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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
Darius
l
LECOMPLOT
Lessoufflesfaisaientbougerleslonguesombresdu matinsurl'herbeduverger.Adosséaumurdufond, lelieutenantDariusécoutaitd'unairbutésonancien capitaineluifairedesconfidencesOnavaitdes preuves.Lesouverainétaitunimposteur.Saconcu-bineavaitdécouvertqu'ilétaitlebagnarddontCam-byseavaitfaitcouperlesoreilles.Iln'étaitpas plus déshonorantpourunhommed'avoirsubiCambyse quepourunmerisierdeporterunniddepie,mais lessévicesd'unfounedonnaientpasdroitàdes représaillessurlesvivants. DariusdisaitOui,oui. LecapitainedisaitVeux-tuêtredesnôtres? AlorsDariussemitàrireSijenevoulaispas, vousseriezendrôledeposture. Lerendez-vousauraitlieuàmidiaupetitval.Nous necomplotonspasdanslesténèbres,disaitlecapi-
LaNouvelleRevueFrançaise taine,maischacunarriveraparunedirectiondiffé-rente.Latienneseracelledel'Étrier. DariuspritlachausséedroitequimontaitauChau-mont.Lesoleilluibrûlaitlesépaules,leventlui caressaitlevisage.Ilyavaitdesmoutonsauloindans leschampsetdespetitsnuagestrèshautdansleciel. Arrivéaumomentd'entrersouslecouvert,Darius seretournajamaislaterren'avaitparusivasteavec sescollinesimberbesetsesbourgsembués.Illongea unpeulalisièresinueuseetaperçutl'autrepartiede l'horizon,plusboiséepeut-êtreetcachantmieuxses villes,maissisemblabledanssonétalement.Quand ilatteignitunrenfoncementdel'orée,ilytrouvaune senteencombréedepinsbrisésquiluipermitde rejoindrel'alléeforestièreàl'abandon.Alorstantôt illuifallutenjamberl'épine-vinettetantôtsepencher sousunsorbieroblique.Deplaceenplaceils'arrêtait pourreconnaîtretelsapinàlasouchequienrestait ou telsentierdetraversemalgrél'envahissementdes cytises,maislespentesdusolétaientlesindicesles plussûrs.Lesmouchesdesboisnecessaientde venir boirelasueurautourdesesyeuxmalgrélesbalafres queluiinfligeaitlebranchage. Asagaucheunsentierquittalecheminpourépou-serunthalweg.Ilpréféracontinuerdegravir.Quand ilsejugeaau-dessusdupointderencontre,ils'en-fournadanslefouillisdusous-boisquidescendait abrupt.Unmomentilseretintaux racinesd'unbel allouchierdontledessousblêmedesfeuillesformait unetenturemouvanteau-dessusdeluietilentendit monter,avecl'odeurdesrésineschaudesdesoleil,le murmuretranquilledesconjurés.Parfoisleventpar-laitplusfortqu'euxouemportaitailleurs leursvoix, puisleurdiscussionredevenaitperceptible. Ilselaissaglisserenbas,d'uncoup,et sautaau milieudugroupequisursauta.Lescapitainesétaient entraind'établirlalistedeshommessûrsauxquels
Darius
onferaitappel.Cefonddevalmalgrésagrande herbesousl'ombredesessencesenchevêtréesétait unefournaise.Lesconjurésytravaillaientavecautant desérieux quelesfourmisquiportaientdesaiguilles sèchesaupiedd'untronc.DariusleurditDes hommessûrs?Laissez-moirire. LesconjurésIlfautdesexécutants. DariusNoussommesdéjàtrop. EuxPourfaireuncoupd'état? LuiLequeldevouss'iln'estpassurveilléparles autresestsûr denepaslesdénoncerpourtoucher sarécompense? EuxTueslederniervenu,on tefaitconfiance ettuteméfies? LuiLederniervenu?Jesavaisl'imposture.Je venaistenterdel'abattreseul.Maisvousm'avezparlé, vousm'avezmontrélemêmecœur.Bravo.Seulement cequivautd'êtrefaitdoitl'êtresur-le-champ.Qui saitcombienonadejours? EuxL'importantestderéussir.Ilfautenprendre lesmoyens. LuiVoulez-vousquejevousdise?Sinousne partonspastoutdesuite,tousensemble,exigerdu souverainl'audiencequ'ilnepeutnousrefuseretlui fairerendresonâmedefaussaire,jenesuispasplus mariolequ'unautreetavantqu'aucundevoussesoit hissédanslesgrâcesdusouverain auxdépensdeses complices,jeseraimoi-mêmegrimpédanslepom-mierpourvouscueillir. Lescapitainesseregardaiententreeux.Ilsse voyaiententraindecomprendre.Leventchantait dansleshauteurssansrafraîchirleshommesdansle creux.IlsdirentAllons. DariusParlequeldenosseptchemins? EuxConduis-nous. Dariuspritparlepluscourtquitteàsetordreles chevillesdansunefondrièredesséchée.Ensuiteils
