La Nouvelle Revue Française N° 510

De
Juillet :
Jean Grosjean, Le voile du temple
Gérard Macé, Une vraie odyssée
Érick Audouard, Gisants
Georges L. Godeau, J'habite la campagne
Philippe Delaveau, Poèmes
Jacques Borel, Des morues?
Jean-Pierre Lemaire, Le dos de Dieu
Dominique Pagnier, Poèmes
Robert Marteau, Liturgie (1990-1992)
Christophe Carraud, Belleau
Paul de Roux, Midi d'octobre
Andrew Marvell, Trois poëmes
François Pétrarque, À Pierre de Rainzeville, abbé de Saint-Bénigne, sur l'incurable maladie d'écrire
Août :
Rutger Kopland, Poèmes
Pierre Bergounioux, Les yeux de la tête
Jean-Pierre Chambon, Pensées du passeur
Pierre Alechinsky, Trois fois rien
Guy Goffette, Psaume pour le temps qui me dure d'être sans toi
Hédi Kaddour, Poèmes
Jean Roudaut, 'Demain, je déménage'
Emmanuel Moses, Au cœur desséché
Hervé Micolet, Feuille de route
Nicole Rousseau, L'Échappée belle
Georges Arès, Piètres piétons ou La fin du promeneur
Robert Frost, Six poèmes
Jacques Réda, Un poète oublié : Marius Grout
Marius Grout, Poèmes
Publié le : lundi 13 avril 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072383632
Nombre de pages : 208
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LANOUVELLE JUILLET REVUEFRANÇAISE
Le
JEANGROSJEAN Voiledutemple
ISSU
Lejourrôdelelongdespersiennes.Issudel'ombreilvient sansbruit,maislecoqdeferseretourne.Lejourenjambe lesombresqu'ilprojette.Ilvoitlesableaufonddelarivière, maisl'ondeestsombresouslaberge.Untraitdelumière entrelesbranches.Untraitdelumièresurmoi,ditl'ombre, maislejourdetoutespartsdéjà.
MATIN
L'envold'uncorbeaubrasselabrume.Desrestesderêve etderoséebrillentdansl'ombre.Unmerisier,satêtedans lanue,sesbrasdanslesgrives,chantez.Là-baslapâleur dessaules,laclartéparmicequ'elleéclairecommeun maîtreintimeetpublic.Etl'aunepenchesesbranchesà fleurd'eau.
BÉATITUDES
Fidèleslesherbesetlespierreschaquejoursurlesentier desheures.Constantlejouràvenirchaquejournoyerdans salumièrelemonde.Tranquillelejourcommeunlierredans unfrêne,commeunebriseaubrasdel'été.Lejours'enva commeunruisseaumaislesrocheslefrangentd'écume.
CONNU
Lesoleilsurlestournesols,maisl'airtrembleau-dessus dessources.Lesblésdeboutjusqu'àlaroute,maislesoleil frappeaussilesfermes.Puislesgerbesseulessurleséteules etlesoleilsurdescheminsdepavots.Lescaillouxcrientsa gloirecommedesenfants.S'iltombed'untoitentredesmurs, ilcourts'asseoirsouslesarbresl'ombremeconnaîtbien, dit-il.
OISIVE
Lourdeslespaupières,sombres lesnuées.Leventdégingande lesarbres,l'éclairzigzague,lesgrondementsroulent.le Ô riredespluiessurlesronces.Puisvoguentlespetitsnuages blancsau-dessusdel'égouttementdesbranches.Oisivela lumière.Unvieuxclochermanqueunemarcheettinteses bronzes.
OISEAUX
Lescoteauxàmoissonfaitecommedesmurssurl'horizon. Lenéantdel'œuvrefaite.Labrumeaucreuxduvallon.Le cielcommeunœilimmensevoitquelesoiseauxsecachent. Moijelesentendssetaire.Ilslaissentrespirerl'oreille.Les instantscirculentenvêtureflottante,maisonnelesvoitque dedos.
