La Nouvelle Revue Française N° 255

De
Anna Akhmatova, Poèmes
Armand Salacrou, Place Danton
Philippe Garcin, Charles Péguy
Alain Bosquet, Notes pour un pluriel
Claude Faraggi, Les adolescents
Italo Svevo :
Jean Blot, Italo Svevo, le cauchemar et le rire
talo Svevo :
Édouard Roditi, De la psychologie des personnages de Svevo
François Bondy, Svevo en sa région souterraine, sombre
Italo Svevo, Lettres à sa femme
Critique : poésie :
Pierre Jean Founau, Henri Michaux
Sylvie Leger, Neruda, le voyageur immobile, par E. Rodriguez Monegal (Gallimard)
Critique : littérature :
Lionel Mirisch, Katherine Mansfield
Critique : histoire :
Roger Judrin, Les ruines ne périssent pas. Un portrait de Hitler
Hervé Cronel, Un petit-bourgeois
Jean Grosjean, Il était temps...
Critique : romans :
Dominique Aury, Violette Leduc
Alain Clerval, Vie de mon frère, par Jude Stéfan (Gallimard)
Critique : théâtre :
Gilbert Chateau, Ionesco toujours – Entrée de Butley – Les Comédiens-Français
Critique : cinéma :
Michel Grisolia, L'horloger de Saint-Paul, de Bertrand Tavernier
Critique : les arts :
Marcel Arland, Wols (Musée de la ville de Paris)
Renée Boullier, Gnoli (Centre national d'Art contemporain) - Christine Boumeester (Institut néerlandais)
Claude Esteban, Rigal (Galerie des Peintres graveurs)
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072381799
Nombre de pages : 128
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Poèmes
RACHEL
EtpourRachel,Jacobservitsept annéesquiluiparurentquelquesjours, carill'aimait.
EtdanslavalléeJacobrencontraRachel, Illasalua,voyageurerrant. Lestroupeauxsoulevaientlabrûlantepoussière, Unepierreénormerecouvraitlepuits. Ils'approchadelapierreetlafitrouler Pourabreuverd'eaupurelesbrebis.
Maissoncœursoudainfutlourddanssapoitrine, Ileneulmalcommed'uneblessure Etconsentitpourceltejeunefille AgarderseptannéeslestroupeauxdeLaban. Rachel,pourquiestentonpouvoir, Septannéesnesontplusqueseptjoursaveuglants.
MaisgrandeestlaruseducupideLaban Etsoncœurneconnaîtpaslapitié. Qui,pense-t-il,n'admettraqu'onpuissetromper PourlagloiredelamaisondeLaban?
LaNouvelleRevueFrançaise Etd'unemainfermeilentraîneLial'aveugle ElladonnepourfemmeàJacob.
Au-dessusdudésertlanuitimmensepasse, Elleversedesgouttesfraîchesderosée, EllaplusjeunedesfillesdeLaban Gémitentordantsalourdechevelure. Ellemaudilsasœur,elles'enprendàDieu Elordonnedeparaîtreàl'AngedelaMort.
ElJacobrêvedel'instantquilecombla L'eaulimpidedupuitsdanslavallée, CetéclatjoyeuxauxyeuxdeRachel, Elsavoixdoucequiluimurmurait Jacobnem'as-tupasembrassée? Nem'as-tupasappeléelacolombenoire?
LACALOMNIE
(1921.)
Partoutlacalomniem'asuiviepasàpas. Jel'aientendueramperdansmonsommeil, Etdanslavillemortesouslecielimplacable, Quandj'erraisauhasard,privéedepainetd'abri, Sesrefletsbrûlentdanstouslesyeux, Icitrahisonelpeurinnocente. Jenelacrainspas.Jerépondrai Hautaineàloutnouveaudéfi. Maisjepressensdéjàlejourfatal mesamisviendrontàmoidanslemalin. Troublantdeleurspleursleplusdouxdessommeils, Ilsposeront l'icônesurmapoitrinefroide
Poèmes
Ellacalomnieentrera,inconnuedetous. Inlassable,saboucheavidecomptera Dansmonsangdescrimesimaginaires Enmêlantsavoixàlaprièredesmorts. Alorstousentendrontsondélireinfâme, Nuln'oseraleverlesyeuxsursonvoisin, Unvideaffreuxseferaautourdemoncorps Elmonâme,emporléedanslabrumedel'aube, Brûleraunedernièrefoisd'impuissancehumaine Eldepitiésansbornespourlaterrequittée.
