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LANOUVELLE REVUEFrançaise
PREMIER
OSSIAN Cath-Loda
Lestextesdontvoicilapremièretraductionenfrançais précèdentdansl'éditionlondonienneendeuxvolumes,de 1809,letextecélèbred'Ossian,publiédanstoutesles langueseuropéennesdurantlesdernièresdécenniesdu xvufsiècle.Ilsnefigurentdansaucune. Cependantlenom deFingalyapparaît,etlespaysagestourmentésysont bienceuxdupoèmegaélique,dontonnesaurajamaissous quelleformeMac-Phersonarecueillilestextesqu'ila transcritsenanglais.Ceuxquevoicienconstituentlatoute premièreapproche. D.A.
CHANT
Ainsiparlentles Ôvoyageurqui
(PREMIER
tempsanciens! demeuresinvisible,
DUAN
toi
*)
quifoules
les
Lesbardesappelaientcespoèmes,souventdesépisodesetdesapostrophes interrompentlanarration,desDuan.Depuisquel'ordredesBardesadisparu,lemot désigneengénéraltouslesanciensrécitsenvers.Lamanièreabrupte parlaquelle
chardonsdeLora,toiquirépandstonsouffleparlavallée, ai-jedonccesséd'entendretavoix?Jen'entendsplusauloin rugirtestorrents!Nicontrelesrochersl'échodetesharpes. Apparais,ôMalvina,chasseressedeLutha,etréveillel'âme dubarde.Jesuisimpatientd'atteindreLochlinetseslacs, etlabaied'U-Thornoauxsombresetlourdesvagues,venantdel'OcéanFingalavaitabordé,dansletumultedes vents.Qu'ilssontpeunombreux,leshérosdeMorven,enterre inconnue! StarnoafaitenvoyerundeceuxquiviventàLodapour inviterFingalaufestin,maislerois'estsouvenudupassé, ettoutesafureurl'arepris.«Fingaln'irarevoirnilestours moussuesdeGormal,niStarno.Desmorts,commedesombres, hantentsonâmeenflammée!Est-ce quej'oubliecerayonde lumière,lafilleduroiauxblanchesmains1Va,filsde Loda!»Sesmots,commelevent,atteignentFingal,comme leventcoucheetrelèvetouràtourleschardonsdansla valléequ'assombritl'automne. «Duth-maruno,brasdelamortCrommaglas,bouclier 2
commencelepoèmequevoicipeutparaîtreobscureàcertainslecteurs;iln'estdonc peut-êtrepasdéplacédedonnericilapréface,qui généralementlesprécède.Deux ansaprèsqu'ileutépouséRoscrana,filledeCormac,roid'Irlande,Fingalentreprit uneexpéditionversOrkney,pourallervoirsonamiCathulla,roid'Inistore.Après êtrerestéquelquesjoursàCaric-thurahabitaitCathulla,leroimitàlavoile,pour retournerenEcosse;maisuneviolentetempêtes'éleva,quichassasesvaisseauxdans unebaiedeScandinavie,prèsdeGormal,régnaitStarnoleroideLochlin,son ennemiavéré.Lorsqueapparurentdesétrangers surlescôtesStarnoréunitlestribus desonvoisinageetmarchaenarmesverslabaied'U-thorno,s'étaitabritéFingal. Lorsqu'ildécouvritquiétaientcesétrangers,etredoutantlavaleurdeFingal,qu'il avaitplusd'unefoiséprouvée,ildécidad'obtenirpartraîtrisecequ'ilcraignaitde manquerparlesarmes.IlinvitadoncFingalàunfestin,pendantlequelilcomptait l'assassiner.Leroiprudemmentrefusal'invitation,etStarnopritlesarmes.Lepoème racontelasuitedel'histoire. 1.Agandecca,lafilledeStarno,quesonpèreatuée,pouravoirrévéléàFingalle complotcontresavie.Sonhistoireestracontéetoutaulong,dansletroisièmelivre deFingal. 2.Duth-marunoestunnomtrèscélèbredanslatradition.Beaucoupdesesfaits d'armesontétéracontés,maislespoèmesquiendonnaientledétail sontdepuis longtempsperdus.Ilvivait,àcequ'onsuppose,danslapartiedel'Écossequiest par-delàOrkney.Duth-maruno,Cromma-glas,Struthmor,etCormar,sontcités, accompagnantComhaldanssonderniercombatcontrelatribudeMorni,dansun poèmequiaétéconservé.Cen'estpasl'oeuvred'Ossian;levocabulairetrahitune
