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LANOUVELLE REVUEFrançaise
JEANGROSJEAN Jonathan
JonathanajuréàDavidqu'ill'aimaitcommelui-même. (ISamuelXX,17)
1
Jesuisilluminésousl'arbre.Salut,déclin.Adieumonjour. Tafuiteentremescils.sombrais-tu?Leshiersontinfran-chissables,lesdoutesmêmesnesontpasdesponts. Unehirondelles'attardeenl'airpourvoirpluslongtemps quemoilesoleilmepréférerl'ombre.Lesfeuxdusoirs'étei-gnentàl'horizoncommelesparolesdesancienssurlesseuils. Quepouvions-nousfaired'autre? Lecieldérivesurlemondeavecdesairsdepoèteégaré.Le cielsetordlespiedsdanslesornièresmaissesmainsse raccrochentauxbrises,ettoituassuteperdre. Lecielestblêmecommetonderniervisage.Lespavots
LaNouvelleRevueFrançaise
dormentdeboutdansl'ombre.Lessongesvoilésvisitentle cœur,maisl'insomniemaintientl'âmeendémence. L'ombreaufonddeschambresquittées.Laveilleusequi dorelesdorures.Quefaisions-nousdutempsdetonvisage? Quelautreorage?Leséclairsn'étaientquedesenfants. L'heuresetenaithorsdeportée.Lesgongsnevoulaient qu'émouvoir. Ouilesflamboiementsdel'invisiblemaisqu'est-cequ'un filsdeSaül,ousesfilles,ousonmusicien?Ouilesextrémités ducielmaisquandSaülfrappeàlaporte,est-cepoursouper? Quandvientlanuit,lesangesontdesrestesdecrépuscule danslescheveux,maisilsseconfondentviteàl'ombredes poutres.Ilssetaisentetj'entendslefrôlementdeleursfrères autourdelamaison,lesangesdesgrangesavec desbrindilles àlamain,ceuxdesjardinsavecdesparfumspleinlesbras. Est-cequ'ilsontunmaîtrequilesrappelleàl'ordreaupoint dujouroubiensid'eux-mêmesilss'évaporentdanslafraîcheur del'aube?Ilsmontents'asseoirsurlesnuesetilsvoguent, maisceuxquisontenretardseblottissentsouslesnoisetiers enattendantquereviennelaGrandeOurse.
II
Ilmecriaitsescris,visageàvisage.Uneviolenceinimaginée. Jen'aisuqueleregarderdanslesyeuxsansbravadenicrainte. J'étaissûrqu'ilnemetoucheraitpas,maisl'autoritéestaffreuse. Jenepensaisplusauxvictimes,j'avaisl'âmesoustraite.Et pourtant,àtraversseshurlements,unepaixdémesurée. Ehbienjesuistranquilledanssatroupe.Soncourrouxcontre toivoudraitmadisparition,maisl'arméenordienneneverse pasdesanginutile.Ellen'estpascommelesÉdomites.Elle esttropdisciplinéepourobéir. Quandtut'avançaiscontreGoliathtusavaisqu'êtrefortest l'ânerie.Çan'arrivejamaisàDieud'êtreleplusfort.
Jonathan
Etquandtucalmaislesfureursauliquesavectonbanjo,tu voyaisqu'ilnefautpasselaissercernerparlesprêches.Samuel saccageaitSaül.D'unlaboureurilavaitfaitunhommepublic etdel'hommepublicunhommetraqué. Saülnepouvaitpluss'abstrairedujugequepartonvisage ettesmélodies.Tuétaisladernièrechanced'unhommedont onavaitdésavouélamiséricorde. PitiépourleRoyalCircus.Samuelbafouaitsonointcomme ilavaitspoliésonpère.Ilnelaissaitpasd'issue.Ilinventait ledogme,lecodeetl'exaspération. Unpontifenepardonnepasqu'onpardonne.Mêmemort ilfaitleremords,maislarageestinhabitable.ÔDaoda,le Philistinn'estrienàcôté.ÔDaoda,souplecommel'osier,tu t'espliéàtoutjusqu'àlalimite.Alorsjet'ailaisséaller. SiserompaitnotrepactetabandedeSudoisauraitledessus. Çaenserait-iluntriomphe,commeonditquandonpassesur lepontdeRevin.Etonnousdisperseraitsurlesondes. Lejourjet'aivumebraverduregardavectonaudacieuse timidité.Leslaurierstetenaientmalsurlatêtequandtuas ripourcachertoncœur. Héritierdéjà?Qu'est-cequ'ondéchiffraitcontrelabarrière? Lesirisderrièrelecoursd'eau.L'ombredesfeuillessurlapage. Paroles,paroles.Ehbienletempss'estgâtéetn'alaisséqu'un textesansvoix. Daoud,Daoud,commeont'acclamaitàcorpsperdu.Ôles inconscienteschevelures,lesbrandissementsdefeuillageslelong desberges.Maisaufonddel'eaulezénithtremblait. Puisç'aétélapaix.Audétourdelalisière,lelongbeu-glementdel'ennuicommeàl'aurorelamouchequibâilleen mettantsesmainsdevantsabouche,etl'haleineépaissedu fumierfaceauxportes.Unesiestesansbornes,demincesnuages donttraînentlesjupes,lachutetambourineusedesfruits derrièrelessonges.