LAFEMME
DELOTH
(1922.)
LafemmedeLothseretournaet futchangéeenstatuedesel.
Ellejuste,grandi,rayonnanldelumière, Suivaill'envoyédeDieusurlamontagnenoire. Maisl'angoisseassaillaitsafemmeelluidisait Iln'eslpastroplard,lupeuxregarderencore
L'enceinterougedelaSodomenatale, Laplacetuchanlas,lacourlufilais, Lesfenêtresvidesdelahautemaison luasenfanlépourceluiquetuaimes.
Elleregardaetcommefrappésdemort Sesyeuxà l'instantcessèrentdevoir, Soncorpsdevinttransparentcommelesel Elsespiedslégersfurentclouésausol.
LaNouvelleRevueFrançaise Quiverseradespleurssurcellefemme? Elleestsidémuniequ'onlajugeramal. Seulmoncœurnepourraoublier Cellequia donnésaviepourunregard.
Cellevilleaiméedepuisl'enfance M'estapparueaujourd'hui, Danssonsilencededécembre, Aussidépouilléequejelesuis.
Toulcequisedonnaitdesoi-même Elqu'ilétaitsisimplederendre, L'élanardent,lesondesprières Etlagrâce dupremierchant,
Touls'estenfuienpâlefumée Els'esldéfaitaufonddesmiroirs. Etdéjàl'archetdelamort Scandeuntempsirréversible.
Maiscurieusecommeuneétrangère Quetoutenouveautéenchante, Jeregardaisglisserleslraîneaux, J'écoulaismalanguematernelle.
Etsoudain,m'envahissanldefraîcheur, Lebonheurm'asouffléauvisage, Commesiunamidetoujours Monlaillesmarchesàmescôtés.
(1924.)
(1929.)
LaNouvelleRevueFrançaise lonnentde1945(premièreexpositionchezDrouin1)àl'année desamort1951(ilavaittrente-huitans).J'avouequecesnou-vellesœuvresnemesemblentpasàlamesuredeleurambition. SiWolsarenoncéauprécieuxbonheurdesesaquarellesetdessins, cequ'ilnousproposecen'estleplussouventquesurcharge, éclaboussures,couléesetconfusionsansmystère.Lacouleur,plus violente,aperdusavibration.Deuxtraitsjadissurunefeuilleou deuxteintesc'étaitWols,lefamilierdeLao-tseu,deMaldororet deChaplintoutensemble,leconteurde«petitscontesterrestres», l'hommequisutécrire Achaqueinstant danschaquechose l'éternitéestlà. Aujourd'hui,devantcestoilesambitieuses,onsongesurtoutà cequ'ilfut.Cequ'ilauraitpudevenir,onlecherche,onlepressent peut-êtredansquelques-unsdesesdernierstableaux,lesmieux contrôlésdestructureetdecouleursTachesrouges(1949),Les Voyelles(1949)ouCompositionChampigny(1951).Maisquoil va-t-onévoquerletachisme?Sansdoute,ilenestl'undespré-curseursetnousn'ignoronspointsoninfluence,nicequelui doiventunBryen,unMathieu,unBellmeretbeaucoupd'autres. CependantleWolsquenousaimonsnesauraitseréduireàune école. Destinsuspendu.Resteuneœuvreinégale,inachevée,mais d'autantpluspathétique. MARCELARLAND
GNOLI (Centrenationald'Artcontemporain).
Peut-êtrepourrait-ondéceleraudébutdel'œuvredeGnoli uneinfluencedeChirico(Façade,1954).Dès1958,parl'intervention del'espace,devenumatièreopaque,danslequellesujets'imbrique, Gnoliatrouvésonexpression.Acetteépoque,ilpeintdescathé-drales,desmonuments,delamanièrequ'ilreprendraentre1964 et1968pourdécrirelepersonnage,ou plusexactementl'appa-rencevestimentairequiledésigne.Iljouealorsaveclestramesou lesdécorationsdestissuscommeilajouéaveclesfenêtresetles reliefsdesfaçades. Vers1960,ilseproduitunamenuisementdelapâteenmême 1lefitentrerson«inventeur»Henri-PierreRoché.
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