defer!Struthmor,quihabitesl'ailedelabataille!Cormar, dontlesvaisseauxcourentlesmers,aussilibrementqueles météorestraversentlesrouleauxdessombresnuages!Accourez autourdemoi,filsdehéros,encesterresinconnues!Que chacunveilleàsonbouclier,commeTrenmorrèglelesguerres!» «Descends,ditalorsTrenmor,toiquidemeuresparmiles harpes!Tuferasdisparaîtrecetorrent,out'évanouirasavec moidanslaterre!» Autourduroiilssesontdressésenfureur.Sansunseul mot.Ilsontsaisileurslances.L'âmedechacunsursoise referme.Etlebrusquefracaslesréveilletous,surl'échode leursboucliers.Chacungagnesonrocher,danslanuitclose; ilssontdebout,àleurplaced'ombre.Etlevacarmeduvent apporteau hasardlesbribesdeleurchant! Sureuxlalunepleineselève! Tout armés'avanceDuth-maruno;ilvientdesrocsde Croma,farouchechasseurdesangliers!Danssonnoircanot ils'estdressésurlesflotslorsqueCrumthormoaréveilléles bois.Ilétincelaitdanslapoursuite,aumilieudesennemis. «Tuneconnaispaslapeur,Duthmaruno!» «FilsduhardiComhal,mespasvont-ilsavancerdansla nuit?Àl'abridemonbouclierfaut-ilcontemplerleurstribus étincelantes?DevantmoivoiciStarno,roideslacs, etSwaran l'ennemidesétrangers.Ilsn'ontpasenvainparlé,devantla pierredupouvoiràLoda.SiDuthmarunonerevenaitpas, sonépouseestseuleensademeure,sejoignentdeuxtorrents furieux,danslaplainedeCrathmo-craulo.Lesmontstout autourfontécho,etprochedéferlel'Océan.Monjeunefils vagabondesurlepré,etregardecrierlesoiseauxdemer.
compositionmoderne.C'estquelquechosequiressembleàcesinventionsordinaires, quelesbardesirlandaisfirentpassersouslenomd'Ossian,auxv*etauxvr*siècle. Duthmarunoveutdirenoiret solide,Crommaglassombreetcourbé,Struthmor, ruisseaurugissant,Cormar,quiconnaîtlamer. 1.Crumthormothestl'unedesîlesShetland.Lenomn'estpasd'originegaélique. Ilyrégnaitunpetitroi,quiestnommédansundespoèmesd'Ossian.
DonneàCan-donalahured'unsanglierl,raconte-luilajoie desonpère,lorsquesursonépieudressés'embrochalepoilrude d'I-thorno.Conte-luimesfaitsd'armes!Dis-luisonpère esttombé!» «Jen'aipasoubliémespères,ditFingal,j'aibondipar-delàlesmers.Ilsvécurentautempsdesdangers,dansles joursdejadis.Etdevantlesennemislanuitnem'arrête pas,bienquemescheveuxsoientjeunesjesuischefde Crathmo-craulo,lechampdelanuitm'appartient.»Fingal s'estalorsjetétoutarmépoursauterletorrentdeTurthor, quirugissaitsourdementlanuitsouslabrume,parlavallée deGormal.Unrayondeluneluisaitsurunrocher;au milieu,uneombremajestueuses'estdressée,auxlibrescheveux flottants,commelesfillesdeLochlinauxseinsblancs.Son pasétaitinégaletbrusque.Ellelançaitdansl'airune chansonbrisée.Etparfoisjetaitsesbrasblancsversleciel; carladouleurhabitaitsonâme.