COURAGE
Lesfeuillesdesarbrescolléescontreleciel,leurombresur l'oiseauquipasse.Lasiesteàtâtonscommelesglaneuses dansleschaumes.Uncoqéberluéchanteaufondd'unecour. Letempsseréveilleenpleinjourmaislesoleilsongeà descendre.Ahretroussezvosmanches,monâme,commeles bûcheronsdansl'aurore.
PATRIES
L'arbredeboutaupieddesonombrecommeunex-voto parmilessauterelles.Lesombrellessporadiquesparmilesprés commedesermitesquiretiennentleursouffle.Tucroisqueje dors,maisj'entendsgeindrelasource,tournerl'ombreetfuir lesheures.Adieupatries,avecvoscantonniers,lesfeuxdu soir,lesguêpessurl'abat-jour.
ANGES
Lespinssurlahauteur,leursbrastordus,leurchevelure sombre,lasenteurdesrésines,leslégerscrissementsdumonde. Lesroyaumess'étendentauloin,maislalueurducielnous guérit.Elledescendaveclesangesvisiterleschambresde l'âme.Lesangesnes'égarentpassansnous.Ilss'assoient, ilspenchentlatête etonnelesvoitplus.
VOLUBILIS
Lenteurdujour,mufledesbœufs.Rienencore,riende décisif.Leventhésiteenhautdestrembles,maischaque ombreestprêteàtourner.Lalumièredanslesailesd'insectes etdanslestoilesd'araignées.Ahlejours'inclinecommeun volubilisavecdesenjôlementsdecouleurs.Lesbribesdephrases montentduvillageàl'angledujouretdelanuit.
VESTALES
Adieu,longsjoursd'interminableété.Lesoleilstagnait surlesblés.L'ombretapiedanslesforêtsprofondesnesortait deslisièresqu'ausoir.Unmurmuredesourceàl'écart,un aboidansune fermeauloin.Grandesetcreusesfurentles heuresardentes.Maintenantlesheuressevoilentcommedes vestalesetveillentlabraisedescrépuscules.
BANC
Lemurdel'anciencimetièredanslevallesoleilse coucheetlabruyèreauborddelaforêt.Est-cequej'irai jusque-là?Ôlesbrusquesviolences del'air,lescharroisde nuagesendéroute.Ilnerestequ'unvieuxsoleiletl'ombre desfruitssurl'allée.Lebanc derrièrel'atelier,personnene s'yassoitplus.Lesoiseauxlesavent.
SOUDAIN
Célestes,lesfleursdechicoréesdansl'ombredumoulin mort.Lescardèresvacillaientdanslesfossés.Soudainçay est,lapluiesurlesvisages,leventdanslescheveux,les cris.Maislesoironesttousrevenussousunfourmillement d'étoiles.
ALORS
Maisonlaisséelelongduboisavecsesmursquelessoleils cuivraient,sesfenêtresquin'ontplusderegards,savigne viergedécouronnée.Ehbienledeuilestdevivreailleurs commeunelampesurpriseparlejour.Alorslesdéchaînements duvent.Lesoiseauxseperdentdanslanue,lesarbresplient, onn'ajamaisvufa.
BAQUET
Leventjetaitlesbranchescontrelagrille.Lafumée tournaitsurletoitetlesoiseauxtournaientdansl'air.Ô l'ombredesportessurlesseuils,l'eaudubaquetavecleciel dedans,lesridesduciel.L'odeurdesplantesetleslueurs descouchants.Lesjoursmedévoraientdesyeux.Jenelesai vusques'enaller.
TORRENT
Nousdescendionsdelamontagne,lejourétaitàson déclin.Maigreslesfleursdansl'herberaresurlesbordsdu torrentchanteur.Nousparlionsdetoiparénigmes.Puisvient lanuit,puislesjoursautres.Leventdansl'effeuillement desarbres,lalueurducielentrelesnuées,lespluiesdes plainesetl'amnésiedesmorts.Maisletondesvoix,laisse-moil'entendre.
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