-KongT'an-cheracontecomment,enune autreoccasion,songoûtdespierresraresleconduisit àcesserpeuàpeudes'acquitterdesdevoirsdesacharge. IlétaitalorsgouverneurdeLien-chouei,nonloindeLing-pi,endroitcélèbreparlespierresqu'onytrouvaitetqui, convenablementtailléesetpolies,avaientdesvertusmusi-cales.MiFoulescollectionnait,lescontemplait,lescaressait toutlejour,leurdonnaitlesnomsquiconvenaientàleur beautéetdélaissaitcomplètementl'administrationdelapro-vince.LecenseurYangTs'eu-Kongs'enémutetvint l'admonesterofficiellement.L'entretienestrapportéences termes«LePrincevousaconfiélacharged'unecomman-deriedemilleli.Sepeut-ilquevousjouieztoutlejour avecdespierres,sansexaminerlemoinsdumondeles affairesMi delacovnnaanderiePseplaçajustedevant l'enquêteuretpritunepierredanssamanchegauche.Cette pierreétaitpercéeàjourdeprofondescrevasses;cimeset caverness'ytrouvaientaucomplet;lacouleurétaitd'une extrêmebeauté.Milafittournerentoutsenspourla montreràYangetdit«Unepierrecommecelle-ci,peut-onnepasl'aimerfYangn'eutpasunregardpourl'objet. AlorsMifitrentrerlapierredanssamancheetensortit uneautre.Celle-làprésentaitdesalignementsétagésde cimesescarpées,desplusextraordinaires.DenouveauMi lafitrentrerdanssamancheet,endernierlieu,sortit unepierretoutecélesteparsondessin,toutedivineparsa
SOLEILSINSCRITS
ciselure.IlregardaYangetdit«Unepierrecommecelle-ci,peut-onnepasl'aimer~Yangdittoutàcoup«Vous n'êtespasseul,monsieur,àl'aimer;moiaussi,jel'aime!» PuisilarrachalapierredesmainsdeMiFou,montaen voitureets'enalla.Ainsidépouillédelaplusbellepièce desacollection,Mi,toutdéconcerté,cherchavainement pendantplusieursmoisàsefairerendresonbien.Ilécrivit à maintesreprisespourredemanderqu'onleluirenvoyât, maisjamaisnelerécupéra.» Jen'aipasnin'auraijamaischargedeprovince.A rêver surlespierresdelamêmefaçonqueMiFou,jeperdsun tempsmoinsprécieux,maistoutaussiirréversible.Je comprendssesarguments,auxquelsilimaginasansdoute qu'ilétaitdifficilederésister.Jepenseàlasévérité,àl'indif-férencepeut-êtrefeintesducenseurYang.Jemepersuade qu'àlafinilnevoulutpasdonneruneleçonaugouverneur négligentenluidérobantlapierrequ'ilaimaitleplus,mais qu'il futgagnédelamêmepassionetqu'ilsuccombaàla tentationdes'emparerdelamerveille.Jepartageledéses-poirdeMiFou.Jesensqu'ilasubiuneperteirréparable etjedevinequ'iln'aurapus'enconsoler.Par-delàles sièclesetlesméridiens,malgrélesoppositionsdecaractères etdedestins,j'éprouveàcetégardunecomplicitésingu-lièrequejen'aiavecpersonned'autre. Commelui,jerecherchelespierresd'exception.Jene leurdonnepasdebeauxnoms,maisilm'arrivedetenter delesdécrire.Jepréfèreleursdessinsauxpeinturesdes peintres,leursformesauxsculpturesdessculpteurs,tant ellesmeparaissentlesoeuvresd'unartistemoinsméritant, maisplusinfailliblequ'eux.Dansleurssymétriesetleurs courbescapricieuses,mesrêveriesdécouvrentlesarchétypes cohérents,d'oùdériventnonpaslabeautéquechacun apprécieselonlasituationl'histoirel'aplacémaisles normespermanentesetl'idéemêmedebeauté,jeveuxdire, l'inexplicableetinutileajoutàlacomplicationdumonde departagerenoutreleschosesentrebellesetlaides.
