La Nouvelle Revue Française N° 473

De
Georges Lambrichs (1917-1992) :
Dominique Aury, G.L.
Michel Butor, Toast en chemin
Herve Carn, Des livres
Michel Chaillou, Avec Georges
Alain Clerval, Georges Lambrichs, entre le mutisme et l'excès
Hervé Cronel, L'homme du Chemin
Jean Duvignaud, Lambrichs, ou le pari
Michel Jarrety, L'avenir d'une tradition
Laurand Kovacs, Vous m'avez apporté quelque chose
Jean-Marie Laclavetine, Georges Lambrichs
J. M. G. Le Clézio, Georges
Pierre Lepère, Pour Georges
Gérard Macé, Le chemin continue
Francine de Martinoir, De très fines attaches
Michel Mohrt, Georges Lambrichs
Jérôme Prieur, Georges Lambrichs
Nicole Quentin-Maurer, Des rapports absolus
Gilles Quinsat, 'Il faudrait faire davantage des promenades qui ne mènent à rien'
Jacques Réda, 'Sans coupure...'
Jean Roudaut, Nous fûmes nombreux
Jean Starobinski, En dette
Jude Stéfan, Modeste stèle
Henri Thomas, Georges Lambrichs
Georges Lambrichs - Jean-Maurice de Montremy, Entretien
Jean Tardieu, Essais de transposition en français de divers poèmes de Goethe
Johann Wolfgang von Goethe, Divers poèmes
Thierry Laget, L'âge des pierres
Alain Lercher, Ubi Gaius, ibi Gaia
Reconnaissances :
Jean-Pierre Richard, Trois gouttes de sang sur de la neige (Christian Bobin)
Gérard Bocholier, Julien Gracq ou Le voyage incertain
Jean Blot, Le secret d'Henri Thomas (Le cinéma dans la grange [Le temps qu'il fait] – Ai-je une patrie [Gallimard])
Richard Blin, Henri Thomas (La joie de cette vie [Gallimard])
Chronique : la littérature :
Herve Carn, Liège de Vera Feyder (Champ Vallon)
Chronique : le roman :
Max Alhau, Femmes sans visages de Rabah Belamri (Gallimard)
Laurand Kovacs, La vie de Malvina Trifkovic de Mirko Kovac (Rivages)
Chronique : les essais :
Michel Jarrety, Le mécontemporain d'Alain Finkielkraut (Gallimard)
Hervé Cronel, L'idéologie allemande de Louis Dumont (Gallimard) - De la bouche du malade à l'oreille du médecin de Mario Bensasson (Éditions Jacques Bertoin)
Chronique : le théâtre :
Anouchka Vasak, Victoire d'Olivier Lorelle (Théâtre du Petit Odéon)
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072387074
Nombre de pages : 144
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LANOUVELLE REVUEFrançaise
Georges
Lambrichs(1917-1992)
DOMINIQUEAURY G.L.
Ilétaitsouventimmobile,etsilencieux.Cevisageaigude chevalierdesrivagesnordiques,dequelsièclerevenait-il?Il étaitincroyablementprésent.D'unmotilpiégeaitsoninter-locuteur.Queluiapportait-on?Oncomprenaitvitequ'ilfallait d'abords'engager,peut-êtres'expliquer,ouplutôttendre quelquesfeuillets.Illessaisissaitavechâteetprécaution,disait qu'ilferaitsignetrèsvite.Etrangeaitavecsoin,avecavidité larécoltepeut-êtreprécieusel'écritjamaisvu,jamaislu,jamais encoreimprimé.Celaseullepassionnait.Drôledepassion peut-être.Maiscesamoureuxdel'écrit,cesfanatiquesàl'état pur,pourraresqu'ilssoient,sereconnaissententreeux;ilssont mieuxqu'unesecte,ilssontunerace. Nousenavonstousconnudeux,quirestentcélèbres,Jean PaulhanetGeorgesLambrichs.Ilss'aimaientetsefaisaient confiance.Onlesaitaussi.MaisilfautajouterqueJ.P.,près desafin,aléguéenquelquesortesonroyaumeàG.L.«Il faudraqueGeorgesreprennelaRevue.»(Jesuisseulement
LaNouvelleRevueFrançaise
témoin.Jetransmetslaparole.)Ilespéraitainsiquetouteune viedepassionsecontinueraitenrejoignantlamêmepassion déjàvivante,identiqueetdifférentesousuneautrecouleur, ravissement,enthousiasmeetviolencemêlés.Cebesoinde trouver,demontrer,dedonner,ilremontesiloin,sûrement auxpremièresstrophesrépétées,auxpremiersmanuscrits communiqués.OnracontaitjadisauxenfantsqueLaFontaine vieilli,unpeufou,demandaitàtoutlemondeAvez-vouslu Baruch?Biensûriln'étaitpasfou.Ilsnesontjamaisfous ceuxquivontrépétantAvez-vousluMandiargues,avez-vous luLeClézio?Ilssonthabitésparlajoie,ilssaventqu'ilsla transmettent.Cetrésorqu'ilsontattrapé,ilsnelegardent jamaisilestpourtoutlemonde. C'estpourcelaqu'ilssont heureux,etnousaussi,mêmedansleslarmes.
DOMINIQUEAURY
MICHELBUTOR Toastenchemin
TuasdoncrejointtonjumeaucherGeorges quandjevousvoyaisensemble c'étaitcommeunmiroiraumilieudelatable etquandvoustrinquiezc'était commesivouséchangiezvosmains
Ilétaitleverseurettoilegoûteur ilbâtissaitl'espacetumettaisdeslivres iltetendaitleverrelevinoscillait tuhabitaislesvitresdesesfaçades qu'ilfaisaitvibrerdetesremarques
Chaquefoisjecherchaismondouble derrièreunedevosépaulesetjeletrouvais etj'entrouvaisd'autresencorsurtout sic'étaitdansunedecesbrasseries1900 quevousaffectionnieztousdeux
Carc'étaitaussicommes'ilyavait unmiroiraumilieudechacundevosvisages l'œildegaucheniantlesourirededroite lapaupièredel'unclignant auxsous-entendusdel'autre
Danschaquefoisquetuparlaisjecherchais soustaphraseuneautrecachée chaquefoisqueturegardaisjedevinais souslacouleuruneautrecouleur etsoustadoublevielesquatreventsdesmuses
Multiplicationdoucecommecelledel'imprimerie aventuresauparfumdesmots danslesfragmentsd'unsilenceamoureux contrebandiernarguanttespropresdouanes tranquilledescenteauxenfersd'unefaceperdue
Lesdialoguesdesmortsdoublaient nosconversationsdesurvivants guidesapprentisversl'enversdusiècle danslesfuméesdecetencensdunouveaumonde quevousrépandiezenvolutessymétriques
Unamibrésilienm'adonnédescigares toutensachantfortbienquejenefumeplus c'étaitpourlesfairebrûlercommeoffrande encedemi-jourdedeuilneigeux danslesbraisesdelacheminée
Demonactuelleétapeàl'écart tandisquejecherchemondoublerefletdansunverre leregarddecejumeauquejen'aijamaiseu maisdontnotrecomplicitépassantàtraverslavôtre m'adonnél'inextinguiblenostalgie
MICHEL
BUTOR
HERVÉCARN
Des
livres
LeslivresdeGeorgesLambrichssontbrefs.DesRapports absolusàSeprendreauxmots,ilsonttouslesdimensionsde portatifs quel'onpeutgarderdanslamain,dansunepoche intérieure,danslesprofondesd'unegabardine.Il eûtétépos-sibled'aérerlesmargesdesFinesAttaches,delecomposerdans unautrecorpsplusgrandetd'enfaireunlivreplusimportant quecescentsoixante-dixpages,commeileûtétépossible, dansunregistreopposé,deréduireMégériesauvolumed'un opuscule.Ceslivressontàlarecherched'unespaceidéalque leurformatsemblerecherchersanscesse.Ceslivresnesontpas unevalorisationdumicroscopiqueoud'unconfortdulecteur, ilsaffirmentplutôtunedoubleconceptiondelalittérature, d'ailleursassezcontradictoirelalittératureestdérisoireau regarddel'Histoireetdesgrandstextes(songeonsauxdiffé-rentesépigraphesempruntéesàLaoTseu,MartinLuther,Des-cartes,Bachelard,saintLuc,Joubert,JérémieouFranzKafka); lalittératureestsisûred'elle-mêmequ'ellesedoitderenoncer auxmauvaisesgraissesquil'alourdissent,ellen'estpasconqué-rante,ellesesuffitàelle-mêmedansunnoyaudurquiconcentre touteslestentatives,elletracesonessencedansunimplacable mouvementdecohésioncentripète.
