La Nouvelle Revue Française N° 455

De
Adolf Rudnicki, Un socréaliste dans les fleurs et le néant
Guy Goffette, Février à vélo
Anne Serre, Le dernier jour de leur amour
Jean Grosjean, C'est fini
Anonymes, Morales élémentaires
Richard Blin, Michel Leiris (1901-1990)
Reconnaissances :
Camille Dumoulie, Artaud peintre de Van Gogh
Didier Pobel, Claude Roy, le passe-muraille
Jean Blot, Boris Pasternak dans la Pléiade
Autour d'Emmanuel Hocquard :
Claude Adelen, L'homme désolé (Les Élégies d'Emmanuel Hocquard [P.O.L.])
L'air du mois :
Jacques Drillon, Occurrences et graphies du mot 'Grossbibisch' dans la Correspondance échangée par Valery Larbaud et Léon-Paul Fargue (1910-1946)
Denis Grozdanovitch, Les tueurs de temps (Fin)
Georges Ferdinandy, À vol d'oiseau
Jacques Réda, Carnet
Publié le : lundi 13 avril 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072387654
Nombre de pages : 144
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LANOUVELLE REVUEFrançaise
Un
ADOLFRUDNICKI
socrêaliste etle
danslesfleurs néant
Letitredupremierlivredejeunesse,c'estunecléparticulière, quidonneaccèsàlapersonne etàl'écrivain.Lapersonnalité estdonnéed'avance,l'écrivaingranditounegranditpas. Ensembledonc,lesdeux grandissentounegrandissentpas. LesPauvresGens,letitredupremierlivredeDostoïevski. LesMémoiresdestempsd'immaturitédenotreGombrowicz. LetitrefutchangéplustardenBakakaï.Iln'estpasexclu quelesuccèsdeFerdydurkeaitétéàl'originedecechan-gement. CepauvreGombrowiczvoulaittrèsfortêtreunécrivainà succès;tousceuxquiétaientencontactavecluilesoulignent ilétaitimpatient,ilréclamaittraduisez,éditez,louez,écrivez, ilcontrôlaitlesarticles,interdisaitcertainesformulations,il craignaitcommelefeucertainesdéfinitionsetsurtoutl'enfer-mementdanslevillagepolonais.Ildéfendaitcarrémentqu'on l'appelleleSartrepolonais!Dansunecertainemesure,c'était aussiunequestiond'existencematérielle,quoiqu'onnel'ait jamaisoublié.QuandilestarrivéenEuropeaprèsunelongue absence,lesjournalistesdeservicenesavaientpastrèsbien chezquionlesenvoyait,maislà-bas,c'estunechosenormale.
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Ilsn'ontpasletempsdelireetd'écrire,leplussouventils choisissentledeuxièmeparti,ilsviventdel'écriture. LesMémoiresdutempsd'immaturité,c'estGombrowiczpour lerestantdesesjours,jusqu'àlafin. MesRats.Aujourd'hui,jeneprendraispasuntitrepareil. Maisdites-moi,connaissez-vousunêtresanspeur?Etlesrats, c'estlapeur,toujourslapeur,quis'enva,maisreviendradans uninstant,quines'enirajamaistoutàfait.Lesrats,c'est cela.Ilsattendent,ilsattendentpatiemment,nousn'yéchap-peronspas,ilslesavent,mais nousaussi.Jel'ailuquelque partlesratsontpariésurl'homme.Depuisledébut,ils l'accompagnent.Ilsl'accompagnerontjusqu'àlafin. LestitresdesesdeuxrecueilsdeLwôwlaDivisiondes heures,Sonde. Jenepeuxentrerdanssatête,j'ignorecequ'ilvoulaitdire, jenetrouvepasdepistes. Unautre,peut-être,lestrouvera?
