La Nouvelle Revue Française N° 445

De
Claude Roy, Choses passées inaperçues
Jacques Borel, Autres éclaircies
Gil Ben Aych, Les mots primitifs
Jean Francois Mathe, Poèmes
Adolf Rudnicki, La mort d'un Polonais catholique
Reconnaissances :
Claude Reichler, Comparaison n'est pas raison : Paul de Man lecteur de Rousseau
Georges Blin, De Méduse à Pégase (Jean Clair)
Reconnaissances : autour de L'acacia de Claude Simon :
Didier Pobel, Le son du canon
Jean Louis Jacob, Comment naissent les romanciers
L'air du mois :
Claude-Pierre Perez, Reliefs
Gilles Coupet, Vendredi de septembre en fin d'après-midi
Jacques Laurans, Rue de la Valfère
Chronique : la poésie :
Jacques Ancet, Espace de Juan Ramón Jiménez (José Corti)
Herve Carn, Le salut à l'hôte de Michel Dugué (Folle Avoine)
Chronique : le roman :
Jean Roudaut, Tu ne t'aimes pas, de Nathalie Sarraute (Gallimard)
Jean Blot, L'attente, la clôture de Jacques Borel (Gallimard)
Laurand Kovacs, Les fausses mesures de Joseph Roth (Le Seuil)
Max Alhau, Sarah feuille morte de Jean-Claude Pirotte (Le temps qu'il fait)
Jean Roudaut, Les jardins de Morgante de Jean-Paul Goux (Payot)
Chronique : les essais :
Yvette Quenot, Le traité des courtes merveilles de Václav Jamek (Grasset)
Herve Carn, Gracq autographe de Bernard Vouilloux (José Corti)
Jean-Marie Le Sidaner, Traques passagères d'Alexis Gloaguen (Calligrammes)
Chronique : le théâtre :
Anouchka Vasak, Torquato Tasso de Goethe (Théâtre national de l'Odéon)
Chronique : les arts :
Florence de Meredieu, Écrits de Pablo Picasso (Gallimard)
Chronique :
Jacques Réda, Carnet
Textes :
Badi'ezzamâne Al-Hamadhâni, Les Séances
Publié le : lundi 13 avril 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072387258
Nombre de pages : 128
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LANOUVELLE REVUEFrançaise
CLAUDEROY
Chosespassées
inaperçues
ÉPIDAURE
Lethéâtreleshommesanciensl'ontconstruitavecla mêmesciencequelesdieuxontmiseàfaçonnerl'oreillede l'homme afinquedepuislesgradinslesplusprochesdel'orchestra jusqu'auxpluséloignésderniersdudemi-cercle pasuneparolesortantdesmasquesneseperde etquechaquecitoyenentendecommeunevoixtrèsproche ProméthéedireSilesdieuxmetourmentent c'estparcequej'aifaitdonauxmortels delasourcedufeudelajeuneétincelle oulapetiteAntigoneaffirmerfaceauRoi Jenesuispasnéepourpartagerlahaine Jesuisnéepourpartagerl'amour
Maiscematin-làavantlareprésentation quidoncgradinpargradindescendaitl'hé-micycledepierres? Cen'étaientpaslesinterprètesdeshéros niŒdipeniÉlectreniApollon nileCoryphéeetlesChoreutes maisavecleursbalaisdejoncleurstabliersetleurs savates lesfemmesduvillagechargéesduménage lapaisibleinfanteriedugrandnettoyage Etdistinctescommecellesdelatragédie étaientlesparolesqu'elleséchangeaient degradinengradindansleballetdesbalais OnditquelafilledeGenicafréquentelefilsdeSpiros Lemienilestpeut-êtreunpeuportésurl'ouzo maisc'estuntravailleuriln'yapasàdire Pourdéjeunerj'aimisaucourt-bouillonunOktapodaki auxaromates Onditqu'ilsvontaugmenterlepaind'unedrachme LevieuxSotirisneveutplusrienprendre seulementunpeudelaitdelachèvred'Helena Ondiraitqu'ilselaissepartir C'estqu'iln'apasloindequatre-vingt-dix
Danslematinclairpasencorebrûlant maisdéjàlescigalesstridentleuraccompagnement lechœurdesfemmesdeménageavancelentement descendantmarcheàmarcheenchassantdevantellesla poussière avecleursrobesnoiresetleurstabliersocregris-bleu éteint
Etdansledemi-sommeildesmillénaires entendantlescommèresd'Épidaure
balayerdévidantleursbavardagesdémotiques lesvieuxdieuxgrecsdelaterreetduciel hochentlatêteensongeetmurmurent CesontlesfemmesA-t-on donnélesein aubébédernier-nélapetiteAntigone?
