La Nouvelle Revue Française N° 327

De
André Pieyre de Mandiargues, Le Forestier
Raymond Farina, Le rêve de Gramsci
Iouri Trifonov, Le camarade caucasien
Michel Deguy, Le jeu du langage et de la liberté
Pascal Lainé, Seul contre tous
Chroniques :
Jude Stéfan, Rimbaud dans son texte et dans son corps
Clément Rosset, Chagrins littéraires
Henri Meschonnic, L'Apocalypse
Henri Thomas, Reportage
Jérôme Prieur, Godard et les sirènes
Chroniques : le théâtre :
Florence Delay, Refaire le tour du monde?
Notes : la poésie :
Daniel Leuwers, Comme ceci comme cela, par Jean Tardieu (Gallimard)
Jacques Réda, Légendaire chaque jour, par Henri Meschonnic (Gallimard)
Notes : lal ittérature :
Pierre Bayard, Colloque de Cartigny, par Albert Béguin et Marcel Raymond (José Corti)
Notes : le roman :
Philippe Dulac, Germinie Lacerteux – Manette Salomon, par Edmond et Jules de Goncourt - La fille Élisa – La Faustin, par Edmond de Goncourt (10/18)
Claude Roy, Carus, par Pascal Quignard (Galllimard)
Gilles Quinsat, Une journée dans le détroit, par Emmanuel Hocquard (Hachette-Littérature)
Notes : les essais :
Jacques Bens, Dictionnaire des mathématiques, par François Le Lionnais, Alain Bouvier et Michel George (P.U.F.)
Henri Meschonnic, Le recel et la dispersion, par Jacques Garelli (Gallimard)
Jean Philippe Guinle, La cuisine du sacrifice en pays grec, par Marcel Detienne et Jean-Pierre Vernant (Gallimard)
Louis Arénilla, Cannibales et monarques, par Marvin Harris (Flammarion)
Notes : lettres étrangères :
Christine Jordis, La Maison d'Âpre-vent, par Charles Dickens (Gallimard)
Françoise Morvan, Correspondance, de Rainer Maria Rilke et Lou Andreas-Salomé (Gallimard)
Alain Clerval, Tirano banderas, par Ramón del Valle Inclán (Flammarion)
Jean Luc Gautier, La harpe et l'ombre, par Alejo Carpentier (Gallimard)
Richard Blin, Deux amours cruelles, par Junichiro Tanizaki (Stock)
Lucette Finas, Le Détour, par Luce d'Eramo (Denoël)
Laurand Kovacs, Garde inverse, par Paul Goma (Gallimard)
Mémento :
Daniel Leuwers, Les Contrerimes, de Paul-Jean Toulet (Gallimard)
Pierre Bayard, Le déjeuner du lundi , par Jean Dutourd (Gallimard)
Laurand Kovacs, L'infini chez soi, par Dominique Rolin (Denoël)
Notes : la musique :
Philippe Dulac, Les Lieder de Schubert, par Dietrich Fischer-Dieskau (Robert Laffont) - Réflexions faites, par Alfred Brendel (Buchet-Chastel)
Notes : l'opéra :
Nicole Quentin-Maurer, Le Château de Barbe-Bleue, de Bela Bartók (Opéra-Comique) - Erwartung, d'Arnold Schönberg (Opéra-Comique)
Notes : les arts :
Jean Revol, Petit cylce des gaîtés parisiennes : Salvador Dali - Gérard Fromanger (Centre Georges Pompidou)
L'air du mois :
Jacques Réda, Bois charbons
Frédéric J. Grover - Marcel Jouhandeau, Entretien
Jean-Loup Trassard, De l'éducation des paons
Textes :
Marguerite Yourcenar, Lettres à Mademoiselle S.