Cesdernierstemps,j'écrissouventsurdesgensauxquelsje doispeudechose.Commentcelasefait-il?Etcesfoulesde textesquinesejustifientpas,cestextesgris,qu'ontrouvechez touslesécrivains?LesréponsesIlslesontécritspourgagner leurpain.Maisàprésent,cheznous,enPologne,l'écriturene donneplusdepain.Toutecetteimmenseprofessionnalisation, toutcetanoblissementdel'art,cetanoblissementvenud'en haut,nesejustifiaitpascheznous.Noussommesunpays jeune,maldégrossi.Etmaintenant,GeorgesDandin,tuasce quetuvoulais. Cesfoulesdetextesgris,quelconques,toutcommecesfoules dejoursgris,onnesesouvientmêmepasdelafaçondonton lesapassés. Ladettepayéeparlanécrologie.Malgrétout. CesparolesémouvantesdeJozefBrodzkiqui,luiaussi,n'est plus,depuisdesannéesJem'étaisattardé,Adolf,j'avaispiqué unsomme,etquandjemesuisréveillé,alentour,toutétait désert. Avecsesalluresdenaintrapu,chauve,sagrossetête,saface
Unsocrêalistedanslesfleursetlenéant
unpeucyanosée,seslèvrestoujoursgercées,JozefBrodzki s'adressaittoujoursàmoiavecunjenesaisquoidespécial danslavoix.Ilm'aditunjourlapirechosequej'aieentendue detoutemavieVous,Adolf,vousn'avezpasdedéfauts. Lui-mêmerappelaitleDodod'undessindeBrunoSchulz. Ilappartenaitauxvieuxhabituésdelacantine etducafé del'UniondesÉcrivains. Deplusenplusdésertalentour,demoinsenmoinsde visagesconnusdanslesrues,ilyadesnomsdontonnesait passi.mortouvivant? Lanuit,danstachambresolitaire,tuterecouvresdela couverture,etvoiciquedevanttesyeux,unvisagesedessine, tucherchesl'homme. Cestêtesirradiées,ellesveulentquelquechose;toiaussi,tu enveuxquelquechose,cetterecherchenes'arrêtejamais,ce besoindesgens,cettechasseàl'hommen'apasdefin.Une chassepresquebiologique.Maistoujoursenvertuduprincipe d'association,uneassociationfacileoumalaiséeàdécouvrir.La naturetravailleentoilogiquement,elleestlogiquesurses ondescommetoisurlestiennes.Lefondementdetoutefolie est,àsafaçon,logique. Ceuxquiontfaitcarrière,dansnotresiècle,cesont,presque exclusivement,leséclaireurs,pourutiliserletermedeBreton. QuefaitMarx?Iléclaire.EtFreud,Jung,Adleretcentautres demoindreimportance?Ilséclairent.Etcentmillemoins importantsencore?Ilséclairent,deséclaireurs.Surtousles continents,desfacteursquiploientsousleurslourdssacsde cuirdistribuentdeslettresémisesdesquelquescentrales,pas plus,quis'occupentd'éclairer. Pauvrescréateursd'historiettes,pauvreschevaliersdelafic-tioncetempsn'estpaslevôtre!Votrepouvoird'attraction estbienmaigresurcesgensquibivouaquentaupieddu volcan,quifixentduregardcecônefumantd'où,dansun instant,couleralalave. Ainsidonc,aupremierplansesontavancés,sousleur bouclierscientifique,ceséclaireurs.Ilsnecessentdenous éclairer,denousexpliquerquinoussommesetpourquoinous
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sommestels.Cequifume,cen'estpasunpetitpoêle,mais lesmursdenosmaisons,c'estlemonde,alorscommentne paslesécouter? Certainesprofessionsmeurentdemortlente,leschevaliers delafictioncontinuentàfairecequ'ilsonttoujoursfait. Puisque,malgrétout,unlecteurlesapprécie,ilssefontun petitdécoupagedesévénementsrécentset,àleurfaçon, l'éclairent.Euxaussi,ilséclairent.Dansundomaineplus restreint.Leurpetitdomainequin'appartientqu'àeux.Débou-chantàchaquefoisleflacondesparfumsdelafictionqueles nezhumainsaimenttant. Chevaliersdelafiction,neperdeztoutdemêmepasl'espoir. Lafiction,cetteîletrèsvaste,pasfaciledesaborder.Breton, l'éclaireur,avaitsesamours,desmaîtresdelafiction.Ilaimait l'écrivainallemandAchimvonArnim.Freudaussiaimait profondémentlafiction.Lui-mêmen'a-t-ilpasfinienvéritable créateurdefictionjepenseàsonMoïse}Iln'apuinstaller Moïsedansunfauteuiletlefaireparlercommesespatients, qu'ilpétrissaitcommedelacireàmodeler.Lui-mêmese sentaitdelacireàmodelerdanslesmainsdeMoïse,cettecire qu'ilvoulaitcomprendreenlui.Noyédanslesbrumesde l'Histoire,MoïseinfluençafortementledestindeSigmund Freud,surtoutdanslesdernièresannéesdesavie.Illuiétait moinspénibledemourir,carilsouffraitdepuis longtemps. Ainsidonccessouffrancesservaientquandmêmeàquelque chose? LaPremièreCausesedessinetoujours,d'unebalafresan-glante,surnotrepoitrine.Toujours. Nousvoyonsetnecomprenonspas. Nousdemandonsetn'obtenonspasderéponse.