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III
Leroiteguettecommeunaccident,commeunfossé,comme unretirementdelavie.Moisijerégnais,tumediraisles heures.Jusqu'àlamerd'armoisessurquoizigzaguentles blanchespiérides. Ouileroi estnocturnemaisilt'entendencoredufondde sonérèbe.Tonsouffledepâtreettesmainsdefrondeurlui fontunsentiersousboisavecdesétincellementsdesoleil.Tes dieuxdecordeetdecuivreensanglotsdanslesclairières. MaisgarertafamilleettesempletteschezMoab,tuperds latête,chèretête.Neserais-tuplusqu'uneapparence?Les gensnesontpaspartoutdesgens,ilsnesontpasdesgens pournous maisseulementpoureux. ÀGathtun'étaispeut-êtrepassifouquandtufaisaisles piedsaumuravecl'écumeauxlèvres.Ceux-làontvuque notrevieestàl'enversd'eux.J'yreconnaistesironiesqui agaçaientleroi.Tunedisaisrienmaistonsourire. JetevoisauxportesdeGath.Tudevaist'avancerde travers, commesourdd'uneoreilleetpassûrdetoi.C'estcommeça quetuastrompéGoliath.Lesmerisiersétaientenfleur. Akishs'estméfié,alorstuasforcéladose.Maisonnese déglinguepasgratis.Quetumentesestdebonneguerremais pasquetudélires.J'auraismaintenantàsuspectertafinitude? Àforcedet'adresseràtoutlemondetuexagères.Royal chezleroi,stratègeàl'armée,pieuxparmilesprêtres,païen enverslespaïens,cingléchezlesfous,crapuleparmilesbandits, jolicœurauprèsdesfemmes,casse-coudanslesrochers,mais quediras-tuauxmortsméconnaissables? Dérisoireslesemportements.Mêmelessagesveulenttout, maislavieéchappe.Jusqu'auxarbresquisontjalouxdeleur ombre,maisle cielàtraverslesfeuilles. Laluneenfindecourse.Lesscintillementsducielpâlissent.
LaNouvelleRevue
Française
sedésengourdissent),etle cielréputévidequand plénitudedebleu.
CARNET
iloscillesoussa
JACQUES
RÉDA
Achevéd'imprimerle21juin,lejourmêmedelamortdupoète,Pour AndréFrénaud(LeTempsqu'ilfait,CahierNeuf,encollaborationavec Obsidiane,dirigéparFrançoisBoddaert)rassemble,enprèsdetroiscents pages,uninéditdeFrénaud(GlosesàlaSorcière,surlemouvementXII),des documentsetdesphotographies,unebibliographiecomplète,etleshommages ouétudesdeprèsdecinquantepoètes,critiques,écrivains. Cesroulementsdanslavoixd'AndréFrénaud,notePascalCommère,donnent, àtraversuntimbrecombieninoubliable,combienpalpable,àlaconsonner sa véritabledimensionmétaphysique.C'estlalettredel'avancéedanslanuit,de lamarcheverslaclairière,aussibiendelamarchefunèbredelaNocenoire. Avancéecahotante,brinquebalante,commecescharroiss'acheminantlentement, dansunmoyen-âgebruissantdeprophétiesavinéesetchargéd'odeurs,versdes villesseulslieuxdelumièretraînantlesblocsdepierremaléquarrisqui servirontàbâtirlescathédrales. Lemêmemois,chezlemêmeéditeur,aparu,dirigéparTristanHordé, unCahierHuit,entièrementconsacréàJudeStéfansaluts,photos,biblio-graphie,études,nombreuxinédits. SurlemodedesBéatitudes(Raresceuxenquisavoirn'atuéforce,vigueur, franchise, audace,fraîcheinnocence,goûtditjeuextrêmescienceafortioridu vers,s'entend,etdel'antiqueautoutneufmême.),trèsbellecélébrationsignée parJ.-M.Michelena. RappelonsquelaNRFavait,dansson430(novembre1988),réservé àAndréFrénaudsarubriqueReconnaissances,et(enmai1990)unegrande partiedeson448àJudeStéfan. Jean-PierreLeGoff,quenousavionsaccueillidansledejuillet-août 1992,poursuitsonactivité
Uncollierpeutencacherunautre
Uncollierpeutencacherunautre.AprèsceluideLouiseBrooks,jevous soumetsceluideFannyViollet.Parfois,mescorrespondants,àdessein,m'envoient
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