La Nouvelle Revue Française N° 498

De
Carnets :
André Du Bouchet, Pages de carnet
Pierre Alechinsky, À la petite semaine
Marcel Arland, Au seuil du silence
Jacques Borel, Pages de carnet
Philippe Denis, Notes lentes
Guy Goffette, Bucarest, aller-retour (III)
Gil Jouanard, Le monde est là
Roger Munier, Opus incertum
Richard Rognet, Passant fragile
Claude Roy, Pages d'écriture
Pierre Leyris, Stephen Crane correspondant de guerre
Stephen Crane, Une bataille en Grèce
Yves Bichet, Les oiseaux
Didier Duprat, Le Bosphore
Didier Pobel, Poèmes avec des oiseaux, des ânes et quelques anges
Olivier Houbert, En vue d'une flamme
Reconnaissances :
Jean Biermez, Camus et le non-agir
Jacques Chailley, Mes deux ballets avec Jean Cocteau
Jacques Drillon, Les siamois (Proust et Debussy)
Le fond de l'air :
Chantal Thomas, Fillette à l'oiseau mort
Christian Jacomino, Griffures
Georges Arès, Le traducteur dans tous ses états
Jacques Réda, Mes grandes étapes
Ma Desheng, Chanson
Publié le : lundi 13 avril 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072385599
Nombre de pages : 224
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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
ANDRÉDUBOUCHET
Pages
de
carnet
octobre1960
ledésird'avoirprise etquiparexcèsdeprécisionaussitôtramèneàladébâclepar lesraccourcislesplusrapidesceriensurlequel ouvrel'irréalisable.
Baudelaire.
parleriendeladésillusion,existenceatteinte, désillusionardente
leventtombé,jamaisjenesuisallésiloin
entreladoublemontagne d'air nuagequisedéchireilaadhéré
pourêtreici,tutraverses l'immense,tuesdansl'immense etaupieddel'immense
LaNouvelleRevueFrançaise
tranquilliséparcequiestplusvaste unsouffle
plutôtcejour inconnu
portéaurouge s'estéteint
terrequiensoleillelecielnoir
accouru
àsoi,terre, alorsd'illuminer
discernerchaleurdansladouleur
etdansleventsitôt l'immobilité
maisunearrivée seradépartaussitôt,danscequis'annulecommenttrouver letempsd'arrêt
silonguelastation
demainestdepierreetnousavonspied
etparstationsleventvenait
riendequil'arespiré
danslefeutusauras
le cielneveut
Pagesdecarnet
jusqu'auxvantauxaveuglants
poursereconnaîtrelame
montagnedepièceenpièce
letranchantdel'auroreilfaut avoirététerre
chambreàuneportéedepierre
demêmequedansl'étendue meuble avanceral'entamequiéclaireetlajoue froidedusoc
imageduventdanslesflaquesjusqu'auxcouturesdu pierrieraveuglant
cequiparleplushautquele feu c'estànouveaulecheminsansornièresnuln'estpassé
etpartousleschemins lesurcroît
LaNouvelleRevueFrançaise
tuavancespournepasbrûler
février1961
situt'appuies,tu t'enflammes
lachambre quejecoupeendeux comme unebûcheséparelaflamme
étenduequipassedel'autrecôtédelaparole danslaplainefroideouverteau jour
jesuisdebout
hommeseffacés dela surfacedeschampsiln'ya qu'ungrandfroiddebout
decettebrume j'aiextirpélefroid
cedard plusancienquelafoulée
lefroid
pierrefauveextirpéeavantlafindesdernièresmeules etdujourl'orage
enseigne-moi,orage
Pagesdecarnet
ledernier surletracteursansphares
passerparlechemincreusé
deuxfoisilafallu
plusvitedanslelitduvent surl'appuiduventquipasuninstantici nefaitdéfauticileventatournésanschemin
acommencéennous
horizondeslointains
laclartéquinoustire àelle
leslointainstisonnentpourqu'ici nous nousreconnaissions
lefeudéjàallumédanslapièce
ouvrelaporteàl'orage,
dufeuallumé danslapièce
lesoir,quandlapoudredeslaboursrouléstiresurlefroid douceurdel'autreétéet quelalumièrede laterrelalourdelumièredelaterredélaissée parlesoleilalorsapparaîtisolée.
LaNouvelleRevueFrançaise
despremièresaileschasséesparlepas
toutestaligné
poudre
lefrontneprécèdepluslecorps
j'aivoulufaireplaceaufeu
parolejamaisrassiseparole qu'elledevienneaussidurequel'empierrementquandla paroleauradurcicommelescheminsetlaboisson deslabours perduesouslaballed'unautreété
unefinladestructionunecommotionmaisque lescheminsinconnus soientaussifermesquelaparole,nouspasserons
lefroidpeut-être
ladentdufroid
estrentrédanslesterres
unpas
etlevillage
uneseulepenséequiépuiseets'exténue etànouveaufasserayonnerlesterresarides quandlesoleil s'estretiré
lampequiapparaîtsansquenousl'appelions quandnousnesommespas
cettelampe auborddeslèvres,lorsquel'irrespiréaatteint
etmême
sanssavoir,
Pagesdecarnet
lejourapparaîtparletraversdelapenséeexténuée
jemetrouveaumilieudupremierjourvenu
unecharrue s'affaireplushautquelesnuagesdesrouesdelaplaine
ladéchiruremême
lafraîcheurdelafaux
unelampe
jedemeuredansleprochevaporisé
serelève
avril1961
àl'épauledéjà
l'orageaprès troisjoursayanttrouvésonchemin,l'air
j'aiétévivantsurcetteroute
airfroidquisouffle,il alachaleurdesmursdelamaisondisparue
l'airliéviendra
grésil
vaclore
LaNouvelleRevueFrançaise
desboutonsd'oràl'instantlalampe
cen'estquelechampàtraversermais nousfinissonssur cechampaussitôtreprendl'éclat
vent leventquin'attendpasquejesoisparvenupourreprendre
surlecoupant alorsquenous
tudors
leventsarcle
lechatoiementdufroid quenoussoyonsendormis desplateaux,etcettelampevertequiveille, dormons,etellebrûle
orient
labâche
matière delaroutequisèche,déjàfleurie denuagesblancs
mai1961
laparolesevaporiseetsur cetteparole jecourscommelevent
claquantdanslelointain ou,àmesjambes,leclaquementde
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