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072385216
Nombre de pages : 192
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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
LeForestier
Ilyaencorequelquesmétiersdontl'exerciceest commeunevacanceheureuse,quipersisteraitd'unesai-sonàl'autre.Unbonheurtranquille,aussiprofond qu'éminent,difficileàexprimersinonmêmetoutàfait ineffable,voilàcequeressentaitBelindeBallutandis qu'àmoinsdequatre-vingtskilomètresàl'heure,lepied àpeine appuyésurlapédaled'accélération,illaissait courirsoncabrioletdécapotésurlalonguelignedroite d'unerouteforestière,enobservantdanslessous-bois l'absencedequoiquecefûtd'étrangeràl'ordredela nature.Quandillevaitlatête,ilvoyaitunebande étroited'unbleuvifresserréeentrelesramuresdes sapins,despinssylvestres,desbouleaux,etilaimaitce bleucommeileûtaiméunefemmeouunjolienfant. Afaibleallure,ainsi,lafraîcheuroxygénéededixheures dumatin,dontlavitesseauraitfaitunegriseriebrutale, serépandaitdanslespoumonsduconducteuravecune légèretédélicieuse.Ilyavaitdelalumièresurlemiroir grisdel'asphalte,carlecheminallaitendirectionde l'orient,et Belinpilotait,luisemblait-il,verslesoleil, quis'étaitlevésixheuresplustôtaupointdecettebelle journéedejuinetquil'éblouissaitunpeu.Seslunettes desoleilétaientdanslaboîteàgants,maisiln'ensentait
LaNouvelleRevueFrançaise pasassezlebesoinpourrenonceràlanuditédeson visageofferteàlacaressedel'air. «Claireforêt»,pensaitBelindeBallu,selonlavieille habitudequ'ilavaitdesedireetdeserépéterquelques mots,toujourslesmêmes,quandàbasrégime,deux millehuitcentstoursaucompteurenquatrièmevitesse àprésent,ilconduisaitdistraitementson«crachefeu», commeilappelaitlepetitcabrioletspitjiredecouleur noiredontchaquejourilusaitpourinspecterlavaste forêtdomanialedontaveclegraded'ingénieurchefde districtilétaitresponsable.Saforêt,pensait-il,avecun sentimentdepaternitéoud'amitiéautantquedepro-priété,depuisqu'ilavaitreçulacharge,unanetdemi plustôt,deveilleràlabonneconservationdecelle-danslestroisordres duminéral,duvégétaletdel'ani-mal.Saforêtclaire,puisqu'ill'avaitenquelquesorte épouséeàtelpointqu'aucunlieudesonétenduenelui étaitplusétrangeretquecetteconnaissanceintime étaitencontradictionaveclesformulesdeforêtsombre oudeforêtnoirequionttropgénéralementcours.Du beaumotde«perceforest»,qu'ilgardaitaussientête etdontilsavaitqu'ilavaitservidetitreàunromanjadis, ilpensaitqu'iln'auraitpasmalconvenu,luinonplus, aucrachefeu.Ainsipassaitletemps,aveclesarbres bordésàleurpieddemoussequipassaientàdroiteet àgauche.Lemoteurs'entendaitmoins queleroulement despneussurlachaussée. Unoiseau,quelerefletgris,roseetbleudesesailes etlamodulationbavardedesoncripouvaientfaire prendrepourungeai,avaittraversélarouted'unvol bas,devantlavoiture.C'estpeuaprèsl'avoirvudispa-raîtresousdesbranchesdepinqueBelinavaitaperçu, loinencore,uncyclistequiallaitdanslamêmedirection quelui.Al'ouïedelavoix,presqueféminine,del'oi-seau,sonpiedspontanément s'étaitsoulevéenétran-glantlesgazetlerégimeétaittombéàdeuxmillecinq centstours,lavitesseàsoixante-dixàl'heure.Iln'avait
