La Nouvelle Revue Française N° 539

De
Sur Faulkner :
J. M. G. Le Clézio, Un écrivain de l'incantation
Édouard Glissant, Une malédiction inextricable
Carlos Fuentes, Clinton et Faulkner
Pierre Gascar :
Pierre Gascar, Le Transsibérien
François Nourissier, Quel est le prix de la probité?
Guy Rohou, Solitaire et fraternel
Andre Bernold, Le silence de la résorption
Découvertes :
Werner Kofler, Conjectures sur la Reine de la Nuit
Yves Bichet, Monsieur Foucauld
Isabelle Dominati, Les métaphores de l'amour
Gérard Martial Princeau, Requin marteau
Chroniques :
Jean Grosjean, Deux quatrains d'automne
Michel Bigot, R. Q., un proche de Raymond Queneau
Marie-Anne Guerin, Seul le cinéma
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072386015
Nombre de pages : 144
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SOMMAIRE
lYomma~eàFaulkner 3 J.M.G.LECLÉZIO UNÉCRIVAINDEL'INCANTATION EDOUARDGLISSANT UNEMALÉDICTIONINEXTRICABLE CARLOSFUENTES CLINTONETFAULKNER PierreGascar 2 1 PIERREGASCAR LETRANSSIBÉRIEN FRANÇOISNOURISSIER QUELESTLEPRIX DELAPROBITÉ? GUYROHOU SOLITAIREETFRATERNEL ANDRÉBERNOLD LESILENCEDELARÉSORPTION
Découvertes 5 1 WERNERKOFLER CONJECTURESSURLAREINEDELANUIT YVESBICHET MONSIEURFOUCAULD ISABELLEDOMINATI LESMÉTAPHORESDEL'AMOUR GÉRARDMARTIALPRINCEAU REQUINMARTEAU
Chroniques 97 JEANGROSJEAN DEUXQUATRAINSD'AUTOMNE MICHELBIGOT R.Q.,UNPROCHEDERAYMONDQUENEAU MARIEANNEGUERIN SEULLECINÉMA 137 Tablesemestrielledesmatières
PhotoCollectionCofield
HommageàFaulkner
J.M.G.LECLÉZIO UNÉCRIVAIN DEL'INCANTATION
EDOUARDGLISSANT UNEMALÉDICTION INEXTRICABLE
CARLOSFUENTES CLINTONETFAULKNER
Cestroisconférencesontétéprononcéesle25septembredernier, aupalaisduLuxembourg,àdeuxpasdujardins'achève Sanctuaire,etdelarueServandoniWilliamFaulkner habitadanssapériodeparisienne,en1925.
DE
J.M.G.LECLÉZIO UNÉCRIVAIN L'INCANTATION
C'estunevéritéreconnuequelesgrandsécrivainssontmul-tiples.Etc'estpeut-êtrejustementnonseulementlerôle, maislaprérogativedelalittératurequedechangerdevisage etdes'adapteràsesdiverseslectures,commeunmasque,ou plutôtcommeunepeauquis'attachesiétroitementàlanôtre qu'ildevientimpossiblemomentanémentdes'endéfaire.Wil-liamFaulknerestdecesécrivains,commeProust,Conrad, NabokovouJuanRulfo,quinousdonnentuneimagesi complexe,siconstruitedelaréalité,quenousnepouvonsen percevoirpremièrementqu'unepartie,toutenressentantce quil'entoure,cequilaprécèdeoulaconduitàsonterme,à lamanièred'uneautredimension,àlamanièred'uneprofon-deurtoujoursenivranteet parfoisdangereusesurlaquellenous glissons. Ayantl'honneurd'avoirétéinvitéàapporterunemodeste contributionàl'hommagerenduaujourd'huiàceluiqui,cent ansaprèssanaissanceetbientôtsoixante-dixansaprèslapre-mièrepublicationduBruitet laFureur,peutêtreregardé commel'écrivainmajeurdelalangueaméricaine,etl'undes créateurslesplusfécondsdelalittératuremoderne,jevoudrais d'aborddireleplussimplementcequim'aémuàlalecture deslivresdeFaulkner,c'est-à-direcequim'adéconcerté, dérangé,troublé,retenu,séduit,etcertainementchangé.J'ai faitconnaissancedesgrandsromansdeFaulkner,LeBruitet laFureur,Tandisquej'agonise,Sanctuaire,Lumièred'août,très
/.M.G.
L ECLÉZIO
jeune,auxenvironsdemesdix-huitans,n'ayantaucunepré-parationpourrecevoircettelittérature,etignoranttoutdu mondequ'elledécrivait.Cettepremièrerencontrefutunpeu difficile,quoiqueprésentantplusd'attraitpourunjeunegar-çon quelarencontreavecProust.Ilétaitalorsplusfacilede lireErskineCaldwell,SteinbeckouHemingwayque-Faulkner. LacomparaisonavecProustn'estpasinconvenantel'entrée dansLeBruitet laFureurdemandelamêmeattention,la mêmeobstinationquel'entréedansÀlarecherchedutemps perdu.L'épaisseurdulangage,lalongueurdesphrases,les redites,retouches,l'accumulationdesdétailsmatérielsdonton pressentqu'ilsnesontpasundécormaisformentpartiedela trame, etsurtoutl'impressiondefracturationàl'extrêmedela consciencechezlespersonnagessontlesprincipalesdifficultés qu'unjeunelecteurdevaitvaincrepourpouvoircontinuerla lecture.Lemondedécritn'étaitpasréell'universse déroulentlesévénementsservantàlaconstructiondesromans deFaulknernem'étaitpasmoinsétrangerquel'étroitpéri-mètre(auxconventionsplusétroitesencore)setrouvele narrateurdeLaRecherche,cethommeendormiquitienten cercleautourdeluilefildesheures,l'ordredesannéesetlemonde. Ladifférenceestsansdoutedansl'élaborationmêmedu projet. Alorsquetoutel'architecturedel'œuvredeProustrepose surlaconditionpremièreetnécessairedetrouverlesecret(ou pourparlermodernelemotdepasse)quipermetd'yaccéder cesecretquin'estdonnéqu'unefois,danslespremierspara-graphesd'UnamourdeSwannlebruitdelasonnetteréson-nantaufonddujardinàl'arrivéedeSwannl'accèsàl'œuvre deFaulknernepouvaitsefairequeparlafréquentation, l'accoutumance,etd'unecertainefaçonl'intoxicationprocurée parlalecturedechacundeseschapitres. Pourtant,àlaréflexion,laprogressionquejepouvaisfaire danslalectured'uneœuvreaussimystérieuse,aussifonda-mentalementdifférentedemapropreexpérience,s'appuyait
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