La Nouvelle Revue Française N° 315

De
J. M. G. Le Clézio, Ma el Aïnine, l'Eau des Yeux
Claude Roy, Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer? (Extrait)
Adolf Rudnicki, Trahit l'ami, trahira l'amie, cruellement infidèle
Michel Chaillou, L'Auberge du Bon Accueil
Adrian Marino, Le comparatisme militant d'Étiemble
Chroniques :
Henri Meschonnic, Historicité de Saint-John Perse
Clément Rosset, Remarques sur le pouvoir (II)
Henri Thomas, Reportage
Gilbert Lascault, Explorations dans la planète Magritte
Chroniques : le théâtre :
Florence Delay, D'après
Notes : la littérature :
Anne Serre, Nunc dimittis, par Marcel Jouhandeau (Gallimard)
Daniel Leuwers, Proses, d'Eugène Ionesco
Notes : le roman :
Pierre-Louis Rey, La bibliothèque d'un amateur, par Jean-Benoît Puech (Gallimard)
Jude Stéfan, Le principe de solitude, par Marc Guyon (Gallimard)
Michel Mohrt, Le musée de l'homme, par François Nourissier (Grasset)
Notes : les essais :
Philippe Dulac, Esthétique et théorie du roman, par Mikhaïl Bakhtine (Gallimard)
Roger Munier, Le Réel, par Clément Rosset (Éditions de Minuit)
Pierre-François Moreau, Georges Bataille, le système du non-savoir, par Robert Sasso (Éditions de Minuit)
Jean Duvignaud, Le carnaval de Romans, par Emmanuel Le Roy Ladurie (Gallimard)
Paul Giniewski, Nous autres Juifs, par Arnold Mandel (Hachette)
Alain Clerval, Le bruit d'Iris, par Lucette Finas (Digraphe-Flammarion)
Hervé Cronel, L'introduction de la psychanalyse aux États-Unis (Gallimard)
Jeanyves Guérin, Le théâtre à bout de souffle?, par Alfred Simon (Le Seuil)
Notes : lettres étrangères :
Pierre Pachet, Instants de vie, par Virginia Woolf (Stock)
Christine Jordis, Morwyn, par John Cowper Powys (Henri Veyrier)
Gilles Quinsat, Le Cœur aventureux, par Ernst Jünger (Gallimard)
Notes : le théâtre :
Jean-Paul Aron, La trilogie de la villégiature, de Goldoni (Théâtre de l'Odéon)
Notes : le cinéma :
Jérôme Prieur, Les Contes moraux d'Éric Rohmer, par Marion Vidal (Pierre Lherminier) - L'organisation de l'espace dans le Faust de Murnau, par Éric Rohmer (Éditions 10/18) - Photos de films (Hors série des Cahiers du cinéma)
Notes : la musique :
Alain Duault, Il Mondo della Luna, de Haydn (Opéra de Lyon)
Notes : le jazz :
Jacques Réda, Charles Mingus (1922-1979)
Notes : la danse :
Marcel Schneider, Maurice Béjart et son Ballet du XX<sup>e</sup> siècle
L'air du mois :
Jacques Réda, Lettre des Cinque Terre
Lorand Gaspar, Pour Georges Perros
Jean-Loup Trassard, Le bol à beurre, la trompe de chasse et la balance
Textes :
Jean Roudaut, Une matière de rêve
Nicolas-Charles Coutan, Le Grand Œuvre dévoilé (Chapitre VII)
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072382970
Nombre de pages : 192
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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
MaelAïnine,
l'EaudesYeux
1
Alorsilssontvenusdeplusenplusnombreuxdans lavalléedelaSaguietelHamra.Ilsarrivaientdusud, certainsavecleurschameauxetleurschevaux,maisla plupartàpied,parcequelesbêtesmouraientdesoifet demaladiesurlechemin.Chaquejour,autourdurem-partdebouedeSmara,lejeunegarçonvoyaitlesnou-veauxcampements.Lestentesdelainebruneajoutaient denouveauxcerclesautourdesmursdelaville.Chaque soir,àlatombéedelanuit,Nourregardaitlesvoya-geursquiarrivaientdansdesnuagesdepoussière.Jamais iln'avaitvutantd'hommes.C'étaitunbrouhaha continudevoixd'hommesetdefemmes,decrisaigus d'enfants,depleurs,mêlésauxappelsdeschèvres et desbrebis,auxfracasdesattelages,auxgrommellements deschameaux.UneodeurétrangequeNourneconnais-saitpasbienmontaitdusableetvenaitparbouffées dansleventdusoir;c'étaituneodeurpuissante,âcreet douceàlafois,celledelapeauhumaine,delarespi-ration,delasueur.Lesfeuxdecharbondebois,debrin-
