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La Nouvelle Revue Française N° 268

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La Nouvelle Revue Française N° 213

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Du même publieur

LANOUVELLE REVUEFrançaise
JEANRHYS
OnnesauraitmieuxprésenterJeanRhysqu'encitant aussilonguementquepossiblel'excellenteintroductionque FrancisWyndhamafaitepourWideSargassoSeax
«JeanRhysestnéeàRoseau,laDominique,l'unedes îlesSous-le-Vent,etyapassé sonenfance.Sonpèreétait unmédecingalloisetsamèreuneCréolec'est-à-dire uneBlanchedesIndesoccidentales.Aseizeansellealla enAngleterreellepassalaPremièreGuerremondiale. Puiselleépousaunpoètehollandaisetmenapendant dixansunevieerrante,sansracines,surtoutàParisetà Vienne.Celasepassaitdanslesannées20etl'essence delavied'artistedansl'Europedecetteépoqueestconte-nuedanssonpremierlivre,TheLeftBank(Cape,1920), quelajaquettedécrivaitainsiEsquissesetétudesdu Parisbohèmed'aujourd'hui.Dansunepréfaceenthou-siaste,FordMadoxFordfaitallusionàunterrifiant instinctetàunerageredoutableetpresquesinistredans larévélationducasdupauvrebougreIlpoursuitDer-nièrement,commejedirigeaisunpériodique,MissRhys m'aenvoyéplusieurstextesquim'ontfaituneimpression immenseet quej'aipubliésaussisouventquej'aipu.Ce quimefrappaitd'unpointdevuetechnique.c'étaitle remarquableinstinctdelaformequepossédaitcettejeune femme,uninstinctdelaformequepossèdentsingulière-mentpeud'écrivainsanglaisetpresqueaucunécrivain anglaisfemme.Ilyaquelquechosedeprotecteurdans
1.Aparaître,entraduction,auxEditionsaLesLettresnouvelles».
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
cettepréface(defait,Fordétaitlittéralementsonpatron), maisilfautluiaccorderlemérited'avoirreconnu,sitôt danslacarrièredeJeanRhys,lesprincipauxélémentsqui (croissantenintensitéàmesurequesonartsedéveloppait) devaientlaplacerparmilespluspursécrivainsdenotre temps.Cesontsapassionàrévélerlecasdupauvre bougreetsonremarquableinstinctdelaforme combinaisonrare,maisnécessaire.Sansl'instinct,lapas-sionpourraitfacilementsefaire sentimentaleousensa-tionnellesanslapassion,l'instinctpourraitnemener qu'àlabeautéformelle;ensemble,ilsaboutisentàunart original,àlafoisexquisetprofondémenttroublant».
AyantanalysélesquatreromansquisuivirentPostures (1928),AfterleavingMrMackensie(1930), Voyageinthe Dark(1934)etGoodMorningMidnight(1939),Fran-cisWyndhampoursuit «AprèsGoodMorningMidnight,MissRhysdisparut etsescinqlivress'épuisèrent. Quoiqu'ilseussentremporté unsuccèscritique,leurvéritablequalitén'avaitpasété appréciée.Laraisonenestsimpleilsétaientenavance surleurtemps,aussibiend'espritquedestyle.Ilsuffit decomparerlespremierslivresdeMissRhysécritsdurant lesannées20auxouvragescontemporainsdeKatherine Mansfield,d'AldousHuxley,deJeanCocteauetd'autres écrivainscélèbresdel'époquepourêtrefrappédevoir combienpeuletextedate;lestyleestd'aujourd'hui.Chose plusimportanteencore,sesromansdesannées30sont beaucoupplusprochesdelafaçondesentirlavietelle qu'elleestvécueetcomprisedanslesannées60quedes attitudesreçuesdeleurtemps.L'élégantesurfaceetle contenuparanoïde,lafranchisebrutaledelapsychologie féminineetlasourdenostalgiedelabeautéperdue,tout celacréeuneffetparticulièrementmoderne. «Lesrarespersonnesquisesouvenaientdeleuradmi-rationpourceslivresetceux,plusraresencore,qui (commemoi-même)lesdécouvrirentplustardetparvinrent auprixdegrandesdifficultésàseprocurerdesexemplaires d'occasionformèrentpendantuntempsunepetitebande passionnée.Nulcependantnepouvaitretrouverlatracede JeanRhys,etpersonnenevoulaitréimprimersesromans. Enfin,àlasuited'uneadaptationdeGoodMorning MidnightradiodiffuséeparleThirdProgrammeen1958,
JEANRHYS
onfinitpartrouversonadresseen Cornouailles.Elleavait unensembledenouvellesinédites,écritespendantetimmé-diatementaprèslaSecondeGuerremondiale,etelletra-vaillaitàunroman».
