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La Nouvelle Revue Française N' 170 (Février 1967)

De
196 pages
André Pieyre de Mandiargues, Ŕ Barcelone
Philippe Jaccottet, Hölderlin
Louise Herlin, Espace
Heather Ross Miller, La Balance
J. M. G. Le Clézio, L'infiniment moyen
Joë Bousquet, Lettres ŕ Poisson d'Or (Fin)
Chroniques :
Roger Judrin, Sur Racine
Jacques Borel, Actes de Michel Deguy
Henri Ronse, Le Théâtre d'ombres de Noël Devaulx
Michel Gresset, Faulkner essayiste
Robert Abirached, Le jeune théâtre anglais
Claude Michel Cluny, Du bruit et des hommes
Notes : littérature générale et essais :
Roger Judrin, Correspondance, IV, de Balzac (Garnier)
Jean Duvignaud, La Statue de sel, par Albert Memmi (Gallimard) - La Libération du Juif, par Albert Memmi (Gallimard)
Notes : le roman :
Louis Morin, Car je t'aime, ô Éternité!, par Jean Sulivan (Gallimard) - Devance tout adieu, par Jean Sulivan (Gallimard) - La Fenętre, par Pierre Silvain (Mercure de France)
Guy Rohou, Curriculum vitae, par Jean-Claude Hémery (Denoël)
Henri Thomas, Les Ânes rouges, par Silvia Monfort (Julliard)
Notes : lettres étrangčres :
Claude Michel Cluny, Couleur de ténčbres, par James Purdy (Gallimard) - Le Llano en flammes, par Juan Rulfo (Denoël)
Notes : les spectacles :
Robert Abirached, L'Été, de Romain Weingarten (Théâtre de poche-Montparnasse)
Lu et vu :
Denis Périer, Journal de la vie littéraire, de Jacques Brenner (Julliard)
Claude Michel Cluny, Mélusine, par Michel Dard (Le Seuil) - Espace de la nuit, par Lionel Mirisch (Denoël)
Guy Rohou, Les Rendez-vous de Copenhague, par Raymond Bellour (Gallimard)
Denis Périer, Henri VI, de Shakespeare (Théâtre de France) - Médor, par Roger Vitrac (Studio des Champs-Élysées) - L'air du large, par René de Obaldia (Studio des Champs-Élysées)
Janine Béraud, Exposition japonaise (Galerie Mollien, Louvre)
Renée Boullier, Dada au Musée national d'Art moderne
Janine Béraud, Les Fleurs du Mal, de Rouault (Galerie Creuzevault)
Renée Boullier, Jean Hélion (Galerie du Dragon)
Présences :
Claude Esteban, L'apothéose de don Juan
Jean Clair, Contester Picasso
Jean Revol, Le chef-d'uvre inconnu
Jean-Claude Schneider, Féconde famine
Anonymes, Revue - Mémento
Textes :
Luis de Gongora y Argote, Cinq sonnets
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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
ABARCELONE
C'estàBarcelone,etSigismondPonsvientdesortirde l'hôtelilestarrivédansl'après-midi.«Escudillers», sedit-il(mentalement)enserappelantcommeilfutséduit quandsoncousinluiparladecetterueétroiteestl'hôtel Tibidabo,qu'illuiavaitrecommandé.Maisenfacede lui,surl'autretrottoir,ungosierlancelecriquiunpeu plustôtluiétaitdevenupersécuteur,àcausedesarauque insistanceetparcequedanslachambreilrestaitinintelli-gible.Maintenantqu'ilvoitlafemmeinfirme(aumoins s'appuie-t-ellesurdesbéquilles)quienproposantdes billetsdeloterielepousse,ilencomprendlasignification toutdesuite,etilseditqu'ilfutunidiotden'avoirpas comprisauparavantetdes'êtremisencolère.C'est«para hoy»,«pouraujourd'hui»,quelapauvressecrie,avec unesonoritédéchirantequisemblepartirdeplusbasque lesol,commesisoncorpsaffaissén'étaitqu'unporte-voix revêtudehaillons.Etellepréciseenproclamant«dinero parahoy»,«del'argentpouraujourd'hui»,quandelle s'aperçoitqueSigismondlaregarde. Tantd'énergie,danslecrisinondanslegeste,mériterait d'êtrepayée, maisSigismondestintéresséaugainaussi