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dilleetdebouses'allumaientdanslapénombre.La fuméedesbraseross'élevaitau-dessusdestentes.Nour entendaitlesmélopéesdoucesdesfemmesquiendor-maientleursbébés. Laplupartdeceuxquiarrivaientmaintenantétaient desvieux,desfemmesetdesenfants,fatiguésparles marchesforcéesàtraversledésert,lesvêtementsdéchi-rés,lespiedsnusouentourésdechiffons.Lesvisages étaientnoirs,brûlésparlalumière,lesyeuxpareilsà desmorceauxdecharbon.Lesjeunesenfantsallaient nus,leursjambesmarquéesdeplaies,leursventres dilatésparlafaimet lasoif. Nourparcouraitlecampement,sefaufilantentreles tentes.Ilétaitétonnédevoirtantdemonde,etenmême tempsilsentaitunesorted'angoisse,parcequ'ilpensait, sansbiencomprendre pourquoi,quebeaucoupdeces hommes,decesfemmesetdecesenfantsallaientbien-tôtmourir. Sanscesseilrencontraitdenouveauxvoyageurs,qui marchaientlentementlelongdesallées,entrelestentes. Certainsd'entreeuxvenaientduplusausud,noirs commedesSoudanais,etparlantunelangueque Nourneconnaissaitpas.Leshommesétaientmasqués pourlaplupart,enveloppésdansdesmanteauxdelaine etdansdeslingesbleus,lespiedschaussésdesandales decuirdechèvre.Ilsportaientdelongsfusilsàpierre aucanondebronze,deslances,despoignards.Nour s'écartaitpourleslaisserpasser,etillesregardaitmar-cherverslaportedeSmara.Ilsallaientsaluerlegrand cheikhMoulaïAhmedbenMohammedelFadel,celui qu'onappelaitMaelAïnine,l'EaudesYeux. Tous,ilsallaients'asseoirsurlesbanquettesdeboue séchée,autourdelacourdelamaisonducheikh.Puis ilsallaientdire leurprière,aucoucherdusoleil,àl'est dupuits,àgenouxdanslesable,lecorpstournédansla directiondudésert. Lorsquelanuitétaitvenue,Nourétaitretournévers
MaelAïnine,l'EaudesYeux latentedesonpère,etils'étaitassisàcôtédesonfrère aîné.Danslapartie droitedelatente,samèreetses sœursparlaient,allongéessurlestapis,entrelesvivres etlebâtduchameau.Peuàpeulesilencerevenaitsur Smaraetdanslavallée,lesbruitsdesvoixhumaineset lescrisdesbêtess'éteignaientlesunsaprèslesautres. Lapleineluneapparaissaitdanslecielnoir,disque blancmagnifiquementdilaté.Lanuitétaitfroide,malgré toutelachaleurdujourquiétaitrestéedanslesable. Quelqueschauves-sourisvolaientdevantlalune,bas-culaientrapidementverslesol.Nour,étendusurlecôté, latêteappuyéecontresonbras,lessuivaitduregard, enattendantlesommeil.Ils'endormittoutd'uncoup, sanss'enapercevoir,lesyeuxouverts. Quandilseréveilla,ileutl'impressionbizarreque letempsn'étaitpaspassé.Ilcherchadesyeuxledisque delalune,etc'estenvoyantqu'elleavaitcommencésa descenteversl'ouestqu'ilcompritqu'ilavaitdormi longtemps. Lesilenceétaitoppressantsurlescampements.On entendaitseulementlescrislointainsdeschienssau-vagesquelquepartàlalimitedudésert. Nourseleva,etvitquesonpèreetsonfrèren'étaient plussouslatente.Seules,dansl'ombre,àgauchedela tente,lesformesdesfemmesetdesenfantsenroulés danslestapisapparaissaientvaguement.Nourcom-mençaàmarchersurlechemindesable,entrelescam-pements,dansladirectiondesrempartsdeSmara.Le sableéclairéparlalumièredelaluneétaittrèsblanc, aveclesombresbleuesdescaillouxetdesarbustes.Il n'yavaitaucunbruit,commesitousleshommesétaient endormis,maisNoursavaitqueleshommesn'étaient passouslestentes.Iln'yavaitquelesenfantsquidor-maient,etlesfemmesquiregardaientau-dehors,sans bouger,enrouléesdanslesmanteauxetlestapis.L'air delanuitfaisaitfrissonnerlejeunegarçon,etlesable étaitfroidetdursoussespiedsnus.