1.Cean-doana,àlatêtedupeuple,étaitfilsdeDuth-maruno.Ildevintplustard célèbredanslesexpéditionsd'Ossian,aprèslamortdeFingal.Lesrécitstraditionnels quileconcernentsonttrèsnombreux,etlafaçondontonl'ynommeCandonades sangliersvientdufaitqu'ilseconsacraitàcegenredechasse,quedansletexteson pèreluirecommandesivivement.CommejecitelesrécitstraditionnelsdesHighlands, iln'estpeut-êtrepasdéplacéd'ajouterquelquesprécisions.Lorsquelesbardeseurent étéchassésdesdemeuresdeschefs,ilsn'ontpusubsister,indolentsdenature,que parlagénérositéduvulgaire,qu'ilsdivertissaientenrécitantcequeleursaînésavaient composé,etenfaisantremonterauxfamillesdesgrandschefslagénéalogiedeleurs hôtes.Commecefuttoutefoisunsujetviteépuisé,ilsfurentobligésdeserésoudre àinventerdeshistoiressansaucunfondementdanslaréalité,qu'avalaavecuneparfaite crédulitéunemultitudeignorante.Aforced'êtrerépétéelafables'augmenta,etcomme chacunyajoutaittelou telépisodepourplaireàsesauditeurs,leshistoiresdevinrent finalementsidépourvuesdevraisemblancequemêmelevulgairen'ycroyaitplus.Les gensaimaientcependantsifortlesrécitsquelesbardestrouvèrentavantageuxd'en faireuneprofession.Ilsselancèrentdansl'inventiond'histoireslesplusfantastiques etlesplusromanesques.Jecroisfermementqu'ilexisteplusd'histoiresdegéants,de châteauxenchantés,denainsetdepalefroisdanslesHighlandsquedansn'importe quelpaysd'Europe.Ilestcertainqueceshistoires,commed'autresoeuvresromanesques, offrentdestraitsquin'ontaucuneréalité,etqu'enconséquencelegoûtauthentique devaitrefuser,maisjenesaiscommentcelapeutsefaire,ilssollicitentl'attention plusquen'importequelleautresortedefiction.Leurextrêmelongueursurprendaussi quelques-unsexigentplusieursjourspourêtreracontésmaisilss'emparentsibien delamémoire,qu'ilestrarequelemoindreépisodesoitoubliédeceuxquilesont reçuspartraditionorale;plusstupéfiantencore,l'authentiqueparoledesbardesyest préservée.Ilestcurieuxdevoirquelesdescriptionsdemagnificencequiyontété inséréessontmêmesupérieuresauxfictionsorientalesdemêmenature.
«Torcal-tornoauxcheveuxdugrandâge,doncse portentmaintenanttespas,versLulan?Tuastrébuché, dansleseauxsombresdetesproprestorrents,ôpèredeConban-carglas!maisjetevois,chefdeLulan,tujouaisdansla grandevalléedeLoda,lorsquelasombrerobedelanuitse déployaitsurleciel.Quelquefoistucachaislaluneavecton bouclier.Jel'aivuepâlirsurleciel.Tufaisdetachevelure unmétéore,quivogueaveclanuit.Pourquoisuis-jeoubliée dansmagrotte,roidesrudessangliers?Regardeduhallde Lodatafillesolitaire!» «Quies-tu,voixdelanuit?»ditFingal. Elletremblaitetsedétourna. «Quies-tu,danscetteombre?» Ellesedérobadanslagrotte. Leroidéfitlacourroiequiluiliaitlesmains.Ill'inter-rogeasursespères. «Torcal-torno,dit-elle,ajadishabitéprèsdeseaux immenses;ilyfut,maisaujourd'hui,danslehalldeLoda, ilfaitvibrerlagrandeconque.Enguerreilarencontré StarnodeLochlin;lesroisauxyeuxsombresontlonguement combattu.Monpèreesttombé,couvertdesang,Torcal-torno aubleubouclier!Prèsd'unrocherdutorrentdeLulan, j'avaistranspercéunchevreuilbondissant.Mamainblanche