Ceroman,WideSargassoSea,aparuen1966.Ces nouvelles,réuniessousletitredeTigersarebetterlooking LesTigresontmeilleuremine1»),ontétépubliéesen 1968.Ellescomprennentnotre«Qu'ilsappellentçadu Jazz»,l'onnetarderapasàreconnaître«lapassion àrévélerlecasdupauvrebougre»,le«remarquable et instinctdelaforme«l'artoriginalàlafoisexquiset profondémenttroublan»tqueFordMadoxFordet Francis WyndhamnousontfaitattendredeJeanRhys. Véritablement,cerécitestinsigne,tantparlasobriété, l'unitédeproposetlamaîtrisequienfontdéjàunclassique queparl'ardeurdesacompassion indignée.
PIERRELEYRIS
1.AparaîtreauMercuredeFrancedanslacollectionaDomaine anglais».
QU'ILS
APPELLENT
ÇADU
JAZZ
Unbeaumatindejuilletvoilàquej'aidesennuisavec monpropriodeNottingHillquimedemandeunmoisde loyerd'avance.Ilmeditçaalorsquej'habitedepuis l'hiveretquejepayesansfautechaquesemaine.J'aipas detravailpourlemomentetsijeluidonnel'argent qu'ilveutqu'est-cequimerestera?Aussijerefuse.Le typeadéjàbu,matincommeilest,etilm'injurietout çac'estdesmotsilmefaitpaspeur.Maissafemmeest mauvaisevoilàqu'elleentredansmachambreetqu'elle ditqu'illuifautl'argent.Quandjerépondsnon,ellelance uncoupdepieddansmavalisequis'ouvrecommeune fleur.Maplusbellerobetombeparterre,alorsellese metàrireetellelanceunautrecoupdepied.Elledit qu'unmoisd'avancec'estl'habitude,sijepeuxpaspayer quej'aillechercherailleurs. NemeparlezpasdeLondres.C'estpleindegensqui ontlecœurdurcommepierre.Sivous vousplaignez,on vousrépond«Despreuves.Mais'iln'yapersonne s pourvoiretpourtémoignerenmafaveur,commentprouver quoiquecesoit?Aussij'emballemesaffairesetjem'en vais,j'aimemieuxpasavoird'histoiresaveccettefemme. ElleesttropmaligneetellementpirequeSatan. Jemepromènejusqu'aumomentilyaunendroit ouvertàcôtéjepeuxavoirducaféetunsandwich.jememetsàparleràuntypequiestàmatable.Ilm'a
QU'ILSAPPELLENTÇADUJAZZ
déjàparlé,jeleconnais,maisjeneconnaispassonnom. Auboutd'unmomentildemande«Qu'est-cequ'ilya? et Yaquelquechosequinevapas?quandjeluiraconte mesennuisilmeditquejepeuxallerdansunappartement videquiestàluipourmedonnerletempsdevoirvenir. Cetype-làestpasdutoutcommelaplupartdesAnglais. Ilvoitleschosestrèsviteetilsedécidetrèsvite.Les Anglaisprennentlongtempspoursedécidervousêtes morteauxtroisquartsqu'ilsontpasencoreprisvos mesures.Avecça,ilditleschosestrèssimplement,comme sic'étaitrien.Ilparlecommes'ilcomprenaittrèsbience quec'estquedevivrecommejefaisaussij'accepte. Ilmeditquel'appartementaétéoccupéjusqu'àla semainedernière,desortequejetrouveraitoutenordre, etilm'expliquecommentarrivertroisquartsd'heure àpartirdeVictoria,vousmontezunepenteraide,vous tournezàgaucheetvouspouvezpasmanquerlamaison. Ilmedonnelesclefset uneenveloppeavecunnumérode téléphoneaudos.Ilyaécritau-dessous«Après 18heures,demandezMr.Sims». Dansletraincesoir-làjemedisquej'aidelaveine, carsepromenerdansLondresundimanchesansavoir nullepartallerilyadequoisejeteràl'eau. Jetrouvel'endroit,lachambreàcoucherdel'appar-tementdurez-de-chausséeestgentimentmeubléedeux glaces,unependerie,unecommode,desdraps,tout.Ça sentlejasminmaisçasentfortl'humiditéaussi. J'ouvrelaported'enfaceetjetrouveunetable,deux chaises,unréchaudàgazetunbuffet,mais cettechambre-là estsigrandequ'elleal'airvide.Quandjeremontele store,jeremarquequelepapiersedécolleetqu'ilpousse deschampignonssurlesmursc'estpascroyable. Lasalledebainsestpareille,touslesrobinetsrouillés. et Jequittecesdeuxpièces-làjevaisfairelelit.Puis j'écoute,maisj'entendspasunson.Personnen'entredans cettemaison,personnen'ensort.J'arrivepasàm'endormir,