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
peuqu'ilestcharitable(gagnerl'ennuieautantqueperdre donnerluiestdifficile),etilconsidèrelesbillets,quede l'autretrottoironluitend,aveclacuriositéqu'ilauraitpour dejolispoissonsrosesrassemblésenface,derrièrelavitre d'unaquarium.Subitement,lebonheurdesesentirétran-gerestdescenduenlui.Ilest content,oui,d'êtreàsix heuresdel'après-midi(oupresque)àBarcelone,dansla calleEscudillers,aucentred'uneVenisedepetitesruelles l'onne vaquasimentqu'àpied,etsonregardau-delàde lamendiantecherchelestavernes,lesbarsàmarinsetles salonsdefillesqu'iln'apasremarquésenarrivantavecson bagage,maisquidevraientêtretrèsnombreuxauxalen-tours,seloncequeluiaracontélecousin.Ilestcontent d'êtrelà,parmilesmagasinsdeplaisirqu'àdroiteetà gaucheeneffetsesyeuxcommencentàdistinguer,unpeu commes'ilétait,nonplusdevantdesvitresd'aquarium, mais(cequirevientaumême)dansunscaphandreau casquetransparentimmergédanslesfondsmonstrueux. Solitaireentoutcasauseind'unmilieuqu'ilpeutlaisser extérieuràsapersonneainsiqu'unspectacle.Témoinano-nymeentreunemultitudedechosesetd'êtresdontlesrap-portsavecluin'aurontaucunpoidss'ilneveutpasleur enaccorder,niplusnimoinsquedansunsongeremémoré. Cardanscettesortedeplaisantealiénationqu'ilgoûte, reposéparlasieste,touslessensenéveil,laquestiondes rapportsetdescontactsl'occupeassezintensément;ce n'estpaslamoindrepartdesonbonheurquedesavoir qu'il estmaîtred'ouvrirquandilvoudra,sansinconvénient, levitrage,etdesortirduscaphandre(oud'yintroduire un objetdesonchoix). «DansEscudillers,luiaditAntoninPons(quandill'a priédeleremplacerpendantlaconvalescenced'unemau-vaisegrippequil'empêchaitdefairesatournéederepré-sentantenapéritifsetenvinsdeliqueur),lanuit,lesoir, àlafindelajournéeetmêmeavantmidi,tuserasdans unemerdefilles.» «Mer»évidemment,n'estpaslemot
ÀBARCELONE
quiconvient,etplusjustementleNîmoiseûtparléde canalouderuisseau,voirederigole,maiss'ilusatoujours delieuxcommunspours'exprimer,parnostalgie,peut-être,d'unconseilmunicipallesélecteursneluiper-mirentpasdesiéger,iln'yapointdemal.Hyperboleà part,a-t-ilmenti,fut-ildupedesonimagination,cher-chait-ilàposervirilement;oubienya-t-ildusérieuxdans cequ'ildisait?Entrelamendiante (provisoirementsilen-cieuse)etSigismond,l'étroitchenalestpleindegensqui vontetviennent,àcetteheurelavilles'animedenou-veau,commesielleavaitenfindigéréledéjeunerpesant ettardif.Parmiceux-là,lesfemmessontenminorité,mais Sigismondaobservésurdeuxd'entreellesunfard,une coiffureet unetoilettequilaissaientpeudedoutesurla catégorieàlaquelleellesappartenaient.Sansdonnercepen-dantlemoindreregardauxpassants,ellessontentréesdans l'undecesbarsqueSigismondvientderemarqueretqui racolentàl'extérieurparl'entremisedebruitsviolents d'électrophones.Allons,lecousinaunpeuexagéré,sans doute,mais,d'aprèslespremièresconstatations,sonpropos n'étaitpasunetromperie. Quoiqu'iln'yaitpasurgence(d'aprèsl'hommetristedu bureau),ilseraittempsd'allerauxnouvellesdeSergine. Deuxcheminss'offrentpourgagnerlagrandeposte