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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
THOMASBERNHARD CommeditReger
Regerneparlequedel'artd'Étatquandilparledel'art etquandilparledessoi-disantmaîtresanciens,ilneparlejamais quedesmaîtresanciensd'État.Carcetartaccrochéàcesmurs n'esttoutdemêmeriend'autrequ'unartd'État,dumoins celuiquiestaccrochéici,danslagaleriedepeintureduMusée d'artancien.Touscestableauxaccrochésiciauxmursnesont toutdemêmeriend'autrequedestableauxd'artistesd'État. Quiconviennentàunartcatholiqued'État,complaisant,rien d'autre.Toujoursànouveaurienqu'uneface,commeditReger, pasunvisage.Toujoursànouveauunchef,pasunetête.Dans l'ensemble,toujoursseulementl'averssanslerevers,toujours ànouveauseulementlemensongeetl'hypocrisiesanslaréalité etlavérité.Toutdemême,touscespeintresn'étaientrienque desartistesd'Étatcomplètementhypocrites,qui ontrépondu audésirdeplairedeleursclients,Rembrandtlui-mêmene constituepasuneexception,ditReger.VoyezVélasquez, rienquedel'artd'État,etLotto,etGiotto,uniquementde l'artd'État,toujours,commeceterribleDürer,précurseuret prédécesseurdunazisme,quiamislanaturesurlatoileetl'a
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tuée,ceteffroyableDurer,commedittrèssouventReger,parce qu'envéritéildétesteprofondémentDürer,cetartistenurem-bergeoisdelaciselure.Regerqualified'artdecommanded'État lestableauxaccrochésiciauxmurs,mêmeL'Hommeàlabarbe blancheenfaitpartie.Lessoi-disantmaîtresanciensn'ontjamais faitqueservirl'Étatouservirl'Église,cequirevientaumême, necessededireReger,unempereurouunpape,unducou unarchevêque.Toutcommelesoi-disanthommelibreestune utopie,lesoi-disantartistelibreatoujoursétéuneutopie,une folie,c'estcequeditsouventReger.Lesartistes,lessoi-disant grandsartistes,voilàcequeditReger,medis-je,sontenoutre lesgenslesplusdénuésdescrupules,ilssontencorebeaucoup plusdénuésdescrupulesquelespoliticiens.Lesartistessont lesplushypocrites,beaucoupplushypocritesencorequeles politiciens,donclesartistesd'artsontencorebeaucoupplus hypocritesquelesartistesd'État,encemomentj'entendsde nouveauRegerledire.Toutdemême,cetartsetournetoujours versleTout-Puissantetverslespuissantsetsedétournedu monde,voilàcequeditsouventReger,c'estsabassesse. Cetartestpitoyable,riend'autre,j'entendsencemoment Regerledirehier,toutenl'observantaujourd'huidepuisla salleSebastiano.Aufond,pourquoilespeintres peignent-ils, alorsqu'ilyatoutdemêmelanature?sedemandaitunefois deplusReger, hier.Mêmel'œuvred'artlaplusextraordinaire n'esttoutdemêmequ'unpitoyableeffort,parfaitementabsurde etvain,pourimiterlanature,oui,lasinger,a-t-ildit.Qu'est-cequelafigure,peinteparRembrandt,desamère,auprèsde lafigureréelledelamienne?a-t-ilencoredemandé.Quesont lesprairiesduDanube,àtraverslesquellesjepeuxmarcher,en mêmetempsquejepeuxlesvoir,auprèsdesprairiespeintes? a-t-ildit.Iln'yariendeplusrépugnantpourmoi,a-t-ildit hier, quelahautesociétépeinte.Peinturedehautesociété, riend'autre,a-t-ildit.Fixer,disentlesgens,documenter,mais toutdemême,nouslesavonsbien,rienquedumensongeet dufaux,onnefixeetnedocumentequelafaussetéetle mensonge,lapostéritén'aquefaussetéetmensongeaccrochés auxmurs,iln'yaquefaussetéetmensongedansleslivres
