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La Nouvelle Revue Française N° 216

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La Nouvelle Revue Française N° 553

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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
JEAN-PIERREGEORGES Troispeupliersd'Italie
SURLESBRAS
Aumarché,onmeposel'insidieusequestion.Jeneréponds pas.Jecomptesouparsoucarjeneveuxplustravailler.Je veuxquelenon-sens,memontantàlagorge,mesubmerge, débordeetque,toutruisselantd'uneabsencetotalederaison d'exister,jedébouchedanslaclairièrepoudréedesoleilon joueMozart. Àdéfautdecliché,jepréfèrem'avoirsurlesbras.Untype encombrant,incapabledefairenibiennimal.Certesunpeu attardé,quoiquematois. Àcetteheurematinalelesretraitéspullulent,cesontles pires.Ilsvousfauchentvotretour,filententrottinantpartout commedeslapinsmécaniques.Bouddha,s'ilteplaît,voleà monsecours!Mevoiciencoresanstendressedansunmonde grimaçant.
LaNouvelleRevueFrançaise
ENCHARGE
Ilesttoujourstrèsdifficiledesecouperdetout.Nefût-ce qu'unlundimatin,quandtoutesettous,aprèsuncafétrop fortavalédebout,ayantpassésouslejougune têtebouffie,se sontruéssurmanettesetboutonspourque reprennesansfaute lebranleabsurde. Lemondenonutilitaireenrestecommehébété.Secouéde vrombissementssourds,ilfaitdelaprésence;ildérangerait presque,samauvaiseconscienceestcertaine.J'aipourmapart «encharge»quelquestoitsdebâtimentspublics,unénorme tilleul,etunepetiteportiondelarivedroiteducanaldu Berry. Biensûrcen'estpasuneprofession,nimêmeuneactivité. Maisjelesassured'unebienveillance,d'unehumaineconni-vence.Deuxhectomètresplusloin,quelqu'und'autreprendle relais.Sansdouteunevieillesurunechaisedépaillée,oubien quelquegrandfilstrentenairequ'onditdéficientintellectuel léger.
ABATTEMENT
Aujourd'huilaviefaittrèsmalderrièrel'omoplategauche. Ungrandabattementpasseaurouleaud'essoragelesboutsde guenillesdemesvirtualités.Ilensort unjuspasasseznoir pourécrireavec. Descrisaigusd'enfantsmêlésàdescoupsdeburinfontun environnementsonorepropreàsemédicamenter.Unpetit drapeaudélavé,déchiqueté,batfaiblementdansunezone désertéeparl'activitécellulaire.
Troispeupliersd'Italie
Monsexeveutbientout.Ilestcommel'eau.Ilépouse touteslesformesdansuncomadépassé.Demidijusqu'au soirprocessiond'heuressordides,évoluantàtrèsbassealtitude.
CONQUEPENTADACTYLE
Quandlepoucefourrelebec,unefragrancemusquéeenvahit laconquepentadactyleetpénètreaucerveauparlesvoies respiratoires. Lanuitn'estpastoutde suitevisible.Leseptentrionalunit sanslamoindresecousse.Toutsefigedanslescheveuxblancs d'unnonagénairemincecommeunecartepostale. Lesentimentdelaviereçoitunpincementterribledansla régionlombaire.Sentences,dictonsetparataxescomparaissent lesyeuxbaissés.Leverdicttombe lourdement.
COMBLER
L'ATTENTE
Ilarrivequ'unhomme,s'asseyantàsatablepourécrire, n'écriverienpendanttroisheures.Sonhumeurn'enestpas altérée.Sécheresseetprofusionexistentmêmement.Lesenti-mentdutempscoulantenvainestuneidéed'humain,età cetitreparfaitementnégligeabledupointdevueduchienou ducosmos. Pourquoiserais-jeplusexigeantqu'unbasset,qu'uneétoile? Poussésparl'instinctdereproductionmesparentsm'ontfait. Jedois,moiaussi,poserquelquescrottesautourdemonterrier avantdedisparaître. Cepassagesurterrechanceoucalamité?Dualismeexcessif. DeshommesayantcouchéavecBrigitteBardotouCatherine Deneuven'ontpasparupleinementsatisfaitsdeleursort.Il
LaNouvelleRevueFrançaise
sembleassezbienétabliquerienici-basn'estenmesurede comblerl'attente.Nousn'ensavonspasplus.
