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La Nouvelle Revue Française n° 202 (Octobre 1969)

De
160 pages
Pierre Leyris, Jean Rhys
Jean Rhys, Qu'ils appellent ça du jazz
Pierre Oster, La Douleur et l'Espoir
Jacques Brenner, Une famille
Jean Clair, Giacometti le sauveur
Jacques-Pierre Amette, Les derniers jours de grand-père dans la salle à manger
Guillaume Apollinaire, Lettres à Lou
Chroniques :
Bernard Savoy, L'amour d'Apollinaire
Michel Deguy, Pavese poète
Dominique Noguez, Prenez garde au cinéma (Fin)
Notes : littérature et essais :
Roger Judrin, Journaux et Œuvres diverses, de Marivaux (Garnier)
Brice Parain, L'aphasie et le langage pathologique, par Th. Alajouanine (J.-B. Baillière)
Notes : romans français :
Guy Rohou, La Compagnie des Eaux, par Jacques Perret (Gallimard)
Willy de Spens, New York Party, par Pierre Bourgeade (Gallimard)
Lionel Mirisch, La fille de Christophe Colomb, par Réjean Ducharme (Gallimard) - Frères humains, par Roger Ikor (Albin Michel)
Notes : romans étrangers :
Jean-Claude Schneider, Un beau jour, par Dieter Wellershoff (Gallimard)
Philippe Pons, Le système d'Anteo Crocioni, par Paolo Volponi (Grasset)
Jean-Marc Bordier, La mort du Vazir-Moukhtar, par Iouri Tynianov (Gallimard)
Notes : les spectacles :
Robert Abirached, Feraï, de Peter Seeberg (Théâtre des Nations) - Les Nonnes, d'Eduardo Manet (Théâtre de Poche-Montparnasse) - Les Clowns, du Théâtre du Soleil (Théâtre d'Aubervilliers ; Festival d'Avignon)
Claude Michel Cluny, Fiancées en folie, de Buster Keaton - Les Chasses du comte Zaroff, d'E. B. Schoedsack et I. Pichel
Lectures :
Pierre Chappuis, Les petits métiers, par Jean Marcenac (Éditeurs Français Réunis)
André Miguel, L'écho traversé, par Jean-Luc Steinmetz (Guy Chambelland)
Alain Clerval, La nuit de longtemps, par Marcel Schneider (Grasset)
Lionel Mirisch, La balade à bicyclette, par Françoise-Emmanuel Sauron (Gallimard)
Jacques-Pierre Amette, Crescence et Damien étaient morts, par Serge (Mercure de France)
Jean Grosjean - Jean-Claude Schneider, Revue
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LANOUVELLE REVUEFrançaise
JEANRHYS
OnnesauraitmieuxprésenterJeanRhysqu'encitant aussilonguementquepossiblel'excellenteintroductionque FrancisWyndhamafaitepourWideSargassoSeax
«JeanRhysestnéeàRoseau,laDominique,l'unedes îlesSous-le-Vent,etyapassé sonenfance.Sonpèreétait unmédecingalloisetsamèreuneCréolec'est-à-dire uneBlanchedesIndesoccidentales.Aseizeansellealla enAngleterreellepassalaPremièreGuerremondiale. Puiselleépousaunpoètehollandaisetmenapendant dixansunevieerrante,sansracines,surtoutàParisetà Vienne.Celasepassaitdanslesannées20etl'essence delavied'artistedansl'Europedecetteépoqueestconte-nuedanssonpremierlivre,TheLeftBank(Cape,1920), quelajaquettedécrivaitainsiEsquissesetétudesdu Parisbohèmed'aujourd'hui.Dansunepréfaceenthou-siaste,FordMadoxFordfaitallusionàunterrifiant instinctetàunerageredoutableetpresquesinistredans larévélationducasdupauvrebougreIlpoursuitDer-nièrement,commejedirigeaisunpériodique,MissRhys m'aenvoyéplusieurstextesquim'ontfaituneimpression immenseet quej'aipubliésaussisouventquej'aipu.Ce quimefrappaitd'unpointdevuetechnique.c'étaitle remarquableinstinctdelaformequepossédaitcettejeune femme,uninstinctdelaformequepossèdentsingulière-mentpeud'écrivainsanglaisetpresqueaucunécrivain anglaisfemme.Ilyaquelquechosedeprotecteurdans
1.Aparaître,entraduction,auxEditionsaLesLettresnouvelles».
