La Nouvelle Revue Française N° 370

De
Ernst Jünger, Le problème d'Aladin
Michel Deguy, L'Effacement
Denis Hollier, Le Siège
Eugenio Montale, Poèmes de son grand âge (1975-1980)
Jean-Noël Schifano, Grecs intermèdes (Fin)
Chroniques :
Michel Butor, À propos des Voyages de Flaubert
Jean-Noël Vuarnet, Splendeurs et misère de Mademoiselle de La Vallière
Alain Clerval, L'envers ténébreux des Lumières (Les châteaux de la subversion, par Annie Le Brun)
Ghislain Sartoris, Le Principe Espérance, II, par Ernst Bloch (Gallimard)
Chroniques : le théâtre :
Jeanyves Guérin, L'enfer de Ghelderode – Conversation dans l'au-delà (Maurice Joly, Max Frisch)
Notes : le roman :
Claude Dis, Le bouquet, par Henri Calet (Gallimard)
Francine de Martinoir, Le premier pas d'amante, par Laurence Cossé (Gallimard)
Notes : les essais :
Thierry Cordellier, Œuvres, I, d'Arthur de Gobineau (Gallimard)
Michel Jarrety, Problèmes d'historiographie ancienne et moderne, par Arnaldo Momigliano (Gallimard)
Hervé Cronel, La Grande Transformation, par Karl Polanyi (Gallimard)
Notes : lettres étrangères :
Ghislain Sartoris, Nuages et pierres, par Yuan Hong-dao (Publications Orientalistes de France) - Poèmes des Tang (Gallimard) - La forêt en feu, par Simon Leys (Hermann)
Christine Jordis, Les quarante ans de Mrs. Eliot, par Angus Wilson (Gallimard)
Laurand Kovacs, Une journée de printemps, par Ciril Kosmac (Publications Orientalistes de France)
Notes : les arts :
Jean Revol, Oskar Kokoschka (Galerie des Beaux-Arts, Bordeaux)
Henri Raynal, Ida Barbarigo
L'air du mois :
Jean Grosjean, Novembre
Nicole Rousseau, Attachements
Textes :
Jean Paulhan - Brice Parain, Correspondance (1938)
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072385278
Nombre de pages : 192
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LANOUVELLE REVUEFrançaise
LeProblèmed'Aladin
Danslacaserne,celanesentaitpluscommeautrefois lepainetlecuir,maislesproduitschimiques.Jeremar-quaiaussitôtquel'onneriaitpas.Leriresembled'ail-leursdisparaîtredelaplanèteêtre éteintcommeune éclipsedesoleil.Lesgensétaientbiennourris,maisils glissaientetsecroisaientdanslescorridorscommedes fantômes.Monmodesteespoirdepouvoir coulerune petiteannéetranquillefutaussitôtdéçu. Monfléau,quiavaitflairéquij'étais,c'étaitStell-mann,l'adjudant.Dèslepremierappel,ilmeremarqua. C'étaitunappelàunerevued'habillement, contrôlede l'équipement,depuislecasquejusqu'auxbottes,pour vérifierd'abordsitoutétaitcomplet.Ilfautdireque, laveilleencore,nousavionsrepriséetmisenétatnos vêtements,déjàfortementusagés.Jen'avaispasgrande expériencedelachoseetjem'étaisfaitinstruirepar lesanciensducorpsdescaporaux.Ilssavaientàquoi Stellmannfaisaitparticulièrementattention,etconnais-saient,commeilsdisaient,ses«chichis»encequi concernaitparexemplelesbottes.Biensûr,celles-ci devaienttoutesprésentertrente-deuxclousetpasun graindepoussière;ellesdevaientaussiêtrebiengrais-sées.QuandStellmannyappuyaitlepouce,ouseule-
LaNouvelleRevueFrançaise mentsoufflait,lecuirdevaitmollir.Lescouturesfai-saientdifficultéellesnedevaientêtrenijaunes,nipar hasardnoires;ilfallaitqu'ellesbrillentcommedu chanvrefraisroui.Onn'obtenaitpascetétatavecla brosseetlesavon;ilfallaityfrotterunepièced'or. Jepensais,quandl'appelfutsonné,quejen'avaispas malfaitleschoses.Nousentrâmespargroupesdecapo-rauxdanslacourdelacaserne.Nousystationnâmes unbonmoment,puisStellmannsortitdubureau.Le plusvieuxsous-officierprésentalacompagnie.Stell-mannpassalelongdessections.Celaprituncertain tempscarilprocédaitméthodiquement. Celuienquiilremarquaitquelquechoseétaitnoté, etdevaitseprésenterànouveaulesoir.Enfinils'ap-prochadenousetcefutmontour. Jelevoyaispourlapremièrefoissoignédesa personne,enuniformeajusté.Ildevaitêtrebonescri-meurundeceuxaussiquilâchentpiedbrusquement. Le visageétaitpâle,d'unepâleurencoreaccentuéepar unecourtebarbenoire.Onnepouvaitluirefuserune certaineéléganceàdesélanssouplesetbalancés, qui rappelaientceuxd'unoiseau,aveccelal'assurancesupé-rieured'unhommequidominesonmétier. Jememisaugarde-à-vous.Ilsefitprésenterlespièces del'équipement.Ilfixaitlesyeuxsurmoi;ilm'avait percéàjourdèslepremierregard.Etmoiaussijesavais àquij'avaisaffaire.C'estunsentimentétrange,celui d'êtretiréhorsdesoiparlesyeux;ilprécèdelaprise depossession. Lachemisedéjàluidéplut.Bienquejemefusseassuré laveillequelesboutonstenaientbien,iltrouvaqu'ils netenaientqueparunfil,etilarrachaunboutonen mêmetempsqu'unboutdetissuélimé. Enpareilcas,nousdevonséviter,nousautres,de laisservoirmêmeuneombred'ironie;jemegardaide contredire,maintinslegarde-à-vous,fislemort.Mais ilestdessituationstoutdevientunefaute.