CommeditReger
quenousontléguéslessoi-disantgrandsécrivains,rienque faussetéetmensongedanslestableauxaccrochésàcesmurs. Celuiquiestaccrochélà,aumur,n'esttoutdemêmejamais celuiquelepeintreapeint,aditReger,hier.Celuiquiest accrochéaumurn'estpasceluiquiavécu,a-t-ildit.Natu-rellement,a-t-ildit,vousdirezquec'estlavisiondel'artiste quiapeintletableau,c'estjuste,mêmesic'estunevision mensongère,dumoinspourcequiestdestableauxdansce musée,cen'estjamaisquelavisioncatholiqueofficielledechaque artiste,cartoutcequiestaccrochéicin'esttoutdemêmerien d'autrequedel'artcatholiqued'Étatetencela,jedoisledire, unartvulgaire,ilpeutêtreaussigrandiosequ'ilveut,cen'est qu'unvulgaireartcatholiqued'État.Lessoi-disantgrands maîtres,surtoutlorsqu'onencontempleplusieurscôteàcôte, c'est-à-direqu'oncontempleleursœuvresd'artcôteàcôte, sontdesenthousiastesdel'hypocrisie,quiontfaitdescourbettes etsesontvendusàl'Étatcatholique,autrementditaugoût del'Étatcatholique,voilàcequeditReger.Danscettemesure, nousn'avonsaffairequ'àunehistoirecatholiquedel'art,de boutenboutdéprimante,àunehistoirecatholiquedela peinture,deboutenboutdéprimante,quiatoujourstrouvé etmaintenusessujetsaucielouenenfer,maisjamaissur terre,a-t-ildit.Lespeintresn'ontpaspeintcequ'ilsauraient peindre,maisuniquementcequ'onleuracommandé,ou biencequileurprocuraitouleurrapportait l'argentoula gloire,a-t-ildit.Lespeintres,touscesmaîtresanciensqui,la plupartdutemps,medégoûtentplusquetoutetquim'ont depuistoujoursdonnélefrisson,a-t-ildit,n'ontjamaisservi qu'unmaître,jamaiseux-mêmesetainsil'humanitéelle-même. Ilsonttoutdemêmetoujourspeintunmondefacticequ'ils tiraientd'eux-mêmes,dontilsespéraientobtenirl'argentetla gloire;tousilsn'ontpeintquedanscetteoptique,parenvie d'argentetparenviedegloire,pasparcequ'ilsavaientvoulu êtrepeintresmaisuniquementparcequ'ilsvoulaientavoirla gloireoul'argentoulagloireenmêmetempsquel'argent. EnEurope,ilsonttoujourssoumisetdestinéleurpeintureà undieucatholique,a-t-ildit,àundieucatholiqueetàtous
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sessaints,a-t-ildit.Chaquetraitdepinceau,sigénialsoit-il, decessoi-disantmaîtresanciensestunmensonge,a-t-ildit. Peintres enjoliveursdumonde,c'estainsiqu'ilaqualifiéhier ceuxqu'aufondildétestepositivement,qui,enmêmetemps, l'onttoujoursfasciné,etcelatoutaulongdesamisérablevie. Desapprentisdécorateurstartufesdelahautesociétécatholique européenne,cesmaîtresanciensnesontpasautrechose,vous levoyezàchaquetouchequecesartistesontappliquéesans gênesurleurstoiles,moncherAtzbacher,a-t-ildit.Naturel-lementilfautdirequec'estl'artpicturalleplusgrand,a-t-il dithier,maisn'oubliezpas,enmêmetemps,dementionner aussi,ouaumoinsdepenser,aumoinsdepenseràpartvous quec'estaussil'artpicturalinfâme,l'infamiedecetartesten mêmetempslareligiosité,voilàcequecelaaderepoussant. Si,commemoiavant-hier,vousrestezpendantuneheure devantleMantegna,l'envievousprendsoudaind'arracherdu