Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Achetez pour : 12,99 €

Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Publications similaires

La Nouvelle Revue Française N° 303

de editions-gallimard-revues-nrf

La Nouvelle Revue Française N° 353

de editions-gallimard-revues-nrf

La Nouvelle Revue Française N° 212

de editions-gallimard-revues-nrf

Vous aimerez aussi

suivant
LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
Modernité,
merdonité
Aussicurieuxqu'onsoitdetoutcequisefaitous'écrit ousedit,ilvienttoujoursunmoment'-sil'onvitassez l'onsentqu'onnecolleplusàsonépoque. Naguère,vousétiezdanslecoupoudumoinsvousen aviezl'illusion.Maintenant,vousconstatezque,dans ledomainequipourtantpeutêtretenupourlevôtre, biendeschosesprobablementdignesd'attentionse produisentsansvous,etparfoismêmesansquevousy compreniezgoutte.Conclusiondevantlaquellevousne laissezpas derenâclermaisqu'àvotrecorpsdéfendant ilvousfaudra,unbeaujour,entirervousavezperdu lespédales. Nepluscolleràsonépoque,c'estneplusêtre dans lavie,c'estêtredéjàdanslamort.Adéfautde«coller àl'époque»,ilfaudraitdumoinsconnaîtreaumieux quitteàlesréprouverlescourants quisefontjour, réaliser(ensemettantàleurplace)cequisepassedans latêtedevossuccesseursfaceàleursituationdistincte
LaNouvelleRevueFrançaise
decequefutlavôtre,savoirinterpréterleschange-mentsdelamodeetceuxquiaffectentlesmoeurs,tâcher devoirquelssontlesgrandsressortsdelamarche actuelledesévénements.Beauprogramme,maisvaste àdécouragerlesociologuelemoinsconscientdeses limites Poursaisirplusimmédiatementlesensdecequise faitousedéfaitautourdemoi,pourappréhenderce «moderne»quipeutfortbienêtrerenouveau manifestemaism'échapperoumesemblerrépondre àunpourrissementdanslamesurejenesuisplusà mêmed'yadhérer,j'aimeraispouvoirserviparl'in-tuitionfauted'avoirletemps,etmêmel'envie,d'exa-minerparlemenutoutcequecontientcetteépoque dégagercequiseraitàcetteportiondusièclecequ'est lerubangrâceauquelOlympiaapparaîtplusnuele traitouledétaildecivilisationquiferaitimageet(pièce àconviction,symptôme,empreintedénonciatrice) caractériseraitl'époqueprésenteetmarqueraitfinement qu'elleestcetteépoque-ci,phaseparticulièredel'aven-turehumaine,phasedouéedesavéritépropre,fût-elle laplusdéroutantepourmoi
Sansdouteest-ceaucélèbrepétomane,dontlenuméro d'ungoûtfâcheuxavaiteuungrossuccèsverslafin dusièclequivenaitdes'écouler,quecetamidemon pèresongeaitlorsqu'ilparlaitde«symphonieposté-rieure»(oupeut-être«variations»suividelamême épithète)àproposd'unassezlongmotifexécutéau bassondanslaSalomédeRichardStrauss,crééedepuis peuàParis.Pourmoi,qu'onavaitemmenéàune repré-sentationdecedramelyriqueprobablementsanssavoir combienilconvenait malàmonjeuneâge,cen'était riendescatologiquequ'évoquaientlesmodulationsdu basson.J'yvoyaisseulement commedanstoutela musiquede cetteœuvredéjàsingulièreencequ'avec sonacteuniqueelles'écartaitdesusagesdugrand
Modernité,merdonité