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
cettepréface(defait,Fordétaitlittéralementsonpatron), maisilfautluiaccorderlemérited'avoirreconnu,sitôt danslacarrièredeJeanRhys,lesprincipauxélémentsqui (croissantenintensitéàmesurequesonartsedéveloppait) devaientlaplacerparmilespluspursécrivainsdenotre temps.Cesontsapassionàrévélerlecasdupauvre bougreetsonremarquableinstinctdelaforme combinaisonrare,maisnécessaire.Sansl'instinct,lapas-sionpourraitfacilementsefaire sentimentaleousensa-tionnellesanslapassion,l'instinctpourraitnemener qu'àlabeautéformelle;ensemble,ilsaboutisentàunart original,àlafoisexquisetprofondémenttroublant».
AyantanalysélesquatreromansquisuivirentPostures (1928),AfterleavingMrMackensie(1930), Voyageinthe Dark(1934)etGoodMorningMidnight(1939),Fran-cisWyndhampoursuit «AprèsGoodMorningMidnight,MissRhysdisparut etsescinqlivress'épuisèrent. Quoiqu'ilseussentremporté unsuccèscritique,leurvéritablequalitén'avaitpasété appréciée.Laraisonenestsimpleilsétaientenavance surleurtemps,aussibiend'espritquedestyle.Ilsuffit decomparerlespremierslivresdeMissRhysécritsdurant lesannées20auxouvragescontemporainsdeKatherine Mansfield,d'AldousHuxley,deJeanCocteauetd'autres écrivainscélèbresdel'époquepourêtrefrappédevoir combienpeuletextedate;lestyleestd'aujourd'hui.Chose plusimportanteencore,sesromansdesannées30sont beaucoupplusprochesdelafaçondesentirlavietelle qu'elleestvécueetcomprisedanslesannées60quedes attitudesreçuesdeleurtemps.L'élégantesurfaceetle contenuparanoïde,lafranchisebrutaledelapsychologie féminineetlasourdenostalgiedelabeautéperdue,tout celacréeuneffetparticulièrementmoderne. «Lesrarespersonnesquisesouvenaientdeleuradmi-rationpourceslivresetceux,plusraresencore,qui (commemoi-même)lesdécouvrirentplustardetparvinrent auprixdegrandesdifficultésàseprocurerdesexemplaires d'occasionformèrentpendantuntempsunepetitebande passionnée.Nulcependantnepouvaitretrouverlatracede JeanRhys,etpersonnenevoulaitréimprimersesromans. Enfin,àlasuited'uneadaptationdeGoodMorning MidnightradiodiffuséeparleThirdProgrammeen1958,
JEANRHYS
onfinitpartrouversonadresseen Cornouailles.Elleavait unensembledenouvellesinédites,écritespendantetimmé-diatementaprèslaSecondeGuerremondiale,etelletra-vaillaitàunroman».
Ceroman,WideSargassoSea,aparuen1966.Ces nouvelles,réuniessousletitredeTigersarebetterlooking LesTigresontmeilleuremine1»),ontétépubliéesen 1968.Ellescomprennentnotre«Qu'ilsappellentçadu Jazz»,l'onnetarderapasàreconnaître«lapassion àrévélerlecasdupauvrebougre»,le«remarquable et instinctdelaforme«l'artoriginalàlafoisexquiset profondémenttroublan»tqueFordMadoxFordet Francis WyndhamnousontfaitattendredeJeanRhys. Véritablement,cerécitestinsigne,tantparlasobriété, l'unitédeproposetlamaîtrisequienfontdéjàunclassique queparl'ardeurdesacompassion indignée.
PIERRELEYRIS
1.AparaîtreauMercuredeFrancedanslacollectionaDomaine anglais».