LeProblèmed'Aladin
Stellmanntiral'épaiscalepinquisetrouveentrele deuxièmeetlequatrièmeboutondel'uniformeetfait partieducostumedeserviceconformeàsonétat.Ilme demandamonnom,qu'ilnota. c «Ainqheures,uneheurederaccommodage!» renonçantàplusampleexamen,ilfitunepirouetteet setournaverslesuivant. J'avaisdésormaisunpersécuteur,quimesuivaitàla traceetmetenaitdanssesgriffes.S'ilyavaitautableau deserviceunextradésagréable,commedeprendrela gardesurlalignedeSchweidnitz,alorsjepouvaisme direquej'enserais,etnaturellement,c'étaitdusamedi soiraudimanche.Aquoibonmefairetoutpetitau secondranglorsdel'appelilfouillaitlesintervalles jusqu'àcequ'ilmedécouvre.
Leschosescontinuèrentainsi,maisjenem'étendrai passurlescontraintesquiallaients'aggravant.Ilyavait eumanifestementhaineaupremiercoupd'oeil,haine sansmotifnoshoroscopesdevaientêtretotalement différents.Oubienflairait-ilenmoil'aristocrateque j'avaisdepuislongtempsdépouilléetchassédema mémoire.Bienquejefisseeffortpourm'enaffranchir, j'envinsàruminerjouretnuitausujetdemontor-tionnaireilétaittoujoursl'échardedansmachair,qu'il fûtprésentounon.Unefois,commenous nouscroisions dansl'escalier,jel'entendaismurmurer«Toi,jete mèneraiaupénitencier.»C'étaitun monologue,non destinéàmesoreilles.Nouspassâmesl'unprèsdel'autre commedessomnambules. L'hommeétaitredoutédetoutlemondeetdemoi enparticulier.Ilyavaitquelquechosed'inquiétanten lui,etleserviceluidonnaitseulementl'occasiondes'y livrer.Ilauraitétédangereuxentoutescirconstances, quandmêmeiln'eûteuaucuncommandement.Celase manifestaitdansl'obscurité.Enhiver,quandlacompa-gniedescendaitdanslacourdelacaserne,ilfaisait
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souventsinoirqu'onnevoyaitpassamaindevantson visage.Aprèsl'appel,Stellmannavaitencoreunquart d'heurepour mettreenordrelerassemblement,avant l'arrivéeducapitaine.Ilnousfaisaitrompreetformer colonne,etnousenvoyaitaupasdecourseautourde lacour.Puisc'était«Adroite,àgauche,marche!»et «Àterre!».Celadevaitrésonnercommeunseulchoc. Ilfaisaitrecommencerjusqu'àcequecelaclaquât«Bon dieu!Jevousferaibaiserlacourdelacaserne!» Nousentendionssavoix;personnenelevoyaitmais chacuntremblait.Ilétaitledompteur;nousétionsles bêtes. Aprèscettemiseaupas,leserviceencampagneétait pournousunvraidélassement.Lecapitaineétaitsatis-faittoutallaitcommesurdesroulettes;Stellmann étaitunexcellentadjudant.