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
alorsjedécidedepasresteretlematinjemedépêche dem'habilleravantd'avoirchangéd'avis.J'aienviede portermaplusbellerobe,maisc'estdrôle,quandjela prendset quejemerappellecommentmaproprioa donnédescoupsdepieddedansjememetsàpleurer.Je pleuresanspouvoirm'arrêter.Quandjem'arrêtejeme sensfatiguéejusqu'auxos,fatiguéecommeunevieille.J'ai plusenviededéménagerjedoismeforcer.Maisàla finjevaisdansl'entréeetjetrouveunecartepostalepour moi.«Restezaussilongtemps quevousvoulez.jevous verraibientôtprobablementvendredi.Pass'enfaire». C'estpassigné,maisjemesensmoinstristeetjemedis «Trèsbien,j'attendraiqu'ilvienne.Peut-êtrequ'il connaîtraunpostepourmoi.» Personnen'habitelamaisonsaufunménageenhaut desgenspaisiblesetquimelaissenttranquille.J'airien contreeux. Lapremièrefoisquejerencontreladameentrain d'ouvrirlaported'entrée,ellemejetteunregardméfiant. Maislafoissuivanteellesouritunpeu etjesourispareil. Unjourellemeparle.Ellemeditquelamaisonesttrès vieille,vieilledecentcinquanteans,etqu'elleetsonmari habitentdepuislongtemps.«C'estunepropriétéde valeur,qu'elledit,onauraitpulasauver,maisbienentendu onnefaitrien.»Puisellemeracontequeleproprié-taireactuelsic'estbienluiquiestlepropriétaire ehbien,ilaaffaireauxautoritéslocales,etqu'àsonidée ellesfontdesdifficultés.«Cesgens-làsontdécidésàabattre touteslesjoliesvieillesmaisonsc'estunehonte». Jetombed'accordqu'ilyabiendeschosesquisontune honte.Maisquefaire?Quefaire?Jeluidisque lamaison estélégantedeforme,qu'àcôtéd'ellelesautresmaisons delarueontl'aird'êtredelacamelote,etelleparaît contente.C'estvrai,d'ailleurs.Lamaisonesttristeetpas àsaplace,surtoutlanuit.Maiselleadustyle.Lesecond étageestfermé.Quantàmonappartement,jesuisentrée
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
c'estleverMMtêtepourécouterMMmotvrai c'est~oK/'crMta~~MM~dansl'encrepourécrireunMto~depaix c'est)'~MtMC~'lesherbespourchasserlesserpentsvenimeux c'estrépandrel'eaudelamerdanslesvalléespourétancherla [~o~del'herbe.
Ha!))M~ilsMM~OMt/K< ilsMt<?~OM!<?K<sansespoirdegagnermongrabat avecleursbombardiers,ilssillonnenttoutmonlong,toutmon pourallunierlefeusurtMOKcrânedur[large, maisaprèstout,HtOMfoufou,MtOMtaroleurdonnentforce forced'éléphantpourvenirM~NMMtC~[d'éléphant Kt'oHMntf?~'pourquejedeviennecendredevant~H-r.
Maiscequejesuisvenufaireaumonde, c'est écouterlesdoucesM~ocf~.fdemesenfants c'estlirelesélégiesdesobjetsMMMMM~ c'estrêverpuisbâtirunenationnôtre c'estapporterau&~M~uneautrelangue àl'aveugleun~OMt'CHtCa?t7. Voilàce quejesuisvenufaireaumonde MMMMtC~0)M/'CK~.
TIMOTHÉENDZAAGAP
Personnen'oublieraLaGrangedeCa~tM~MdeMelchior WanRowicz,dansPERSPECTIVESPOLONAISES(numérodemai) l'errantefolieenrasecampagnedudernierlumignondevie desprisonniersqu'onflatte,qu'on brûleouqu'onlaisseéchapper àlafindeladernièreguerre.
LAREVUEFRANÇAISEDEPÉDAGOGIE(n°7)soulèvedesques-tionsintéressantesmaisà destitresbiendivers.Leslycéens etlapolitiquetendraitàrappelerquel'envied'avoirdesidées (maisnonpasencoredepenser)etcelle delesafficher(comme sicetteexpression-làn'étaitpaslapluspauvre)onttoujoursété unecharmantemaladiedejeunesse.Avecl'évolutiondesPro-~renKMMfrançaisdepuisunsiècle,onentredansleroyaume desdupes,carlalittératureestmoinsunescienceàapprendre que,dèsledébut,uneéducation;oronsaitquelesrésultats detouteéducationonttoujoursétéimprévisibles.Quantau PédagoguetMMgrcdeDieu,siledilemmededépart(réduire ouséduire)estfaux,l'auteuryéchappemagistralement.
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