La Nouvelle Revue Française N° 517

De
Qu'est-ce que la France? :
Andreï Makine, La Question française
Jean Rouaud, La France est une rêverie
Mario Vargas Llosa, L'identité française
Hans Magnus Enzensberger, Réponses à la NRF
Retour des Balkans :
Jean Rolin, Arène (Notes de zoologie en marge du conflit bosniaque)
Nedim Gürsel, Au bord du fleuve Vardar
Enfance, vieillesse :
Giorgio Manganelli, Pinocchio, un livre parallèle
Louis Calaferte, Le Monologue
Découvertes :
Philippe Delerm, La sieste assassinée
Pascal Commère, Un ange passe
Christian Garcin, Portraits
Les livres du mois :
Laurand Kovacs, Printemps difficile de Boris Pahor (Phébus)
Francoise Bettenfeld, Éclats de sel de Sylvie Germain (Gallimard)
Rene Zahnd, Le Port intérieur d'Antoine Volodine (Éditions de Minuit)
Gérard Farasse, Parfums, Son nom de Bel-Ami de Philippe Bonnefis (Galilée)
Publié le : lundi 13 avril 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072386091
Nombre de pages : 128
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SOMMAIRE
Qu'est-cequelaFrance( 3 ANDREÏMAKINE LAQUESTIONFRANÇAISE JEANROUAUD LAFRANCEESTUNERÊVERIE MARIOVARGASLLOSA L'IDENTITÉFRANÇAISE HANSMAGNUSENZENSBERGER RÉPONSESÀLANRF RetourdesBalkans 37 JEANROLIN ARÈNE NEDIMGÛRSEL AUBORDDUFLEUVEVARDAR
Enfance,vieillesse 59 GIORGIOMANGANELLI PINOCCHIO,UNLIVREPARALLÈLE LOUISCALAFERTE LEMONOLOGUE Découvertes 85 PHILIPPEDELERM LASIESTEASSASSINÉE PASCALCOMMÈRE UNANGEPASSE CHRISTIANGARCIN PORTRAITS Leslivresdumois 1 13 LAURANDKOVACSBORISPAHORPRINTEMPSDIFFICILE FRANÇOISEBETTENFELDSYLVIEGERMAINÉCLATSDESEL RENÉZAHNDANTOINEVOLODINELEPORTINTÉRIEUR GÉRARDFARASSEPHILIPPEBONNEFISPARFUMS
Qu'est-cequelaFrance?
Existe-t-ilencore,vudel'étranger, dessignesperceptiblesdel'identitéfrançaise? Quenest-ildusoi-disantdéclin denotrelittérature? Qu'attend-ondelaFrance,surtouslesplans?
AndreïMakine LAQUESTIONFRANÇAISE
JeanRouaud LAFRANCEESTUNERÊVERIE
MarioVargasLlosa L'IdentitéFRANÇAISE
HansMagnusEnzensberger RÉPONSESALANRF
PhotoBrassai@EstateBrassai
Andreï
Makine
LAQUESTION FRANÇAISE
NousapprochionsdeParis.Voici,pensai-je,voicicettevillequipendantdessièclesfut unmodèlepourtoutel'Europe,leberceaudugoûtetdelamodecettevilledonton prononçaitlenomavecvénération,qu'onsoitsavantouinculte,philosopheoudandy,artiste ourustre,enEuropeetenAsie,enAmériqueetenAfrique,cettevilledontj'aiapprisle nompresqueenmêmetempsquelemien. Karamzine,Lettresd'unvoyageurrusse
Parissecontracte,serapetisseavecplaisir,avecamour,seresserreavecattendrissement. Dostdievski,Remarquesécritesenhiver surdesimpressionsd'été
Dansunevieillebibliothèquemunicipale,dansuneville enneigéeperdueaufonddelaRussiecedessindécouvert aucoursdelonguesetrêveuseslecturesd'adolescent,surles pagesjauniesd'unerevued'ilyaprèsd'unsiècle.Une caricature.L'unedecellesquiaccompagnaient,dansles journauxmoscovitesetsaint-pétersbourgeois,lescomptes rendusduvoyaged'AlexandreDumas,en1858.Exubérante chevelure,tailleimposante,physiquetrès«typé»,l'écrivain estreprésentéfaceàunpersonnagefluetqui,dansuneincli-nationservile,transmetauromancierunemissivemanus-crite.Lalégendeprécise«UnelettredeSaint-Pétersbourg
LaNouvelleRevueFrançaise
enéquilibresurcenuageilfautêtreunpeuacrobateàégale distancedelamatièreetdel'esprit,aveclacraintedes'engloutir danslapremièreoudesevolatiliserdanslesecond.Leparfum, sinonl'odeur,nousporteetnoustransporteilappelledesimages d'euphorie,toujours unpeuàcôté,soitqu'onlespiritualise,soit qu'onessaiedelefigurer.Letrèsjolimotderetraitdéfinitàmer-veillelestyleduparfumdontlamatièred'êtreestladisparition lesparfumsdontcertainssontsiinsistantsnefontenréalitéque sedésister.Lelivrecôtoietoutescesrêveries,etyvagabonde,mais montreplusencoreleurnécessitésil'odeur,parexemple,estsi substantiellementliéeàlaréminiscence,c'estquecettedernière vientaussitôtl'embaumerpourlafaireapparaîtreànosyeuxle souvenirestlaformevisibledel'odeurqui,sanssoucidechro-nologie,feuilletterapidementtoutunstockd'images,hésite, ralen-tit,puiss'arrêtepourenpréleverune.Fantôme,leparfumsecoule danslecorpsquelesimagesluiprêtent. Onauracomprisquecelivreviseànousdégagerdecette emprisedesimages,ànousendécoller,enménageantentreelles etnousunminceintervallerespirer.Plutôtquepeindre,Mau-passant,sensibleàl'atmosphèrequiestl'essenced'unpaysage, humelesparfumsquiviennentàsarencontreildéchiffredes effluves.Commeilyadescouleurslocales,ilyadesodeurs localesenlesquellessecondensel'espritd'unlieu.Quantaux femmes,quis'éloignent,ellesnes'incarnentqueparleparfum qu'ellesabandonnent,ens'esquivant,traceténuemaisodorante, qui,dansleursillage,sedissipe.Maupassant,peintredesodeurs. Àl'étudedelareprésentation,PhilippeBonnefissubstituecelle del'émanationetnousproposeunepneumographie.Etsonlivre estsiincitatifqu'onestaussitôttentéd'appliquercetteautre façondelireàd'autresœuvres,commenouslesuggèretellepage àCendrars,àMichauxouencoreàGiono.Carlaréflexion débordeleseulMaupassantpourremettreenquestionleprivilège duvisueldanslalittérature.PhilippeBonnefisaccorderaitaisé-mentquecettecontestationiconoclastedumodèleoptiquequi pèsesurlatraditionoccidentalen'estpasnouvelle,encorequ'elle
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