Quandjerepenseàceschoses,jemedemandepour-quoi,lorsqu'ilnousjetaitsurlesol,jenesuispastout simplementrestédebout?Ilfaisaitnoir;ilnem'aurait pasvu.Nousaurionstouspuresterdeboutjusqu'àce qu'ilsefûtenrouéàhurler;alorslafantasmagorieétait finiemaisleschosesn'étaientpassisimples. Celadit,jen'airienàobjectercontreledressageen soi;ilsepeutquecesoitunsouvenirrudimentaire;il estdesmomentsd'assentimentgénéral,alorsquetout colleparfaitement. Mesancêtreségalementsesontpermismainteschoses danscedomaine,surtoutdanslebaroque.Lesverges enfindecomptenesontpasunefriandise.Maisily avaitquelquechosed'autreencoreoutrecela,endes-sousetau-dessus,qui,rétrospectivementtoutaumoins, atténuelasouffrance,s'ilnelasanctionnepas.L'époque avaitcelaenelle,quemontrentlesbâtimentsetles œuvresd'artlechant etl'image,jusquedanslemétier l'étain,l'argent,laporcelaine.Maintenantencore,leur sonorité,leuraspectfontdubien,delalibreréflexion
LeProblèmed'Aladin
depuislesgrandssystèmesjusqu'àl'ironiesursoi-même. LevieuxFrédéricdemandaunjouràl'undesesgéné-raux,lorsdelalevéedelagardeàPotsdam«N'êtes-vouspassurpris?»L'autrenetrouvaitpasderéponse, etleVieuxluidit«Queceux-làsoientsinombreux etnoussipeu.»Peut-êtreétait-celejourJames Boswell,écossaislibéral,ouplutôtanarchiste,fut enthousiasméparlespectacle. D'autrepartnosuniformes,comparésàceux-làqui plaisaienttellementauxdames,sontlaidsetternes. Nousvivonsendestempsquinesontpasdignesde l'œuvred'art;notresouffranceestsansexcuse.Rienne demeurerasicen'estlebruitdelagéhenne.Aujour-d'hui,lacontraintetrouveaussiapprobation.Maisen mêmetempss'accroîtlatristesse,quigagnejusqu'aux noirs,etmamélancolieyprendsapart.
Ilvadesoiquejemedemandaisdequellemanière jepourraismedébarrasserdemonpersécuteur.Une guerreétait horsdequestion;beaucoupdeproblèmes s'yrésolventd'eux-mêmes.Jemereprésentaiscomme nousavançionsmusiqueentête,etnotrearrivéesurle front.Dèsquenous serionsdéployésen tirailleurs,je descendraisStellmann.C'étaitunplaisir;ilfautsavoir quiestvotreennemi.Maisilnefallaitpascomptersur uneguerre,bienquetoutlemondeenparlâtd'ail-leurs,dansuncassérieux,lesgensdel'appareilsontà l'arrièredanslesbureaux.C'estalorsqu'onpeutle moinssepasserd'eux. Naturellement,jepensaisaussiàdéserter,maisily avaitdegrosrisques.Lesfrontièresétaientpresque impénétrables,etilyavaitbeaucoupd'obstaclesàsur-monter,avantdeparvenirauxchampsdemines.Seuls deshommessélectionnésyétaientplacésaucomman-dementdespostes.Ilfallaitaumoinstrouveruncama-rademaisàquipouvoirsefier?Derrièrechacun
LaNouvelleRevueFrançaise pouvaitsecacherunagentj'abandonnail'idée; prendreunrisquefoun'estpasmonaffaire. Enoutre,lemotdésertionnesonnepasbienpour moi.Jesuis,encesquestions,rétrogradenonpas,à vraidire,quejerespecteraisdescontratsmeliantavec desathées.Mêmeceux-ci,alorsmêmequ'ilsluidonnent unautrenom,nerenoncentpasausermentdudrapeau. Celam'étaitindifférent,maisnonpasmonrespectde moi-même. Enfinjepouvais,surlechampdetirou lorsdunet-toyaged'armes, m'infliger uneblessure.Sansaucun doute,Stellmannauraitvulà-dedansenquoiilnese seraitpastrompéuneautomutilation.C'estlapire choseaprèslesuicide,quiestladésertionsuprême.D'où lesinstructionsparticulièrementinfamantesconcernant l'enfouissementducorpsdessuicidés. Quinel'apasconnuesanuittourmentée?Tandis quejemeretournaissurmapaillasse,jedevenaisl'ombre demoi-même.Ladestructionmoraleprécédaitlades-tructionphysique.Enunetellesituation,cequidevient inévitable,endernierlieu,c'estlaprière.