opéral'expressiondequelquechosequej'auraiseu biendumalàdéfinirsijem'yétaisattachéetqui,par soncharmebizarre,éloignaitfortementl'oeuvreen causedetoutescellesquejeconnaissais,moiqu'on avaitinitiétrèstôtauxfastesdenotreAcadémienatio-naledeMusique.Quelquechoseque,plussoucieux d'analyseetpossesseurd'unvocabulaireplusnourri etmieux fourni,j'auraispuappeler«modernisme», sachantparcequis'endisaitautourdemoiqueSalomé étaituneœuvre«moderne»,unproduitnonseulement denotreépoquemaisquesanouveautémêmedotait d'uneoriginalité. Unmondetrèsdifférentdeceluiquelectureetthéâtre, jusqu'alors,m'avaientpermisd'aborderm'étaitrévélé parl'adaptation(fidèle,jem'ensuisrenducompte plus tard)delapièceécriteenfrançaisparOscarWilde, histoirequimetenscène,outrel'espèced'almée,de hourioudebayadèrejuivedontlavueexcitejusqu'à lasouffrancelesconvoitisesmasculines,un Hérode quejeprenaisàtortpourceluidumassacredesInno-centsetunYokanaandontjen'ignoraispasqu'ilétait notresaintJean-Baptistedésignéparsonnomhébraïque (m'aiguillantmoinsversChanaanqueversdescail-louxqu'oncassequandilfrappeimaginairementmon oreilled'aujourd'hui).Histoirequi,parsonthème, s'apparenteàbeaucoupdecellesquerelatentlesÉcri-turesmais,parl'espritdanslequelelleesttraitée,en divergescandaleusementcouleurd'Orientimbibé demagieetprécieusestouchesarchaïsantes,dont étaientdépourvuslesrécitsédifiantsquej'avaislusou entenduraconter;atmosphèrechaudeettrouble, alourdieparl'ébriétéquiattiseledésirincestueux d'Hérodeetparledélireérotiquequis'emparerade lafilled'Hérodias quandlatêtedel'incarcéréqu'elle atentévainementdeséduireluiauraétéremise; cruauté,quisembleavoirétéexpressémentchoisie commenotedominantedel'action,centréesurla
LaNouvelleRevue Française décollationdusaintmaiscomportantaussilecoupde glaivemeurtrierques'inflige,presqued'entrée,un adorateurdelaprincessepuis,justeaubaisserdu rideau,labarbaremiseàmortdecelle-ci,écrasée commeunebêtevenimeusesouslesboucliersdessol-dats.Tripledérèglementdonc,puisqu'ilyatoutàla foisintrusionquasisacrilègedel'exotismedansun épisoderelevantdelamêmehonnêtehagiographieque maintesimagesdepiétél'excèsdepittoresquesem-bleraitdéplacé,appelnondissimuléàunesensualité despluslouches,recourssadiqueàlafascinationdu sangversé.Deplus,c'étaitunemusiqueauxdissonances puissantes,chargéed'étrangeseffluves,quicommentait cedramedontletexted'abordlivretd'opéranese prêtantqueglobalementàmasaisiemetoucherait ultérieurementparlafaçondonts'yallientladuretéde latrameet,luxeinsolent,lasomptuositébaroquedela teneur.Gauchissement,distorsion,perversioncorsant leplaisirqu'uneœuvred'artpeutdonnervoilàquels sontmesemble-t-ilaprèslesnombreusesannées durantlesquellesunemanièrededécantations'est opéréelestermeslesmoinstrompeurs(encoreque trèsimprécis)quejepuisseemployerpourcaractériser laformesouslaquellem'estvenue,teintéed'unepourpre auxrefletsinquiétants,mapremièreimpressionde modernité,alorssentimentflou,inapteàpasserauniveau mêmeleplusélémentairedelathéorie.Sentimentque nemedonnanullement,bienqu'ils'écartâtluiaussi decequimeparaissaitlanormeencedomaine,un autreopéramodernevudanslesmêmesconditions lesjoyauxdelaMadonedel'ItalienErmannoWolf-Ferrari,œuvrevéristedont,outrelethèmeduvol impiedesjoyaux,j'aiseulementretenuqu'onyvoyait aupremieracte,dansundécorreprésentantunetrat-toria,lebarytonfrançaisVanniMarcouxcostuméen maquereaunapolitainmoustacheencroc,pantalon àpattesd'éléphantetmelongris,jecroischanterà