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
MiFoufutd'abordcalligraphe.Iladoptalacursivedite d'herbe,techniquedangereuse,hasardée, toutedebrus-querieetd'inspiration.Onaffirmequecetteécritureàla et cadencerapideest«delanatureduventqu'onl'écrit mieuxenétatd'ivresse.MiFouutilisaitl'encrerompue, l'encrebrûlée,l'encreaccumulée.Lepinceauneluisuffi-saitpas.Illuiarrivaitdepeindreavecdestortillonsde papier,desdébrisdecanneàsucre,descalicesdelotus. Ilpeignaitdespaysages.Illespeignitdemoinsenmoins nets,deplusenplusdiluésetcommebusparl'atmosphère. «Sapeintureavaitlasaveurdesnuéesécriraplustard FouPao-che,citéetapprouvéparChanHaoàlafindes Ming. Sesoeuvresontpresquetoutesdisparu.Onditqu'il peignitdestableauxquinereprésentaientrienoune paraissaientrienreprésenter.Onluiattribue(certainslui reprochent)latechniquedel'encreprojetée.Iléclaboussait d'encreunpapierderiz.Sixmoisaprès,ilaffirmaitqueles tachesétaientuntableau.Jesupposequ'àlafindesavie,il nepeignitpresqueplusdepaysages.D'unpoignetexercé et toujourssouple,iljetaitl'encreetfaisaitdestaches,imagi-nantqu'ils'éclipsaitetqu'illaissaitpasserlanatureàtra-verslui.Peut-êtrenesedonnait-ilplussixmoispourchoisir lesplusdignesparmilessurfacesmaculées,éveillées,pro-muesàpsalmodierunemonotoneconsigneinterchangeable. Choisirétaitencoredetrop.D'ailleurs,quiétait-ilpour choisir?Ilpoursuivaitlesharmoniesélémentaires,fonda-mentales.Unjour,ilduts'apercevoirqu'illesavaitdepuis longtempssouslesyeux;que,danslesdessinsetlescou-leursdesespierres,iltenaitdestachesplusnaturelles encorequelessiennes,etimmémoriales,incontestables. Alors,bienquelestextesneledisentpas,jeprésume qu'ilcessadepeindre,carilnevoulaitpasretournerà colorieretdessinerdespaysages,desportraits,desnatures mortes.D'autres,àsaplace,seseraient(sesont)suicidés. D'autresseraient(ousont)devenus,pardérision,dessal-
SOLEILSINSCRITS
timbanquesd'uneespèceinédite.Il pentesqu'onremontemalaisément.
estsansdoutedes
Ilestprobablequej'ai,plusencorequejenecrois,trans-formé,infléchi,nefût-cequedansleurexpression,les donnéestraditionnellesdecettebiographiehorspair.Tan-tôtjelesaipuiséesdansdesavantesétudes,tantôtjelesai recueilliesparouï-dire,etc'étaitcommesimeparvenaità nouveauunetrèsanciennerumeurdéjàentendue,quasi familière.Sansdoute,ai-jeperpétréundétestablemélange d'histoireetdefantaisie.Maiscesprévarications,ilme semble,n'ontpasuneimportancedécisive.L'essentielestla logiqueinévitabledeschoses.Siladémarchequejedécris nefutpascelle deMiFou,ellefut,ailleursetenunautre temps,celled'autrespeintres.N'eût-elleétécelled'aucun artiste,qu'elleresteraitunedémarchepossible,sanscesse imminente,dontilconvientdetenircomptepresqueautant quesi,effectivement,elleavaiteulieu. Pourmoi,j'étaisseuletdéconcertéparmidenombreuses tentativesdepeintrescontemporains,dontcertainespou-vaientévoquer,àpremièrevuedumoins,lesambitionsetla démissionfinaledeMiFou.Unami,connaissantmongoût despierres,mitentremesmainsunouvrageconsacréàce maniaquefraternelexhuméparmiracledessédimentsde l'histoireetquifutcommemoiunfonctionnairepluspréoc-cupédeminérauxquededossiers.J'écriscespagespour remercierleMaîtredesaconnivencesilencieuseetpour commémorersonsouvenir.
Ilmeresteàsignalerunedernièrecoïncidence.Lorsqueje regardeattentivementlespierres,jem'appliqueparfoisnon sansnaïvetéàendevinerlessecrets.Jemelaisseglisser àconcevoircommentseformèrenttantd'énigmatiquesmer-veilles,néesdeloisquetrèssouventellesparaissentvioler, commesiellesétaientissuesd'untumulteet,pourtout dire,d'unefêtequebannitdésormaisleurmoded'exis-
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE tence.Jem'efforcedelessaisirenpenséeàl'ardentinstant deleurgenèse.Ilmevientalorsunesorted'excitationtrès particulière.Jemesensdevenirunpeudelanaturedes pierres,enmêmetempsquejelesrapprochedelamienne grâceauxpropriétésinsoupçonnéesqu'ilm'arrivedeleur attribueraucoursdespéculationstouràtourpréciseset lâches,secomposentlatramedusongeet lachaînedu savoir.s'échafaudentets'écroulentsanscessedefragiles édifices,peut-êtrenécessaires.Lamétaphoreyépaule(ou ycorrompt)lesyllogisme;lavisionnourritlarigueur(ou lafourvoie).Entrelafixitédelapierreetl'effervescence mentales'établitunesortedecourantjetrouvepourun moment,mémorableilestvrai,sagesseetréconfort.Pour unpeu,j'yverrailegermepossibled'uneespèceinéditeet paradoxaledemystique.Commelesautres,elleconduirait l'âmeausilenced'unedemi-heure,ellel'amèneraitàse