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Quandilapprochadesmursdelaville,Nourenten-ditlarumeurdeshommes.Ilvit,unpeuplusloin,la silhouetteimmobiled'ungardien,accroupidevantla portedelaville,salonguecarabineappuyéesurses genoux.MaisNourconnaissaitunendroitlerem-partdeboueétaitécroulé,etilputentrerdansSmara sanspasserdevantlasentinelle. Toutdesuite,ildécouvritl'assembléedeshommes danslacourdelamaisonducheikh.Ilsétaientassis parterre,pargroupesdecinqousixautourdesbra-seroslesgrandesbouilloiresdecuivrecontenaient l'eaupourlethévert.Nourseglissasansbruitdans l'assemblée.Personneneleregardait.Tousleshommes étaientoccupésparungroupedeguerriersdebout devantlaportedelamaison.Ilyavaitquelquessoldats dudésert,vêtusdebleu,quirestaientabsolumentimmo-bilesàregarderunhommeâgé,vêtud'unsimpleman-teaudelaineblanchequirecouvraitsatête,etdeux hommesjeunes,armés,quiparlaientàtourderôleavec véhémence. DeNourétaitassis,àcausedelarumeurdes hommesquirépétaientoucommentaientcequiavait déjàétédit,iln'étaitpaspossibledecomprendreleurs paroles.Quandsesyeuxfurenthabituésaucontraste del'ombreetdeslueursrougesdesbraseros,Nour reconnutlasilhouetteduvieilhomme.C'étaitlegrand cheikhMaelAïnine,celuiqu'ilavaitdéjàaperçuquand sonpèreetsonfrèreaînéétaientvenuslesaluer,àleur arrivéeaupuitsdeSmara. Nourdemandaàsonvoisinquiétaientlesdeuxjeunes hommesquientouraientlecheikh.Onluidonnales noms «SaadbouetLarhdaf,lesfrèresdeAhmededDehiba, celuiqu'onappellelaParcelled'Or,celuiquiserabien-tôtnotrevrairoi.» Nournecherchaitpasàentendrelesparolesdesdeux jeunesguerriers.Ilregardaitdetoutessesforcesla
MaelAïnine,l'EaudesYeux figurefrêleduvieilhomme,immobileentreeux,etdont lemanteauéclairéparlalunefaisaitunetachetrès blanche. Tousleshommesleregardaientaussi,commeavecun seulregard,commesic'étaitluiquiparlaitvraiment, commes'ilallaitfaireunseulgesteetqu'alorstoutserait transformé,carc'étaitluiquidonnaitl'ordremêmedu désert. MaelAïninenebougeaitpas.Ilnesemblaitpas entendrelesparolesdesesfils,nilarumeurcontinue quivenaitdescentainesd'hommesassisdanslacour, devantlui.Parfoisiltournaitunpeulatête,etilregar-daitailleurs,au-delàdeshommesetdesmursdeboue desaville,verslecielsombre,dansladirectiondes collinesdepierres. Nourpensaitqu'ilvoulaitpeut-êtresimplementque leshommesretournentversledésert,d'oùilsétaient partis,etsoncœurseserrait.Ilnecomprenaitpasles parolesdeshommesautourdelui.Au-dessusdeSmara, lecielétaitsansfond,glacé,auxétoilesnoyéesparla nuéeblanchedelalumièrelunaire.Etc'étaitunpeu commeunsignedemort,oud'abandon,commeun signedelaterribleabsencequicreusaitunvidedans lestentesimmobilesetdanslesmursdelaville.Nour sentaitcelasurtoutquandilregardaitlasilhouettefra-giledugrandcheikh,commes'ilentraitdanslecoeur mêmeduvieillardetqu'ilentraitdanssonsilence. Lesautrescheikhs,leschefsdegrandetenteetles guerriersbleussontvenus,l'unaprèsl'autre.Tous disaientlamêmeparole,lavoixbriséeparlafatigueet parlasécheresse.IlsparlaientdessoldatsdesChrétiens quientraientdanslesoasisdusud,etquiapportaient laguerreauxnomades;ilsparlaientdesvillesfortifiées quelesChrétiensconstruisaientdansledésert,etqui fermaientl'accèsdespuitsjusqu'auxrivagesdelamer. Ilsparlaientdesbataillesperdues,deshommesmorts, sinombreuxqu'onnesesouvenait mêmeplusdeleurs