Modernité,merdonité pleinevoixaprèsavoiravalé,sanssupercheriepossible, unegrosseassiettéedenouillesoudespaghetti,perfor-mancequitémoignaitd'unestimablesoucideréalisme enmêmetempsqued'unecertaineaisancevocale,mais neprêtaitpasplusàrêverquelamusique(assezconven-tionnelle,ilmesemble)decetopéraqui,àmaconnais-sance,n'apaslaissédetracesbiennotablesdansl'his-toireduthéâtrelyrique. Cen'estdoncpasaveccefait diversassurément pittoresquemaisdefaibleenvergure,c'estavecSalomé, continentneufpourmonentouragepresqueautantque pourmoi,quej'aifaitcettedécouvertelesprestiges delamodernité,d'unemodernitéquibiensûrétait celledel'époqueet,aujourd'hui,appelleraitplutôt unmottelque«kitsch»ou«rétro»(carlafinefleur qui,typiquementmoderneend'autrestemps,pouvait encestemps-làêtreregardéecommelederniercri,est vouéeparnatureàparticulièrementsedémoderetà devenirobjetdel'inclinationunpeuvicieuse,mi-ironiquemi-sensiblarde,quiporteverscequi,démodé sansavoirencoreacquislanoblessedel'antiquaille, attireenraisonmêmedesoncôtédésuet, buffetdela salleàmangerdenotreenfance,parureféminine contemporainedenospremièresamours,autodontles formesnaguèrefonctionnellessemblentmaintenant absurdementstylisées).Toutefois,tropinnocentquand j'avaisautantdireparaccidentbulephiltredeSalomé, jenem'étaispasaperçuqu'uneportes'étaitentrebâil-léesurquelquechosed'importantetl'émotioncomplexe quej'avaisressentiesanspouvoirnivouloirendémêler lescomposantsn'éveillaenmoiàpeineadolescent etacceptantyeuxferméslesopinionsartistiqueset littérairesdemesparentsaucuneenvied'élargir,sur ceplan,monhorizon.Pourquelachosemoderne m'inspire,commetelle,del'enthousiasmeoutoutau moinsdelacuriosité,ilfallutquejesoisdevenuun jeunehomme,avidederespirerunairquiseraitlesien
LaNouvelleRevueFrançaise
etportéàrejeter,auprofitd'autresgoûts,ceuxque l'éducationreçuedesespèreetmèreluiavaitinculqués. Telunpendantdemesacquisdansledomainetabou dusexeetcommesimonacheminementverslapratique del'amouravaiteupourcorollaireoupourcontrepartie uneintimitéplusgrandeavecl'idéedelamortamour etmortétantnaturellementappariésàlafaçondedeux couleurscomplémentairesstructurantl'existence commeuntableau,liésaussiparlesusages(etpeut-êtreest-cecelaquim'appâtaitalors)entantquechoses dontilestscandaleux,obscènepresque également danslesdeuxcasdeparlersansymettredesgants lemacabre,auseuildemonadolescence,avaitexercé surmoiuneséductionde mauvaisaloi,subiedemanière nonseulementplusconscientemaisplusvoulueet, dirai-je,pluscoupablequeletroubleattraitdeSalomé, cedramed'amouretdemortquinaguèrem'avaitsi fortimpressionné.Unmacabrequ'entreautresrévé-lationsesthétiqueslepoèmedeBaudelaireUneCharogne m'avaitdonnéàgoûteretdontseuls(puis-jediredans malanguedemaintenant)desespritsaffranchisdes préjugés,autrementdit«modernes»,mesemblaientà mêmed'apprécierlasaveurdépourvuedesuavité. Esquissée,sauferreur,parmonfrèreaîné(quisedes-tinaitalorsauxartsdécoratifs,vocationdontledétourna lemariagequidevaitfairedeluiunhommedebanque etleplusmoutonnierdespèresdefamillenombreuse), uneimageàlaFélicienRopsun nufémininbrutale-mentconfrontéavecunetêteauxorbitesvidesetaux dentssarcastiquementdécouvertesmesemble,sou-veniroufantasme,occuper,demême quetellesillus-trations duthèmemélodramatiquedelamascarade gaîmentbarioléequisoudainvireau tragique,une placedechoixdanslazonesuspecteoù,àdistancede presquetouteunevie,jevoiscohabitermainteschoses quiflattèrentmasensibilitéenmeparlantdelamort, lesunesexpressément,lesautresàmotscouverts.Zone
