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JacquesRivière et«LaNouvelle RevueFrançaise»
HommageàJacquesRivière pourlecinquantième anniversaire desamortle 14février1925
VoilàcinquanteansqueJacquesRivièreestmort. Qu'ilsoitprésentaujourd'huidanscellerevuedont illutledirecteur.Lestextesquenouspublions,c'est AlainRivière,sonfils,quilesarassemblésetquiles commente.Onyretrouveunefiguredontl'ardeur, l'intelligenceetlaprobitépeuventencoreservirde leçon. ChezJacquesRivière,lescrupulerépondàl'élan. Ilaledoublebesoind'aimeretdecomprendre;etcelui desedévoueràunecause,maisàconditionqu'elle soit laplusjuste.Delà,sescraintesd'unfaux-semblant, sesdoutes,sesréservesousesremords;maisaussi saflammeetsarigueurdèsqu'ilsecroitsûrdedéfendre lavérité. En1919,quandilprendladirectiondeLaNouvelle RevueFrançaiseetqu'ilenpréciselesintentions,ce qu'illoued'aborddansnotrelittérature,c'estprécisé-mentlarechercheetlahauteexpressionduvrai. Dansuntelsouci,quiréclameetrejointceluidela
LaNouvelleRevueFrançaise qualité,lepremiercaractèred'unerevueseradonc l'indépendance.Toujoursdisposéeàl'accueil,elledoit s'ouvrirauxproblèmesd'uneépoque,aulourmenld'une penséeouauxaspirationsd'unart;maisilestnéces-sairequ'ellelescontrôleselonsonesprit,savocation etsesfins. Cen'estpasfacile,sansdoute,elRivièreapus'en rendrecomptetrop respectueuxd'autruipourimposer saloi,troppeusouplepourfeindreoupourseplier àlacirconstance.Maisilasuresterlibre,fût-ceà l'égarddesplusgrands,etproposerauxjeunesécrivains, épriseux-mêmesdeliberté,lesconditionsd'untravail commundansuneamitiésanscomplaisance.
N.R.F.
Témoignages
Sijen'avaispasconnuJacquesRivière,jen'aurais passucequ'estl'infaillibilité;laconfianceabsolueque j'avaisensonjugementn'étaitpasgratuite.Ellereposait surunelenteconstatation. Jamais,aussilongtempsqu'iladirigélaN.R.F.,onn'y asurprislaprésenced'untextequinefûtdigned'atten-tion.Beaucoupavaientlavaleurd'unerévélation.Son flairétantsûr,autantqueceluid'unchiendechasse,et quantàsubiruneinfluencequil'amenâtàfaillirsurson choixiln'enétaitpasquestion.Aucunerecommandation n'avaitsurluilamoindreprise.Onnepouvaitêtreplus queluiincorruptible,inaccessibleàunintérêtquinefût pasexclusivementlittéraire. D'autrepart,vousavait-ilremarquéetmarquéd'un signefavorable,ilnevouslâchaitplus.Sonexigence enversvousetl'exigencequ'ilentendaitquevousgardiez enversvous-mêmen'avaientpasdelimites.Nonsansle révolter,monmessagepersonnell'avaitalerté.Dedesa partunevigilanceparticulière,sansreposnicesse.Je mesouviensdesacolère,quandilappritquej'avaispour rassurermamèredétruitquelquesmanuscrits.C'estalors qu'ilm'écrivitcemotterrible«A-t-onchoisid'écrire, onsedoitdesepréféreràtout.»Cequisignifiaitsans douteque jedevaisneplusapparteniràaucunpays,à aucunefamille,qu'aucunerelationextérieurenedevait pluscompterpourmoi,maismonœuvreseuleetlavérité.