1.D'aprèslatraditionTorcal-tornoétaitroideCrathlun,provincedeSuède.La rivièreLulanpassaitprèsdel'endroitqu'ilhabitait.IlyaenSuèdeunerivièreappelée Lula,quiestprobablementcelledontilestquestion.LaguerreentreStarnoetTorcal-torno,quis'achevaparlamortdecedernier,aéclatépendantunepartiedechasse. StarnoavaitétéamicalementinvitéparTorcal-torno,roisl'unetl'autre,avecleur suite,àchasserdanslamontagnedeStivamore.Unsanglierbondithorsdesfourrés, etTorcal-tornoletua.Starno estimaque c'étaitnepasrespecterleprivilègedesinvités, auxquelsonfaisaittoujourscommeleditlatraditionl'honneurdesdangersdela chasse.Unequerelleéclata,lesroisetleursuitesebattirent,lepartideTorcal-torno futvaincu,etlui-mêmetué.Starnopoursuivitsavictoire,dévastalepaysdeCrathlun, etarrivéàlademeuredeTorcal-tornoenlevadeviveforcelabelleConbancarglas,la filledesonennemi.Ill'enfermadansunegrotteprèsdupalaisdeGormal.Les mauvaistraitementslarendirentfolle. Leparagraphequiprécèdeimmédiatementcettenote,c'estcequechanteConban-carglasàl'instantFingalladécouvre.C'estunpoèmelyriquemisenmusique,à lafoissimpleetsauvage,etdecefaitilconvientabsolumentàl'affreusesituationde cettemalheureuse.Onnepeutguèrel'entendresanslarmes.
avaitnouémachevelurepourladéroberàlaviolencedes vents.J'aientenduunbruit,j'ailevélesyeux.Madouce poitrines'estgonflée.J'aifaitunpasenavant,àLulan, pourt'accueillir,Torcal-tornoC'étaitStarno,leterribleroi! Sesyeuxenflammésmeregardaientavecamour!Sesnoirs cheveuxbouclaientsursonfront,etilsouriait.doncest monpère,m'écriai-je,monpèrelepuissantguerrier?Me voilàseuleaumilieudesennemis,moilafilledeTorcal-tornoIlm'apriseparlamain.Ilahissélavoile.Dans lagrottequevoiciilm'amisedanslenoir.Parfoisilvient, commeunebrumeserassemble.Ildressedevantmoilebouclier demonpère.Maisunrayondejeunesseapparaîtquelquefois, loindemagrotte.JevoisbougerlefilsdeStarno.Luiseul habitemonâme.» «ViergedeLulan,ditFingal,fillededouleurauxblanches mains!Unnuageauxtraitsdefeusedéploiesurtonâme. Necherchepaslaluneobscurcie,necherchepaslesmétéores auciel.Monbrillantaciert'environne,laterreurdetes ennemis;cen'estpasl'armedeceuxquisontfaibles,oudont l'âmeestnoire!Nosviergesnesontpasenferméesdansles grottesdenostorrents.Ellesnelancentpasverslecielleurs brasblancsdanslasolitude.Ellespenchent,entreleurs boucles,leurbeauvisagesurleurharpe.Leurvoixnese répandpasdanslesdésertssauvages.Nousfondonsàleurs douxaccents. »
Fingal,unefoisencore,avanceàgrandspasaucœurde lanuit,jusqu'auxarbresdeLodaquesecouaitunventde tempête.Troispierressontlà,recouvertesdemousse;un ruisseau,bouillonnantd'écume,ettoutautourportantla terreursedéroulaientlessombresetrougesnuagesdeLoda. Duplushautsommetlescontemplaitunfantômené del'ombre etdelabrume.Ilrépandaitsavoix,parinstants,àtravers
