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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
NUNOjûdice Poèmes
voyage
EnquittantLisbonne,souslapluie,enhiver, lecœursetransformeennuage,priant leventdenepassouffler,lesommetdescollines denepasagiterlesaiguillesdespins,le chasseurdenepasviserl'oiseauenquêted'un havredebrume.Lesfleuves,cependant, s'écoulentavecforce.Lourdsdeglaise, ilsdévorentleursberges.Quelqu'unhésite àlestraverser;unautrese limiteàobserverlecourant.Leuresprit suit,déjà,ladirectionducouchant.Plushaut, néanmoins,lescieuxd'unenaturedégagée dupoidsdel'eaupermettentàl'âmedereprendre
L'astérisquedésignelespoèmesextraitsdurecueilUmcantonaespessuradotempo, Quetzaleditores,1993.Lesautrespoèmessontinédits.
desforces.Ellenesertàrien,lalecturedes philosophessilecheminnenousapasconduits, auparavant,àun paysdécouvertetsansphrases. L'imaginationaétébrûléecommel'essence dansleréservoir.Leslèvresse figentdansl'abstractiondesformules, ignorantlesmotsdesdialogues habituels.«D'oùvenez-vous?»,ou«Pourquoiavez-vous tanttardéàvenir»Cequejeveuxsavoir,c'est pourquoicesfenêtresontbattu; d'oùsontvenues lespierresquinous empêchentd'entrer;laquelledesdernières geléesabrûlélesarbustes dujardin?réponsesmoins qu'évidentes.Letempsnouscachetout; etlanuitrecouvriratoutechosedeson apparenteharmonie.
CAMONIENNE
Quies-tu,Barbara,quidemeures dansunpoèmequel'on étudieetrécite danslesécoles, toiquit'eslimitéeàêtreaimée d'unpoètequi,peut-être,net'a riendonnéd'autreenéchangedecetamour qu'unpoèmequetoi,peut-être, tun'asjamaisentendu?Quies-tu, ôfemmeplusréellequece poètequit'achantée,etdontnulne saitriensicen'est
qu'ilt'aaimée,etmisedans cepoèmetuvisencore,etrespires, commeaujourill'aécrit, serappelanttoncorps,ettes lèvres,etlesjours,oulesnuits, qu'ilpassaprèsdetoi?Quies-tu, femmeréelleetrêvéequihabites touslespoèmesquecepoème ainspirés,ettouslesrêvesqui onttrouvéencetteBarbarauneimage préciseetdéfinitive?Retourne-toi danscesvers,pourquenousvoyions tonvisage,etdis-noustonnomtonnom authentique,etnonpasceluiquelepoète ainventépourt'appelerdansunpoème quinegardelesecretquede toiseule; dors,ensuite,oubliant cequ'onaditdetoi,etlescommentaires donttuasétéleprétexte,etlesimages chaquefoisdavantage,tuasperdu cetteimageunique,latienne.
IMAGE
L'hommequiparlaittoutseuldanslagarecentralede Munich quellelangueparlait-il?Quellelangueparlent-ils,ceuxqui seperdentainsi,dans lescouloirsdesgaresferroviaires,lanuit,quandplusaucun kiosquenevendnijournauxnicafés?L'hommede Munichnem'ariendemandé,iln'avaitmêmepasl'airde
quelqu'unquiavaitbesoindequelquechose,c'est-à-direqu'il avaitl'air d'unhommeparvenuàcetétatultime quiestceluideceuxquin'ontmêmepasbesoind'eux-mêmes. Cependant, ilm'aparlédansunelanguesanscorrespondanceavec quelque langageparmiceuxquipeuventexprimeruneémotion ouunsentiment,selimitantàunesuitedesonsdontla logique necontrariaitpaslanuit.Medemandait-ilsiàtouthasard jecomprenais salangue?Ouvoulait-ilmediresonnom,d'oùilvenait àcetteheureplusaucuntrain n'arrivaitninepartait?S'ilm'avaitditcela, jeluiauraisréponduquemoinonplusjen'attendaispersonne, neprenaiscongédepersonne,danscecoind'unegare allemande;maisj'auraispuluirappelerqu'ilyades rencontresquinedépendent queduhasard,etquin'ontbesoind'aucunarrangement prévu pourseréaliser.C'estalorsqueleshoroscopesprennentdu sens; etlavieelle-même,au-delàd'eux,accordeunedestinéeà lasolitudequipousse quelqu'unversunegaredéserte,àl'heurel'onn'achète plus dejournaux,l'onneboitplusdecafés,restituantainsi unreliquatd'âmeaucorps absentcequ'ilfautpourétablirundialogue,bienque tousdeuxnoussoyonsl'ombredel'autre.C'estqu'àcertaines heuresdelanuit, personnenepeutgarantirsapropreréalité,nimêmequand l'autre,
LaNouvelleRevueFrançaise
pointedespieds.Unriensuffiraitpourdissipercettefragilefantas-magorie. Iléquilibrelessouffles,luiaussi.
JACQUES
RÉDA
GÉRARDFARASSE
Au
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Toutd'uncouptouslescarreauxvibrentdansleurencadrement debois.C'estlemêmefrissonquipasseàladescente,àlamontée, aumomentilfautmodifierl'intensitédecourant.D'unquartde touràdroiteouàgauche,lebrasdugrosvieuxmécanismerepart commeceluid'unmoulinàcafébloqué.Puis,sansdouteparcequ'on aperçoitenmêmetempsuntriangleétincelantdelamerdePaille, onpenseàquelquefrusteetsolideappareildenavigation.Mais l'appelaufluxd'énergie,oulemêmegesteinversantlacoursedu braspourlerefouler(encorequesapoignéeenboulesupposel'exercice d'unevraiepoigne),unenfants'entirerait,etriennel'inquiéterait danslesoupirquilesaccompagneensourdine.Dieusaitpourtant cequesaconcentrationdansunregistreaigu,maîtrisé,réduità ce qu'onprendraitpourunbrefbourdonnementd'oreille,exprimeen faitdepuissancephénoménalecaptéeàmêmelessourcesdel'univers, etcommeàseulefindegouvernerlesévolutionsdecetteboîte.C'est lechantultrasoniquedelaFéeÉlectricité,cellequ'avénéréeet célébréelexix*siècle,etquiagardépournouslestraitsdesjeunes reinesdecetemps,inaugurantencrinolinedesexpositionsd'éclairs etd'étincelles.Certesl'électriciténevieillitpas(dumoinsjele suppose),maissesmodesdeproductionetd'emploiontchangéau pointdebannirtoutereprésentationallégorique.Sibienquela survivanced'unmatérieldatantdedamesvoiléesdetulle,cuirassées decorsets,laisseendépitdetoutl'illusionqueleboîtiers'alimente àunréservoirinépuisabledewattsmillésimés.Etlepasséseréactualise dansleslonguesavenuesplates,perpendiculairesoù,biendense,bien carréeaurasdusolentresapercheondulanteetlesrailscreux,la massedechaquepetittramcirculeaveclalégèretéd'unsouffle,
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