LaNouvelleRevueFrançaise traversèrentunecoupe.Ilsn'avaientplusàsecacher maisàmarcheraussivitequelespenséesdequi-conquelesverrait.Arrivésen rase campagneilstrou-vèrentquelesoleiln'avaitdéclinéqu'àpeine.Sa fièvres'ajoutaitàlaleur.Maislessoufflesavaientla mêmedémencequeleursespoirs.Quidonc pouvait direoù etquandcesruéesdel'airatteindraientleur repos? Unemanœuvredecharscréaitsurlecoteaud'en facedestraînéesdepoussière.Unbataillon entenue decampagnecroisalesseptofficiersetlessalua.Au palaislagardeprésentalesarmesdevantleurairde techniciens.Quandilsentrèrent,l'odeurdemoisis-suredesvieillesmaisonslespritcommeunsouvenir. Lasalled'audienceonvoulutlesfaireattendre étaitdécoréedereliefsmaissombrecommeune grangepleine degerbes. Uneservanteauxyeuxd'oragevintsouleverune tenturedefenêtrepourcompterleshôtes,mais quelques-unsforçaientdéjàlaporteroyaleetpéné-traientdansunechambreaussibassedeplafond qu'uneécurie.L'usurpateurs'apprêtaitàlaquitter d'unefaçonmoinsdéfinitivequecelledontillaquitta. Plussurprisqu'étonnéilcommitl'erreurquiguette leschanceuxildécrochasonarcpeuutiledansle corpsàcorps.Ladistancedontilavaitrêvéense retirantdansl'ombreluimanqua. Lescapitainesressortirentenrajustantleurtenue avecl'indifférencedeceuxquionteuunpeuchaud. Laservantelaissaitvoir unsouriresurseslèvres mincessanssavoirpourquoi.Lesgardesprésentèrent denouveaulesarmesàcesofficiersquisemblaient contentsdeleuraudience.Dehorslesoleilhorizontal inondaitdelumièredoréelaplacedontfrémissaient lescharmillesàlabrisedusoir.
LEPOUVOIR
Dariusdormaitdansunechambrecarréeavecdes bribesderêvesendérive.Lejourvintsepercherà safenêtreetysecouersonplumagelaiteux.Darius s'enaperçutàtraverssespaupières.Ils'éveillad'un coup etdéjàilétaitàlafontaineàs'inonderde fraîcheur.Puisilcourutviteàsonpetitchevaldes steppesquibroutaitaufonddel'enclos.C'étaitun chevalun peufouetguèrebiendressémaisDarius l'avaiteupourcompagnondejeunesseetreconnais-saitenluisespropresfoucades.Illuiparlad'unton basetjoyeuxetlepetitchevalsecouaitlatêteavec malice. PuisDariuss'enallaetlechevallesuivitenfaisant jaillirdesétincellesde roséedanslestouffesd'herbes. Dariusavaitrendez-vousdanslaplaineaveclesautres officiersducomplot.Ilfallaittraverserlavilleencore endormie.Dariusavaitdédaignédemonteràcheval. Ilallaitàgrandspasetsonchevaltrottaitàcôtéde luienfaisantsonnersessabotssurlespavésdela rue.Desenfantsseretournaientdansleursommeil parmil'ombredesmaisonsprofondesetleursmères croyaientquec'étaitl'heuredulaitier. Quandl'hommeetlechevalarrivèrentàlaporte duNord,leurspasdécalésretentirentbizarrement souslavoûteentrelestours.Onauraitcruentendre