Marchefunèbre,salvesd'honneur,lesrestesd'unchapitre proclaméterminédepuislongtemps,maiscettefin,cetteespèce devieseprolongelongtemps.Lescoupleslesaventbien,et lesnations.Depuiscombiend'annéessuis-jeentraindeclore lechapitredesJuifspolonais?Onmereprochedenem'occuper deriend'autre.
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MêmecedernierchapitredesJuifspolonais,ilaplusde chancesdesetrouverunchantrenonaupays,maisquelque partauloin,danslemonde.Personnenesefaitd'illusions, leschosesdepremièrenécessitéconstituerontunebarrière, commetoujoursentempsdeguerre;c'estlamassequidéchiffre lemieuxlessignes,et lamasseditlaguerre.Lalittérature devradoncattendre.Celuiquilafinançaitjusqu'icijugesa démarcheerronée;cetteappréciation,jel'aientenduevoici quinzeansaumoinsetcen'étaitnullementcheznous, mais leserreurs,ellesaussi,mettentlongtempsàserectifier.La littératureestvraimentunmoyend'expressiond'hier,misérable estsapositionauseindesautresmoyensd'expression,deces moyensquisontvraimentd'aujourd'hui.L'émigrationinté-rieure,leboycottdesacteurs,desphénomènesdontona beaucoupparlérécemment.Onnousdonne,enguised'expli-cation,desparolestrèsélevées.Maislesbasses?Pourquoin'en dit-onrien?Qu'achète-t-onavecdeszlotysquidégringolent? Cetterésistance.Elleseconjugueavecunemonstrueusefatigue etl'onnesaitpassiellenevientpaselle-mêmedecette fatigue.Écrire?Surquoi?Quelsfilmsréaliser?Affreusement égarés!Quelsujetfaut-ilposséder,quelleforce,poursetirer decegué?Mêmesiunseulsujetsefraieunpassage,l'intérêt nesuffirapas.Desforces,desforces!Cetorgasmesilonga dévorélepays!Existe-t-ilaumondeunpaysquisupporterait uneaussilongueexplosion?Etilsexcitenttoujours!Cesgens quiexcitent toujours,affreusement,detouscôtés!Dansce couloir,leventsouffledetouslescôtés!Commentcalfeutrer lestrousdanscecouloirouvertdetouscôtés?Deconserve, vilsetnoblesontprécipitécepaysdansunsongenarcotique! Ilsontaccoutumélepaysauxnarcotiquesquiôtentsongoût àtoutcequin'estpasnarcotique. Unpaysplongédansunsongenarcotique.Toujoursàparler delamêmechose.Toujours!Sansarrêt! Dansunetellesituation,quelrôlelelivrepeut-iljouer? Etunlivrequiparled'unechoseaussiéloignée,aussi exotique,aussimorte quelesJuifs.
LaNouvelleRevueFrançaise FLORENCEDEMÈREDIEU Ruiz. LeLivredesDisparitions,deR.122 SUZANNENASH Valéry. Paulhanlecteur de54 FRANÇOISNÉRAULT Biplans. Les82 DIDIERNORDON propre. LaPensée87 TerOrULIPOe. PIERREOSTERSOUSSOUEV 21 La élémentaires. Morales40 ROGERPARISOT CequeMarteauécrit80
CLAUDE-PIERREPÉREZ Guerre. PortraitdeSaint-JohnPerse,deP. PIERREPEUCHMAURD LesGiroflées JEAN-CLAUDEPINSON J nny LaParolesingulière,deL. Autourd'EmmanuelHocquardÉlégie.r). (Les DIDIERPOBEL ClaudeRoy,lepBassoe-mburiainlle. Bobincomme ISABELLERABOURDIN t NarcisseeNarcisse
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