La Nouvelle Revue Française N° 311

De
Michel Butor, Dialogue avec Charles Perrault sur les fontaines de la fable
Jacques Réda, P. L. M.
William Humphrey, Chasses dans le fond du soufre
Philippe Beaussant, Le délit de fuite
J. M. G. Le Clézio, Deux mythes de Maldoror (II)
Chroniques :
Jude Stéfan, Haine de la pensée, haine de la poésie
Jean Philippe Guinle, Amour-tragique
Henri Thomas, Reportage
André Berne-Joffroy, Le mystère Le Nain
Jean Duvignaud, Jean Guéhenno
Notes : la poésie :
Daniel Leuwers, Cahiers Saint-John Perse n°1 (Gallimard)
Notes : la littérature :
Yves Hersant - Ruggero Campagnoli, La littérature potentielle, par l'OuLiPo (Gallimard)
Notes : le roman :
Valentin Beauvois, Le biographe, par Philippe Beaussant (Gallimard)
Philippe Dulac, La vie mode d'emploi, par Georges Perec (Hachette-Littérature)
Nicole Quentin-Maurer, Un amour de père, par François Sonkin (Gallimard)
Alain Clerval, Le bal des débutantes, par Catherine Rihoit (Gallimard)
Jean Blot, Le vagabond qui passe sous une ombrelle trouée, par Jean d'Ormesson (Gallimard)
Francine de Martinoir, Une ville grise, par Pierre Bourgeade (Gallimard)
Notes : les essais :
Pierre-Louis Rey, La rose des Tudors, par Dominique Fernandez (Julliard)
André Dhôtel, Cherchant qui adorer, par Bruno Ribes (Gallimard)
Alain Bosquet, Bildoungue, par Catherine Clément (Christian Bourgois)
Jeanyves Guérin, La crise du personnage dans le théâtre moderne, par Robert Abirached (Grasset)
Notes : lettres étrangères :
Gilles Quinsat, Napoléon et autres récits, par Carl Sternheim (Mercure de France)
Hervé Cronel, Le Silmarillion, par J.R.R. Tolkien (Christian Bourgois)
Laurand Kovacs, Le communiste, par Guido Morselli (Gallimard)
Pierre Pachet, Les hauteurs béantes, par Alexandre Zinoviev (L'Âge d'Homme)
Notes : le cinéma :
Jérôme Prieur, Quelques films en revue
Notes : la musique :
Alain Duault, Callas, une vie, par Pierre-Jean Remy (Ramsay)
Notes : les disques :
Michel Braudeau, Stage, de David Bowie
Notes : les arts :
Florence de Meredieu, La Nouvelle Revue d'Art moderne n°2
L'air du mois :
Hubert Damisch, Made in Germany
Guy Dumur, Souvenirs de Bayreuth
Textes :
Jean-Loup Trassard, Le peigne, le pichet à cidre et le soufflet
André Gide - Dorothy Strachey Bussy, Lettres (II)
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072385094
Nombre de pages : 192
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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
Dialogue surles
avecCharlesPerrault fontainesdelafable
le12janvier1628,survivantdesonjumeauFran-çoismortàl'âgedesixmois,M.lecontrôleurgénéral desbâtimentsquinesavaitpasencorebienlirequandil entrapourlapremièrefoisaucollège àl'âgedehuitans etdemi,franchitlagrilled'unerégionnouvellement ouverteauxprivilégiésdansleparcroyal,etmarchant surlesable,unrouge-gorgesurl'épaule,relitunpetit ouvrageornédegravures«entrelesbeautéspresque infiniesquicomposentlasuperbeetagréablemaison deVersailles;leLabyrintheenestunequipeut-être n'éblouitpasd'abordextrêmement,maisquiétantbien considérée,asansdouteplusdecharmeetplusd'agré-mentquepasuneautre»,etencompareletexteavec celuid'unautreplusépaisetmoinsluxueux,publié quelquesannéesplustôt,en1675,chezj.LeLaboureur, recueildediversouvragesenproseetenvers«entre touslesbocagesdupetitparcdeVersailles,celuiqu'on nommeleLabyrintheestsurtoutrecommandablepar lanouveautédudesseinetparlenombreetladiversité
LaNouvelleRevueFrançaise desesfontaines»,ici«c'estuncarrédejeunesbois fortépaisettouffu,coupéd'ungrandnombred'allées quiseconfondentlesunesdanslesautresavectant d'artifice,querienn'estsifacilenisiplaisantquedes'y égarer.Achaqueextrémitéd'allée,etpartoutelles secroisent,ilyadesfontaines,desortequ'enquelque endroitqu'onsetrouveonenvoittoujourstroisou quatreetsouventsixouseptàlafois»,et«ilest nomméleLabyrinthe parcequ'ils'ytrouveuneinfinité de petitesalléestellementmêléeslesunesdanslesautres, qu'ilestpresqueimpossiblede nes'ypaségarer,mais aussiafinqueceuxquis'yperdentpuissentseperdre agréablement,iln'yapointdedétourquineprésente plusieursfontainesenmêmetempsàlavue,ensorte qu'àchaquepasonestsurprisparunnouvelobjet», àl'ombred'unorme(c'estaufortdel'été),dansle ruissellementvert«lesbassinsdecesfontaines,tous différentsdefigureetdedessin,sontenrichisderocailles finesetdecoquillesrares,etontpourornementdivers animauxquireprésententlesplusagréablesfables d'Ésope»,oubien«onachoisipoursujetdeces fontainesunepartiedesfablesd'Ésope,etellessontsi naïvementexpriméesqu'onnepeutrienvoirdeplus ingénieusementexécuté.Lesanimauxdebronzecoloriés selonlenaturelsontsibiendessinés,qu'ils semblent êtredansl'actionmêmequ'ilsreprésentent,d'autant plusquel'eauqu'ilsjettentimiteenquelquesortela parolequelafableleuradonnée»,moucheset fourmispuis«cesanimauxsontsibienfaitsau naturelqu'ils semblentêtreencoredansl'actionqu'ils représentent,ondiraitmêmequ'ilsontenquelquefaçon laparolequelafableleurattribue,puisquel'eauqu'ils sejettentlesunsauxautres,paraît nonseulementleur donnerlavieetl'action,maisleurserviraussicommede voixpourexprimerleurspassionsetleurspensées», ouencore«ladifférentedispositiondechaquefon-tainefaitaussiunediversitétrèsagréable;etlescou-
DialogueavecCharlesPerrault leursbrillantesdecoquillesraresetdelarocaillefine donttouslesbassinssontornés,semêlentsiheureuse-mentaveclaverduredespalissadesqu'onneselasse jamaisd'admirercetteprodigieusequantitédefon-tainesquisurprennenttoutesparlasingularitédel'in-vention,parlajusteexpressiondecequ'ellesrepré-sentent,parlabeautédesanimauxdontellessont accompagnées,etparl'abondancedel'eauqu'elles jettent».
o
Lemonstre-jouvenceauvertdequinzeàseizeans, beaucommel'amouretquiatoutel'apparenced'un dieu,lamineaussidoucequetrompeuse,touslestraits fins,l'oeilriantetfortéveillé,dontonnesaits'ilest éthiopienougrec,une colombesurl'épaule,descendu desonpiédestal,dansantplutôt qu'ilnemarche,sur lesbrindilles(unpeudevent),silencieuxparmilesrou-coulements,suitàlatraceentreleshaiesdecharmes, M.leContrôleuràquiilsuffisaitsouventd'avoir attentionàcequelerégentdictaitpourlesavoiret n'avoirpasbesoindelelireetl'étudierensuite,qui prenaittantdeplaisiràdisputerenclassequ'ilaimait autantlesjoursl'onyallaitqueceux decongé hannetonsetabeillesetpoursuit«ensuiteontrouve lesfontainesaunombredequaranteenl'ordrequi suit(iln'yenaenréalitéquetrente-neuf,oubienla quarantièmeestlemonstreirrésistiblemême).Acha-cuneonapratiquéuneplaceoù,surunelamedebronze peinteennoir,ilyauneinscription,ainsilesarcasme
Lesoiseauxenpleinjourvoyantleducparaître Surluifondirenttousàsonhideuxaspect; Quelqueparfaitqu'onpuisseêtre Quin'apassoncoupdebec?