QU'ILS
APPELLENT
ÇADU
JAZZ
Unbeaumatindejuilletvoilàquej'aidesennuisavec monpropriodeNottingHillquimedemandeunmoisde loyerd'avance.Ilmeditçaalorsquej'habitedepuis l'hiveretquejepayesansfautechaquesemaine.J'aipas detravailpourlemomentetsijeluidonnel'argent qu'ilveutqu'est-cequimerestera?Aussijerefuse.Le typeadéjàbu,matincommeilest,etilm'injurietout çac'estdesmotsilmefaitpaspeur.Maissafemmeest mauvaisevoilàqu'elleentredansmachambreetqu'elle ditqu'illuifautl'argent.Quandjerépondsnon,ellelance uncoupdepieddansmavalisequis'ouvrecommeune fleur.Maplusbellerobetombeparterre,alorsellese metàrireetellelanceunautrecoupdepied.Elledit qu'unmoisd'avancec'estl'habitude,sijepeuxpaspayer quej'aillechercherailleurs. NemeparlezpasdeLondres.C'estpleindegensqui ontlecœurdurcommepierre.Sivous vousplaignez,on vousrépond«Despreuves.Mais'iln'yapersonne s pourvoiretpourtémoignerenmafaveur,commentprouver quoiquecesoit?Aussij'emballemesaffairesetjem'en vais,j'aimemieuxpasavoird'histoiresaveccettefemme. ElleesttropmaligneetellementpirequeSatan. Jemepromènejusqu'aumomentilyaunendroit ouvertàcôtéjepeuxavoirducaféetunsandwich.jememetsàparleràuntypequiestàmatable.Ilm'a
QU'ILSAPPELLENTÇADUJAZZ
déjàparlé,jeleconnais,maisjeneconnaispassonnom. Auboutd'unmomentildemande«Qu'est-cequ'ilya? et Yaquelquechosequinevapas?quandjeluiraconte mesennuisilmeditquejepeuxallerdansunappartement videquiestàluipourmedonnerletempsdevoirvenir. Cetype-làestpasdutoutcommelaplupartdesAnglais. Ilvoitleschosestrèsviteetilsedécidetrèsvite.Les Anglaisprennentlongtempspoursedécidervousêtes morteauxtroisquartsqu'ilsontpasencoreprisvos mesures.Avecça,ilditleschosestrèssimplement,comme sic'étaitrien.Ilparlecommes'ilcomprenaittrèsbience quec'estquedevivrecommejefaisaussij'accepte. Ilmeditquel'appartementaétéoccupéjusqu'àla semainedernière,desortequejetrouveraitoutenordre, etilm'expliquecommentarrivertroisquartsd'heure àpartirdeVictoria,vousmontezunepenteraide,vous tournezàgaucheetvouspouvezpasmanquerlamaison. Ilmedonnelesclefset uneenveloppeavecunnumérode téléphoneaudos.Ilyaécritau-dessous«Après 18heures,demandezMr.Sims». Dansletraincesoir-làjemedisquej'aidelaveine, carsepromenerdansLondresundimanchesansavoir nullepartallerilyadequoisejeteràl'eau. Jetrouvel'endroit,lachambreàcoucherdel'appar-tementdurez-de-chausséeestgentimentmeubléedeux glaces,unependerie,unecommode,desdraps,tout.Ça sentlejasminmaisçasentfortl'humiditéaussi. J'ouvrelaported'enfaceetjetrouveunetable,deux chaises,unréchaudàgazetunbuffet,mais cettechambre-là estsigrandequ'elleal'airvide.Quandjeremontele store,jeremarquequelepapiersedécolleetqu'ilpousse deschampignonssurlesmursc'estpascroyable. Lasalledebainsestpareille,touslesrobinetsrouillés. et Jequittecesdeuxpièces-làjevaisfairelelit.Puis j'écoute,maisj'entendspasunson.Personnen'entredans cettemaison,personnen'ensort.J'arrivepasàm'endormir,
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
