Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 12,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Partagez cette publication

Publications similaires

La Nouvelle Revue Française N° 227

de editions-gallimard-revues-nrf

La Nouvelle Revue Française N° 277

de editions-gallimard-revues-nrf

Vous aimerez aussi

suivant
Brindilles
Prèsd'unemétairieoubliéeparlevent,unhommeplace despiègesàrenardaucreuxdusillonquelechevalblanc vientd'ouvrir.Lesrenards,meditcethomme,seprennent ainsirégulièrement.Ilssuiventlatranchée,sedissimulant enquêted'uneproieet,tentésparl'odeurdelaviande, tombentdanslepiège.Quanduneseulepatteestprise entrelescrocsdefer,l'animalpréfères'amputerd'une dentaussidurequecellesdutraquenard etselibèreau prixdesapatte,allantdanssonrepairelécherlonguement laplaie,desrefletsdesouffrancedanssonœilainsihuma-nisé. Jepoursuismoncheminbordéd'amandiersrabougris auxfruitsamersdontj'écraselescoquesvides,carles enfantsdecepayspréfèrentlesfruitsamers. Jen'avaispasvucetautre,bêchant,courbéparmiles sarmentsdesavigne.Ilesttrèsvieux,maigrecommeces sarmentsmêmes,levisagecreuxetnoir,lesdoigtscrochus quivolontiersrapinent. Auseuilduvillageleserrurierchercheurdechampi-gnonsetd'aspergessauvagestriedevantsaportequelques touffesdecettesaladequ'onappellela«doucette».Ses doigtsyprennentplusdeplaisirqu'auxoutils.Safemme cependantvientducimetièreenfacesurlatombedufils uniquequ'ilsontperdu.Ilsrestentseulsavecunpetit chien,n'ayantquedesparentséloignésquipensentsur-toutàleurmaigrehéritage.
LaNouvelleRevueFrançaise Lesoirtombe,leventsecalme,lescyprèssemblent grandirencore.
#
Sedoule-l-ellequ'elleestnue Lafilleroussedelarue Auxyeux Duvieux Quilaregarde Torlillantsamoustacheetla nueesthagarde.
Unerainetteétaitdanslesfusains,uncanaridanssa cagequ'ontrouveraitmortlematindePâques.Iln'y avaitpasalorsdechatsdanslamaison. Semainessaintes. Semainespascales.Vacances.L'ombred'unrameau surcecahier.Mieuxvaudraitneplusriendire,neplus rienécrire,attendre,toujoursattendre,maisàforced'at-tendrec'estlamortquivient,vivrait-onprèsdecentans commecegrand-oncleoucettegrand-tante.poussière d'annéesauxyeuxdeDieu.quin'apasd'yeux.
Ceminéralcarrédequelaslrea-t-ilchu Coincéparquelhasarddanscetarbrefourchu?
Lavieilledamefaisaitdesréussites.Songendreallaitet venaitdanslapièce,puiss'arrêtaitdevantlatable,tirait brusquementletapisetlescartesjonchaientlecarrelage dusalonauxmeublesorientaux.Cegendreétaitvice-consul.Atoutinstantilconsolidaitd'ungestesecson binoclesurunnezsansdoutetropenpente.Onentendait
Brindilles crierdesmouettes.Peut-êtrel'huissierboiteuxfermait-il àcetteheurelesfenêtresduconsulat.C'étaitlemêmequi, lesjoursdevalise,traînaitdanslesbureauxcettemalle decuirenchaînéed'oùs'échappaientsoutiens-gorge,par-fums,cigarettesavecquelquesdocumentsadministratifs. Onentendaittonitruerleconsulgénéralétheromane. Lavieilledameramassaitlescartespourrecommencer laréussiteetsongendrericanait.Ilétaitjaloux,deman-dantenvainétaitsafemme,uneveuvedontlegamin (dupremierlit)allaitrentrerdel'écoleetc'estsurluique sonbeau-pèreassouviraitsacolère,letraitantdeparesseux, d'abrutimaisn'allantjamaisjusqu'àlefrapper,enhomme bienélevé.
Arbres,emmurez-moi,séparez-moidumonde! Quelavoixdesoiseauxcouvrelesautresvoix! Qu'importentlescaillouxsouslespascarlescroix Cesontlesautressouscellerumeurquigronde.
Aucoindelaruecettefemmenoireramasseuncaillou, puislerejette etcrachedessus.
Jevoyaislacouturièreétirantlefilqu'elleavaitentreles dents.Lelendemainelleétaitmorte.C'étaitlefildela Parque.
