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La Nouvelle Revue Française N° 489

De
128 pages
Jean Grosjean, Jonathan
Jean-Pierre Chambon, Le chèvrefeuille
Vianney Freschard, L'affront
Jean-Yves Masson, Un retour (II)
Gil Jouanard, Reproduction interdite
Cioran, Manie épistolaire
Reconnaissances :
Richard Blin, L'écriture lumineuse de Gérard Macé
Jean Roudaut, Mallarmé et Proust
Gérard Bocholier, L'écorce et les feuilles (Montaigne et la poésie)
Georges Arès, Les Flaubert's Brothers (Réflexions sur Bouvard et Pécuchet) (Fin)
Christophe Carraud, La musique et le désœuvrement (II)Hervé Cronel, Bonheurs volés
Le fond de l'air :
Olivier Houbert, Traces
Richard Vernier, Tempo perduto
Marc Kober, Le Grand Cimetière
Xavier Patier, Trophée de chasse
Gérard Farasse, Derrière la porte
Jacques Réda, Gros Caillou - Carnet [dont 'Le prix des lettres' – 'Poussière']
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LANOUVELLE REVUEFrançaise
JEANGROSJEAN Jonathan
JonathanajuréàDavidqu'ill'aimaitcommelui-même. (ISamuelXX,17)
1
Jesuisilluminésousl'arbre.Salut,déclin.Adieumonjour. Tafuiteentremescils.sombrais-tu?Leshiersontinfran-chissables,lesdoutesmêmesnesontpasdesponts. Unehirondelles'attardeenl'airpourvoirpluslongtemps quemoilesoleilmepréférerl'ombre.Lesfeuxdusoirs'étei-gnentàl'horizoncommelesparolesdesancienssurlesseuils. Quepouvions-nousfaired'autre? Lecieldérivesurlemondeavecdesairsdepoèteégaré.Le cielsetordlespiedsdanslesornièresmaissesmainsse raccrochentauxbrises,ettoituassuteperdre. Lecielestblêmecommetonderniervisage.Lespavots
LaNouvelleRevueFrançaise
dormentdeboutdansl'ombre.Lessongesvoilésvisitentle cœur,maisl'insomniemaintientl'âmeendémence. L'ombreaufonddeschambresquittées.Laveilleusequi dorelesdorures.Quefaisions-nousdutempsdetonvisage? Quelautreorage?Leséclairsn'étaientquedesenfants. L'heuresetenaithorsdeportée.Lesgongsnevoulaient qu'émouvoir. Ouilesflamboiementsdel'invisiblemaisqu'est-cequ'un filsdeSaül,ousesfilles,ousonmusicien?Ouilesextrémités ducielmaisquandSaülfrappeàlaporte,est-cepoursouper? Quandvientlanuit,lesangesontdesrestesdecrépuscule danslescheveux,maisilsseconfondentviteàl'ombredes poutres.Ilssetaisentetj'entendslefrôlementdeleursfrères autourdelamaison,lesangesdesgrangesavec desbrindilles àlamain,ceuxdesjardinsavecdesparfumspleinlesbras. Est-cequ'ilsontunmaîtrequilesrappelleàl'ordreaupoint dujouroubiensid'eux-mêmesilss'évaporentdanslafraîcheur del'aube?Ilsmontents'asseoirsurlesnuesetilsvoguent, maisceuxquisontenretardseblottissentsouslesnoisetiers enattendantquereviennelaGrandeOurse.
II
Ilmecriaitsescris,visageàvisage.Uneviolenceinimaginée. Jen'aisuqueleregarderdanslesyeuxsansbravadenicrainte. J'étaissûrqu'ilnemetoucheraitpas,maisl'autoritéestaffreuse. Jenepensaisplusauxvictimes,j'avaisl'âmesoustraite.Et pourtant,àtraversseshurlements,unepaixdémesurée. Ehbienjesuistranquilledanssatroupe.Soncourrouxcontre toivoudraitmadisparition,maisl'arméenordienneneverse pasdesanginutile.Ellen'estpascommelesÉdomites.Elle esttropdisciplinéepourobéir. Quandtut'avançaiscontreGoliathtusavaisqu'êtrefortest l'ânerie.Çan'arrivejamaisàDieud'êtreleplusfort.
Jonathan
Etquandtucalmaislesfureursauliquesavectonbanjo,tu voyaisqu'ilnefautpasselaissercernerparlesprêches.Samuel saccageaitSaül.D'unlaboureurilavaitfaitunhommepublic etdel'hommepublicunhommetraqué. Saülnepouvaitpluss'abstrairedujugequepartonvisage ettesmélodies.Tuétaisladernièrechanced'unhommedont onavaitdésavouélamiséricorde. PitiépourleRoyalCircus.Samuelbafouaitsonointcomme ilavaitspoliésonpère.Ilnelaissaitpasd'issue.Ilinventait ledogme,lecodeetl'exaspération. Unpontifenepardonnepasqu'onpardonne.Mêmemort ilfaitleremords,maislarageestinhabitable.ÔDaoda,le Philistinn'estrienàcôté.ÔDaoda,souplecommel'osier,tu t'espliéàtoutjusqu'àlalimite.Alorsjet'ailaisséaller. SiserompaitnotrepactetabandedeSudoisauraitledessus. Çaenserait-iluntriomphe,commeonditquandonpassesur lepontdeRevin.Etonnousdisperseraitsurlesondes. Lejourjet'aivumebraverduregardavectonaudacieuse timidité.Leslaurierstetenaientmalsurlatêtequandtuas ripourcachertoncœur. Héritierdéjà?Qu'est-cequ'ondéchiffraitcontrelabarrière? Lesirisderrièrelecoursd'eau.L'ombredesfeuillessurlapage. Paroles,paroles.Ehbienletempss'estgâtéetn'alaisséqu'un textesansvoix. Daoud,Daoud,commeont'acclamaitàcorpsperdu.Ôles inconscienteschevelures,lesbrandissementsdefeuillageslelong desberges.Maisaufonddel'eaulezénithtremblait. Puisç'aétélapaix.Audétourdelalisière,lelongbeu-glementdel'ennuicommeàl'aurorelamouchequibâilleen mettantsesmainsdevantsabouche,etl'haleineépaissedu fumierfaceauxportes.Unesiestesansbornes,demincesnuages donttraînentlesjupes,lachutetambourineusedesfruits derrièrelessonges.
