La Nouvelle Revue Française N° 534

De
Bertrand Visage, Les imaginaires du théâtre
Le texte :
Agota Kristof, Le monstre
Joel Jouanneau, L'œil du taureau
Éric-Emmanuel Schmitt, Le baîllon
Éric-Emmanuel Schmitt - Jean-Claude Lieber - Sophie-Justine Lieber, L'art du mystère (entretien)
La mise en scène :
Daniel Mesguich, Les Racine de ma langue ou : De l'être et de l'autre
Jacques Nichet, La moindre des choses
Jean-Marie Villégier, Curriculum vitæ
Le costume :
Daniel Jeanneteau - Georges Banu, Entretien
Patrice Cauchetier, Du costume
Chroniques :
Guy Scarpetta, Carnet d'un amateur (Extraits)
Jean-Pierre Thibaudat, Lettre aux acteurs de D.-G. Gabily
Dominique Houdart, Théâtre de figure
Georges Banu, Les romans du théâtre
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072386077
Nombre de pages : 224
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SOMMAIRE
Lesimaginairesduthéâtre dossierréalisépar Jean-ClaudeetSophie-JustineLieber
Letexte 5 AGOTAKRISTOF LEMONSTRE JOËLJOUANNEAU L'ŒILDUTAUREAU ÉRIC-EMMANUELSCHMITT LEBÂILLONsuivide L'ARTDUMYSTÈRE Entretienavecl'auteur
Lamiseenscène 114 DANIELMESGUICH LESRACINEDEMALANGUE, OUDEL'ÊTREETDEL'AUTRE JACQUESNICHET LAMOINDREDESCHOSES JEAN-MARIEVILLÉGIER CURRICULUMVITjE
Lecostume 156 DANIELJEANNETEAU ENTRETIENAVECGEORGESBANU PATRICECAUCHETIER DUCOSTUME
Chroniques 184 GUYSCARPETTA CARNETD'UNAMATEUR JEAN-PIERRETHIBAUDAT LETTREAUXACTEURSDED.-G.GABILY DOMINIQUEHOUDART THÉÂTREDEFIGURE GEORGESBANU LESROMANSDUTHÉÂTRE
LESIMAGINAIRESAumoment Jl DUTHÉÂTREststival Fe d'Avignoncélèbreses cinquanteansd'existence,nousn'avonsguèrebesoin decommémorationsconfuses,mais dequelquesprin-cipes.Voicipourlapremièrefoisunnumérospécial delaNRFconsacréauthéâtrecontemporain.Deux idéesletraversent.Toutd'abord,nousvivonsdans untempsd'impuretélesmodesd'expressionse décomposentets'interpénètrent.Ilyadoncunepré-sencetrèsrepérableduthéâtre,commelesignaleici GuYSCARPETTA,àl'intérieurducinéma,deladanse, del'opéra,quelquefoismêmeducirque.Etcette explosiondesterritoires,cevacillementdesgenres,il fautysouscrirecommeàunechancequiestofferte. Maiscen'estpastout,carsimultanément,il continuedes'exercerdanssafonctionpure,lethéâtre aredécouvertdepuisunedizained'annéesqu'ilne sauraitsepasserdutexte.Ilestd'aborduneparole portéesurlascène.Évidenceoubliée,quinousrevient enforceaveclesuccèsquerencontrentdepuispeude jeunesauteursfrançaissurlesscènesétrangères.
Photo©FrançoiseHuguier/Rapho
sont-ils,cesauteurs?Onlestrouveraicienouverture, àtraverstroispiècesinéditesd'AGOTAKRISTOF,de JOËLJOUANNEAUetd'Émc-EMMANUELSCHMITT. Or,commel'expliquecedernier,lepuissantretour dutextethéâtralnes'accomplitpassansébranlerlui aussiuneautrefrontièredouteusecellequiséparait l'institutionprivéeetlethéâtresubventionné,c'est-à-dire(croyait-on)leboulevardetlarecherche,le divertissementetletravail,lavedetteetlatroupe. Dansunesalle,lorsquelesfeuxdeslustres s'éteignent,ilresteunepetiteveilleusealluméesurle côté,quelesgensdumétierappellentla«servante». Parlonsdoncaussidecestâchesobscuresquesontle costume,ledécor,lascénographie.Etsurtout,repre-nonssanstarderla réflexioncritique,lemouvement delapenséethéâtralenousfontcruellementdéfaut l'absenced'unBERNARDDORT,lespamphletspoé-tiquesdeTADEUSZKANTOR.Ceux-làsavaientexac-tementcequ'estuneservanteilstravaillaientavec géniedansl'humilitédelamémoire.