LaNouvelleRevueFrançaise boitercevieuxroidelégendequiavaitunejambe deboisenor. EtbrusquementDarius futaugrandvent del'es-pace.Ilarrivaitledernier.Lesautrescavalcadaient déjà.Ivresd'étendueilsseregardaientendessousles unslesautres,maisvoyantDariusàpiedilss'esclaf-fèrent.Ilsoubliaientleursrivalitéspoursetrouver ensembledébarrassésduseptièmecompère,ceDarius quis'avouaitd'avanceperdantetquineputquese mettretimidementàl'unissondevantsapropre étourderie.Quelrired'avoircouvéunpiéton.Les ambitieuxneseretrouvaientplusquesix.Etdese jeterdesbonsmots.Maisleventdunordallaitporter prématurémentleurséclatsdanslavilleetilsfirent effortpoursecalmer.LechevaldeDariusnefaisait pasdesisubtilsraisonnements,ilsentitfaiblircette joiedumatinetilsemitàhenniretàsecabrer. Alorslessixcavaliersmirentpiedàterre. Ilsavaientconvenulaveillequeseraitroicelui d'entreeuxdontlechevalhenniraitlepremierce matin-là.Personnenesedérobaàlaconvention.Les sixcapitainessevoulurentlespremiersadeptesd'un hommequ'ilsavaientcruabandonnéduciel.Darius lesembrassaetlescongédiamaisilneremontaitpas àcheval.Ils'écartadelavilled'unpaslourd,posant sespiedsdistraitsparmilespierres,dansl'ombre cheminantedesoncheval.Ilcrut entendre,entreles vaguesduvent,desclameursmonterdelaville,mais ilneseretournaitpaspourvoirsiquelqu'unsortait verslui. Amidiilatteignitlesroches.Ils'étenditdansleur ombreparmilescourantsdel'airet parfoisilenten-daitprèsdesonoreillelesdentsduchevalcouperles touffesd'uneherberare.Illaissavoguersonmalaise aveclesgrandsnuagespâlesquitraversaientl'azur. Pourquoidanslefeudesrivalitésavoirconvenud'un arbitragesibête?Maislescamaradesavaientprisle
Darius chevalausérieux.Ilfallaitserésoudreàlafaussevie desrois.Lesnuéeslégèress'éloignaientverslesud. Ellesdisparurentendirectiondelaville.Lalumière ducielparutreposersurlemonde. Dariuss'habituapeuàpeuàl'acceptationqu'il avaitd'abordfaiteàcausedesescomplicesetaussi parcamaraderiepoursoncheval.Ilsesentitdépos-sédédesoi.Rienneluiarriveraitplus,ilseraiten fonction.Aquoiservaitlavieetmêmelemonde sinonàbaignerdanslalumièreduciel,àêtredévoré parlalumièreduciel?Avecsesarbusteséparss'égosillel'oiseauperdu,sesherbessèchesqu'effleure lepapillonjaune,sesrocheserratiquesrêvele carabe,toutelaterren'estenproiequ'auciel.Le fétuqueportelafourmietlamuraillequ'érigentles hommessontpurifiésparlalumière.Leruisselet fugaceetl'âmeéphémèrenesontquelesreflets du frémissementimmensedel'airlumineux.Adieumon âme,jetequittepourneplushabiterquetasource. CommelesoleildéclinaitDariusrevintoblique-mentversunfaubourgetn'entraenvillequepar unepoterned'oùilputgagnersonjardin.Ilypassa lentementenrevueseshoux,sesbuisetsesautres plantesfamilières.Ellesavaientétélesseulesamies desavieprivée.Illesnommaitparleurprénom.Un églantiers'accrochaitàsamanche.Uneroseachevait des'effeuiller. Lesoleilsevoilaitparinstants.Leventsemblait tourner.Oncroyaitpresqueentendretonnerauloin. Lasoiréeprenaitl'éclairageglauqued'unevieillesse. AlamaisonleslampesétaientalluméesmaisleDarius qu'onyattendaitn'intéressaitguèreDarius.Ilse donnaunultimedélai.Ilpritaufonddujardinl'es-calierrustiqueparlequelonpouvaitaccéderaux rempartsetilrestalà-hautàregarderledisquerouge s'enfoncerdanslesbuéesdel'ouest.Cesoleilquitout lejouravaitparuimmobilesemblaitpris dehâteà
LaNouvelleRevueFrançaise ALAINSUIED SeamusHeaneyoulecoeurdel'Irlande150 DomenicoScarlatti,deR.Kirkpatrick124 PAULETHÉVENIN d'Artaud. Uninédit 1
HENRITHOMAS 142 104 93 Amorces. 96 74 DYLANTHOMAS Suied). Poèmesdejeunesse(traduitdel'anglaispar Alain213 JEAN-LOUPTRASSARD ménage. LeBonheuren221 FRANÇOISTRÉMOLIÈRES Paulhan. L'ArtdeJean80 RÉGISTURRINI sauve. LaMoraleest154 Unjasminivre,d'O.Alberti95
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