La Nouvelle Revue Française N° 294

De
Marcel Arland, Quelques mots...
André Dhôtel, Chronique fabuleuse
Henri Thomas, Blé noir
Roger Grenier, Découverte de la nuit
Jacques Chessex, Le tablier
Jean Lebrau, Brindilles
Eugène Ionesco, 'Je' fut 'un autre'
En compagnie de... :
Jean Tardieu, La voix même d'André Frénaud
Philippe Jaccottet, Quelques notes à partir de Baudelaire
Roger Judrin, Remarques sur la langue et sur l'art
Critique : poésie :
Alain Bosquet, Yves Bonnefoy contre le signifiant immobile (Le Nuage rouge – Rue Traversière)
Jean Blot, Le Livre du doute et de la grâce, par Alain Bosquet (Gallimard)
Critique : littérature :
Jean-Michel Maulpoix, Correspondance, de Rainer Maria Rilke (Le Seuil)
Alain Bosquet, Les vivants et leur ombre, par Jacques de Lacretelle (Grasset)
Georges-Arthur Goldschmidt, La zone d'ombre, par Jean-Claude Brisville (Albin Michel)
Critique : romans :
Hervé Cronel, L'heure de la sensation vraie, par Peter Handke (Gallimard)
Alain Bosquet, Dulle Griet, par Dominique Rolin (Denoël)
Alain Mercier, La rentrée des classes, par Jacques Brenner (Grasset)
Critique : connaissance :
Pierre-François Moreau, De la certitude, par Ludwig Wittgenstein (Gallimard)
Bernard Sesé, Les Camisards, par Philippe Joutard (Gallimard/Julliard)
Critique : théâtre :
Gilbert Chateau, L'impossible M. Jean Vauthier
Critique : cinéma :
Jean-Claude Guiguet, Les enfants du placard, de Benoît Jacquot
Critique : la musique :
Marcel Schneider, Pelléas et Mélisande (Palais Garnier)
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072387777
Nombre de pages : 128
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Quelquesmots.
jesuisentréàLaNouvelleRevueFrançaiseen 1922.J'yaiconnuRivièreetPaulhand'abord,bientôt Gide,GastonGallimardetSchlumberger.J'avais vingt-troisansetmepiquaisavanttoutd'êtrelibre. SijesuisrestéàlaRevue,c'estquej'yaitrouvé,en mêmetempsqu'unaccueilamical,unespritindépen-dantjusquedanslacommunautédel'effort. Tellefutlabasedelalongueamitiéquidevait m'uniràPaulhan.Différents decaractère,sansdoute, d'humeuretdefaçonsiln'yeutjamaisentrenousni mensongenifeinte,fût-cequandnousn'étionspas d'accord.Ainsipendantdesannées. En1953,aprèslesilencedelaRevue,quand PaulhanetGastonGallimardmedemandèrentd'en partagerladirection,jen'ignoraispointquelatâche seraitlourdeetdangereuse.Maisj'aipenséqu'elle pourraitêtreplusutileencorequejadis,etl'amitié plusétroite.J'aiaccepté. jeneleregrettepas.Nousavonstravailléchaque jour,jeanPaulhan,DominiqueAuryetmoi,discuté, rassemblénosamis,apaiséplusd'unequerelle,convié denouveauxécrivains,accueilli,jecrois,lesmeilleures tendancesdel'époque. Vintlejouroù,malade,jeanduts'éloigner.J'ai
LaNouvelleRevueFrançaise voulupartiretmedonnerpleinementàmontravail d'écrivain,«Sivouspartez,m'aprévenuGaston, laRevuedisparaît.»J'aicontinué,etcenefutpas desplusfaciles.Maisdenouveauxcompagnonsm'ont rejoint,jeanGrosjeanlepremier,etdeplusjeunes, tandisqueMadeleineLacour,dixannéesdurant,se consacraitausecrétariatdelaRevue.jelesremercie. Quantàmoi,cequej'aipu,jel'aifait,connaissant d'ailleursmieuxquepersonnemesinsuffisances.J'ai voulusoutenirunecausequejetienspourl'unedemes raisonsd'être,lapréserverdesintriguesetdescalculs, etpouvoirlasaluerjusqu'aubout. Paulhanestmort.Schlumbergerestmort.Mort, GastonGallimard.Mort,voilàquelquesmois,André Malraux,leplusanciendemesamis.Etbeaucoup d'autresontdisparu,quej'aimais,quim'ontaidéet quejenepeuxoublier. Aprésent,nil'âge,lesforces,nilesconditionsd'un travail,nilesexigencesd'uneentreprisetellequejela conçoistoujoursnemepermettentd'assumerplus longtempslaresponsabilitédecetteRevue.Mais,en remettantLaNouvelleRevueFrançaiseàd'autres soins,jeresteattachéauxvaleursquenousavons toujoursserviesetqui,j'enail'espoir,neserontpas moinsdéfendues.
