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La Nouvelle Revue Française N° 296

De
192 pages
Georges Lambrichs, Sans coupure
André Pieyre de Mandiargues, Ode à Ljuba
Samuel Beckett, Pas
Jean-Loup Trassard, La Mesnie de Hellequin
Franz Kafka, Lettres du sanatorium
Jacques Ménétrier, Le Processus
Chroniques :
Jacques Bersani, Du roman : André Malraux, Marthe Robert
Eugène Ionesco, Délivrons-nous de nos idées
Henri Meschonnic, Langage, histoire, une même théorie
Georges Perros, Télé-notes
Jean Clair, New York, année zéro...
Notes : la littérature :
Gilles Quinsat, Les Ravagés, par Henri Michaux (Fata Morgana)
Notes : le roman :
Marianne Alphant, Passage, par Renaud Camus (Flammarion) - Échange, par Denis Duparc (Flammarion)
Alain Bosquet, Les Tours de Notre-Dame, par Henri Thomas (Gallimard) - La salle de rédaction, par Roger Grenier (Gallimard) - Le séjour des morts, par Jacques Chessex (Grasset) - Le lézard d'immortalité, par Noël Devaulx (Gallimard)
Notes : les essais :
Pierre Pachet, La volonté de savoir, par Michel Foucault (Gallimard)
Notes : lettres étrangères :
Christine Jordis, A Fringe of Leaves, par Patrick White (Johnatan Cape)
Nicole Casanova, Puberté, par Hubert Fichte (Gallimard)
Notes : le cinéma :
Jérôme Prieur, Alice dans les villes, de Wim Wenders
Notes : la musique :
Alain Duault, La Flûte enchantée, de Mozart (Opéra de Paris)
Dominique Fernandez, Funeral Music for Queen Mary, de Purcell - Tancredi, de Rossini
Notes : les arts :
Jean-Jacques Lévêque, Ateliers et galeries
L'air du mois :
Michel Butor, L'incantation Bryen
Jean Dutourd, Carnets 1973-1974
Gilbert Lascault, Paul-Armand Gette ou La pratique des lisières
Jacques Réda, Une petite porte bleue
Textes :
Anonymes, Relation par lettres de l'Amérique septentrionale (années 1709 et 1710)
N.D.L.R., Erratum
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LA NOUVELLE
REVUE Française
SANS COUPURE
La Revue continue. C'est un recommencement et pas
le premier dans son histoire. Face à ceux qui ont prêché
la fin de la littérature, force est de constater qu'elle est
toujours, française ou étrangère, aussi surprenante et
chercheuse et qu'il faut dès lors créer les conditions
physiques de sa reconcentration en précisant, avec
modestie et indépendance, ses lignes de force créatrices
et le secret de son pouvoir.
On se méfie des manifestes. Et des écoles. En
général, les promesses sont trop belles et les retombées trop
cruelles pour ceux qui les tiennent. Jacques Rivière
écrivait en 1919 « Nous ne sommes pas des gens d'action. »
Il paraît opportun, en effet, de revenir à cette position de
départ en faisant leur place aux œuvres nouvelles ainsi
qu'aux idées nouvelles sur les reconnues, voire
oubliées, bref en privilégiant la méditation et
l'imagination sur le témoignage et ses effets.
Aujourd'hui, plus grave que la solitude de l'écrivain
est sans doute la menace de son asservissement sous les
formes diverses de l'endoctrinement, qu'il soit
idéologique ou universitaire, terroriste ou publicitaire. Certes,
il faut dire non à quelque sournoise sérénité affichée pour
une improbable sagesse mais il faut accueillir aussi des
partis pris fondés sur une analyse méthodique pour
mieux défendre et assurer, à tous les tournants, cette
marge de liberté et de qualité sans laquelle, en effet, la
littérature cesserait d'exister.
GEORGES LAMBRICHSOde à Ljuba
La rumeur des sensations bleues
Battait à Vrnik et alentour
Répulsion au plein d'indigo
Vacarme optique où le tambour azur
Tendu aux pointes des quatre vents
Qui jouaient là leur jeu de quatre fous
Allait rompre sa céleste peau d'âne
Pour laisser choir un noir clair comme le noir
Du cataclysme de la création peut-être
Mais aujourd'hui
Mardi vingt-quatre août mil neuf cent soixante-seize
Ni le saphir minéral de la mer
Ni l'aiguë marine des nappes aériennes
Ne sont dans mon souvenir comme y sont
Les fonds immémoriaux de tout ce qui m'est cher
Les fondations d'une tendresse inexorable
Les fondements de ma cave d'adoration
Lieu de réclusion où je me situe
Envers et contre tout et tant mieux
Si ma petite raison s 'y détourne
Et chavire sa coque
Si je m'entrouvre m'éparpille m'irise
Comme à l'étalé d'un flux de morte eauOde à Ljuba
La trame d'une toile emblématique
Suscitée par la main de Ljuba,
Le naufrage de l'eau
Sous d'autres eaux plus Jluides
Que l'eau lourde où flottent nos mots frêles
Quand ils vont à vau-l'eau de la voix
Et que les syllabesatomes
Divorcent tourbillonnent
Prennent un voile de séparation
Dans un ordre de désunion
Sous une règle de contradiction
Où la rouille est rongée par le fer
Quoiqu'elle ait la dureté du diamant
Où les anges du jour se dissolvent
Dans la sainteté trouble de la nuit
Où la face du souverain soleil
Se défait sous une fausse face
A figure de lune rousse
Où le pourpre couchant
Monte à l'orient du matin glauque
Tel naufrage essentiel au ciel qui domine
Le plancher des bœufs que nous sommes
Qui l'a peint ou quel peintre le peindrait
Excepté celui que j'ai pris en examen
Et qui enflamme la houille de mon site
Ljuba le clair-obscur?