Ellel'atrompétantetplusetmaintenantellelepro-mènechaquejourausoleilavecbeaucoupdeprévenances. UneAntigonematernellepourcevieillardpresqueaveugle.
LaNouvelleRevueFrançaise
L'enlendrai-jetoujours,vieuxpins,votrerumeur Commedufonddesnuitsquelquevoixéternelle Jusquedansletombeau,lamenlodurameur Surdeseauxsansrefletssouslanoirceurd'uneaile?
Jeregardaisunemoucheentraindelissersespattesde devantparunréflexenaturelchezcesbestioles.Peut-être était-elleheureusedevivrecetinstant.Hélas!unetapette s'abattitsurelle.Jeregrettaidenepasl'avoirchassée.
Jenesaissilesmurs,commeondit,ontdesoreilles, maisceluidevantlequeljacassentàlongueurdejournée deuxfemmesduquartier,difformes,abiendumériteà nepasleurtomberdessus.
Unpetitcafé,uneodeurd'anis,unguéridonausoleil couvertdemouchesprèsduquelunvieilhommesomnole. Village,solitudesolaire,unegrand-route.
Tandisquel'églisebrillammentilluminéeretentit d'hymnesoudecantiques,jevoisparlaporterestéegrande ouvertedansl'étroiterue,assissurunechaise,toutcourbé entresescannes,unvieilinfirme,tandisqueprèsdelui safemmeétendquelqueshardessurunecordeentravers dumur.
LaNouvelleRevueFrançaise versiondeTartuffe,lareligionest-elleconstammentprésente souslaformed'ungrandChristsouffrant,d'unestatuecouronnée d'épinesetons'étonneramêmede nepaslavoiraccuséeavec plusd'évidence.Onvajusqu'àsedemandersisonTartuffe,au fond,necroitpasunpetitpeuenDieu.Etquandila desallures diaboliques,n'est-cepasrevenirparundétourauxanciennes croyances?Iln'yaquelescatholiquespourcroireaudémon.De plus,siTartuffeavaitréussisonentrepriseenépousantlafille d'Orgon,aprèsavoirséduitsamère,son épouseetlemaîtrede maisonlui-même,onpourraitvoirenlui,tellehérosdeThéorème, uneimagedelaGrâcevisitantunefamille.Encorefaudrait-illui donneralorsuneapparenceaimable,contraireàlatraditionque Planchon,ici,arespectée.Ceseraituneautrepièce,certesinfidèle àMolière,maisquinemanqueraitd'enrévélerdesaspectsfort intéressants,etneufs.
Uneautrepièce,cependant,c'estbiencellequel'onvoit,à traverslalecturequenousenoffreleT.N.P.,danslebeau « » décorbaroqued'HubertMonloup.Ilyadixansledécor étaitd'AllioOrgonnousétaitprésentécommeunrichebour-geoistrèsassisdanssafortunenouvellementédifiée.Sademeure étaitordonnée,cossue,bâtie pourdurer.Aprésent,Planchona changél'éclairagedutoutautout.Nousvoicireçusdansune maisonentransformation,chezdesbourgeoisquiviventparmi leséchafaudagesetlesplatras.Eux-mêmes,enpetitetenueleplus souvent,nousdonnentl'impressiond'avoirétésurprisàleur lever,dansledésordredel'intimité.Desgensriches,nouveaux riches,quinesontpasencorebieninstallésdansleuraisance.Une tribudesquattersquicampedansunpalais.Cesnantisde « » fraîchedaten'ontpastoutàfaitperdulanaïvetéoriginelledu populaireuneproieoffertepourunintrigantastucieux.Toutce côtéquotidienestadmirablementrendu,enparticulierquand «» onvoitcettefamilleréunieautourd'unegrandetabledeferme, danslasallenuedeleurdemeure.Ilyadupaysandansleur façondevivreàlabonnefranquette.Onestplusproched'un tableaudeLeNainqued'unescènedegenreparRigaudou Largillière.C'estémouvant,patriarcal.Ducoup,Orgonetles siensacquièrentunehumanité,unevéritésaisissantesetinsoupçon-nables.Cesontdesvictimestoutesprêtes,dontunTartuffe,plusà l'aisedansleshautessphèresdelasociété,neferaqu'unebouchée. Carc'estdanscesensquelapiècevireetnousétonne.Planchon nousmontrel'histoired'uncomplot,etlepersonnagen'estplus seulementungourmandhypocrite,c'estunindicateur,placédans cettefamilled'opposition(Orgonaeujadisdesliensavec « »
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin