La Nouvelle Revue Française N° 312

De
Milan Kundera, Maman
François Nourissier, L'Homme de l'Est
Fereydoun Hoveyda, L'architecte de l'invisible
Henri Raczymow, Le lac imaginaire de Kamenetz
J. M. G. Le Clézio, Deux mythes de Maldoror (Fin)
Chroniques :
Jude Stéfan, L'expression en poésie (Beckett, Fondane, Ristat)
Emmanuel Martineau, Étienne Gilson
Jean Clair, Une passion réservée (Gaëtan Picon)
Chroniques : le théâtre :
Florence Delay, Théâtre péripatéticien
Notes : la poésie :
Alain Bosquet, Morale provisoire, par Jean Pérol (Gallimard)
Notes : la littérature :
Jean Blot, Carnets, de Louis Guilloux (Gallimard)
Étiemble, La critique des idées littéraires, par Adrian Marino (Éditions Complexe)
Michel Mohrt, Lettres de Bretagne, de Pierre-Jakez Hélias (Galilée)
Notes : le roman :
Francine de Martinoir, Grandes 'O', par Marianne Alphant (Gallimard) - Le ciel à Bezons, par Marianne Alphant (Gallimard)
Philippe Dulac, Un régicide, par Alain Robbe-Grillet (Éditions de Minuit) - Souvenirs du triangle d'or, par Alain Robbe-Grillet (Éditions de Minuit) - Robbe-Grillet (Revue Obliques, n° 16-17)
Notes : les essais :
Jean Pfeiffer, Bataille, par Alain Arnaud et Gisèle Excoffon-Lafarge (Le Seuil)
Gilles Quinsat, Chercher le monstre, par Bertrand Visage (Hachette-littérature) - Amour, Beauté, Monstruosité (Les cahiers du double n° 2)
Hervé Cronel, Discours secrets, d'Heinrich Himmler (Gallimard)
Judith Le Hardi, L'Ordre médical, par Jean Clavreul (Le Seuil)
Notes : lettres étrangères :
Paul Giniewski, La couronne de plumes, par Isaac Bashevis Singer (Stock)
Laurand Kovacs, Chronique du figuier barbare, par Sahar Khalifa (Gallimard)
Notes : le cinéma :
Jérôme Prieur, Le goût du saké, par Yasurijo Ozu - Les rendez-vous d'Anna, de Chantal Akerman
Notes : le jazz :
Jacques Réda, Woody Herman et son orchestre (Concert au 'Totem')
Notes : les disques :
Michel Braudeau, Mr. Gone, de Weather Report
Notes : la danse :
Marcel Schneider, XVI<sup>e</sup> Festival de danse de Paris (La Dame de pique et Coppélia) - Coppélia (Opéra de Paris) - Festival d'Automne
Notes : les arts :
Jean Revol, Exposition Eugène Leroy (Galerie Jean Leroy)
L'air du mois :
Malcolm Lowry, Poèmes
Laurand Kovacs, Ars et libertas
Jean-Loup Trassard, Le carrosse, le fer à repasser et les grelots
Textes :
André Gide - Dorothy Strachey Bussy, Lettres
Publié le : lundi 13 avril 2015
Lecture(s) : 1
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072381058
Nombre de pages : 192
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
1.
LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
Maman
IlfutuntempsMarkétan'aimaitpassabelle-mère. C'étaitàl'époqueellehabitaitchezelleavecKarel (duvivantdesonbeau-père)etelleétaitchaquejour enbutteàsahargneetàsasusceptibilité.Ilsnel'avaient passupportélongtempsetilsavaientdéménagé.Leur deviseétaitalorsleplusloin possibledemaman.Ilsétaient alléshabiterdansuneautreville,àl'autreboutdupays, etparvenaientainsiàvoirlesparentsdeKarelàpeine unefoisparan. Puisunjour,lepèredeKarelétaitmortetmaman étaitrestéeseule.Ilsl'avaientrevueàl'enterrement,elle étaithumbleetmisérable,elleleurparaissaitpluspetite qu'avant.Ilsavaienttouslesdeuxunephrasedansla têtemaman,tunepeuxpasresterseule,vienshabiterchez nous. Laphraseleurrésonnaitdanslatête,maisilsnela prononçaientpas.D'autantquelelendemaindes obsèques,pendantunetristepromenadeaucimetière, maman,toutemisérableetmenuequ'elleétait,leur avaitreprochéavecunevéhémencequ'ilstrouvaient déplacéetouslestortsqu'ilsavaientaccumulésenvers elledepuisledébut.
LaNouvelleRevueFrançaise
«Plusriennelachangerajamais,avaitditensuite KarelàMarkéta,unefoisdansletrain.C'esttriste,mais pourmoi,ceseratoujoursloindemaman.» Depuis,lesannéesavaientpassé,ets'ilétait bienvrai quemamanétaittoujourslamême,Markétaavaitsans doutechangéparcequ'elleavaitsoudainl'impression quetoutcequesabelle-mèreleuravaitfaitétait,au fond,bienanodin,etquec'étaitelle,Markéta,quiavait commislavéritablefauteenaccordanttropd'impor-tanceàsescriailleries.Ellelaconsidéraitalorscomme unenfantconsidèreunadulte,maismaintenantles rôlesétaientinversésc'étaitMarkétal'adulteet,àcette grandedistance,mamanluiparaissait petiteetsans défensecommeuneenfant.Enverselle,Markétaétait toutepatienceetindulgence,etelleavaitmêmecom-mencéàluiécrirerégulièrement.Lavieilledames'y étaittrèsvitehabituée,elleluirépondaitsoigneusement etexigeaitdeMarkétadeslettresdeplus enplusfré-quentes,carseslettres,affirmait-elle,étaientlaseule chosequiluipermîtdesupportersasolitude. Depuisquelquetemps,laphrasequiavaitprisnais-sancependantl'enterrementdupèredeKarelrecom-mençaitàleurtrotterdanslatête.Etcefutdenouveau lefilsquiréprimal'accèsdebontédelabru,sibien qu'aulieudedireàmamanmamanvienshabitercheznous, ilsl'invitèrentpourunesemaine. C'étaitPâques,etleurfilsdedixansétaitpartien vacances.Pourleweek-endilsattendaientEva. Ilsvou-laientbienpassertoutelasemainesaufledimanche avecmaman.Ilsluidirent«vienspasserunesemaine cheznous.Desamediprochainàsamedienhuit. Dimancheenhuitonestpris.On s'enva».Ilsnelui direntriendeplusprécis,parcequ'ilsnetenaientpas tellementàparlerd'Eva.Karelleluirépétaencore deuxfoisautéléphonedesamediprochainàsamedi enhuit.Dimanche enhuitonestpris,onpart.Etmaman dit«Oui,mesenfants,vousêtestrèsgentils,vous
Maman
savezbienquejem'eniraiquandvousvoudrez.Toutce quejedemandec'estd'échapperunpeuàmasoli-tude.» Maislesamedisoir,quandMarkétavintluidemander àquelleheureellevoulaitqu'ilslaconduisentàlagare lelendemainmatin,mamanannonça,carrémentetsans hésiter,qu'ellepartiraitlundi.Markétalaregardait avecsurprise,etmamanpoursuivit«Karelm'adit quevousêtesprislundisoir,quevouspartezetqu'il fautquejemesauvelundimatin.» Markétaauraitévidemmentpurépondremaman,tu t'estrompée,c'estdemainquenouspartons,maisellen'en avaitpaslecourage.Elleneparvenaitpas,surle moment,àinventerl'endroitilsallaient.Ellecompre-naitqu'ilsavaientpréparéleursexcusesbiennégligem-ment,ellenedisaitrien,etelleacceptaitl'idéequesa belle-mèreallaitresterchezeuxdimanche.Elleserassu-raitàlapenséequelachambre dupetit,couchaitsa belle-mère,étaitsituéeàl'autreboutdel'appartement etquemamannelesdérangeraitpas.EtelleditàKarel d'untondereproche «S'ilteplaît,nesoispasméchantavecelle. Regarde-la,lamalheureuse.Rienquedelavoir,ça mecrèvelecœur.»
2.
Karelhaussalesépaules,résigné.Markétaavaitrai-sonmamanavaitvraimentchangé.Elleétaitcontente detout,reconnaissantedetout.Karelguettaitvaine-mentl'instantilsallaientsedisputerpourunrien. L'autrejour,pendantunepromenade,elleavait regardéauloinetelleavaitdit «Qu'est-cequec'estquecejolipetitvillageblanc, là-bas?»Cen'étaitpasunvillage,c'étaientdespiquets.
LaNouvelleRevueFrançaise
Karelavaiteupitiédesamère,dontlavue baissait. Maiscedéfautdelavisionsemblaitexprimerquelque chosedeplusessentiel.Cequileurparaissaitgrand, elleletrouvaitpetit,cequ'elleprenaitpourdespiquets, c'étaientpoureuxdesmaisons. Adirevrai,cen'étaitpasuntraittoutàfaitnouveau chezelle.Ladifférence,c'étaitqu'avantilss'enindi-gnaient.Unenuit,parexemple,lescharsd'ungigan-tesquepaysvoisinavaientenvahileurpays.Celaavait étéuntelchoc,unteleffroi,quepersonne,delong-temps,n'avaitpupenseràautrechose.Onétaitau moisd'aoûtetlespoiresétaientjustemûresdanslejar-din.Unesemaineplustôt,mamanavaitinvitélephar-macienàvenirlescueillir.Maislepharmacienn'était pasvenu,ilnes'étaitpasexcusé.Mamannepouvaitpas leluipardonner,cequimettaithorsd'euxKarelet Markéta.Ilsluifaisaientdesreproches«toutlemonde penseauxtanks,ettoitupensesaux poires».Puisils avaientdéménagé,aveclesouvenirdesamesquinerie. Seulement,lescharssont-ilsvraimentplusimportants quelespoires?Amesurequeletempspassait,Karel comprenaitquelaréponseàcettequestionn'étaitpas aussiévidente,etilcommençaitàéprouverunesecrète sympathiepourlaperspectivedemaman,ilyavait unegrossepoireaupremierplanetquelquepart,loin enarrière,uncharpasplusgrosqu'unebêteàbondieu quivas'envolerd'unesecondeàl'autreetsecacher auxregards.Ahoui!c'étaitenréalitémamanqui avaitraisonletankestpérissableetlapoireestéter-nelle. Avant,mamanvoulaittoutsavoirsursonfilsetse mettaitencolèrequandilluicachaitquelquechosede savie.Donc,cettefois-ci,pourluifaireplaisir,ilslui parlèrentdecequ'ilsfaisaient,decequileurarrivait, desprojetsqu'ilsavaient.Maisilss'aperçurentbientôt quemamanlesécoutaitplutôtparpolitesseetqu'elle enchaînaitsurleurrécitenparlantdesoncaniche
Maman
qu'elleavaitconfiéàunevoisinepourladuréedeson absence. Avant,Kareleûtconsidérécelacommedel'égocen-trismeoudelamesquinerie;maisàprésentilsavait qu'iln'enétaitrien.Ils'étaitécouléplusde tempsqu'ils nel'imaginaient.Mamanavaitrenoncéaubâtonde maréchaldesamaternitéets'enétaitalléedansun mondedifférent.Unefois,pendantunepromenade, ilsavaientétésurprisparunetempête.Ilslatenaient parlesbraschacund'uncôté,ilsdevaientlittérale-mentlaporter,sinonleventl'auraitbalayée;Karel sentaitavecémotiondanssamainsonpoids dérisoire, etilcomprenaitquesamèreappartenaitauroyaume d'autrescréaturespluspetites,pluslégèresetplusfaci-lementsouffléesparlevent.
3.
Evaestarrivéeaprèsledéjeuner.C'estMarkétaqui estalléelachercheràlagare,parcequ'ellelaconsidère commesonamieàelle.Ellen'aimepaslesamiesde Karel.MaisavecEvac'estautrechose.Parcequ'ellea faitsaconnaissanceavantKarel. Ilyavaitdecelaàpeuprèssixans.Ellesereposait avecKareldansunevilled'eaux.Unjoursurdeux,elle allaitausauna.Elleétaitdanslacabine,ennage,assise avecd'autresdamessurunbancdebois,quandelle avaitvuentrerunegrandefillenue.Elless'étaientsouri sansseconnaître,etauboutd'unmomentlajeune femmes'étaitmiseàparleràMarkéta.Commeelleétait trèsdirecteetqueMarkétaluiétaittrèsreconnaissante decettemanifestationdesympathie,elless'étaientrapi-dementliéesd'amitié. Cequi séduisaitMarkétachezEva,c'étaitlecharme desasingularitédéjàcettefaçondeluiadressertout desuitelaparole!Commesielless'étaientdonnéren-dez-vousausauna!Etelleneperdaitpasdetempsen
LaNouvelleRevueFrançaise
engageantlaconversation,selonlesrèglesetlesconve-nances,surlesaunaquiestbonpourlasantéetdonne del'appétit,maisellesemettaitaussitôtàparlerd'elle, unpeucommelesgensquifontconnaissanceparpetites annoncesets'efforcentdèslapremièrelettred'expli-queràleurfuturpartenaire,avecunelaconiquedensité, quiilssontetcequ'ilsfont. QuidoncétaitEvad'aprèslespropresmotsd'Eva? Evaétaitunjoyeuxchasseurd'hommes.Maiselleneles chassaitpaspourlemariage.Elleleschassaitcomme leshommeschassentlesfemmes.L'amourn'existait paspourelle,iln'yavaitquel'amitiéetlasensualité. Aussiavait-ellebeaucoupd'amisleshommesne craignaientpasqu'ellevoulûtlesépouseretlesfemmes n'avaientpaspeurqu'ellecherchâtàlespriverd'un mari.D'ailleurs,sijamaisellesemariait,sonmari seraitunamiauquelellepermettraittoutetdontelle n'exigeraitrien. AprèsavoirexpliquétoutcelaàMarkéta,elleavait déclaréqueMarkétaavaitunebellecharpenteetque c'étaitunechosetrèsrareparcequebienpeude femmes,àl'encroire,avaientunvraibeaucorps. Cetélogeluiavaitéchappéavectantdenaturelque Markétaenéprouvaitplusdeplaisirquesilecompli-mentétaitvenud'unhomme.Cettefilleluitournaitla tête.Elleavaitlesentimentd'êtreentréedansleroyaume delasincéritéet elleavaitdonnérendez-vousàEvapour lesurlendemainàlamêmeheureausauna.Plustard, elleluiavaitprésentéKarel,maisdanscetteamitiéil avaittoujoursfait figuredetiers. «Nousavonsmabelle-mèreàlamaison,luidit Markétad'untoncoupableensortantdelagare.Jevais teprésentercommemacousine.J'espèrequeçanete gênepas. Aucontraire»,ditEva,etelledemandaàMarkéta deluidonnerquelquesindicationssommairessursa famille.
4.
Maman
Mamannes'étaitjamais beaucoupintéresséeàla familledesabru,maislesmotscousine,nièce,tanteet petitefilleluiréchauffaientlecœurc'étaitlebon royaumedesnotionsfamilières. Etellevenaitderecevoirunenouvelleconfirmation decequ'ellesavaitdepuislongtempssonfilsétaitun incorrigibleoriginal.Commesiçapouvaitlesgêner qu'ellesoitchezeuxenmêmetempsqu'uneparente! Qu'ilsveuillentêtreseulspourbavarderàleuraise,elle lecomprenait.Maiscen'étaitpasuneraisonpourla mettredehorsunjourplustôt.Heureusement,ellesavait s'yprendreaveceux.Elleavaittoutsimplementdécidé qu'elles'étaittrompéedejour,etpourunpeuelleaurait ridevoirquelabraveMarkétan'arrivaitpas àluidire defilerledimanchematin. Oui,ilfallaitlereconnaître,ilsétaientplusgentils qu'avant.Voiciquelquesannées,Karelluiauraitdit impitoyablementdes'enaller.Enfaithier,aveccette petiteruse,elleleuravaitrenduungrandservice.Au moins,pourunefois,ilsn'auraientpasàsereprocher d'avoirsansraisonrenvoyéunjourplustôtleurmère àsasolitude. D'ailleurs,elleétaittrèscontented'avoirfaitla connaissancedecettenouvelleparente.C'étaitunetrès gentillefille.(Etc'étaitinouïcommeelleluirappelait quelqu'un,maisqui?)Pendantdeuxbonnesheures, ilavaitfalluqu'ellerépondeàsesquestions.Comment est-cequeMamansecoiffaitquandelleétaitjeunefille? Elleavaitunenatte.Évidemment,c'étaitencoresous l'ancienneAutriche-Hongrie.Vienneétaitlacapitale. Lecollègedemamanétaittchèqueetmamanétaitune patriote.Etsoudainelleavaiteuenviedeleurchanter
LaNouvelleRevueFrançaise Aurevoir.Aurevoir.Quandpourrais-jevousdire bientôt.Comprenezquejesuisvotreami.
AndréGide.
DorothyBussyàAndréGide
à
10février(1920)
Cher Gide J'aiététrèsheureusederecevoirvotrelettreet d'apprendrecequevousfaites.Celasembleassezacca-blantetvoussemblezdevenirtoutàfait àlamode. Allons!tantmieux,tantquevousnevouslaissezpas tuerpartropdetravail.Entreautreschoses,j'aiété heureused'apprendrequ'ilyavaitquelqueespoirque DentprenneLa PorteÉtroite.Jesupposequevousnevous ensouvenezpas,mais,voilàquelquesmois,vousavez suggéréquejetraduiseuneautrechosedevous.J'ai eualorsl'impressionquejenepourraisrienentre-prendredenouveauavantquelesortdeLaPorteÉtroite nesoitfixé.Maissielledoitêtrepubliée,jecroisque j'aimeraisessayeruneautretraduction.Enoutre,jesuis terrifiéeàl'idéequevousdonniezàquelqueLady Rothermerelalibertédemassacrerunautredevos livres.Entoutcas,j'espèrequevousmelaissereztou-jourslepremierchoixpourtouteslestraductionsque voussouhaiterezvoirfaire,parce quejesaisqueper-sonneaumondenevoustraduiramoinsmalquemoi. Voulez-vousmedire,quandvousécrirez,s'ilyaunlivre quevouschoisiriezdepréférence?Maisriennepresse, voussavez,pourquevousécriviezcettefois.Jesuis arméedepatiencepouraussilongtempsqu'ilvous plaira.dumoinsjelecrois.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

La Nouvelle Revue Française N° 568

de editions-gallimard-revues-nrf

La Nouvelle Revue Française N° 392

de editions-gallimard-revues-nrf

suivant