Modernité,merdonité marginaledanslaquellecequej'imaginaisdesorgies salledegardeouquat'zarts,héritièrestrivialesdesfes-tinsbyroniensl'onboitdupunchdansdescrânes, etcequejeconnaissaistantdelalittératured'épouvante d'EdgarPoequed'écritsréalistestelsqueleschansons d'AristideBruant,àrelentsdesangsurletrottoiretde guillotine,voiredespoèmesmisérabilistesdeJehan Rictushantésparlamenacedelamortdefaimou defroid,côtoient,d'unepart,lesatroces inventions chinoisesconçuesparOctaveMirbeaupourlejardindes supplices(livrequilongtempsmefutinterdit)et,d'autre part,lecomiquesecetgrinçant,presquefunèbre,des eccentricsanglo-saxonsqui,plusactuelsetplusvrais quelesclownsetaugustesdescirquesdemaprime enfance,seproduisaientdansdesdécorsgénéralement bébêtesetauxtonspoussiéreuxsurlascènedumusic-halll'Alhambra,sallevieillotteprochedelaplacede laRépublique(exactementruedeMalte)etquerien n'apparentaitnideprèsnideloinàlaGrenadearabe. Quand,deshauteursquej'aiatteintesdanscequeles démographesnommentlapyramidedesâges,jeregarde cegoûtquej'eusdumacabrependantuncertaintemps, c'estcommel'effetd'unemaladieinfantilequ'ilm'ap-paraîttropjeunepourmesentiraupieddumur,ne tenais-jepasàmemontrerassezdégourdipourcoque-teraveclamortet,auméprisdesconvenances,trouver ducharmeàcequienal'odeur?Orcen'estpasle gamindontlesminceslibertésqu'ilprenaitainsiavec lesconventionsbourgeoisesfaisaientpeut-êtrecontre-poidsàsoninnocencemême,maisunjeunehomme avided'élégance,associantàsesalluressportivesmal justifiéesdessoinsfaciauxquasiféminins,s'adonnant avecferveurauxdansesimportéesd'Outre-Atlantique, anglicisantparsescigaretteset(autantqu'illepouvait) parsonhabillement,aimantlesbreuvagescapiteuxque débitentlesbarsaméricainsetappréciantlesmetsfor-tementrelevés,unjeunehommeauqueldepuispeu
~~ya! Quidonnalaterreur,dont AL'EVROPEquifceutlecrimede/'AsiE, Crime,que/TyMt~rjtoûjoursdeteftera, Tant~M~a/~oMrduCiel,leSoleilroulera, QueiufquesdanslaMer,leurmere<~leurfource, LesfleuvesirontprecipiterleurcoMr/~ TantquelesElemensfecontrarieront, Ettant~M'aM~r~M~~M~lesAftresbrilleront, Toûjoursonparleradehorrible, Quid'vnfecondchaosfitvoir/~a~terrible, D~ quifit/'a?ï/duMondeéclypfer, Voyantlamortd'vnDieu,quenousvintannoncer LAFILLEDESION,despechezlededale, ~ AutrefoisBABYLONE,6'~rrdefcandale, Avantqu'onvidchangercecharbonenrubis LaCorneilleenColombe,<laLouveenBrebis, VnEnferenvnCiel,lerienenquelquechofe, Lecharbonenvnlys,fépineeni~M~rofe, /M:~m~ Engracelepeché,enpouvoir, Pourtousceuxquivoudrontlaprendrep6our'modele, Leviceenlavertu,lechaudronenmiroir. MIROIRDEPENITENCE,<ar/<H~ Danscepetitextraitd'vngrandOriginal, LAGVIDEDESPECHEVRS,&leurplusbeauphanal. LaCOVRTISANEÏÇ'SOLITAIRE&fauvage, PluslibrequeM77MMencefaint~/C/<2~a~ F~<2M~bienfaCouràfonRoy,quelesCieux Ontchangé,pourlavoir,tousleursAftresenyeux, CommevneAnachorete,Oreade,ouNapée, ApleurerfespechezMM~iouroccupée, Quivécutaudefert/~ac~trente-ans, /o~~ PourneM~aMmourirdansdestemps. CesboislafontpafferpourvneHAMADRIADE, larmesfontpenfer,queC~vneNAÏADE,