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pasaccélérédenouveau.Malgrélalenteurdel'allure, unbruitmécaniquedevaitsefaireentendredansle silencedesboisquis'étendaientdetouscôtéssurune distancedevingtàquarantekilomètres, carlecycliste s'étaitretournépourregarderderrièreluiunlong moment,cequil'avaitportéverslemilieudelaroute. AlorsBelinavaitreconnuquececyclisteétaitune femmeenréalité,unejeunefilleauxcheveuxcoupés court,avecunefrangesurlefront.Plusprès,quandelle s'étaitretournéeuneautrefois,ilavaitvuqueces cheveuxplats,unpeuplusclairsquelapeauhâléepar lesoleil,avaientunecouleurentrechâtaineetblonde, brillante,accordéeàl'environnementsylvestreautant quelevertfraisdesjeunesfougèresouquelebrundes anciennes.Vêtued'unesalopetteroseetd'uneblouse rougeàmanchescourtes,ellepédalait,piedsnus,sur unlégervéloblanc,unvélodecoursedegarçon. Sansaucunepressionsurlapédaled'accélération, BelindeBallul'avaitrejointeenquelquesminutes,et ilavaitralentiencore,parl'effetd'unlégerfreinage, pourlaregardermieuxetnepascesserdelaregarder. Dansunepetitevoituredesport,surtoutquandelleest décapotée,leconducteur,assisplusbasquelescyclistes, baignéparlemêmeair,setrouveindiscutablementdans lemêmeespacequ'eux,dontrienneleséparequela vitesse,s'ilveutenuser,cequin'étaitpaslecasdeBelin, quines'efforçaitquedenepasdépassercettesortede cavalièresurlaquelleensouriantiltenaitlesyeuxfixés. Elleneleregardaitpasmoinsdirectement,toutprès commeelleétait,maissanssourireetavecunaird'effroi, etilluiavaitsembléquepouréchapperellepédalaitde plus enplusfort.Vainetentativequiluiavaitdonné l'idéeplaisanted'ungibieràdemiforcéquieûtcouru àcôté delui,cequiavaitélargisonsourire.Puiselle avaitfaitunécart(oubienavait-ilinvolontairement,lui, tournélevolantd'unedirectionpeudémultipliée?).Elle étaitvenuecontrelavoiture;ilavaitperçuundouble
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chocetill'avaitsentie,autantqu'ill'avaitvue,s'abattre. Alorsilavaitjetésavoituresurlebas-côtédelaroute; ilavaitsautéàterreetilavaitcouruenarrière. Levéloétaitsurlachaussée;lafille,quiavaitêtre adroiteassezpoursedégagerentombant,neletouchait qued'unemain.Nonpasévanouie,commeBelinsefût attenduàlatrouver,elleouvraitsurluidegrandsyeux grisclair,maisilyavaitdusoulagement,sinondela satisfaction,cettefois,danssonregard,etc'estd'une voixpaisiblequ'elleluiavaitditJ'aiunpeumal. Cen'estpasgrave?avait-ildemandé. Non,cen'estpasgrave.Dansmonrêve,pourtant. Elles'était arrêtée.Moinstranquille,elleavaitajouté Monvélo.Mets-leàl'abri,jeteprie. Amuséqu'ellel'aittutoyé,ilavaitprislevélo,qu'il étaitallédéposersurl'herbe,derrièresavoiture.Après avoirexaminéleguidon,lepédalier,aprèsavoirfait tournerlaroueavant,puisl'autre,ilavaitditqu'ilne voyaitaucundégât.Ensuiteilétaitrevenusepencher surelle,quin'avaitpasbougédulieudesachute. Ettoi,s'était-ilenquis,as-tumal? etlà,avait-elleréponduvite,enposantledoigt sursatempe,quimontraitunelégèreenflure,etsurson flanc,au-dessusduseingauche.Porte-moisousles arbres,del'autrecôtéduruisseauetdesfougères.J'ai besoinderespirer.Ici,l'odeurdegoudronmepara-lyse.Situnem'aidespas,jevaism'endormirsurla route,jepourraisêtreécraséeetj'aipeurdemeretrou-verdanslerêve. Ilyavaitunruisseau,eneffet,outoutaumoinsun fossécouraitunfiletd'eauentredescapillaires,des prêlesetquelquestouffesdementhe,leforestierne l'ignoraitpas.D'unemainpasséesouslesépaulesde cellequ'ilallaitappelerlablesséequandilferaitson rapportàlagendarmerie,unegrandefilleassezlourde audemeurantàlaquelleonauraitdonnéseizeoudix-septans,ill'avaitsoulevée,illuiavaitprislebraspour