alorsjedécidedepasresteretlematinjemedépêche dem'habilleravantd'avoirchangéd'avis.J'aienviede portermaplusbellerobe,maisc'estdrôle,quandjela prendset quejemerappellecommentmaproprioa donnédescoupsdepieddedansjememetsàpleurer.Je pleuresanspouvoirm'arrêter.Quandjem'arrêtejeme sensfatiguéejusqu'auxos,fatiguéecommeunevieille.J'ai plusenviededéménagerjedoismeforcer.Maisàla finjevaisdansl'entréeetjetrouveunecartepostalepour moi.«Restezaussilongtemps quevousvoulez.jevous verraibientôtprobablementvendredi.Pass'enfaire». C'estpassigné,maisjemesensmoinstristeetjemedis «Trèsbien,j'attendraiqu'ilvienne.Peut-êtrequ'il connaîtraunpostepourmoi.» Personnen'habitelamaisonsaufunménageenhaut desgenspaisiblesetquimelaissenttranquille.J'airien contreeux. Lapremièrefoisquejerencontreladameentrain d'ouvrirlaported'entrée,ellemejetteunregardméfiant. Maislafoissuivanteellesouritunpeu etjesourispareil. Unjourellemeparle.Ellemeditquelamaisonesttrès vieille,vieilledecentcinquanteans,etqu'elleetsonmari habitentdepuislongtemps.«C'estunepropriétéde valeur,qu'elledit,onauraitpulasauver,maisbienentendu onnefaitrien.»Puisellemeracontequeleproprié-taireactuelsic'estbienluiquiestlepropriétaire ehbien,ilaaffaireauxautoritéslocales,etqu'àsonidée ellesfontdesdifficultés.«Cesgens-làsontdécidésàabattre touteslesjoliesvieillesmaisonsc'estunehonte». Jetombed'accordqu'ilyabiendeschosesquisontune honte.Maisquefaire?Quefaire?Jeluidisque lamaison estélégantedeforme,qu'àcôtéd'ellelesautresmaisons delarueontl'aird'êtredelacamelote,etelleparaît contente.C'estvrai,d'ailleurs.Lamaisonesttristeetpas àsaplace,surtoutlanuit.Maiselleadustyle.Lesecond étageestfermé.Quantàmonappartement,jesuisentrée
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
c'estleverMMtêtepourécouterMMmotvrai c'est~oK/'crMta~~MM~dansl'encrepourécrireunMto~depaix c'est)'~MtMC~'lesherbespourchasserlesserpentsvenimeux c'estrépandrel'eaudelamerdanslesvalléespourétancherla [~o~del'herbe.
Ha!))M~ilsMM~OMt/K< ilsMt<?~OM!<?K<sansespoirdegagnermongrabat avecleursbombardiers,ilssillonnenttoutmonlong,toutmon pourallunierlefeusurtMOKcrânedur[large, maisaprèstout,HtOMfoufou,MtOMtaroleurdonnentforce forced'éléphantpourvenirM~NMMtC~[d'éléphant Kt'oHMntf?~'pourquejedeviennecendredevant~H-r.
Maiscequejesuisvenufaireaumonde, c'est écouterlesdoucesM~ocf~.fdemesenfants c'estlirelesélégiesdesobjetsMMMMM~ c'estrêverpuisbâtirunenationnôtre c'estapporterau&~M~uneautrelangue àl'aveugleun~OMt'CHtCa?t7. Voilàce quejesuisvenufaireaumonde MMMMtC~0)M/'CK~.
TIMOTHÉENDZAAGAP
Personnen'oublieraLaGrangedeCa~tM~MdeMelchior WanRowicz,dansPERSPECTIVESPOLONAISES(numérodemai) l'errantefolieenrasecampagnedudernierlumignondevie desprisonniersqu'onflatte,qu'on brûleouqu'onlaisseéchapper àlafindeladernièreguerre.
LAREVUEFRANÇAISEDEPÉDAGOGIE(n°7)soulèvedesques-tionsintéressantesmaisà destitresbiendivers.Leslycéens etlapolitiquetendraitàrappelerquel'envied'avoirdesidées (maisnonpasencoredepenser)etcelle delesafficher(comme sicetteexpression-làn'étaitpaslapluspauvre)onttoujoursété unecharmantemaladiedejeunesse.Avecl'évolutiondesPro-~renKMMfrançaisdepuisunsiècle,onentredansleroyaume desdupes,carlalittératureestmoinsunescienceàapprendre que,dèsledébut,uneéducation;oronsaitquelesrésultats detouteéducationonttoujoursétéimprévisibles.Quantau PédagoguetMMgrcdeDieu,siledilemmededépart(réduire ouséduire)estfaux,l'auteuryéchappemagistralement.
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