murceMantegna,parcequetoutàcoupilvousdonnele sentimentd'unetoutegrandevileniepeinte.Ousivousêtes restéuncertaintempsplantédevantleBilivertioudevantle Campagnola.Cesgensnepeignaienttoutdemême quepour leursubsistanceetpouravoirdel'argentetpourallerauciel etnondansl'enferqu'ilsontredoutéplusquetoutpendant touteleurvie,bienqu'ilsaientétéfortintelligents,maisavec uncaractèrebienfaible.Toustantqu'ilssont,lespeintresn'ont paseuboncaractère,ilsl'ontmêmetoujourseutrèsmauvais et,parconséquent,ilsonttoujourseuaussitrèsmauvaisgoût, aditReger,hier,vousnetrouverezpasunseulsoi-disant grandartistepeintreou,disons,unsoi-disantmaîtreancien quiaiteuboncaractèreetbongoûtet,parboncaractère, j'entendstoutsimplementuncaractèreincorruptible.Tousces artistes,cesmaîtresanciens,étaientcorruptiblesetc'estpour celaque leurartmerebuteàcepoint,voilàcequ'aditReger. Jelescomprendstousetilsmerebutentprofondément.Jesuis écœurépartoutcequ'ilsontpeintetquiestaccrochéici,je meledissouvent,a-t-ildithier,etpourtant,depuisdes décennies,jenepeuxpasm'empêcherdel'étudier.C'estcela quiestépouvantable,a-t-ildithier,quecesmaîtresanciens
CommeditReger
meparaissentprofondémentrebutantsetquetoutdemêmeje lesétudiesanscesse.Maisilssontrépugnants,celac'estpar-faitementclair,a-t-ildithier.Lesmaîtresanciens,commeon lesappelledéjàdepuisdessiècles,netiennentquedevantun regardsuperficiel,sinouslesregardonsattentivementilsperdent petitàpetitetfinalement,lorsquenouslesavonsvraimentet véritablementétudiés,àsavoirpendanttrèslongtempsleplus minutieusementpossible,ilssedéfont,s'effritentsousnosyeux etnenouslaissententêtequ'ungoûtfade,oui,leplussouvent toutàfaitécœurant.L'œuvred'artlaplusgrandeetlaplus remarquablefinittoutdemême parnouspeserdanslatête commeunmorceauénormedemensongeetdevulgarité, commeunmorceaubeaucouptropgrosdeviandedansl'es-tomac.Noussommesfascinésparuneœuvred'artetpourfinir elleesttoutdemêmeridicule.Sivousprenezletempsdelire une bonnefoisGoetheavecplusd'attentionquenormalement etavecuneintensitébeaucoupplusgrandequenormalement etavecuneimpertinencebeaucoupplusgrandequenormale-ment,cequevousavezluvousparaîtfinalement ridicule,peu importecequec'est,ilvoussuffitdelelireplussouventque normalement,celadevientinévitablementridiculeetmêmece qu'ilyadeplusintelligentestenfindecompteunebêtise. Hélas,vouslisez avecplusd'attention,vous vousdétruisez toutcequevouslisez.Peuimportecequevouslisez,cela devientauboutducompteridiculeetauboutducomptecela nevautrien.Gardez-vousdepénétrerlesœuvresd'art,a-t-il dit,vousvousgâteztoutetn'importequoi,mêmecequevous aimezleplus.Neregardezpaslongtempsuntableau,nelisez pasunlivreavectropd'attention,n'écoutezpasunmorceau demusiqueaveclaplusgrandeintensité,vous vousabîmerez toutet,dèslors,cequ'ilyadeplusbeauetdeplusutileau monde.Lisezcequevousaimez,maisnelepénétrezpas totalement,écoutezcequevousaimez,maisnel'écoutezpas totalement,regardezcequevousaimez,maisneleregardez pastotalement.Parcequej'aitoujourstoutregardétotalement, toujourstoutécoutétotalement,toujourstoutlutotalement ou,dumoins,toujoursessayéd'écouteretdelireetderegarder