LaNouvelleRevueFrançaise noms,destroupesdefemmesetd'enfantsquifuyaient verslenordàtraversledésert,descarcassesdebêtes mortesqu'onrencontraitpartoutsurlaroute.Ilspar-laientdescaravanesinterrompues,quandlessoldats desChrétienslibéraientlesesclavesetlesrenvoyaient verslesud,etquandlesguerrierstouaregrecevaientde l'argentdesChrétienspourchaqueesclavequ'ilsavaient volédanslesconvois.Ilsparlaientdesmarchandises etdubétailsaisis,destroupesdebrigandsquiétaient entrésdansledésertenmêmetempsquelesChrétiens. Ilsparlaientaussidestroupesdesoldatschrétiens,gui-déesparlesnoirs dusud,sinombreusesqu'ellescou-vraientlesdunesdesabled'unboutàl'autredel'ho-rizon.Puislescavaliersquiencerclaientlescampements etquituaientsurplacetousceuxquileurrésistaient,et quiemmenaientensuitelesenfantspourlesmettredans lesécoles desChrétiens, danslesforteressessurles rivagesdelamer.Alors,quandilsentendaientcela,les autreshommesdisaientquec'étaitvrai,parDieu,et larumeurdesvoixs'enflait etbougeaitsurlaplace commelebruitduventquiarrive. Nourécoutaitlarumeurdesvoixquigrandissait, puisretombait,commelepassageduventdudésert surlesdunes,etsagorgeseresserrait,parcequ'ilyavait unemenaceterriblesurlavilleetsurtousleshommes, unemenacequ'ilneparvenaitpasàcomprendre. Presquesansciller,ilregardaitmaintenantla silhouetteblancheduvieilhomme,immobileentreses filsmalgrélafatigueetlefroiddelanuit.Nourpensait queseullui,MaelAïnine,pouvaitchangerlecoursde cettenuit,calmerlacolèredelafouled'ungestedela main,ouaucontraire,ladéchaîner,avecseulement quelqueparolesquiseraientrépétéesdeboucheen bouche,etferaientgrandirunevaguederageetd'amer-tume.CommeNour,tousleshommesregardaientvers lui,avecleurs yeuxbrûlantsdefatigueetdefièvre,leur esprittenduparlasouffrance.Toussentaientleurpeau
MaelAïnine,l'EaudesYeux durcieparlabrûluredusoleil,etleurslèvresétaient desséchéesparleventdudésert.Ilsattendaient,presque sansbouger,lesyeuxfixes,guettantunsigne.MaisMa elAïninenesemblaitpass'enapercevoir.Sesyeux étaientfixesetsonregardlointain,passantau-dessus destêtesdeshommes,au-delàdesmursdeboueséchée deSmara.Peut-êtrequ'ilcherchaitlaréponseàl'an-goissedeshommesdansleplusprofondducielnoc-turne,dansl'étrangebuéedelumièrequinageaitautour dudisquelunaire.Nourregardaau-dessusdelui, àl'endroitd'ordinaireonvoyaitlesseptétoiles duPetitChariot,maisilnevitrien.Seulelaplanète Saturneapparaissait,figéedanslecielglacé.Lalumière delaluneavaittoutrecouvertdesonbrouillard.Nour