LETEMPSRECULE
Pardécisiond'état,letempsrecule.«J'avanceenâgemais jereculeentouteautrechose»disaitlecherGeorgesPerros. Aujourd'hui,s'ilvivait,ilreculeraitaussienâge.Sadisparition prématuréeluiépargnecetavatar. Ilfaudradoncs'accoutumeràavoirdevantsoicetteheure vécuepourrien,cebrouillondevie,cettesortedetamponqui atténueracertainementl'effetde«pleinfouet»delaréalitésur nosconsciences. Cetteesquisseministérielledevoyagedansletemps,cet embryond'impossiblefinalementamusel'espritoisifetludique. Unejournéesepassedansuneheurequin'existepas.Onreste danslesas.Onfaitantichambre.Nosresponsablesn'ontpas souventesfoisdesidéesaussi«métaphysiques».
PROMESSE
Ilfallaitfermerpardeuxfoisàcléderrièresoi.Lapromesse d'amourcoupaitlesouffleetilétaitdifficiled'articulerune parole.L'acteauraitlieudansdusombreetsurdudur,dans unespacetropvastel'oneûtescomptéunetempérature plusamène. Leslèvreslivraientvitetoutleursucet lafrénésiedesmains commençait.Lapremièrepaumeappliquéedirectementsurde lapeaunuen'auraitàredouterlaconcurrenced'aucuneautre sensationplusforte.Maissourdàcetargument,l'apparent désordredescaressesserésolvaitprécipitammentenuneappro-priationéhontéedessexes.
Troispeupliersd'Italie
Ledéshabillageétaitbâclé.Unjeantropserréseseraitdéchiré plutôtquedeglisserendouceur,etunechaussureprisedans latoiletravaillaitdetoutessesforcesaufiasco. Quandenfindeuxcorpsétrangementblancsluisaient,l'amour apparaissaitdanssaterrifiantecrudité.Ilfaudraitalorsréelle-mentaccomplircettechosesanspoésiedansunenvironnement déplorable.
IMPARFAIT
Leprésentnedesserraitpaslesdents.Lasatisfactiondes désirsétaitremiseauxcalendes.Aucunemansuétudeneposait sajouedesoleilsurmonfrontrugueux.Leventd'équinoxe battaitportesetfenêtres.Lessouvenirssefigeaientenpâteà sel. Delavraieviecoulaitpartoutailleursdansdesveines irriguantabondammentl'absoluenécessité.Lesquestionsres-taientenclosesdansdesfait-toutsouslapluieoubienmijotaient dansdesgouttièrespercées. Lacontemplationrencontraitunclapetderrièrelesyeux.Un exodeinterminablesemordaitlaqueueettournoyaitcomme manègeenhiver.Ledésespoiravaitfaitlongfeu.L'ennemi repudormaitprofondémentdansunrecoinignorédunoir sanglant.
PARADIGME
J'étreinsun«bonheursanslimites»commeonétreintun polochon.Lesoiseauxavecleurbectirentpourmaseule distractionlesfilsduréeldel'arbreaubuisson,del'arbreau toit,duboissonaubuisson.Lepaysageestainsimerveilleu-sementtendu.
LaNouvelleRevueFrançaise
Un chatrouxetblanclisselesoleilàmêmesonpoil.Les volutesd'uncanalrivalisentavecl'azur.Lespeupliersne s'accordentaucunrepostantqu'uneperspectiveconfineau paradigme. Onchercheraitenvaindanscetteharmonieunedissonance. L'automne,unpeuéchevelé,enartistejeune,yapposeson délicatpoinçon.Laseulefaussenoteesthumaine.
DIMANCHES
MATIN
Ilm'estimpossibledeparlersereinementdesdimanches matin.Ilssonttouspourmoiuneplaiequinesaignepassous ungrandcharroidenuagesmalpressés.L'enfanceycollectionne enquadrillagedevastescarrésdelinoléumpuiss'élanceenun sprintéclaboussantdegraviersdansunsilencedeverre. Ledimanchematinilyaforcémentmonpère.Iln'estpas là.Sonabsences'encastredansdesheuresquinesontpasdu temps.Avantqu'ilnejettedansl'éviertroisbrochetsaussi gluantsmaisbienplusbeauxquedesnouveau-nés,ilaura falluquetoutlecirquePinderdéfileentredeuxtraitsàla craiesuruncimentfroidàmêmeleventre. Maviegardedepuistoujoursceciel,cettetempérature,cette vacuité.Je«visendimanche».Triomphedel'ennui,del'inu-tile.Bonheur-douleur; réalité-image;rienquinesoitjamais ceci,nicela.Unfloud'être.
QU'AI-JEFAIT?
Jenemesuispasgorgédecorpssouplesnidechevelures indémêlables.Jen'aipasplongénudansl'océanglacé.Jen'ai pasclaquémaviedansdesnuitsd'artificeetd'alcoollourd. Jen'aipasécuméencoupégrandsportlesautoroutesduSud.
Un pour Un
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