La Nouvelle Revue Française N° 486

De
Ossian, Cath-Loda
Sophie Basch, Biagio Marin. Grado, 1891-1985
Claudio Magris, Les mouvements des coquillages. À Biagio Marin pour ses quatre-vingts ans
Biagio Marin, Poèmes
Lars Forssell, La Sainte Famille
Takis Varvitsiotis, Poèmes
Giuseppe Bonaviri, Commencements
Shuntarô Tanikawa, Pour des tableaux de Paul Klee
Lokenath Bhattacharya, Dieu à quatre têtes
Hervé Micolet, Sur un séjour en Grèce
Pierre Peuchmaurd, Loin de Lisbonne
Albarède, Les Reculées
Gérard Bocholier, Les jours nous volent
Pascal Commère, Rencontre dans les collines
Emmanuel Moses, Feuilleton d'été
Cholem Aleikhem, Deux antisémites
Claude-Pierre Perez, Là-bas
Jean Blot, Marée basse
Claude Bugeon, Bois de lune
Raymond Prunier, Génie des lieux
Gerard Le Gouic, Le marcheur d'Afrique
Gérard Larnac, La Casa del Desierto
Reconnaissances :
Franck Evrard, Serre S/Z ine
Pierre Jourde, Les petits mondes à l'envers d'Éric Chevillard
Robert Bensimon, Jean Vauthier
Hervé Cronel, Cinémas d'Afrique Noire aujourd'hui
Anouchka Vasak, L'Homme qui de Peter Brook (Théâtre des Bouffes du Nord)
Le fond de l'air :
Emmanuel Guillon, Notre Cambodge 93
Jean Pérol, Du tag
Gilles Ortlieb, Gare de l'Est
Georges L. Godeau, Une Écossaise
Jean-Pierre Martin, Faut voir à voir (II)
Anonymes, Petit dictionnaire des mots retrouvés (Cinquième série)
Jacques Réda, Qu'est-ce qui se passe?
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072382253
Nombre de pages : 256
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LANOUVELLE REVUEFrançaise
PREMIER
OSSIAN Cath-Loda
Lestextesdontvoicilapremièretraductionenfrançais précèdentdansl'éditionlondonienneendeuxvolumes,de 1809,letextecélèbred'Ossian,publiédanstoutesles langueseuropéennesdurantlesdernièresdécenniesdu xvufsiècle.Ilsnefigurentdansaucune. Cependantlenom deFingalyapparaît,etlespaysagestourmentésysont bienceuxdupoèmegaélique,dontonnesaurajamaissous quelleformeMac-Phersonarecueillilestextesqu'ila transcritsenanglais.Ceuxquevoicienconstituentlatoute premièreapproche. D.A.
CHANT
Ainsiparlentles Ôvoyageurqui
(PREMIER
tempsanciens! demeuresinvisible,
DUAN
toi
*)
quifoules
les
Lesbardesappelaientcespoèmes,souventdesépisodesetdesapostrophes interrompentlanarration,desDuan.Depuisquel'ordredesBardesadisparu,lemot désigneengénéraltouslesanciensrécitsenvers.Lamanièreabrupte parlaquelle
chardonsdeLora,toiquirépandstonsouffleparlavallée, ai-jedonccesséd'entendretavoix?Jen'entendsplusauloin rugirtestorrents!Nicontrelesrochersl'échodetesharpes. Apparais,ôMalvina,chasseressedeLutha,etréveillel'âme dubarde.Jesuisimpatientd'atteindreLochlinetseslacs, etlabaied'U-Thornoauxsombresetlourdesvagues,venantdel'OcéanFingalavaitabordé,dansletumultedes vents.Qu'ilssontpeunombreux,leshérosdeMorven,enterre inconnue! StarnoafaitenvoyerundeceuxquiviventàLodapour inviterFingalaufestin,maislerois'estsouvenudupassé, ettoutesafureurl'arepris.«Fingaln'irarevoirnilestours moussuesdeGormal,niStarno.Desmorts,commedesombres, hantentsonâmeenflammée!Est-ce quej'oubliecerayonde lumière,lafilleduroiauxblanchesmains1Va,filsde Loda!»Sesmots,commelevent,atteignentFingal,comme leventcoucheetrelèvetouràtourleschardonsdansla valléequ'assombritl'automne. «Duth-maruno,brasdelamortCrommaglas,bouclier 2