MARCEL
ARLAND
Chroniquefabuleuse
Autrefoisettoujours
Autrefois,cher Martinien,étantrevenud'au-delàdes mers,jemesuistrouvéprisonnierd'uncoindeprovince n'importequiauraitpumourird'ennui.Enparcou-rant,selonmonhabitude,cheminsetsentiers,ilme semblaitsanscessechercheruneissue.Deuxbellescol-lineséloignéesetleglissementdelaplainejusqu'au ciel,c'étaientdesmerveillestrèsprovisoires.Encetemps j'aimais,par-dessustout,lespetitstaillisclairseméssur unplateaudépourvud'habitations. Lepleinhiver.Desherbesdesséchéesentreles arbustes.Pasunepoussedepissenlitoudeviolette. Riennes'annonçait.Leventnefaisaitmêmepasbou-gerlesraresfeuillesdel'andernierqui subsistaientaux branchesdeschêneaux.Maisdanscevidelestaillisse divisaientcentfoisdecurieusefaçon,sibienqueje croyaistoujoursentrerdansdenouveauxespaces.Quel espacen'estpasnouveausil'onyprendgarde? Donc,unjour,j'aisilongtempserréquejesuispar-venuau-dessusd'untrèshauttalusdontlapenterapide descendsurdesvoiesdechemindeferquisecroisent, cellesd'unepetitegareauxquais démesurésdevaient s'arrêterlestrainsrapidespourunecorrespondance avecquelqueomnibusdetroisièmeordre.Cettegare semblaittoutàfaitdéserte.Jenepusrésisteràl'agré-mentdem'ypromenerenintrus.Jedévalailetalus,tra-versailesvoiesetjememisàarpenterlequai.
LaNouvelleRevueFrançaise Jen'avaispasremarquéqu'unjeunehommeétait assissurunbanc,là-bas.Ilestvraiqu'enveloppédans sonmanteauilressemblaitdeloinàunpaquet.Pour-quoisuis-jeallém'asseoiràcôté delui?Peut-êtreainsi, encompagnie,jeferaissemblantd'attendreuntrain. Lejeunehommenemeprêtaaucuneattention.Bien-tôt,surgionnesaitcomment,unemployépassaànotre hauteur.Ils'arrêta «Jedoisvousapprendre,messieurs,quedepuispeu onexigedesbilletsdequaipourlesgensquineprennent pasletrain.» Commentsavait-ilquejen'étaispasunvoyageurnon plusquemonvoisin?Certeslestrainsétaienttoutàfait improbablessouscecielgrispeuchargédepromesses. Etsansdoutelelongquaiavecdeuxoutroisbancs,que l'onpouvaitgagnerfrauduleusementparunpassageà niveautoutproche,attirait-ilparfoisdespassantsoisifs? «Moi,celam'estégal,repritletype,maisjevous assurequ'ilvousfautdesbilletsdequai.» Lejeunehommeàcôtédemois'éveillasoudaindesa torpeur.Ils'écria «Bientôtilfaudradesticketspourl'éternité!» Quelrapportavecl'éternité?L'employéfitunegri-maceets'éloigna. «Ilmesemble,dis-je,quel'éternitén'estpasen cause.» Cemotm'enchantaitnéanmoins.Lejeunehomme meregardadetravers. «Probablementvoussavezcequiestencause,me dit-il.Vousêtespsychanalyste? Enaucunefaçon. Sociologue?Linguiste? Paslemoinsdumonde. Etvousn'attendezaucuntrain,toutcommemoi?» Jehaussailesépaules.Vraimentquefaisions-noussur cebanc?Jepouvaisalléguerquej'étaisvenumedétendre aucoursd'unelonguepromenade.Maislui?Sijene
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CLAUDEPRÉVOST Lesavantouvrierdesmots
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