MARCEL
JOUHANDEAU
LaNouvelleRevueFrançaise
Ceuxquin'ontpasvécuavant1914n'imaginentpasla profondeurdel'abîmequi,àlafindelaGrandeGuerre, séparasoudaindeuxmondes.Quelquespontspurent,seuls, traversercegouffre,constructions inébranlablessurleurs assises(Claudel,Proust);etquelquespasserellesdontl'acier flexibleréussitàatteindrel'autrebord(l'ombred'Alain-Fournier,cellesd'Apollinaire, Giraudoux,GideetRivière). Surcetteriveattendaientdesjeuneshommesencoresans nomlesunsrêvaientd'unecitéparfaite;d'autresregret-taientleurguerre(Drieu,Montherlant),ouseréfugiaient dansunricanementpessimiste,commenous-mêmes;les Dadas,niantlepassé,sansfoidanslareconstruction, apportaientdeZurichleurdérisionenversunartcondamné, unmondeabsurde. Partoutl'indocilité,lamutinerie,ledésordre,unappel duvide,tantôtépouvantable(Brest-LitovskouBerlin), tantôtrisible(lesvitrinesdeslibraires,trônaitencore AnatoleFrance). Cequi, alors,nousmanquaitleplus,c'étaitunhomme d'avantguerrequifûtaussid'aprèsguerre,capablede voirlesdeuxfacesdumiroir.JacquesRivière,sipeuavare delui-même,sigénéreux,d'unesigrandeouverturede compas,futcelui-là. Puis-jemepermettreunsouvenirpersonnel?Quand GiraudouxapportaàJacquesRivièreTendresstocks (1919),quandProustluieutditlasensualitédeMorand, « soninsolence,sonironie,mélangecongeléàlatempérature glacialequiluiestpropre»,ilyavaitdequoidéplaireàla N.R.F.Rivièrem'ouvritnéanmoinslarevueMonther-lantetmoifîmesnotreentréeàlafinde1919. Cen'étaitpaslerespectquinousétouffait;nousn'avions paspeurdeRivière;satimiditénousrassurait,soninno-cencenousencourageait;nousdisionsdelui,unpeucomme Mauriac,maisavecmoinsd'esprit«Gidel'aideàsedéli-
LaNouvelleRevueFrançaise
sansdoutepaséternel;l'abbéGeorgesdeNanteslerapproche (surunseulpoint!)deNéron,sixièmedesCésars,et,rappelant ledictonromainSempersubsextoRomaperditafuit»,ille « complèteetnousrendunpeud'espoir«Subseptimosalvaerit.»
EUROPEconsacreàVerlainesondoublefasciculed'octobre-novembre.C'estune«miseaupoint»desplusjustesetdesmieux documentées.Cecahierd'Europerendaussiundernierhom-mageàPierreAbraham,qui,auxcôtésdeJean-RichardBlochet deRomainRolland,participaàlafondationdecetterevue,et quiladirigea,dansun pleindévouement,depuis1949jusqu'à samort(enmai1974).
DansLAREVUEDEBELLES-LETTRESdejuin,dixeaux-fortes deHenryMoore,étranges,accompagnentdestextes,poèmesou proses,d'unebeautéplusintime,maisparfoispresqueaussi mystérieuse,qu'ilssoientdeJeanFollainoudeRobertWalser, d'HenriMichauxoudePhilippeJaccottet.
ARGILE(n°3)publie,deWilliamBlake,UnevisionduJuge-mentdernier.Cecurieuxtexte,traduitparPierre Leyris,est ornéd'uneaquarelleetdecroquis.Beaucoupplusnusdans leursensibilité,lespoèmesdeVladimirHolan,traduitsduhongrois parNicolasChastelin.
LecinquièmecahierdelarevueALiF,quiparaîtàTunis,ras-sembledespoèteshongroisd'Illyés,quiasoixante-douzeans, àJuhasz,quienaquarante-six,etdejeunespoètesduMaghreb deJamalAmrani,en1935,àl'étudianteAroussiaNalouti.
DanslarevuetrimestriellePOINTSETCONTREPOINTS(septembre-octobre)despoèmesinéditsdeJeanRoyère(enhommageà GuillaumeApollinaire)etdeMauriceduPlessys(quesalueRoger Joseph).
Lenumérodemai-juindesLETTRESNOUVELLESestconsacré, parlessoinsdeClarisseFrancillon,àMalcolmLowry.Cecahier spécialvientainsicompléterceluiquiavaitparuen1960.
TRADUIRE(n°79)rendunchaleureux Jaccottet,parfaittraducteurde Musil, de
hommageàPhilippe ThomasMannetdes