lerugissementdutorrent.Toutprès,courbéssousunarbre foudroyé,deuxhérosrecueillaientsesparolesSwarandes lacs,etStarnol'ennemidel'étranger.Ilss'appuyaienten silencesurleurssombresboucliersleursépéessedressaient danslanuit.L'obscuritééclateencrisaigus,deStarnoà labarbedefleuve. IlsontentendulespasdeFingal.Lesguerrierssesont levéstoutarmés.«Swaran,metsàterrecetétranger»,dit Starnol'orgueilleux.«Prendslebouclierdetonpère.C'est unrocaucombat.»Swaranlançasonbrillantépieu,quise plantadansl'arbredeLoda.Alorss'avancentlesennemis, armésdeglaives.L'acierferraillesurl'acier.Lalamede LunotraverselesmaillesdubouclierdeSwaran.Lebouclier rouleàterre.Leheaumefendutombeaussi.Fingals'arrête l'épéehaute.Enfureuretdésarmé,Swarans'arrêteaussi. Sesyeuxbougentensilence,iljetteàterresonépée.Puis traverseàgrandspasletorrent,etdisparaîtensifflant. Cenefutpassansquesonpèren'aitvuSwaran.Starno derages'estdétourné.Sesnoirssourcilssehérissentdecolère. Ilcognedel'épéel'arbredeLoda.Puisreprendlerefrain. QuiatteintleshommesdeLochlin,chacunsuivantsapropre etsombreroute,commedeuxtorrentscouvertsd'écume,au cœurdedeuxvalléespluvieuses! AuxplainesdeTurthorFingalestrevenu.Del'ests'est levéelabellelumière.EllebrillesurletrophéedeLochlin queleroitientàlamain.Danstoutesabeautélafillede Torcal-tornosortdelagrottequ'ellehabite.D'ungesteelle rassemblesachevelureêparsedanslevent.Etchanteàpleine voixlechantdeLulanauxcoquillages,jadishabitait sonpère.Ellevoit,couvertdesang,lebouclierdeStarnoet lajoierayonnesursonvisage.Ellevoitlecasquefendude Swaran.Ets'écartealors,assombrie,deFingal.«Tevoilà tombélelongdetestorrentsinnombrables,toiquifusaimé d'unefilleendeuil! »
U-thorno,quit'élèvesaumilieudeseaux!etqu'accom-pagnentlesmétéoresdelanuit!J'aivudescendrelalune assombriederrièretesboismurmurants!SurtonsommetLoda s'abritedanslesbrumesc'estquesetrouventlesesprits deshommes!Aufonddesademeuredenuagessepenche Cruth-Lodadesépées.Onvoitàpeinesaforme,dansles vaguesdebrume.Samaindroiteestsursonbouclier.Dans samaingaucheestlaconqueàdemiaveugle.Letoitdeson terriblepalaisesttouteslesnuitstraversédeflammes! LaracedeCruth-Lodas'avance,falaised'ombressans forme.Ilattendetfaitsonnerlaconquepourceuxquiont brilléàlaguerre.Maisildressesonbouclier,miroirassombri, entrelesfaiblesetlui.Météoreàsoncouchant,ilsecache despetitssansdéfense.Etbrillantecommel'arc-en-cielau-dessusdessources,voiciqu'apparaîtlaViergedeLulanaux seinsblancs.
SECOND
CHANT(SECOND
DUAN)
dit «es-tu,filsduroi?Duth-marunoauxnoirs cheveux.«es-tutombé,jeunerayondeSelma?Ilne revientpas,duseindelanuit!Lematins'étendsurU-thorno. Lesoleilestdanslebrouillard,surlamontagne. Guerrierslevezdevantmoivosboucliers.Ilnefautpasqu'il tombe,commelefeuduciel,quin'apassurlesoldeplace désignée.Ilarrive,commeunaigle,dansleventdeses tourbillons!Iltiententresesmainslesdépouillesdeses ennemis.RoideSelma,tristessontnosâmes». «Toutprèssontnosennemis,Duth-maruno.Ilss'avancent, commedesvaguesdanslabrume,etl'onaperçoitdetemps entempsleurécumeau-dessusduflotdeslentesvapeurs.Le