La Nouvelle Revue Française N° 528

De
Amérique Latine, trente ans après :
Horacio Quiroga, Le diablotin rouge
José Maria Arguedas, La mort des Arango
Julio Ramón Ribeyro, Le sergent Canchuca
Severo Sarduy, Poèmes
Luis Sepúlveda, Amour sans paroles
Álvaro Mutis, Le général Bonaparte à Nice
Guillermo Cabrera Infante, Une femme qui se noie
Juan José Saer, Les instructions familiales du lettré Koei
Alfredo Bryce Echenique, Bon voyage, frère Antonio
Sergio Pitol, Le récit vénitien de Billie Upward
Découvertes :
Guillermo Samperio, Lénine au football
Juan Carlos Mondragón, Papillons sous anesthésie
Rodrigo Rey Rosa, L'eau tranquille
Alejandro Aura, Les bains de Céleste
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072384592
Nombre de pages : 144
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SOMMAIRE
AmériqueLatine,trenteansaprès 5 HORACIOQUIROGA(Uruguay) LEDIABLOTINROUGE JOSÉMARIAARGUEDAS(Pérou) LAMORTDESARANGO JULIORAMÔNRIBEYRO(Pérou) LESERGENTCANCHUCA SEVEROSARDUY(Cuba) POÈMES LUISSEPÛLVEDA(Chili) AMOURSANSPAROLES ALVAROMUTIS(Colombie) LEGÉNÉRALBONAPARTEANICE GUILLERMOCABRERAINFANTE(Cuba) UNEFEMMEQUISENOIE JUANJOSÉSAER(Argentine) LESINSTRUCTIONSFAMILIALES DULETTRÉKOEI ALFREDOBRYCEECHENIQUE(Pérou) BONVOYAGE,FRÈREANTONIO SERGIOPITOL(Mexique) LERÉCITVÉNITIENDEBILLIEUPWARD
Découvertes 1 1 1 GUILLERMO,SAMPERIO(Mexique) LÉNINEAUFOOTBALL JUANCARLOSMONDRAGÔN(Uruguay) PAPILLONSSOUSANESTHÉSIE RODRIGOREYROSA(Guatemala) L'EAUTRANQUILLE ALEJANDROAURA(Mexique) LESBAINSDECÉLESTE
AMÉRIQUE
LATINE,
VictoriaOcampoétait riche,tapageuse,insolente. Lorsque,petitefille,ses parentslafaisaientmonter surletransatlantiquequi lâchaitlesrivesduRiode laPlatapourdeuxmoisde traversée,onembarquait aussiunevache,afinque Victoriaeûtsonlaitfraistouslesmatins.Elle fondalarevueSurelleouvritsaporteàun jeunehommeombrageuxquin'avaitpasencore choisides'intéresserauxpierresdelaPatagonie, et quelaguerre,l'exilavaientdéposéRoger Caillois.Lacollection«LaCroixduSud»était née. Cesdeuxêtresd'exceptionsetendantla mainpar-dessusl'Océanallaientêtrelespasseurs d'uneformidableéclosionromanesque,quieut Parispourcapitaledécentrée.
Borges,Carpentier,Onetti,Cortazar,puis GarciaMarquez,Fuentes,Donoso,VargasLlosa
TRENTEANS
APRÈS
leurslabyrinthesetleursspiralesentraînaient, parfoisjusqu'àl'étouffement,unlecteuraux yeuxbandés,tâtantdesdoigtsavecsurpriseles statuesdespythiesgrecques,lesenchevêtrements végétauxdubaroque,lesangdesdictatures montantesetlafuméedesconcocteursd'avant-gardes,aupointquel'und'entreeuxpouvait affirmerraisonnablementqueleseulterritoire libre,enAmériqueLatine,c'étaitsalittérature.
Trenteansontpassé.Findumiracleetretour deshégémonies?Paressedeséditeurs?La NouvelleRevueFrançaiseproposepourréponse cetétatdeslieuxchro-nologique,àtravers Chroniquede SanGabriel quinzeécrivainsetneuf nationalités,enmet-parJulioRomanRibeyro tantfaceàfaceles ancêtresdu«boom»et L aC roixduSud s8~m~4ripPcRI~c.ou.û sesplusrécentshéri-nrf tiers.llim ard G a
AmériqueLatine,trenteansaprès
HORACIOQUIROGA(Uruguay) LEDIABLOTINROUGE
JOSÉMARÎAARGUEDAS(Pérou) LAMORTDESARANGO
JULIORAMÔNRIBEYRO(Pérou) LESERGENTCANCHUCA
SEVEROSARDUY(Cuba) POÈMES
Tlaloc,CodexIxtlilxochitl
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
direqu'àpartirdecemomentmaviecommençalebut ultimedemonexistencecoïncidaavecl'heuredubainde Céleste.J'espéraistouslesjours,religieusement,l'heure enviableetdouceretentiraitlavoixgravedematante m'avertissantquec'étaitlemomentdepasserdanslachambre etdemeposterauxportesdeceparadisquim'offrait,parle troudelaserrure,lavisioninsoupçonnéedubonheur. Célesteentraitdanslasalledebainsdrapéedansunerobe dechambredesoiequiaudébutmedissimulaitlatendre carnationducorpsdematante,toutenexcitantmonimagi-nationaupointdelarendretransparentejevoyais,avecles yeuxdel'amour,àtraversletissu,avantmêmequeCélestene détachâtlaceinturequitenaitlevêtementferméetqu'ellele laissâtpendre,ouvert,desesépaules,cequimeconfirmaitque sousletissulecorpsdematanteemplissaitàluiseull'univers. Quandelleavaitfinid'ôterlacrèmedesonvisageetdeson cou,elledéployaitdevantellesseslongscheveuxetlarobede chambres'ouvraitetserefermaitaurythmedesmouvements deCélestealorsjenefaisaisplusqu'unavecletroudela serrure,monœilgrossissaitcommeceluid'unedivinitéfasci-née.Ilyavaitlescieux etlaterrelalumière,àprésent totalementséparéedes ténèbreslesanimauxfemellesetles plantesfemellesetlesconstellationsquiportentunnomde femmeelleétaitlà,fraîcheetdispose,prêteàtout,sepro-menantcandideauparadis,tandisqueleserpentdel'eause glissaithorsdeladoucheets'enroulaitautourducorpsde Céleste,enm'offrantlespommesrougesdesesseins. Quelquefois,lesyeuxdematante,quidanslasalledebains étincelaienttoujoursd'unéclatprovocant,seposaientpendant unesecondeétaitrivémonœilet jesentais,tremblant depeur,quemonsangseglaçaitcomplètement,quedesmil-lionsdewattsilluminaientlapièce,jeperdaislecontrôlede tousmessens.ÀcetinstantCélestehabitaitmonregardet partageaitmonbonheuràcetinstantnoustremblionsà l'unissonensecretàcetinstantjecomprisquecelavalaitla
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