Chaquenouvelle,chaquerécit,chaquefragmentdeLam-brichsetenquelqueépoquedesarelecturedonneau
LaNouvelleRevueFrançaise
révolutionrestecelled'unaujourd'huimortelcommel'écritjoliment l'auteur,«iltravailleparquinzaines». AlainFinkielkraut,ainsi,s'esttrèsjustementattachéàrendreà leurcontinuité,sitourmentéequ'elleaitpuêtre,lesmomentsd'un parcoursquinedoitsarugueuseauthenticitéqu'àunelibertépréservée parfoisjusquedansl'erreur,etsonanalyse,enparticulier,dela montéeversl'affrontementde1914éclairecettedifférencedePéguy. Sonnationalisme,eneffet,unefoislamenaceallemanderevenueen 1905parlecoupdeTanger,relèved'aborddumêmedroitqueson dreyfusismeetfaitdoncserépondre,au-dedansl'ordre,etau-dehors lapaixnil'unnil'autrenepeuventdurerauprixdel'injustice etl'Alsace-Lorraineopprimée,Péguynepeutpasêtrepacifiste.Mais ilaspiritualisécetteguerredontiln'apasvoulucomprendrecombien elleétaitliéeaussiàd'autresintérêts.Pourl'avoirpenséecomme seulementchevaleresque,etnoncommelatragiquepousséedefièvre d'unemodernitéjusqu'alorslucidementcritiquée,ilestvenuàs'aveu-glerjusqu'àl'outranceguerrière,etparmême,selonlemotde RomainRolland,conclure«unpeutropvitesapaixaveccemonde moderne». Ledébordementestleprixdel'emportement,maisàjustetitre AlainFinkielkrautsedemandesilasagesseconsistenéanmoinsà penserlaraisoncommel'absenced'émotion.Péguyn'apasmanqué delesallier,demettrelaraisonauservicesouventd'unepremière émotion,etc'estenquoisonœuvresouventnousattache;ilest advenu,plusrarement,quelapassionl'emportejusqu'àladéraison etcesontlesimprécationsbellicistesoulavisionhallucinéed'un Jaurèsagentdupartiallemand.Devantpareilsexcèsoulaprovocation dequelquesparadoxes,AlainFinkielkrautmaintienttoutedistance critique.Maisàécouterletondesonlivre,onperçoit,sous-jacente etparfoisrésurgente,laqualitéprécisémentd'uneémotionquichoisit sonpartietrefusedepenserabstraitementunsièclequiplusqu'un autreamesuré«leprixd'unepatriecharnelle».
louisDUMONT
MICHELJARRETY
L'IdéologieAllemande(Gallimard).
Ilsembleque,deNapoléonàHitler,laguerreaitétélemode derelationsprivilégiéentreAllemandetFrançaisetquedanscette
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