commencelepoèmequevoicipeutparaîtreobscureàcertainslecteurs;iln'estdonc peut-êtrepasdéplacédedonnericilapréface,qui généralementlesprécède.Deux ansaprèsqu'ileutépouséRoscrana,filledeCormac,roid'Irlande,Fingalentreprit uneexpéditionversOrkney,pourallervoirsonamiCathulla,roid'Inistore.Après êtrerestéquelquesjoursàCaric-thurahabitaitCathulla,leroimitàlavoile,pour retournerenEcosse;maisuneviolentetempêtes'éleva,quichassasesvaisseauxdans unebaiedeScandinavie,prèsdeGormal,régnaitStarnoleroideLochlin,son ennemiavéré.Lorsqueapparurentdesétrangers surlescôtesStarnoréunitlestribus desonvoisinageetmarchaenarmesverslabaied'U-thorno,s'étaitabritéFingal. Lorsqu'ildécouvritquiétaientcesétrangers,etredoutantlavaleurdeFingal,qu'il avaitplusd'unefoiséprouvée,ildécidad'obtenirpartraîtrisecequ'ilcraignaitde manquerparlesarmes.IlinvitadoncFingalàunfestin,pendantlequelilcomptait l'assassiner.Leroiprudemmentrefusal'invitation,etStarnopritlesarmes.Lepoème racontelasuitedel'histoire. 1.Agandecca,lafilledeStarno,quesonpèreatuée,pouravoirrévéléàFingalle complotcontresavie.Sonhistoireestracontéetoutaulong,dansletroisièmelivre deFingal. 2.Duth-marunoestunnomtrèscélèbredanslatradition.Beaucoupdesesfaits d'armesontétéracontés,maislespoèmesquiendonnaientledétail sontdepuis longtempsperdus.Ilvivait,àcequ'onsuppose,danslapartiedel'Écossequiest par-delàOrkney.Duth-maruno,Cromma-glas,Struthmor,etCormar,sontcités, accompagnantComhaldanssonderniercombatcontrelatribudeMorni,dansun poèmequiaétéconservé.Cen'estpasl'oeuvred'Ossian;levocabulairetrahitune
defer!Struthmor,quihabitesl'ailedelabataille!Cormar, dontlesvaisseauxcourentlesmers,aussilibrementqueles météorestraversentlesrouleauxdessombresnuages!Accourez autourdemoi,filsdehéros,encesterresinconnues!Que chacunveilleàsonbouclier,commeTrenmorrèglelesguerres!» «Descends,ditalorsTrenmor,toiquidemeuresparmiles harpes!Tuferasdisparaîtrecetorrent,out'évanouirasavec moidanslaterre!» Autourduroiilssesontdressésenfureur.Sansunseul mot.Ilsontsaisileurslances.L'âmedechacunsursoise referme.Etlebrusquefracaslesréveilletous,surl'échode leursboucliers.Chacungagnesonrocher,danslanuitclose; ilssontdebout,àleurplaced'ombre.Etlevacarmeduvent apporteau hasardlesbribesdeleurchant! Sureuxlalunepleineselève! Tout armés'avanceDuth-maruno;ilvientdesrocsde Croma,farouchechasseurdesangliers!Danssonnoircanot ils'estdressésurlesflotslorsqueCrumthormoaréveilléles bois.Ilétincelaitdanslapoursuite,aumilieudesennemis. «Tuneconnaispaslapeur,Duthmaruno!» «FilsduhardiComhal,mespasvont-ilsavancerdansla nuit?Àl'abridemonbouclierfaut-ilcontemplerleurstribus étincelantes?DevantmoivoiciStarno,roideslacs, etSwaran l'ennemidesétrangers.Ilsn'ontpasenvainparlé,devantla pierredupouvoiràLoda.SiDuthmarunonerevenaitpas, sonépouseestseuleensademeure,sejoignentdeuxtorrents furieux,danslaplainedeCrathmo-craulo.Lesmontstout autourfontécho,etprochedéferlel'Océan.Monjeunefils vagabondesurlepré,etregardecrierlesoiseauxdemer.
compositionmoderne.C'estquelquechosequiressembleàcesinventionsordinaires, quelesbardesirlandaisfirentpassersouslenomd'Ossian,auxv*etauxvr*siècle. Duthmarunoveutdirenoiret solide,Crommaglassombreetcourbé,Struthmor, ruisseaurugissant,Cormar,quiconnaîtlamer. 1.Crumthormothestl'unedesîlesShetland.Lenomn'estpasd'originegaélique. Ilyrégnaitunpetitroi,quiestnommédansundespoèmesd'Ossian.