LaNouvelleRevueFrançaise
III
Leroiteguettecommeunaccident,commeunfossé,comme unretirementdelavie.Moisijerégnais,tumediraisles heures.Jusqu'àlamerd'armoisessurquoizigzaguentles blanchespiérides. Ouileroi estnocturnemaisilt'entendencoredufondde sonérèbe.Tonsouffledepâtreettesmainsdefrondeurlui fontunsentiersousboisavecdesétincellementsdesoleil.Tes dieuxdecordeetdecuivreensanglotsdanslesclairières. MaisgarertafamilleettesempletteschezMoab,tuperds latête,chèretête.Neserais-tuplusqu'uneapparence?Les gensnesontpaspartoutdesgens,ilsnesontpasdesgens pournous maisseulementpoureux. ÀGathtun'étaispeut-êtrepassifouquandtufaisaisles piedsaumuravecl'écumeauxlèvres.Ceux-làontvuque notrevieestàl'enversd'eux.J'yreconnaistesironiesqui agaçaientleroi.Tunedisaisrienmaistonsourire. JetevoisauxportesdeGath.Tudevaist'avancerde travers, commesourdd'uneoreilleetpassûrdetoi.C'estcommeça quetuastrompéGoliath.Lesmerisiersétaientenfleur. Akishs'estméfié,alorstuasforcéladose.Maisonnese déglinguepasgratis.Quetumentesestdebonneguerremais pasquetudélires.J'auraismaintenantàsuspectertafinitude? Àforcedet'adresseràtoutlemondetuexagères.Royal chezleroi,stratègeàl'armée,pieuxparmilesprêtres,païen enverslespaïens,cingléchezlesfous,crapuleparmilesbandits, jolicœurauprèsdesfemmes,casse-coudanslesrochers,mais quediras-tuauxmortsméconnaissables? Dérisoireslesemportements.Mêmelessagesveulenttout, maislavieéchappe.Jusqu'auxarbresquisontjalouxdeleur ombre,maisle cielàtraverslesfeuilles. Laluneenfindecourse.Lesscintillementsducielpâlissent.
LaNouvelleRevue
Française
sedésengourdissent),etle cielréputévidequand plénitudedebleu.
CARNET
iloscillesoussa
JACQUES
RÉDA
Achevéd'imprimerle21juin,lejourmêmedelamortdupoète,Pour AndréFrénaud(LeTempsqu'ilfait,CahierNeuf,encollaborationavec Obsidiane,dirigéparFrançoisBoddaert)rassemble,enprèsdetroiscents pages,uninéditdeFrénaud(GlosesàlaSorcière,surlemouvementXII),des documentsetdesphotographies,unebibliographiecomplète,etleshommages ouétudesdeprèsdecinquantepoètes,critiques,écrivains. Cesroulementsdanslavoixd'AndréFrénaud,notePascalCommère,donnent, àtraversuntimbrecombieninoubliable,combienpalpable,àlaconsonner sa véritabledimensionmétaphysique.C'estlalettredel'avancéedanslanuit,de lamarcheverslaclairière,aussibiendelamarchefunèbredelaNocenoire. Avancéecahotante,brinquebalante,commecescharroiss'acheminantlentement, dansunmoyen-âgebruissantdeprophétiesavinéesetchargéd'odeurs,versdes villesseulslieuxdelumièretraînantlesblocsdepierremaléquarrisqui servirontàbâtirlescathédrales. Lemêmemois,chezlemêmeéditeur,aparu,dirigéparTristanHordé, unCahierHuit,entièrementconsacréàJudeStéfansaluts,photos,biblio-graphie,études,nombreuxinédits. SurlemodedesBéatitudes(Raresceuxenquisavoirn'atuéforce,vigueur, franchise, audace,fraîcheinnocence,goûtditjeuextrêmescienceafortioridu vers,s'entend,etdel'antiqueautoutneufmême.),trèsbellecélébrationsignée parJ.-M.Michelena. RappelonsquelaNRFavait,dansson430(novembre1988),réservé àAndréFrénaudsarubriqueReconnaissances,et(enmai1990)unegrande partiedeson448àJudeStéfan. Jean-PierreLeGoff,quenousavionsaccueillidansledejuillet-août 1992,poursuitsonactivité
Uncollierpeutencacherunautre
Uncollierpeutencacherunautre.AprèsceluideLouiseBrooks,jevous soumetsceluideFannyViollet.Parfois,mescorrespondants,àdessein,m'envoient
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