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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
ANDRÉDUBOUCHET
Pages
de
carnet
octobre1960
ledésird'avoirprise etquiparexcèsdeprécisionaussitôtramèneàladébâclepar lesraccourcislesplusrapidesceriensurlequel ouvrel'irréalisable.
Baudelaire.
parleriendeladésillusion,existenceatteinte, désillusionardente
leventtombé,jamaisjenesuisallésiloin
entreladoublemontagne d'air nuagequisedéchireilaadhéré
pourêtreici,tutraverses l'immense,tuesdansl'immense etaupieddel'immense
LaNouvelleRevueFrançaise
tranquilliséparcequiestplusvaste unsouffle
plutôtcejour inconnu
portéaurouge s'estéteint
terrequiensoleillelecielnoir
accouru
àsoi,terre, alorsd'illuminer
discernerchaleurdansladouleur
etdansleventsitôt l'immobilité
maisunearrivée seradépartaussitôt,danscequis'annulecommenttrouver letempsd'arrêt
silonguelastation
demainestdepierreetnousavonspied
etparstationsleventvenait
riendequil'arespiré
danslefeutusauras
le cielneveut
Pagesdecarnet
jusqu'auxvantauxaveuglants
poursereconnaîtrelame
montagnedepièceenpièce
letranchantdel'auroreilfaut avoirététerre
chambreàuneportéedepierre
demêmequedansl'étendue meuble avanceral'entamequiéclaireetlajoue froidedusoc
imageduventdanslesflaquesjusqu'auxcouturesdu pierrieraveuglant
cequiparleplushautquele feu c'estànouveaulecheminsansornièresnuln'estpassé
etpartousleschemins lesurcroît
LaNouvelleRevueFrançaise
tuavancespournepasbrûler
février1961
situt'appuies,tu t'enflammes
lachambre quejecoupeendeux comme unebûcheséparelaflamme
étenduequipassedel'autrecôtédelaparole danslaplainefroideouverteau jour
jesuisdebout
hommeseffacés dela surfacedeschampsiln'ya qu'ungrandfroiddebout
decettebrume j'aiextirpélefroid
cedard plusancienquelafoulée
lefroid
pierrefauveextirpéeavantlafindesdernièresmeules etdujourl'orage
enseigne-moi,orage
Pagesdecarnet
ledernier surletracteursansphares
passerparlechemincreusé
deuxfoisilafallu
plusvitedanslelitduvent surl'appuiduventquipasuninstantici nefaitdéfauticileventatournésanschemin
acommencéennous
horizondeslointains
laclartéquinoustire àelle
leslointainstisonnentpourqu'ici nous nousreconnaissions
lefeudéjàallumédanslapièce
ouvrelaporteàl'orage,
dufeuallumé danslapièce
lesoir,quandlapoudredeslaboursrouléstiresurlefroid douceurdel'autreétéet quelalumièrede laterrelalourdelumièredelaterredélaissée parlesoleilalorsapparaîtisolée.
LaNouvelleRevueFrançaise
despremièresaileschasséesparlepas
toutestaligné
poudre
lefrontneprécèdepluslecorps
j'aivoulufaireplaceaufeu
parolejamaisrassiseparole qu'elledevienneaussidurequel'empierrementquandla paroleauradurcicommelescheminsetlaboisson deslabours perduesouslaballed'unautreété
unefinladestructionunecommotionmaisque lescheminsinconnus soientaussifermesquelaparole,nouspasserons
lefroidpeut-être
ladentdufroid
estrentrédanslesterres
unpas
etlevillage
uneseulepenséequiépuiseets'exténue etànouveaufasserayonnerlesterresarides quandlesoleil s'estretiré
lampequiapparaîtsansquenousl'appelions quandnousnesommespas
cettelampe auborddeslèvres,lorsquel'irrespiréaatteint
etmême
sanssavoir,
Pagesdecarnet
lejourapparaîtparletraversdelapenséeexténuée
jemetrouveaumilieudupremierjourvenu
unecharrue s'affaireplushautquelesnuagesdesrouesdelaplaine
ladéchiruremême
lafraîcheurdelafaux
unelampe
jedemeuredansleprochevaporisé
serelève
avril1961
àl'épauledéjà
l'orageaprès troisjoursayanttrouvésonchemin,l'air
j'aiétévivantsurcetteroute
airfroidquisouffle,il alachaleurdesmursdelamaisondisparue
l'airliéviendra
grésil
vaclore
LaNouvelleRevueFrançaise
desboutonsd'oràl'instantlalampe
cen'estquelechampàtraversermais nousfinissonssur cechampaussitôtreprendl'éclat
vent leventquin'attendpasquejesoisparvenupourreprendre
surlecoupant alorsquenous
tudors
leventsarcle
lechatoiementdufroid quenoussoyonsendormis desplateaux,etcettelampevertequiveille, dormons,etellebrûle
orient
labâche
matière delaroutequisèche,déjàfleurie denuagesblancs
mai1961
laparolesevaporiseetsur cetteparole jecourscommelevent
claquantdanslelointain ou,àmesjambes,leclaquementde
Un pour Un
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