UNE
LÉGÈRE
INCERTITUDE
D'ÊTRE
àJacquesRoubaud
Mespass'envontdemoisansquej'ysoispourrien tournentlecoindésertd'uneruesanspassants résonnentdanslevidepuisrejoignentl'absence Quis'éloignedemoi?Quiglissedanslerien?
Peut-êtrelechatnoirquiveillesurlemur a-t-ilconnujadiscetteombredepersonne danslaruevideseulsdespasrésonnent Cespassont-ilsmespas?Oubienlespasdequi?
Lechatgardepourluilessecretsdel'automne D'oùvenaientallaientcespassurletrottoir? Ilattendlesyeuxclosqu'ilfasseenfintrèsnoir pourcroiserdanslanuitcespasetleurécho
cespasquimarchentsanspersonne
CHOSESPASSÉES
INAPERÇUES
Ceschosessontrestéessecrètesleresterontlongtemps probablementtoujours Quelques-unsdepassagesurterre lesontsoupçonnées maisilsontgardélesilence etlesoupçons'esteffacé Ceschosessontrestéessecrètes etledemeurerontprobablementtoujours
Le12avril1883àCatanzaloenCalabre unpetitgarçonitaliendedouzeans nomméBenvenutoVergilio estentraindepêcherdansuntorrentdeprintemps àunedemi-heuredemarchedelaville quandilal'intuitionsoudained'unespaceàquatredimen-sions etentrevoitlesystèmequ'onbaptisaplustard ThéoriedelaRelativité Ilnegardaaucunsouveniretaucunetrace decettevisitation BenvenutoVergiliodevinten1913 employédesContributionsDirectesde4eclasse àReggiodiCalabria etfuttuéen1915surlaPiave sousl'uniformedesbersaglieri
En1979lescosmonautesaméricains d'unedesexpéditionsApollo ontfrôléàlafrontièredelaGalaxie unesourced'eauderoche
LaNouvelleRevueFrançaise
retrouvaenfinsesespritsetsavoixserenflapourledernier salâm.Ils'assitentailleurdanssoncoind'absidiole,tourné versl'assemblée,prolongeantunsilencepensifetflairantàla rondesurunrythmepoussif.Enfinilditcesmots Celuiquis'embrouilledanssaconduiteetcèdeàsonvice, qu'ilsecalfeutredanssondomainesansvenirnoussouillerde sonhaleine.C'estbienl'odeurdupèredesprévaricationsqu'on sentdèslematindanscetteréunion.Qu'est-ildoncprescrit pourceuxquipassentleurnuitsousl'empireduMéchant, puisviennentincontinentdanscetendroitbâtiparordredu TrèsGrand?Qu'ilssoientexterminésjusqu'audernier!»Etde nousdésigner. Contrenousd'unseulhommel'assembléesedressa,lacéra nosvêtements,nousmitlanuqueensang;nousleurjurâmes den'yplusreveniret,rendantgrâceàlamiséricordedenous éviterlepire,àladernièreextrémiténouspûmesnousenfuir. Encheminnousquestionnâmesdesgaminssurl'imamde celieu.Ilsrépondirent«Sapiétén'apasdeprix,c'estAbulfath d'Alexandrie.»Etnousdedire«LouangeàDieu!Parfois l'ivrogneaccèdeàlalumièreetledémonàlaprière!Gloire àDieud'avoirhâtécettepénitence!Qu'ilnenousprivepas d'unetellerepentance.»Etnous passâmeslejourànous émerveillerdecettedévotion,connaissantlegoûtdenotre hommepourlafornication. IssabnuHichâmajouta Quandlejourfutsurlepointd'expirer,nous vîmessurgir, pareillesà desétoilessurfondd'obscurité,desenseignesde tavernesdontnous nousfîmesdespromessesjoyeuses,l'augure d'unenuitradieuse.Nousnousarrêtâmesdevantlaportela plussomptueuse,leschienslesplusimposantsledinarnous étaitunimam,ladébaucheundevoirexigeant.Onnousmena versune femmeaguichante,auxformesparfaites,àlaceinture unpeudéfaite.Sonœilassassinait,sesparolesranimaient.Elle nousfitleplusbelaccueilettandisquelesvaletss'occupaient denotretrain,elles'empressadecouvrirdebaisers nostêtes etnosmains.Nouslaquestionnâmessurson vin. Ellerépondit
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