dissoudredansquelqueimmensitéinhumaine.Maiscet abîmen'auraitriendedivinet seraitmêmetoutmatière etmatièreseule,matièreactiveetturbulentedeslaveset desfusions,desséismes,desorgasmesetdesgrandes ordaliestectoniquesetmatièreimmobiledelapluslongue quiétude. Rienn'interditque laméditationsoitalorspousséejus-qu'auvertige,jusqu'àl'extase.J'ignoresil'illuminationqui, dit-on,affranchitdesvicissitudesetdesavatars,peutsour-dreàpartirdepareilsupport.J'aitendance,quantàmoi, àestimerquelesupportestindifférent.Ilmesemblesavoir desourceplussûreque,sij'étaisparaventurefavorisé deceprivilège(oudeceleurre),l'unitéunefoisretrouvée etledétachementacquis,jemeretrouveraislaseconde d'aprèsniplusnimoinsquelesautresdélivrés(queles autresfascinés)parlesnuitsobscuresetleschâteauxde l'âme,restituéàlaconditioncommune,àma placeetàmon corpspassager,quiluin'estnidurablenipierre.Ilm'en resteraittoutefoisunsouvenir,uneécharde,quelquechose d'infimequidemeure.Carcen'estpasrien,quepareille
SOLEILSINSCRITS
bonacedanslevacarme,danslediscourssanstrêveni virgules'engloutissentnosjours. IlestcertainqueMiFou connutdesexpériencesdece genre.Ilavaitéchangécontreuntableaudegrandevaleur unepièceexceptionnelle,lapierreYen-changouEncrier-Montagnequipassaensuiteentreplusieursmainsavant d'êtreadmisedanslescollectionsduPalais.MiFoua consacréunpoème,ildécritlaspirale àneuflacets s'élevantsurlespentesdelapierre,l'endroitpousse lechampignond'immortalitéetceluil'ondevinela présencecachéeduserpent.Ledessindel'Encrier-Mon-tagneexiste.IlfiguredansleTcho-kenglou.Uncourt commentaireprécisequelapierren'apas étésculptée artificiellement.Agauche,enbasdelapage,onpeutlire l'indicationquisuit«Lagrotteinférieurecommunique aveclagrottesupérieureparunetriplecontorsion.J'yai unjourunerandonnéemystique.Ellep fait orteladate de1102.MiFoumouruten1107.
II
Pourmoi,c'estd'unegrottenonmoinsréduitequej'ai desseindeparler,maisd'unegrotteenquelquemanière inversée,retournéecommeungant.Enapparence,lesgéodes desilicenesontquegrossespierreslourdes,griseset rugueuses.Ellessontcreusesettapisséesdecristaux.Aussi-tôtderrièrel'écorcegrenue,commenceuneautrepierre dure,translucide,augraintrèsfinlacalcédoine;leplus souventdanssavariétéveinée,l'agate.Despyramidesde quartzhyalinoud'améthysterevêtentlesparoisinternesde lacavitéet latransforment,unefoisouvertecommeun fruit,enunecavernequiresplendit. Parfois,lesaiguillesgroupéesenfaisceauxallongésse relaientcommelesfuseauxdelapulpedesorangesou commelesfibrillesdesmusclesstriés,sibienqu'ellesattei-
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
gnentdetoutespartsaucentre.Lapocheentièreestoccupée parleursgerbesétincelantes.Aucontraire,dansd'autres échantillonsplusrares,l'espèceopaqueformelenoyau. Alentour,s'élancelequartzencorolledelumièrevitrifiée. Commelesautres,lescalcédoinescernéesd'unetellegloire selaissentcouperentranchesetpolir.Lescouchessucces-sives,quisouventlesconstituent,affleurent alorsenméan-dresparallèlessurlemiroirtouràtoursombreetclair. Jechoisisunexemplaireparfaitdecettestructurenou-velle.Aucentre,nonpaslevideoulecristal,maisfin commepiqûred'épingleetpresqueimperceptible,unpoint écarlatequ'entoureuncercleblanc.Del'autrecôtédela plaque,cespointsrougessontdeuxetl'unsembledéjàla réuniondedeuxtigesconfondues.Surlesdeuxfaces, au-delàdecebreffoyers'élargissentdesauréolessucces-sives,lapremièreindéciseentrelebrunetlebleu,puis uneautre,moinstransparente,d'unvertlivide,uneautre encoreforméedelamellesconcentriquesquivonts'assom-brissantdubleuaunoir,enfinundernierruban,d'unblanc deporcelaine,coupédefilamentsgrisâtrestoujoursimpec-cablementcirculaires.Ensuite,rayonnentlespoignardsde quartz,aiguillessoudées,presquetoutesincolores,saufsur untiersenviron,teintéesd'unvoilevioletpâlecommeen suspensiondanslatransparence.L'ensembleévoquela sectiond'unastresombreetsacouronnedeflammes.Dans mamain,cesoleiln'estqu'unesortederouedentée,irré-gulière,aumoyeupuissantetdontlajanteesthérisséede peuredoutablespointes. Lequartzneseprésentepastoujourscommehorripilé autourdela calcédoine.Ils'étendparfoisenunenappe continue.Danslebuissondescristauxtronqués,hexago-nauxetfréquentscommecellulesdeguêpesetalvéolesà miel,réguliersetpresséscommecanauxdefougèresprédi-luviennesouvaisseauxcapillairesd'osdedinosaure,un disquesansdéfautapparaîtcommeunsoleilfunèbredans unfirmamentaseptiqueuncerclebleu-nuit,entouréde
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