La Nouvelle Revue Française N° 497

De
Georges L. Godeau, Le Bon Temps
Avec Georges L. Godeau :
Yves Leclair, Fond de rivière
Pierre Autin-Grenier, Godeau, Dieu et le camembert
Guy Bellay, Partager avec Godeau
Gérard Bocholier, Un feu qui danse
Louis Dubost, La poésie Godeau
Guy Goffette, Une journée avec Godeau
Gil Jouanard, Godeau est là, mais la rumeur ne le sait pas
Jacques Réda, Ce qui se passe
Hédi Kaddour, Le Marcher gauche
Georges L. Godeau, Petite anthologie des Poèmes inaperçus
Jean-Pierre Ostende, Nous, de la tribu des Embarras
Gaston Puel, Père oraison
Jean-Pierre Martin, Fauteuil d'orchestre
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072379079
Nombre de pages : 128
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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
GEORGESL.GODEAU
Le
Bon
Temps
L'ÉCHELLE
L'échelledufumistesurgitdansmoncarreau.Elles'allonge commeuntélescope. Aupied,l'hommes'engage.Ilporteunbaquetsurl'épaule. Lapluiefouette.Ilmontelentement.L'échellepliecommeun roseau. J'écartelerideau«Saletemps!»Amical,ilclignedel'oeil puisreprendl'ascension.Sessouliersferrésglissentsurlesbarres. J'attendspourrespirerquel'échelles'immobilise.
MONTERLAGRUE
1956
Monterlagruesurunnouveauchantierestunplaisir.Je portelesbarrescommeunlanceurdejavelot,jeleslèveetles tienscommeunéquilibristeetj'aiencoreletempsdecaler monbéretàcausedusoleil.
LaNouvelleRevueFrançaise
Ilgèledurmaisjepréfèrecentfoismaplaceàcelledes gensdebureauquinousregardenttravaillerderrièreleurs vitres.Ilssontenfumés.Jepariequ'ilsontlespiedsfroids. Moijerespireàpleinspoumonsetmarchesurlabraise.
IMPOSTURE
MllePasquiergardelasalledeslivres.Quandjelarencontre, noustraversonslaville,Tchekhovsurnosépaules.Laporte delabibliothèquenousguillotine. Aujourd'hui,elleestpâle.Car elleaapprisjepublieun livre.CommentoseraprèsOncleVania?Ellebredouillequand mêmeunmotpuisellepasseausuivant.Jechercheailleurs lapoignéedelaporte.Dehors,le cielpurdejanvierestd'accord avecelle.
VIS-À-VIS
Lundi,j'arpentelarive,jem'assoissurmaboîteàpêcheet jefumedescigarettes,quandj'enai.L'hommed'enfacequi ouvresesvoletsditàsafemme«Ilestdéjà»puis,par bontéd'âme,ilmesalue.Parfois,jeréponds.Chômeur,ilfaut bienquejesoisquelquepartetici,derrièrelebuisson,personne nemevoit.Sauflui.C'estunvieuxquiattendlefacteur, l'herbeàsortir,lamort.Enfait,c'estmoiquigagne.
FOUDESLIVRES
Ilnes'enquiertpasdemabibliothèque,ilyentreparerreur, ils'approchedesétagères,ilcaresseleslivresdesyeux,dela
LeBonTemps
mains'ilosait,iloseunmoment,iltripotel'ouvrage,ilen change,ilrevient,ilvoudraitlesprendretousàlafois,les tenir,lesemporterpourleslirechezlui,lesgarderpeut-être. C'estunhommelongetfragilequisecachederrièreseslunettes poursurprendreencorequelquechose.Toutcequ'ilignoreest dehors.
MALADES
Ilsontdebellesmaisons,lavuesurlaplaine,leseaux,des chiensfidèlesetdèslematin,onlescroisesurlaroute,ils voussaluentduhautdeleurvoiture,ilsvontau marché,dans lesbureaux,lesmagasins.Ilsn'ontbesoinderien,simplement desautres,delescôtoyer,delesaccoster,leurparler.Cen'est pasqu'ilsaientquelquechoseàdire,d'utile,d'urgent,mais d'entendredesvoix,laleur,serassurer.Commes'ilsavaient peur,ilsnesaventdequoi,maisdequelquechosedenoir, froid,quilesangoisse,lesétouffe.Surlaroute,lestrottoirs, lesplacespubliques,ilssontmieux,ilsreprennentdesforces, desaudaces,desonnerchezvousauretour,deresteruneheure, sefaireinviter,àdéjeuner,d'êtrelà.Rentrerchezeuxlesscie. Ilsontdesexcuses,ilssontseuls,ilsnelisentpas,ilsne rêventpas,ilsn'ontriendanslatête,dansleurspoches,que leurchéquieretdespastillesenchocolatquilesconstipent.
PHILOSOPHIE
Lavieestpresquepassée.Derrière,jen'airienlaissé,rien apprissaufunpeudesagessequimetrahitàlademande.En fait,jenedemanderien,quetenirdebout,marcher,manger, boireetlesoirm'endormirtranquille.L'hommenaîttrans-parentets'enva demême,parlaforcedeschoses.
LaNouvelleRevueFrançaise
SURLETROTTOIR
Lesenfantsquivontàlapiscineroulentàbicycletteenfile indienne.Ilsévitentlescaillouxpournepasdéraperettomber surlachausséelamortveille. Quandilsrepassentaprèslebain,la têtedanslalune,ils semoquentdespierres,ilslèventlesdeuxbraspoursaluerles voituresetenvoyerdesbaisers.Aimerlemondeestleuraffaire.
LES
MAILLERT
Ilsontquatre-vingt-dixans,leursvisagesrayonnent.Ilssont contentsdemevoirpourdirequemesdessinschezJean lesemballent.Gêné,jerépondsquecenesontpasdeslapins, deschevaux,etquelapeintureabstraiten'aguèredesens.Ils rétorquentquej'aitortetquechaquetoileestunmondeplus beauquelevrai. J'ailecroireunjour.
JEVAIS
Jevais,jemeplains,jesouhaitemourir.Puisunemanne tombe.Lamortestinsenséequandlemondeestsibeau.La jeunefemmequirevientdumarchéetquichangesonpanier demainestheureusecardemainellereçoitdumonde,elle feralacuisine.Sesbrastirent. Jesuisunejeunefemmequiporteunemanne.
LaNouvelleRevueFrançaise RAINERMARIARILKE LettresàYvonnevonWattenwyl,traduitdel'allemand parYvonneGmüretprésentéparMarcdeLaunay. PoèADOmLFRUDNeICKIs. PAUL DEROUX Lorsqueleferfutrefroidi,traduitdupolonaisetprésenté parJean-YvesErhel
SALAHSTÉTIÉ L'Ouvraison(ChristianGuezRicord)(I) (fin). L'Ouvraison(ChristianGuezRicord) JOHNTAYLOR Daviet. Quandl'étéfutvenu,traduitdel'anglaisparFrançoise Vigny. JÉRÔMETHÉLOT LaPrièreselon OSWALDVONWOLKENSTEIN «Bourlinguera,traductiondeJacquesLegrand
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