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totalement,jemesuisfinalementetdéfinitivementtoutgâché, parjemesuisgâchétouslesartsplastiquesettoutela musiqueettoutelalittérature,a-t-ildithier.Toutcomme, aveccetteméthode,jemesuisfinalementgâchélemonde entier,absolumenttout.Pendantdesannées,jemesuisabso-lumenttoutgâchéet,cequejeregrettetrèsprofondément,je l'aiaussigâchéàmafemme.Pendantdesannées,a-t-ildit,je n'aipuexisterquedansetparcetteméthodedegâchage.Mais àprésentjesaisquejenedoispas liretotalementetqueje nedoispasécoutertotalementetpasregarderetcontempler totalement,sijeveuxcontinueràvivre.C'estunartquede nepasliretotalementetdenepasécoutertotalementetde nepasregarderetcontemplertotalement,a-t-ildit.Jene possèdepasencoreentièrementcetart,a-t-ildit,carmon tempéramentmeporteàentreprendretoutechosetotalement etàlapoursuivretoutaussitotalementetàlamenertotalement àbout,c'estlà,vousdevezlesavoir,monvéritablemalheur, a-t-ildit.Pendantdesdizainesd'années,j'aivoulutoutfaire totalement,cefutmonmalheur,a-t-ildit.Cemécanisme proprementpersonneldedésintégration,toujoursaxésurla totalité,a-t-ildit.Cen'estd'ailleurspaspourdesgenscomme moiquecesmaîtresanciensontpeint,etquelesgrands compositeursanciensontcomposéetquelesgrandsécrivains anciensontécrit,naturellementpaspourdesgenscomme moi, jamaisl'und'euxn'auraitpeintouécritoucomposépour quelqu'uncommemoi,a-t-ildit.L'artn'estpas faitpourla contemplationtotaleetpourl'écoutetotaleetpourlalecture totale,a-t-ildit.Cetartestfaitpourlapartmisérablede l'humanité,lapartquelconque, normale,oui,jedoisledire, pourl'hommedebonnefoi,exclusivement.Ungrandédifice, a-t-ildit,commeilrapetissevitesousleregardd'unœil commelemien,sicélèbresoit-il,etc'estalors,justementet précisément,quetôtoutardilseréduitàunearchitecture ridicule.J'aifaitdesvoyages,a-t-ildit,pourvoirlagrande architecture,naturellementd'abordenItalieetenGrèceeten Espagne,maislescathédralessesontbientôtréduites,sousmes yeux,àriendemoinsquedestentativesimpuissantes,oui,
CommeditReger
ridicules,pouropposeraucielquelquechosecommeunsecond ciel,d'unecathédraleàl'autretoujoursunsecondcielencore plusgrandiose,d'untempleàl'autretoujoursquelquechose d'encoreplusgrandiose,a-t-ildit,etiln'enesttoutdemême toujourssortiquequelquechosedemalfichu.Naturellement, j'aivisitélesplusgrandsmuséesetpasseulementenEurope, etj'aiétudiéleurcontenu,étudiéaveclaplusgrandeintensité, croyez-moi,etbientôtj'aieul'impressionquetouscesmusées necontenaientriend'autrequel'impuissancepeinte,l'incapacité peinte,leratagepeint,lapartiemalfichuedumonde,toutde même,toutcequ'ilyadanscesmuséesestratéetmalfichu, a-t-ildithier,peuimportedansquelmuséevousentrezet commencezàregarderetàétudier,vousn'étudiezqueduraté etdumalfichu.MonDieu,lePrado,a-t-ildit,assurémentle muséeleplusimportantdumondepourcequiestdesmaîtres anciens,maischaquefoisquejesuisassisenface,auRitz,et quejeboismonthé,jepensetoutdemêmequelePrado,lui aussi,necontient quedel'imparfait,duraté,enfindecompte