LaNouvelleRevueFrançaise dequatreversécriteenlettresd'or,ainsilaconsola-tion
Laperdrixbienbattueeutundépitextrême Quelescoqspeugalantslatraitassentainsi; Depuisvoyantqu'entreeuxilsenusaientdemême Patience,dit-elle,ilssebattentaussi.
Cesvers,faitsparM.deBenserade,ainsilaréponse
Lerenardditaucoqunepaixéternelle Estconclueentrenous,descends.Oui,deuxlévriers Viennent,répondlecoq,m'endirelanouvelle. Lerenardn'osapasattendrelescourriers,
expliquentlafable,ainsiladéception
Lecoqsurunfumiergrattait,lorsqu'àsesyeux Parutundiamanthélas,dit-ilqu'enfaire? ,1 Moiquinesuispointlapidaire, Ungraind'orgemeconvientmieux,
etentirentlamoralité.
L'esclavequesonpremiermaîtreenvoyaauxchamps labourerlaterre,soitqu'illejugeâtincapabledetoute autrechose,soitpours'ôterdedevantlesyeuxun objet sidésagréable,lequelmaîtreétantallévoirsamaison deschamps,undesespaysansluidonnadesfiguesqu'il trouvabellesetfitserrerfortsoigneusement,donnant ordreàsonsommelier,appeléAgathopos,deleslui apporterausortirdubain,l'esclavebèguequiparhasard revintdeschamps,ayantaffaireaulogis,aumoment mêmecetAgathoposmangeaitlesfiguesavec quelques-unsdesescamarades,profitantdel'occasion pourrejetersurluidontilsnecroyaientpasqu'ilse
DialogueavecCharlesPerrault pûtjamaisjustifier,tantilparaissait idiot,cettefaute alorspunissabledechâtimentsfortcruels,racontesous untilleuldevantlesvolutes(c'estlecrépuscule)qu'un chatsependitparlespattes,etfaisantlemortattrapa plusieursrats,uneautrefoissecouvritdefarine,et qu'unvieuxratluiditquandtuseraislesacàla farinejenem'approcheraispas,àM.leContrôleur qui marchesurunrubanbleuoubliéaumilieudes gazouillis,àquisonprofesseuravaitordonnéune secondefoisdesetaireetquiluidit,enselevant,que puisqu'ilneluifaisaitplusdiresaleçon(carence temps-làlesphilosophesdisaientleurleçontousles jourscommelesautresécoliers)cafardsetblattes qu'onnedisputaitpluscontreluietqu'illuiétaitdéfendu dedisputercontrelesautres,qu'iln'avaitplusque fairedevenirenclasse,etquiaprèsavoirjetéundernier regardàsonpetitvolume«ilsassurentquecepetit dieuayantrencontréunjourApollonquisepromenait danslesbeauxjardinsdeVersaillesqu'ilaimemainte-nantplusqu'iln'ajamaisaimél'îleDélos,luiparlade cettemanièrejevoisquetouteschosessefonticisous votrenom,etsijenemetrompe,sousvotreconduite; etjeremarquetantdegrandeurettantd'espritdansles diversouvragesdecettemaisonadmirablequelesarts mêmesavectoutesleurslumièresnelesauraientjamais pufaires'ilsn'avaientétéélevésetsoutenusparune intelligenceplusqu'humaineettellequelavôtre»,le fermepourenprendreunautrequeluiapporteaupetit détour,unpinsonsurl'épaule,uneprincessedontles parentsavaientétésifâchésden'avoirpasd'enfants,si fâchésqu'onnesauraitdire,etallèrentàtoutesleseaux dumonde,mirenttoutenœuvre,vœux,pèlerinages, menuesdévotionsjusqu'àcequelareineenfindevînt grosseetaccouchât,cequifutl'occasiond'unbeau baptêmeoù onluidonnapourmarrainestouteslesfées qu'onputtrouverdanslepays(ils'entrouvasept)afin quechacuned'elleluifaisantundon,commec'était
LaNouvelleRevueFrançaise lacoutumeencetemps-là,elleeûtparcemoyen toutes lesperfectionsimaginables.