DonneàCan-donalahured'unsanglierl,raconte-luilajoie desonpère,lorsquesursonépieudressés'embrochalepoilrude d'I-thorno.Conte-luimesfaitsd'armes!Dis-luisonpère esttombé!» «Jen'aipasoubliémespères,ditFingal,j'aibondipar-delàlesmers.Ilsvécurentautempsdesdangers,dansles joursdejadis.Etdevantlesennemislanuitnem'arrête pas,bienquemescheveuxsoientjeunesjesuischefde Crathmo-craulo,lechampdelanuitm'appartient.»Fingal s'estalorsjetétoutarmépoursauterletorrentdeTurthor, quirugissaitsourdementlanuitsouslabrume,parlavallée deGormal.Unrayondeluneluisaitsurunrocher;au milieu,uneombremajestueuses'estdressée,auxlibrescheveux flottants,commelesfillesdeLochlinauxseinsblancs.Son pasétaitinégaletbrusque.Ellelançaitdansl'airune chansonbrisée.Etparfoisjetaitsesbrasblancsversleciel; carladouleurhabitaitsonâme.
1.Cean-doana,àlatêtedupeuple,étaitfilsdeDuth-maruno.Ildevintplustard célèbredanslesexpéditionsd'Ossian,aprèslamortdeFingal.Lesrécitstraditionnels quileconcernentsonttrèsnombreux,etlafaçondontonl'ynommeCandonades sangliersvientdufaitqu'ilseconsacraitàcegenredechasse,quedansletexteson pèreluirecommandesivivement.CommejecitelesrécitstraditionnelsdesHighlands, iln'estpeut-êtrepasdéplacéd'ajouterquelquesprécisions.Lorsquelesbardeseurent étéchassésdesdemeuresdeschefs,ilsn'ontpusubsister,indolentsdenature,que parlagénérositéduvulgaire,qu'ilsdivertissaientenrécitantcequeleursaînésavaient composé,etenfaisantremonterauxfamillesdesgrandschefslagénéalogiedeleurs hôtes.Commecefuttoutefoisunsujetviteépuisé,ilsfurentobligésdeserésoudre àinventerdeshistoiressansaucunfondementdanslaréalité,qu'avalaavecuneparfaite crédulitéunemultitudeignorante.Aforced'êtrerépétéelafables'augmenta,etcomme chacunyajoutaittelou telépisodepourplaireàsesauditeurs,leshistoiresdevinrent finalementsidépourvuesdevraisemblancequemêmelevulgairen'ycroyaitplus.Les gensaimaientcependantsifortlesrécitsquelesbardestrouvèrentavantageuxd'en faireuneprofession.Ilsselancèrentdansl'inventiond'histoireslesplusfantastiques etlesplusromanesques.Jecroisfermementqu'ilexisteplusd'histoiresdegéants,de châteauxenchantés,denainsetdepalefroisdanslesHighlandsquedansn'importe quelpaysd'Europe.Ilestcertainqueceshistoires,commed'autresoeuvresromanesques, offrentdestraitsquin'ontaucuneréalité,etqu'enconséquencelegoûtauthentique devaitrefuser,maisjenesaiscommentcelapeutsefaire,ilssollicitentl'attention plusquen'importequelleautresortedefiction.Leurextrêmelongueursurprendaussi quelques-unsexigentplusieursjourspourêtreracontésmaisilss'emparentsibien delamémoire,qu'ilestrarequelemoindreépisodesoitoubliédeceuxquilesont reçuspartraditionorale;plusstupéfiantencore,l'authentiqueparoledesbardesyest préservée.Ilestcurieuxdevoirquelesdescriptionsdemagnificencequiyontété inséréessontmêmesupérieuresauxfictionsorientalesdemêmenature.