suivrelacalleEscudillersdansladirectioncontraireàcelle delaRambla,oubientraverseretprendrel'unedesruelles quis'ouvrentenface.Sigismond,pourtant,nebougepas deils'estarrêté,passéleseuil,surletrottoirla vendeusedebilletsleguette.Ilpenseaucousintoujours; ilagiteensonespritdeschosesqui,siellesneluisemblent pashonteusesd'autreselleslepourraientsembler),sont aumoins(ilsel'avoue)curieuses. Cequ'iladanslatêteestqu'ilsesouvientd'avoiracheté laveille,àPerpignan,endeuxpharmaciesdifférentes, despréservatifsetdelapoudreinsecticideàl'usagehumain (contrelespouxducorps).Laboîtedepoudreestaufond
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
dusacàchaussures,danssachambre,etlepetitétuide cartonmétallisésontles(trois)préservatifsestdansla pochetteantérieuredesonporte-monnaie,surlequelsa main vientdeserefermer,danslapochedroitedeson pantalon.Ainsiest-ce,toutàfaitindéniablement,quoique jusqu'ici,depuisplusdecinqansdemariage,ilsoittou-joursrestéfidèleàSergine,etquemêmeiln'aitjamais ététentéd'êtreinfidèle.Maislesdescriptionsetlesfanfa-ronnadesducousin,quandilluiaparlédelacalleEscu-dillersetdesesenvirons,ontouvertenluiunesortede serrureouontrepousséunesortedeverrouauxquelsil n'avaitpasététouchéauparavantetquicondamnaient rigoureusementl'entréed'unespacequelesongeluiavait quelquefoispermisd'entrevoir.Orilestindéniableaussi quelesrêvesquil'emmenaientnaguère,ensecret,dans lequartierdeplaisirdecertainportméditerranéensitué horsdetouteréalité,luiontétébrusquementremisen mémoireparlapropositiond'AntoninPons,commeside plain-piedunpassagedissimuléluiavaitétémontrépour serendreenchairetenosdansl'espaceimaginaire,etque rien autantque celanel'apersuadéd'accepter. Commisvoyageurenvinsetenapéritifs,Sergineabien ri quandSigismondluiaditqueceseraitsonmétier pendantunedizainedejours.Desruesilluminéesdela citéilallaitenrêve,ellen'ajamaisriensu,évidemment; àplusforteraisonest-elledansl'ignorancedecequ'ilva trouver(peut-être)auxenvironsdelacalleEscudillers.Et sielleatrèsfacilementconsentiàsondépart,laraisonen futdepouvoirobstinémentsemoquerdelui,etdepréparer desmoqueriesencore,illesait,pourl'accueilliràson retour.«Quelbeaureprésentantenlimonadetuvasfaire, luia-t-elledit;quelsuccèstuvasavoirchezlesgensdu bocal» Encela,commeenlaplupartdeschoses,ellen'avaitpas tortderire.Sigismondafaitlatournéedesoncousin Antoninsansyapporteraucunzèle,etdesuccèsiln'apas
ÀBARCELONE
remportédavantage.Ils'estarrêtéàSète,àAgde,à Béziers,àPézenas,àNarbonneetàPerpignan,maispen-dantcescinqjoursdevoyageilluisemblequ'iladormi profondément,ouplutôtqu'ilaétéenproieàunesortede maladiedefaiblesse,àuneextrêmeasthénie,etilneveut ninesauraitserappelerlemoindrepointdesmornes endroitsoudesgensvulgairesquiontpassédevantses yeux.Seule,lavilledePézenasalaisséquelquesempreintes danssamémoire,dufaitdelaruedesLitaniesetdelarue delaJuiveriederrièrelessinistresfaçadesdesquellesil s'estémuàévoquerlesancêtresdeSergine,etpuisàcause des follespeinturesdelasalleàmangerduGrandHôtel etdesextravagancesdelaserveusebancalequifournissait lestables.Lajournéeduvendredi,passéeàPerpignan,est pourluicommeunescènesansplusdedécorqued'acteurs, saufcequ'ilaretenudesdeuxpharmaciesetdel'homme etdelafemmequiavecunsourirepresquepareil (qu'aurait-ceétés'iln'avaitpaschangédeboutique!)lui avaientdonnécequ'ildésirait.Quandilafranchilafron-tière,dèsqueledouanierespagnolluiapermisd'aller outre,ils'estranimé.IlestrepartiensifflantL'Interna-tionale;ilarouléplusviteetilaconduitsansdistraction jusqu'ausecondpostededouane,àquelqueskilomètresdu premier.Là,pendantquel'oncontrôlait(superficiellement) sonidentité,ilavuunportraitphotographiquedumaître del'Espagne,punaiséau-dessusduguichetcommeunebête puantesurlaporte d'unedemeuremaléficiée,etsonregard s'estarrêtésurl'enfluredel'officiergénéralavectant d'insistancequ'onluiarendusonpasseportavecgêne.«En Espagne,etsurtoutenCatalogne,s'est-ildit,ilvaudra mieuxnepastropregarderl'enflé.» Ilseraitcapablederesterlongtempsplantélà,maisce quilefaitsursauteretàsespenséesl'arracheestlecri de«parahoy»,proférésifurieusementqu'ilenressent commeuneblessuredel'ouïe,carlamendiante,voyantqu'il nesedécidaitpas àprendreunbillet,avouluserappeler
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àsonattention,etelles'estpenchéeversluiens'appuyant surunebéquilleboutéehorsdutrottoirpourdonnerplus d'élanàsarequête.Ellenesetairaplus,c'estcertain. Ellepourraitbientraverserd'unsautl'étroitevoieet aborderdesoncôté,vociférerdirectementdanssonoreille, lancerdevenimeux crachats.Alorsilserésoutàtraverser, lui,pourenfiniretpourrentrerdansl'isolementilavait trouvéquelqueespècedebonheur.Sanss'arrêterdevant latordue,quiestentraindereprendresouffle,ilvaviteà gaucheetsejette,aucoindurestaurantLosCaracoles, danslacalleNuevadeSanFrancisco. Plusétroiteencorequ'Escudillers,celle-làestbeaucoup moinspassagère,dépourvuedetrottoirs,etsielleest ombreuseàtouteslesheureslesoleiln'estpasàla verticale,onnechercherapasd'autreraisonàl'odeurde relentquisemblemonterdubasdesmurs.Devantlasalle àmangervide,lepatrondeLosCaracoles,énormecomme uneréclamevivantedesonétablissement,estassissurune chaise.Sesjambesau-dessousdumolletsontcachéespar unreborddetôle,cequi,jointaugonflementdesesmains poséessurlesgenouxetàlacolorationdesonvisage, pourraitfairecroirequ'il estentraindeprendreunbain depiedspoursedécongestionner.«Tumangeraslapaella deLosCaracoles»aditàSigismondsoncousin,ajoutant quec'étaitunplatderizsicopieusementgarnideviandes, depoisson,decrustacésetdemollusquesqu'iln'étaitbesoin demangerriend'autreaurepas.Lagastronomiesolennelle, detraditionnîmoise,asouventennuyéSigismond;néan-moinsiln'estpasprouvéqu'ilnesuivrapasleconseil. Sonregardvadespavésdisjointsetsalesauxenseignes brillantesquifleurissentau-dessusdesportesetdes fenêtres,avecunaird'orchidéesparasitesdessombres troncsquilessouffrent.Ainsi,retenuparlabellecouleur desplaques,ilmetaucataloguelebardeLaMacarena, celuiduPatioAndaluz,labrasserieElCamarote,ettout àlasuiteilprononcedesmotsquesanss'efforceràles
ÀBARCELONE