queduridiculeetdudilettante.Nombred'artistes,a-t-ildit, àcertainesépoques,quandc'estlamode,sonttoutbonnement gonflésjusqu'àunemonstruositésidérante,alors,soudain,quel-qu'und'incorruptiblepiquedanscettemonstruositésidérante etcettemonstruositésidéranteéclateetn'estplusrien,tout aussisoudainement,a-t-ildit.Vélasquez,Rembrandt,Gior-gione,Bach,Haendel,Mozart,Goethe,a-t-ildit,toutcomme Pascal,Voltaire,rienquecegenredemonstruositésgonflées. CeStifter,a-t-ildithier,quemoi-mêmej'aitoujoursmons-trueusementrévéré,aupointquec'étaitencoreplusqu'un asservissementàl'art,esttoutdemême,lorsqu'ons'yintéresse deprès,unmauvaisécrivain,toutcommeBruckner,lorsqu'on l'écoutedeprès,estunmauvais,pournepasdireunlamentable compositeur.Stifterécritdansunstyleépouvantablequi,de plus,estgrammaticalementau-dessousdetoutecritique,Bruck-neraétéacceptéexactementdemême,avecson ivressesonore sauvageetchaotique,etencoreàunâgeavancé,d'unereligiosité pubertaire.J'airévéréStifterpendantdesdécenniessansvrai-mentm'intéresseràluidefaçonpréciseetapprofondie.Ilya
LaNouvelleRevueFrançaise
unan,lorsquejemesuisintéresséàStifterdefaçonpréciseet approfondie,jen'enaipascrumesyeuxetmesoreilles.Jamais, aucoursdetoutemavieintellectuelle,jen'ailu unallemand, ouunautrichien,commevousvoulez,aussiincorrectetmal fichud'untelauteur,oui,effectivementcélèbreaujourd'hui justementpoursaproseclaireetbienfrappée.Laprosede Stiftern'estrienmoinsquebienfrappéeetelleestlaplus fumeusequejeconnaisse,elleestbourréed'imagescontournées etdepenséesfaussesetintempestivesetjemedemandevrai-mentpourquoicedilettantedeprovince,quiétaitd'ailleurs inspecteurd'écolesenHaute-Autriche,estaujourd'huisihau-tementrévéréjustementparlesécrivainsetsurtoutparles jeunesécrivainsetpasdesplusinconnusnidesplusinsigni-fiants.Jecroisquetouscesgensn'ontjamaisvraimentlu Stifter,ilssesontcontentésdelerévéreraveuglément,sesont contentésd'entendreparlerdeStifter,maisnel'ontjamais vraimentlucommemoi.Lorsquej'aivraimentluStifter,ily aunan,cegrandmaîtredelaprose,commeonlequalifie d'ailleurs,j'aiétédégoûtédemoi-même,dufaitquej'avais unjourrévéré,oui,aiméceplumitifminable.J'ailuStifter dansmajeunesseetj'avaisdeluiunsouvenirfondésurces impressionsdelecture.J'avaisluStifteràdouzeetàseizeans, àunâgejen'avaisaucunespritcritique.Mais,parlasuite, jen'avaisjamaisreluStifter.Danslespluslongspassagesde saprose,Stifterestunbavardinsupportable,ilaunstylemal fichuet,cequiestlepluscondamnable,unstylenégligé,et ilest,par-dessuslemarché,l'auteurenvéritéleplusennuyeux etleplushypocritequ'ilyaitdanslalittératureallemande. LaprosedeStifter,quiestréputéeconciseetpréciseetclaire, estenréalitévague,impuissanteetirresponsable,etd'une sentimentalitépetite-bourgeoiseetd'unelourdeurpetite-bour-geoisetellesqu'enlisantparexempleWitikooulePortefeuille demonarrière-grand-père,onenal'estomacretourné.Juste-ment,dèslespremièreslignes,cePortefeuilledemonarrière-grand-pèreestune tentativeminabledefairepasseruneprose inconsidérémenttiréeenlongueur,sentimentale,fade,pleine dedéfautsinternesetexternes,pouruneoeuvred'art,quin'est