Photo@MarcEnguerand
BertrandVisage
Lesimaginairesduthéâtre
AGOTAKRISTOF LEMONSTRE
JOËLJOUANNEAU L'ŒILDUTAUREAU
ÉRIC-EMMANUELSCHMITT LEBÂILLON suivide L'ARTDUMYSTÈRE entretienavecl'auteur
L'ŒildutaureaudeJoëlJouanneau,crééle6mars1997 dansunemise enscènedeGilles Bouillon,auThéâtreartistiqueAthévins.
AGOTAKRISTOF LEMONSTRE
Lapiècesejouedansunmondeimaginairehabitéparunepeu-pladeprimitive,presquenue,portantmasques. Lapiècesecomposedesixtableauxetpeutêtrejouéesans décors.
TABLEAU 1
L'arrivéeduMonstre.
Nuit.Bruitdechaînesetdeclochesaufonddelascène.Cri d'horreur.Unjeunehomme,Nob,s'avancesurlascène.Faible lumière.
NOB,chuchotant Tim.Tim.(Plusfort.)Tim.Réveille-toi. couchéparterre.Timserelève.)Ilyaun legrandpiège,Tim.Unanimalbizarre.
(IlsecoueTimquiest animalénormedans
TIM Toi-mêmetuesunanimalbizarre,Nob.Ilfaitvraimenttrop tôtpourquejemelève.
AGOTA
KRISTOF
NOB Non,Tim,réellement,j'aimeraisquetuviennesetquetule regardes.Tuserastrèsétonné.Tun'asjamaisvuunanimal aussigrandetaussihorrible. TIM Unanimalhorrible?Maisquellesorted'animal,Nob?Cela ressemblecertainementàquelquechose? NOB Non,justement.Tim.Jet'assurequecelaneressembleàrien, àriendecequenousavonspuvoirjusqu'àprésent. TIM Maiscelapeutattendrelematin,Nob,celapeutcertainement attendrelematin.
NOB Non,Tim,jenepensepas.Jenesaispasquefaireet.j'ai peur. TIM Peur,Nob?Toi?Tuaspeur ? NOB Oui,j'aipeur.Viensdonc,Tim.Nousdécideronsensemble ensuitedecequ'ilconviendradefaire.N'es-tupasmonmeil-leurami,Tim?J'aibesoindetoi. TIM Celamesemblesérieux,Nob.C'estbon.Jetesuis.(Ilsemet debout:)Maisqu'entend-on?Quelestcebruitbizarre?
NOB C'estl'animal,Tim.C'estlarespirationdel'animalquetu entends.
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
Cen'estpaspossible
TIM D'aussiloin?
NOB Oui,Tim.N'est-cepasinquiétant?
Allonsvoir.
TIM
Ilss'éloignentverslefonddelascène. Nobs'arrête.
NOB Jeneveuxpas,jen'aimeraispaslevoirencoreunefois.Va, Tim.Rends-toicomptetoi-même.
TIM C'estdeplusenplusétrange.(Ildisparaîtdanslanuit,puis revient.)
NOB Tul'asvu,Tim?Tuespâle. Timsedétourne,s'éloigneunpeu,on l éntendvomir.Enrevenant.
TIM Réveillonstoutlemonde.Toi,vachercherl'HommeVéné-rable.C'estluiquidécideradelachoseàfaire.Moi,jepren-drailetambour. Nobsort,Timprendsontambour,iljoue aumilieudelascène.Deshommesetdes femmesaccourentdetoutesparts.Les hommessontarmés.Crisdivers,pleursdes femmesquipressententlemalheur.
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