comprendreilenregistre«TiiTaiDrogueriaPinturas TitanluxColoresNercaparabeberaguaFonter, bodegalostreshermanos»puissespasleconduisent devantlebarSaint-Germain-des-PrésetlebarMadeira, dansl'intérieur,àtraversunevitrepeinte,ilessaiede jeteruncoupd'oeil.Peuàl'aisedanscerôledecurieuxou d'espion,qu'ilprendpourlapremièrefoisdesavie,il n'apasvuvenirunpetitgarçonquiportaitdesannuaires dutéléphoneenpilesursatêteetqui,nel'ayantvunon plus,lebouscule.Maislesannuaires,tantmieux,ne tombentpas.D'ungeste(carilestplussûrdesesmouve-mentsquedesesmots, encepaysétranger),ilécarte l'enfantetpresselepaspourseteniràlahauteurd'une jeunefemmequivadanslamêmedirectionquelui,le longdumuropposé.Musclée,lescheveuxcoupéspresque aussicourtqueceuxd'unhommeetdécolorésjusqu'au tondelapaille,ellerevientprobablementdelaplage,sielle portesouslebrasuneservietterouléequipourraitbien contenirunmaillothumidequiauraitcontenusoncorps. Lesoleilarougisonvisagequenulfardn'accentue,ses épaulesquisortentlargementd'uneétroiterobeblanche. Sespieds,dansdessandalesdecuirbeige,sontnus;l'une deseschevilles,lagauche,estécorchée;lesonglesdeses orteilsn'ontquedestracesdevernis.Parl'allureetpar lemaintienellen'ariend'unefemmegalante,maisses grandsyeuxmarronontlancésurSigismondunregard lestefurtif»,sedit-ilqu'auraitditlepédantcousin),et danslamainquivientderepousserl'enfantauxannuaires illuisemblequ'ilsentlarondeurrobustedel'épaulede celle-là.Aprèsavoirdépassél'InterClubBar,cependant, elleentredanslapensionToledo,etellenes'estpasretour-néeverslesuiveur,quisaitqu'ilnefutpasinaperçu. Quelquesinstantsilrestedevantlapension(demauvaise apparence),l'œilauguetdesvoletsclos;orsonespoir estdéçudevoirunefenêtres'ouvriretunefigurese pencherpourluisourireousemoquerdelui;ilse
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remetenchemin(lentement).TINTORERIALINA,BAR GALLEGO,cesinscriptionsetlesétablissementsqu'elles désignentluisontdesprétextesàs'assurerquederrière luilapassanteensoleilléen'apasreparu.«Pourquoila peaumarquéeparlesoleila-t-elleenmêmetempsquelque chosed'offertetdefuyant?»sedit-il,songeantàSergine quiestavidederayonsaupointdes'exposermêmeen hiversuruneterrassedumas,etden'êtrejamaisblanche. Encoreunebelleenseigne,celledubardesQuatreAs (Los4ASESYSUSALON,encaractèresgrasau-dessus d'uneplaquequiporteunasdecœur),retientson regard,etàl'intérieur,derrièrelecomptoir,deuxser-veuses,sipareillementbrunesqu'ellespourraientêtredes soeurs,attendentleclient.Presqueaucoindelarue,au-dessousd'unepalmeconsidérablementouvragée(souvenir delafêtedesRameaux),dans unevitrine,sousunelampe forte,prèsd'unepetitemachineàcoudre,uneremailleuse debasestautravail.Sigismond,quilaregardesansqu'elle veuilleleregarder,trouveuneexpressionmaligneàson visage,quin'estnivieuxnijeuneetquin'aconnuque l'ombreouquelalumièreartificielle.Ilpasseoutre. Levoilàdevantunepetiteplaceenretraitdupaseode Colon,celleduDucdeMedinaceli.Lastatued'unamiral dejadis,leCatalanGalceranMarquet,estsurunehaute colonne,aumilieud'uncarrédepalmiersqu'ildomineavec desairsderoyalinverti.Sigismond,quiavérifiésurle plansonitinéraire,prend,àgauche,lacalledelGeneral PrimodeRivera,parlaquelleilarrive àlaplacedeLa Merced,lejolidécorbaroqueetlacouleurambréedes façadesluiremettentenmémoireunvoyagequ'ilfittrois ansplustôtàRome,avecsafemme.Sergineavaitaimé Rome.Pourquoidonc,auretour,s'est-ellecapricieusement persuadéequ'ellehaïssaitlesvoyages,pourquoidèslors a-t-elleobstinément déclaréqu'ilfaudraitunmalheurpour luifaireànouveauquitterlemas?«Siencemomentje luitenaislamain,elleaimeraitlaquiétudedoucedeLa
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