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lemettreàsoncouetqu'elles'ytîntpendantqu'enla tenant,lui,parlataille,ill'aideraitàmarcher.Dans cettepromiscuitéplaisante,quenegâtaitnullementcer-taineémanationdesueurjeune,ilavaitenjambé,avec elle,larigoleàgrenouilles,puis,cequiavaitétéleplus difficile,ill'avaitportéeoupousséeàtraversl'étroite maisdensefougeraiequisurlebordhumidefaisaitbar-rageentrelarouteetlesarbres.Quoiquelestigescassées aientpiquersespiedsnus,ellen'avaitpasgémi. Au-delà,souslessapinsetlespinssylvestres,surunbeau tapisdemousse,toutavaitétépourlemieuxetelleaurait puallersanssoutien,maisellenes'étaitpasdégagéeet ilnel'avaitpaslâchée.Jusqu'àuneéclaircieelle s'étaitassise,puisallongéeausoleil,etilnes'était assisprèsd'ellequ'aprèsêtreretournéenquelquespas aufossé,ilavaittrempédansl'eausonmouchoiret cueilliunbouquetdementheafindeluimettresousle nezunfeuillageodorant,froisséaupréalable. Commentvas-tu?avait-ildemandé,enpressantle mouchoirmouillésurlapetitebossedufront,quine semblaitpasavoirdedispositionsàgrossir. Mieux.Maislecoupd'enbasmefaitplusmalque celuid'enhaut. Alorsilavaitbaisséleregardsurcecoup,commeelle disait,etilavaitvusurleborddutablieretsurlablouse unelargetache,quipouvaitprovenirdel'aile,poussié-reuse,ducrachefeu.Pourmieuxvoirilavaitdéfaitles bretellesdelasalopette,baisséletablier,dégagélablouse surlesdeuxcôtés,quoiqu'unseul,avait-ilpensé,eût suffiàl'examen.Ilavaitappuyé,àl'endroitdelatache, surlasoyeusepopelinerouge;ilavaitdemandé«Là?» Oui,avait-elledit.C'estlà. Quandilavaitcommencé,maladroitement,àdéfaire lesboutonsdelablouse,elleavaitlevélesbraspourles étendreau-dessusdesatête,elleavaitenfoncépluspro-fondémentlatêtedanslamousse,elleavaitferméles yeuxetilluiavaitsembléque,toutbas,elleavaitencore
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dit«oui»,unefoisoudeux.Etquandlablouseavait étégrandeouverteetquelespansenavaientétérabattus àcôtédelagorgeauxjolisseinsrondsetrosés,menus d'ailleurs,paisibles,ilavaitvusouslegauche,àl'endroit ducœur,unegrossemeurtrissuresansdéchiruredela peauquinel'avaitémupasmoinsdetendressequed'in-quiétudeoudeculpabilité.«Quelecorpsdemavic-meestbeau!»s'était-ildit,dansunesortedeconsta-tationtriomphante,enmêmetempsqu'ilsedisait,dans uneespècedeprière«Quemavictimen'aitpasune côtebrisée»Lemouchoiretlamenthe,seulsremèdes dontildisposât,avaienteffleurélamarqueducoup, puisilavaitposédessusl'oreille,cequiluiavaitfait entendrelebattementaffolantducœur,etàlaplacede l'oreillec'estsabouchequ'ilavaitposée,laquelleavait glissé,presquespontanément,surlebourgeonpresque naissantdusein. D'unmouvementaussipeucalculé,quandilavaiteu relevélatête,samains'étaitportéesurletirantde fermeturedupantalondelasalopetteetellel'avait abaissédoucement,découvrantl'ovalebombéduventre avecsonpetitœildepeau,lecharmantombilic,point centraldel'être,jusqu'auxpremiersfrisonsd'unpoil quelesoleilfaisaitbrillercommedescopeauxdemétal roux.Sesdoigts,unmoment,avaientposélà,tandis qu'ilprenaitconsciencedelasuitedesesactesetquele désirinstinctifsechangeaitenvolontéd'accomplisse-ment, puis,quandilavaitétéassuréquenulleréaction dedéfensen'avaitdérangéletranquilleabandondu visageauxyeuxclos,quelquesgestesbrutalement rapides avaientlibérédetoutvêtementlecorpsdela gisanteetrejetéloind'ellelasalopette,lablouseetun slipécarlatequiavaitétésonderniervoile.Débarrassé sansretard,lui,desacombinaisonnoireaccordéeàla peintureducrachefeu,ilavaitserrécontrelesience corpspatient.Alorselleavaitouvertlesyeux,accueil-lantecommesielleseretrouvaitetlereconnaissaitaprès
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uneabsence.Lespremiersmotsquedansl'étatdenudité elleeûtditsavaientété«Jesuisvierge.»Sesmains, cependant,n'avaientpascesséd'êtrejointesau-dessusde satête,aussifermement quesiellesavaientétéliéespar l'homme. Celui-là,commentavait-ilcédéàunélandecuriosité bienmasculine,quil'avaitconduitàuneexploration ignoble?Déchudurôlesupérieurquidepuisledébut delarencontreluiavaitparulesien,leforestieravait étéhonteuxdelui-mêmeaupointde nesavoirdeman-derpardon. Vilain,nepouvais-tumecroiresurparole?lui avait-elledit,sansmontrerderancune. Enriant,elleleravalaitauplusbasdel'ignomjnie. Unlégersoufflefaisaitfrissonnerlesrameauxdes sapins.Onentendaitdeschantsd'oiseaux,auloin,qui étaientpeut-êtredesappelsdegrives. Tuvoulaisvoirtum'avaisblessée,avait-elle dit,aprèsavoirreprissonsérieux. Ellen'avaitpaschangédeposition.Sesmainsétaient restéesunies.Ils'étaitrapprochéd'elleet,sansladési-reraussiimpulsivementqu'avantsongestegrossier,il avaitdenouveauposéundoigt,puisleslèvres,surla bossedelatempe,puissurlameurtrissureducôté, caraumotde«blessée»qu'elleavaitprononcéil s'étaittrouvéétrangementragaillardi.Danslechoc qu'elleavaitreçudesavoiture,n'avait-ellepassubi undébutd'agressiondesapart,fautifparimprudence sinonparintention,etn'était-cepasunepoursuitede telleagressionselonlaraisonduplusfortqued'avoir dépouillédeseshabitslavictime, sousprétextedesoins? Ensedisantblessée,àlafaçond'unescrimeurquilève loyalementlamainpourdirequ'ilaététouché,nese proclamait-ellepasvaincueetneserendait-ellepasà ladiscrétionduvainqueur,quiétaitlui-même,Belin leforestier?Ilavaitfaitunpeud'escrime,autrefois, et lapenséesecrètequeluiavaientdonnéecesfaux
ChèreMademoiselle, Combienjemesenscoupableenversvous!Votre secondelettre,quej'aigardéetoutecetteannéesur ma table,dated'àpeuprèsunan(25janvier1970-17jan-vier1971).Jem'enveuxd'autantplusdecesilencequ'il estuneformed'ingratitudecettelettrem'apportait, commelapremièredureste,leplusbeaudescadeaux lacompréhension.Quevousyparliezbiendecesdeux amisquisonttoujoursavecmoi,ZénonetlePrieurdes Cordeliers.Maisc'estsurtoutdevosremarquessur DenierduRêvequejeveuxvousremercier.Votre analysedeceromanrarementbiencomprisetsenti parlelecteurfrançaisestd'uneextraordinairebeauté, avecsonallusionauschémademouvementbaroqueet sacomparaisonaveclesescaliersmonumentauxde Rome.Sijemelaissejamaisaller,commeMonther-lant,àdonneraupublicdeslettresdelecteurs,avec quellejoiejepublieraicepassagedelavôtre.Merci! (DenierduRêvevareparaîtrechezGallimardenmai, etpresqueàlamêmedatevasortirenlibrairielapièce quej'aiécriteaprès1961surcemêmesujetRendreà César.) Maseuleexcusedetardersilongtempsàvousrépondre estquemavie,cettedernièreannée,aétéencombréede travailetcompliquéeparunemaladie(opération)àla suitedelaquellejesuisrestéelongtempsassezébranlée.
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