aimaitlesétoiles,carsonpèreluiavaitapprisleurnom depuisqu'ilétaittoutpetit;maiscettenuit-là, c'était commes'ilneparvenaitpas àreconnaîtreleciel.Tout étaitimmenseetfroid,noyédanslalumièreblanchede lalune,aveuglé.Surlaterre,lesfeuxdesbraserosfai-saientdestrousrougesquiéclairaientbizarrementles visagesdeshommes.C'étaitpeut-êtrelapeurquiavait toutchangé,quiavaitdécharnélesvisagesetlesmains, ettachéd'ombrenoirelesorbitesvides;c'étaitlanuit quiavaitglacélalumièredansleregarddeshommes, quiavaitcreusécetrouimmensedanslefonddu ciel. Quandleshommeseurentfinideparler,chacunà sontour,deboutàcôtéducheikhMaelAïninetous ceuxdontNouravaitentendulesnomsprononcés autrefoisparsonpère,leschefsdestribusguerrières, leshommesdelalégende,lesMaqil,Arib,OuladYahia, OuladDelim,Aroussiyine,Icherguiguine,lesReguibat auvisagevoilédenoir,etceuxquiparlaientleslan-gagesdesChleuhs,lesIdaouBelal,IdaouMeribat,Ait baAmrane,etceuxmêmesdontlesnomsétaientincon-nus,venusdesconfinsdelaMauritanie,deTombouc-tou,ceuxquin'avaientpasvoulus'asseoirauprèsdes
LaNouvelleRevueFrançaise faim,&jen'avoisrienàmanger;j'avoissoif,&:je n'avoisrienàboiretoutcequejepouvoisfaire,c'étoit deprendrepatience&decontinuermonchemin.Ce quejefis.Iln'yavoitpaslong-tempsquejem'étois misenmarche,lorsquejefusarrêtépar quatrebandits, quisesaisirentdemoiavantquejeleseusseapperçus. Ilsmedépouillerentdemesvêtements,&m'ôtèrent jusqu'àmachemise.Deuxcoquinesquiétoientdeleur compagnie,prenoientlesoinofficieuxdeplierpropre-mentmeshardes,àmesure quelesautreslesretiroient dedessusmoncorps.Pourmoi,j'étoissienrayé,queje melaissoisfaire,sansoserproféreruneseuleparole. Parbleu,ditunedesfemellesàsacompagne,cejeune hommemeparoîtassezdoux,ilfautquetum'aidesà exercersapatience.Tope,réponditl'autre;c'estun divertissementquenousallonsdonnerànosquatre amis,s'ilsl'ontpouragréable.Volontiers,dirent-ils, celanousamusera;aussibiennousn'avonsrienàfaire lereste delanuit.Aussi-tôtellesmefrotterenttoutle corps,avecunejenesaisquellehuilenoire&demau-vaiseodeur,dontlavertuestd'amollirlesos&;les rendreaussisouplequelachair.Ensuiteellesmeplierent toutenrond,&;siserré,quejenefaisoispasunvolume plusgrosqu'unbalon.Encetétatellessejouerentde moi,commesij'eusseétévéritablementunbalon.L'une bondir mejettoitenl'air,&l'autre,aprèsm'avoirlaissé àterre,merenvoyaitàsacompagne.Leshommes,qui jusques-là,avoientétéspectateursoisifs,semirentde lapartie;&;commeilsétoientforts&:robustes,ilsme jettoientavectantderoideur,quejebondissoisplusieurs foissurlaterre,&quejerouloistrèsloin.Enfin,lasde mebaloter,ilstinrentconseilpoursavoircequ'ils feroientdemoi.Bon,ditl'und'eux,nouslelaisse-rons-là.Non,ditunautre,illefautjetterdanslapre-mièreciternequenousrencontrerons.Cequ'ilseffec-tuerentàcentpasdelà.Unevieillefemmem'yreçut danssesbras,memontaenhaut,meposadoucement
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