«Torcal-tornoauxcheveuxdugrandâge,doncse portentmaintenanttespas,versLulan?Tuastrébuché, dansleseauxsombresdetesproprestorrents,ôpèredeConban-carglas!maisjetevois,chefdeLulan,tujouaisdansla grandevalléedeLoda,lorsquelasombrerobedelanuitse déployaitsurleciel.Quelquefoistucachaislaluneavecton bouclier.Jel'aivuepâlirsurleciel.Tufaisdetachevelure unmétéore,quivogueaveclanuit.Pourquoisuis-jeoubliée dansmagrotte,roidesrudessangliers?Regardeduhallde Lodatafillesolitaire!» «Quies-tu,voixdelanuit?»ditFingal. Elletremblaitetsedétourna. «Quies-tu,danscetteombre?» Ellesedérobadanslagrotte. Leroidéfitlacourroiequiluiliaitlesmains.Ill'inter-rogeasursespères. «Torcal-torno,dit-elle,ajadishabitéprèsdeseaux immenses;ilyfut,maisaujourd'hui,danslehalldeLoda, ilfaitvibrerlagrandeconque.Enguerreilarencontré StarnodeLochlin;lesroisauxyeuxsombresontlonguement combattu.Monpèreesttombé,couvertdesang,Torcal-torno aubleubouclier!Prèsd'unrocherdutorrentdeLulan, j'avaistranspercéunchevreuilbondissant.Mamainblanche
1.D'aprèslatraditionTorcal-tornoétaitroideCrathlun,provincedeSuède.La rivièreLulanpassaitprèsdel'endroitqu'ilhabitait.IlyaenSuèdeunerivièreappelée Lula,quiestprobablementcelledontilestquestion.LaguerreentreStarnoetTorcal-torno,quis'achevaparlamortdecedernier,aéclatépendantunepartiedechasse. StarnoavaitétéamicalementinvitéparTorcal-torno,roisl'unetl'autre,avecleur suite,àchasserdanslamontagnedeStivamore.Unsanglierbondithorsdesfourrés, etTorcal-tornoletua.Starno estimaque c'étaitnepasrespecterleprivilègedesinvités, auxquelsonfaisaittoujourscommeleditlatraditionl'honneurdesdangersdela chasse.Unequerelleéclata,lesroisetleursuitesebattirent,lepartideTorcal-torno futvaincu,etlui-mêmetué.Starnopoursuivitsavictoire,dévastalepaysdeCrathlun, etarrivéàlademeuredeTorcal-tornoenlevadeviveforcelabelleConbancarglas,la filledesonennemi.Ill'enfermadansunegrotteprèsdupalaisdeGormal.Les mauvaistraitementslarendirentfolle. Leparagraphequiprécèdeimmédiatementcettenote,c'estcequechanteConban-carglasàl'instantFingalladécouvre.C'estunpoèmelyriquemisenmusique,à lafoissimpleetsauvage,etdecefaitilconvientabsolumentàl'affreusesituationde cettemalheureuse.Onnepeutguèrel'entendresanslarmes.
avaitnouémachevelurepourladéroberàlaviolencedes vents.J'aientenduunbruit,j'ailevélesyeux.Madouce poitrines'estgonflée.J'aifaitunpasenavant,àLulan, pourt'accueillir,Torcal-tornoC'étaitStarno,leterribleroi! Sesyeuxenflammésmeregardaientavecamour!Sesnoirs cheveuxbouclaientsursonfront,etilsouriait.doncest monpère,m'écriai-je,monpèrelepuissantguerrier?Me voilàseuleaumilieudesennemis,moilafilledeTorcal-tornoIlm'apriseparlamain.Ilahissélavoile.Dans lagrottequevoiciilm'amisedanslenoir.Parfoisilvient, commeunebrumeserassemble.Ildressedevantmoilebouclier demonpère.Maisunrayondejeunesseapparaîtquelquefois, loindemagrotte.JevoisbougerlefilsdeStarno.Luiseul habitemonâme.» «ViergedeLulan,ditFingal,fillededouleurauxblanches mains!Unnuageauxtraitsdefeusedéploiesurtonâme. Necherchepaslaluneobscurcie,necherchepaslesmétéores auciel.Monbrillantaciert'environne,laterreurdetes ennemis;cen'estpasl'armedeceuxquisontfaibles,oudont l'âmeestnoire!Nosviergesnesontpasenferméesdansles grottesdenostorrents.Ellesnelancentpasverslecielleurs brasblancsdanslasolitude.Ellespenchent,entreleurs boucles,leurbeauvisagesurleurharpe.Leurvoixnese répandpasdanslesdésertssauvages.Nousfondonsàleurs douxaccents. »