Nécessairementjesuisdieu,oujesuisdémon,oubien enchanteur,continuelemonstreempoisonneurphos-phorescentsoussaformeduchatquimitdusonetdes laceronsdanssonsac,ets'étendantcommes'ileûtété mort,attenditquequelquejeunelapin,peuinstruitdes rusesdecemonde,vîntsefourrerdedanspourmanger cequ'ilyavaitmis,marchantsurduverrejustebrisé dansungrandcabinetdetreillagedeferetdebois, couvertdechèvrefeuille,derosesoud'autresfleurs, ornéd'architectureetfinissantendômeouvertparen haut,avecunepetitebalustradeautourdel'ouverture, sivoustrouvezquejesoisdémonvousmehaïrez,lacor-nicheetlavoûte dececabinetpleinesd'oiseauxdetoutes lesespècesquivomissentdel'eauenbasdansunbassin derocaille,dumilieuduquels'élèveunrocheraulong duquelonvoitmonterplusieursanimauxàquatre piedsquijettentdel'eaucontrelesoiseaux,etsije suisdieuvouscesserezdem'aimer,oudumoinsvousne m'aimerezplusavectantd'ardeur,carils'enfautbien qu'onaimelesdieuxaussiviolemmentqueleshommes, tandisqu'unejeunefilled'unedouceuretd'unebonté sansexemple,tenantceladesamèrequiétaitlameilleure personnedumonde,passeaumilieudeshoquetsentre unpetitrocherderocaillesurlequelonvoitlerenard, lemuseausurunesoucoupedevermeildorél'eau formeunenappeetbouillonne,etlagruequifaitunjet enl'air(unechevelurenoiredansleclairdelune),et unautrelagrue(d'aucunsdisentlacigogne)ason becdansunvasedecristalqueformel'eauetquiest garnidevermeil,lerenardauprèsjetantdel'eauetdu brouillardquijaillissentetruissellentsouslespins,devant undemi-dômedetreillageornéd'architecturedes poulesjettentdel'eau,leurspetitsenfermésdansune
DialogueavecCharlesPerrault cageforméeparl'eaumêmetransparente,enhautun milanlesailesétendues,vomissantdel'eau,delabile etdesdéclarationsquidégringolent,tourbillonnentet giclentcharançonsetloirsquantautroisièmeily adesenchanteursagréables,jepuisêtredeceux-là,et possiblesuis-jetouslestroisensemble,toutautourdu cabinetsurdesrocailles,encored'autresanimaux,et dansquatrenichesencoreplusieursquijettentunetelle abondanced'eauquecelareprésentenaïvementune guerre,cenombred'animaux,cequ'ilyasurtoutd'ad-mirable,tousendifférentesattitudes,lesunsetles autresparaissantencolèreetanimésaucombat,ainsi lemeilleurpourvousestl'incertitude,etqu'aprèsla possessionvousayeztoujoursdequoidésirer,secret dontonnes'étaitpasencoreavisé,tandisquelerenard quivientderenonceràdesraisins,passeentreunpaon surunpetitrocher,laqueueépanouie,vomissantde l'eau,desbrumesetdesdiscoursquipleurent,hoquètent, dégoulinent,cavalent,dessinentdesTamisesdansun bassin,plusieursrossignolsenbasformantdesjetsen l'air,etdeuxpetitsperroquetssurdepetitsrochers, vomissantdel'eau,delasueuretdesremarquesqui s'étalent,s'apaisent,ondulent,galopent,ricanent,des-sinentdesTibresetdesTagesengiguesenbasdansun bassin,unsingeassissuruntroncd'arbre,désespéré desevoirembarrassédansunechemise,levantlatête etformantungrosjet,àl'entréedugrandcabinetde treillagedeuxsinges,plaisammentmontéssurdes chèvres,jetantparsurprisedel'eauparuncornetde bronze doré,demeurons-enlà,sivousm'encroyez, conclutlemonstreincendiairephosphorescentquia prislaformed'unsingeàquisonportraitjusqu'ici n'avaitrienreproché,enaccompagnantlabellejusqu'au bassind'uncôtédesrenards,del'autredesloups, jettentdel'eau,tandisquel'antifantôme,ungeaisur l'épaule,déchiffrel'airdujugement
LaNouvelleRevueFrançaise
JEAN-PIERRERICHARD Colette,l'ailetlagrenouille
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