Sicelam'aservi,jenesauraisenjuger.Entoutcas, jenesaisparqueltourdusort,quelquechosechangea. L'escaladeétaitl'undesobjetschérisdenotreadju-dantilnesepassaitpasd'exercicesansquenoussoyons lancésàtraversunesérie d'obstacles.L'adjudantsur-veillait,chronomètreenmain.Noussautions haieset fossés,escaladionsdeséchellesd'assaut,passionsen rampantsouslesbarbelés.Ilyavaitenfinlamuraille d'escalade;elleétaithaute.Cematin-là,j'eusdefameuses idées.D'ordinaire,ons'accrochelelongdumurpour descendre;jevoulusfaireplusetjemelançaienbas. Ilenrésultaunejambefracturée,lesinfirmiersm'em-portèrent. Àl'hôpital,laradiographierévélaunefractureen spirale.Plusieursopérationseurentlieu,jedusrester
LeProblèmed'Aladin
allongépendanttroismois,jusqu'àcequelemédecin-majordéclarât«Réservisteaurepos.Sontempsde serviceestterminé.»
Accidentsurvenudurantleservice,c'étaitunebonne manièredes'ensortir,presqueunpasse-partout.Tout enboitillantsurmacannedanslejardindelamaison derepos,jeréfléchissaisàmesperspectivesd'avenir. C'étaitl'automne;lesastersfleurissaientencore,lesoleil d'octobrebrillait. Lorsquenous noustrouvonsensituationdifficile,par exempledansunpénitencier,ilfautnousenaccom-moder.Mieuxencoreytrouvernotreprofit.Ellenous sertalorsd'échelonversnotrepropreréalisation.Ilen vademêmedessuccès.Nousnedevonspasenfaire tropbonmarché.Ilyatoujoursquelqueatoutencore àmiserdessus. Lorsquedurantnotrepremièreannéedemariage (celasepassaitplustard),jejouaisaux dameslesoir avecBerthe,elledisaitparfois«Tuesmalin,d'une ficelle,tufaisunlacet.» Ilenfutainsi.Quandjerevinsàlacompagniepour prendremon congé,j'avaismonplan.Al'entréedela casernesetenaitStellmann;jepassaienboitantavec macanne,etjesaluai,nonpasenportantlamainàma visière,maisenfaisantfacedetêtepourunsalutrégle-mentaire.Ilcroisalesbrasetmeconsidérad'unoeil furieux. Enhaut,jemeprésentaichezlecapitaine;jefus autoriséàm'asseoir.Ildit«MoncherB.,nous devons nousséparer;j'ensuisdésolé.Jeregretteraivotre absence;vousvalezmieuxquecequel'adjudantveut mefairecroire.Mais,voussavez,leserviceestleservice. Entoutcas,tousmesvœuxpourvotreavenir.» Jemelevaietmetinsaugarde-à-vous«Moncapi-taine,jevousdemandeentouteobéissancedemeper-
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lyséeminutieusement(entoutcasdansleP.desM.qui estbienprésentàmamémoiredansLesFleursde Tarbesilestsurtoutquestiondustyle;orjevoistoujours mieuxcequitraitedelaconnaissance;ilyacertaine imperméabilitépeut-êtreinsurmontable*).Quantàla doctrineopposée,àsavoirquenouspensonsnotrelan-gage,àlaquellej'aiadhérécesannéesdernières,ayant renoncéàlaprécédente,etdontj'essaiedemeformer uneimagecohérente,jeneluirencontrequ'uneobjec-tionsérieuse,celle-cipourquoialorsavons-nousl'im-pressionquelelangagenousestsiétranger?Pourquoi lanécessitédel'erreur,silelangageestunguideversla vérité(jenedispascontientlavérité).Maisc'estun problèmethéologiqueanalogueàceluiquiaembarrassé lesanciensJuifspourquoidoncdieuparfaita-t-ilcréé lemondeimparfait(infinifini.etc.)?Ilmesemble parfoisquesidansl'hypothèsedulangagepostérieurà lapenséeonestconduitàadmettrequetoutestvrai (cequiévidemmentrend touteparoleinutile)eten particuliercontreditl'existenced'unmotsignifiantfaux, dansl'hypothèsecontrairedulangageantérieuràla penséeonestamenéàsedemandersitoutn'estpas faux,lelangageneparaissantpasdisposerdemoyens suffisantspourconvaincrel'h.(l'individu)desapuis-sancepossibilitéderefusd'uneproposition, etdurefus totalparlesuicideparexemple(cetargumentjel'ai retrouvéchezvousdansleP.desM.etc'estcetargument quej'avaisqualifiédejuste,leseul).Jenevoussuispas dansvotreentreprised'hypothèsesparallèles,parceque, relativementaulangage,ilfautadoptercoûtequecoûte unesolutiondansl'ordrepratiquesetaireouparler, etdansl'ordrethéoriquesionparle,prendrepartipour l'unoul'autrejediscequejepense,oujepensece
Jecroisquelestylen'estquel'achèvementdelaconnaissance,ilya doncpassagedel'unàl'autre,maisceuxquis'occupentdustylenele pensentpas,généralement,etnefontrienpourfacilitercepassageau lecteur.
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