Kara Ljuba le noir
Mandorle des cheveux et de la barbe courte
Visage qui persiste
En nous quand nous fermons les yeux
A la façon dont persistent tous ceux
De Poe de Baudelaire ou de GaribaldiLa Nouvelle Revue Française
De Nietzsche ou de Lénine
Du Che ou de Castro
Figure dont il me plaît d'affronter l'image
A une pierre qui grimace devant moi
Logée parmi mes livres
Et que j'ai ramassée à Vrnik
Le lendemain je crois
De la nuit du sept au huit août dernier
Où je rêvai que j'avais trois couilles
Et me dressais glorieux comme peint par Ljuba,
Pierre à face de gnome
Dont j'entendis comme un vœu lapidaire
L'injonction d'être nommée du nom
Du roi Melchisédech
Et consacrée à célébrer Ljuba,
Salem qu'évoque ici ma pierre
Royaume où baignent fabuleusement
Dans les vapeurs de cent bûchers de sorcières
Cent grands tableaux où l'œil divague
Sur la chair tant aimable que le feu tord
Et boursoufle la braise
Quelle âme de démon attisait là
L'enclume aux monstrueux hybrides
Sinon cet étrange air qui inspire Ljuba ?
Et voilà que j'épie
Une flûte dresser l'échelle
Où des vipères danseraient
Roses vertes blanches brunes
Brusques bulles qui darderaient
Les langues de la pentecôteOde à Ljuba
Sur le voyeur que je suis
Tout ébloui de brûler
A l'unisson du venin
Sécrété par la musique
Où s'incarnent les couleurs,
Car l'œil de Ljuba si je l'emprunte
Ce n'est qu'en suite d'un signal
Fanal ou sceau dont est radieux son art
Comme pour épouser mieux un plan
Qui est l'incarnation systématique
Des quatre paravents élémentaires
Dressés par l'affolement des sens
Cinq clowns blancs prompts à rallier
L'effroi frappé dans la stellaire absinthe
Le gel muet où vont les météores
La stérilité du vieux vide
La mélancolie qui renaît en sa fin
Devant l'absence absolue de présence,
Terre eau air feu la furieuse main
De Ljuba les force à l'incarnation
Fait bourgeonner sur eux la chair subie
Ainsi qu'une occupation étrangère
Les greffe afin de leur imposer
La luxuriance de l'anthropomorphisme
Et ne dévaste que pour les repeupler
Le feu l'air l'eau et la terre en décombres,
Mouche-toi vis meurs
Si c'est là l'ordre naturel
Soufflé à chaque nouveau-né
Le peintre Ljuba le retourne en sorte
Que meure la mort qui ne peut se moucherLa Nouvelle Revue Française
Non plus que mettre des lunettes
Puisque le nez lui manque,
Ce dont se fût réjoui Leopardi
Sous le soleil aveugle de Ljuba
Crâne créateur
N'est-ce pas ?
D'où surgit le regard que j'emprunte
Serpent qui brille à l'ouïe de la femme
Et lui boucle l'oreille,
Puis le ciel rouge de la planète Mars
Témoin des intuitions de Ljuba
Et le ciel vert de la verte Vénus
Preuve du prisme de ses déductions
Et le ciel souvent bleu de la terre
Indulgent aux faussetés de ses Èves
Et le ciel noir du spatial miroir
Où fourmillent autant de monstres célestes
Que montre de tons sa palette
Est-il là rien qui ne soit le sien propre
Pensé-je à Vrnik
Tandis que je tentais de lire
Une écriture de goélands
Sur le ciel anuité par un soudain noroît,
Pleine de révélations et de mystères
Ni plus ni moins que l'alchimie des touches
Qui accordent la démence avec la conscience
A l'aurore des noces d'art et de science
Celles où le pinceau du peintre
Et le pistil d'une lumière feue
Et l'ombre d'un sexe hermaphroditeOde à Ljuba
Sur des draps de pressentiments défaits
Dansent une copulation trinitaire
Renaissance ou fossile d'un avenir,
Pierre encore
Sous de multiples strates
Le fourneau d'élaboration
La géode où s'affinent les images
Qui par loi de Ljuba illuminent nos nuits
C'est sa tête et ce sont les nôtres aussi
Petites planètes parfois figurées
Ou dépourvues de traits
Sphères à naître ou mortes
Boulier de bourreau
Jeu d'un dieu
Point lare,
Au tribunal de la dénudation
Dressé partout d'ordre du peintre
C'est le voyeur qui va se voir conduit
Vers une sévère ordalie de fleurs
Où tel vieillard effeuillé jusqu'à l'os
S'attache à l'arbre de la blanche déesse
Qui lança des chiens aux trousses du roi cerf
C'est lui qui prêtera sa veine ouverte
Au soufre au sel et au liquide argent
Définisseurs de l'altière Sodome
Pour tant que durera l'éternité,
Des Huns dans Rome ou des chiens parmi nous
Les souvenirs sont plus faux que le fard
Qui plâtre les manuels scolaires
Et les seuls monuments de la trompeuse histoire
Cristaux de la face inconnue de la pierre

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