Fingal,unefoisencore,avanceàgrandspasaucœurde lanuit,jusqu'auxarbresdeLodaquesecouaitunventde tempête.Troispierressontlà,recouvertesdemousse;un ruisseau,bouillonnantd'écume,ettoutautourportantla terreursedéroulaientlessombresetrougesnuagesdeLoda. Duplushautsommetlescontemplaitunfantômené del'ombre etdelabrume.Ilrépandaitsavoix,parinstants,àtravers
lerugissementdutorrent.Toutprès,courbéssousunarbre foudroyé,deuxhérosrecueillaientsesparolesSwarandes lacs,etStarnol'ennemidel'étranger.Ilss'appuyaienten silencesurleurssombresboucliersleursépéessedressaient danslanuit.L'obscuritééclateencrisaigus,deStarnoà labarbedefleuve. IlsontentendulespasdeFingal.Lesguerrierssesont levéstoutarmés.«Swaran,metsàterrecetétranger»,dit Starnol'orgueilleux.«Prendslebouclierdetonpère.C'est unrocaucombat.»Swaranlançasonbrillantépieu,quise plantadansl'arbredeLoda.Alorss'avancentlesennemis, armésdeglaives.L'acierferraillesurl'acier.Lalamede LunotraverselesmaillesdubouclierdeSwaran.Lebouclier rouleàterre.Leheaumefendutombeaussi.Fingals'arrête l'épéehaute.Enfureuretdésarmé,Swarans'arrêteaussi. Sesyeuxbougentensilence,iljetteàterresonépée.Puis traverseàgrandspasletorrent,etdisparaîtensifflant. Cenefutpassansquesonpèren'aitvuSwaran.Starno derages'estdétourné.Sesnoirssourcilssehérissentdecolère. Ilcognedel'épéel'arbredeLoda.Puisreprendlerefrain. QuiatteintleshommesdeLochlin,chacunsuivantsapropre etsombreroute,commedeuxtorrentscouvertsd'écume,au cœurdedeuxvalléespluvieuses! AuxplainesdeTurthorFingalestrevenu.Del'ests'est levéelabellelumière.EllebrillesurletrophéedeLochlin queleroitientàlamain.Danstoutesabeautélafillede Torcal-tornosortdelagrottequ'ellehabite.D'ungesteelle rassemblesachevelureêparsedanslevent.Etchanteàpleine voixlechantdeLulanauxcoquillages,jadishabitait sonpère.Ellevoit,couvertdesang,lebouclierdeStarnoet lajoierayonnesursonvisage.Ellevoitlecasquefendude Swaran.Ets'écartealors,assombrie,deFingal.«Tevoilà tombélelongdetestorrentsinnombrables,toiquifusaimé d'unefilleendeuil! »
U-thorno,quit'élèvesaumilieudeseaux!etqu'accom-pagnentlesmétéoresdelanuit!J'aivudescendrelalune assombriederrièretesboismurmurants!SurtonsommetLoda s'abritedanslesbrumesc'estquesetrouventlesesprits deshommes!Aufonddesademeuredenuagessepenche Cruth-Lodadesépées.Onvoitàpeinesaforme,dansles vaguesdebrume.Samaindroiteestsursonbouclier.Dans samaingaucheestlaconqueàdemiaveugle.Letoitdeson terriblepalaisesttouteslesnuitstraversédeflammes! LaracedeCruth-Lodas'avance,falaised'ombressans forme.Ilattendetfaitsonnerlaconquepourceuxquiont brilléàlaguerre.Maisildressesonbouclier,miroirassombri, entrelesfaiblesetlui.Météoreàsoncouchant,ilsecache despetitssansdéfense.Etbrillantecommel'arc-en-cielau-dessusdessources,voiciqu'apparaîtlaViergedeLulanaux seinsblancs.
SECOND
CHANT(SECOND
DUAN)
dit «es-tu,filsduroi?Duth-marunoauxnoirs cheveux.«es-tutombé,jeunerayondeSelma?Ilne revientpas,duseindelanuit!Lematins'étendsurU-thorno. Lesoleilestdanslebrouillard,surlamontagne. Guerrierslevezdevantmoivosboucliers.Ilnefautpasqu'il tombe,commelefeuduciel,quin'apassurlesoldeplace désignée.Ilarrive,commeunaigle,dansleventdeses tourbillons!Iltiententresesmainslesdépouillesdeses ennemis.RoideSelma,tristessontnosâmes». «Toutprèssontnosennemis,Duth-maruno.Ilss'avancent, commedesvaguesdanslabrume,etl'onaperçoitdetemps entempsleurécumeau-dessusduflotdeslentesvapeurs.Le
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