Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 12,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Partagez cette publication

Publications similaires

La Nouvelle Revue Française N° 357

de editions-gallimard-revues-nrf

La Nouvelle Revue Française N° 335

de editions-gallimard-revues-nrf

La Nouvelle Revue Française N° 314

de editions-gallimard-revues-nrf

Vous aimerez aussi

suivant
LANOUVELLE RevueFrançaise
JACQUESRÉDA Poèmesd'uncitadin
LALUNE,
RUEPAVÉE
Jecroisquelaluneestentréeetvitdanscettechambre jelavoismeregarderàsavitre,là-haut. Toujoursquelquechosedetendreimprègnelehalo Desafaceaussifroideauprintempsqu'endécembre Maissatisfaited'échapperaunocturnecahot Destoitspointus,desnuagesqu'unventdémentdémembre Soussatêtesansbrasnicorpsdemarbreetquiressemble ta sœurpékinoise,ôVénusdeMilo.
MoijevaisdelaruePavéeàlarueSaint-Antoine Enfaisantretentirl'asphalteauxrefletsdecétoine, Souscetœilquim'observeetquibouge.Ondirait Qu'ilchercheàm'indiquer,desonéclatanteboussole Sansaiguille,lenorddontlaneigeconsole Ceuxqu'auralongtempségarésl'ombredeleurforêt.
ORAGEÀBARBÈS
RafalessurBarbès,trombessurRochechouart, Amplesvoixdeciterneetrumeursdegaloches. L'éclairhorizontalpassecommeuntranchoir Ébréchésouslecielquiretournesespoches. D'unreplidusatincéleste,onverrachoir Descléssurlepavédanslesbranches,desbroches, Dessous,desclous,desclopes.Unmouchoir Enboulesedéplieetcouvred'effiloches Lemétrovacillantsursespattesd'airain, LeSacré-Cœurblafardcommeunmonstremarin.
Ônature,bombardeenfinlaBabylone Qu'iln'enresteplusrienqu'unefibuleenor Aucouglacédusoir,untronçondecolonne, UnvieuxtouristebelgeàlagareduNord.
PALAIS-ROYAL
Desarbresbientailléslesjetsdeperleeux-mêmes Nemontentpasplushautqu'onneleurapermis. Toutestenordre,toutserecueille,hormis Lesmoineauxturbulentsdontlespetitsblasphèmes Sedispersententrelesbancsetlessemis. Lesavironsenfeuducielpleindetrirèmes Ferontmousserdeslis,plustarddeschrysanthèmes,
Puisheurtantlesolnudesjardinsendormis Parl'hiver,poursuivrontsansfinleurtraversée.
Mereconnaîtrez-vousàmatête baissée Commesijecherchaisunbraceletperdu? Observezunpeumieuxalorslasilhouette Ilpourraitbiens'agird'unautreindividu Surlepointd'accompliraussilapirouette.
LABAGUETTE
Àneufheuresdusoir,undimanche,enété, Commenttrouveruneboulangerieouverte? Ilavaitplucontinûment.Lalueurverte D'unevagueéclaircieaucouchant,ducôté
DeshauteursdeSaint-CloudetSèvrescalcinées, Découpaitlesfeuillagesbasduboulevard Sansdissiper,dansl'airaussimouqu'unbuvard Humide,l'ombremortej'allais.Mesjournées
S'achèventtrèssouventainsiparungrandtour Machinalàtraversdesquartierssanssurprise Onmarchepourmarcher,onsevolatilise, Onn'estplusqu'unrefletmobiledufaubourg.
Etais-jemoinsdistraitlesoirdecedimanche, Parcequejecroyaisavoirbesoindepain? Jemepassepourtantfacilementdepain, Debiscottesoud'autredenrée.Enrevanche,
Larationd'asphalteestvitale.Doncj'ai Bientôtviteoubliécemotifdemacourse, Pourm'enfoncer,dansl'ombreégale,verslasource Delumièrefiltrantàl'horizonfigé.
C'étaituneautrevilleetdansuneautreépoque, Cependantlamêmeheureetlamêmesaison, Etmoicommeunvoleurévadédeprison Jen'étaispluscevieuxpassantquisoliloque
Maisunlibrearpenteurducadastredivin. Aucunmalàprésent,pensais-je,nemeguette, Etjetenaiscommeuntalismanlabaguette Achetéeàsonprixd'alors(quatrefrancsvingt).
FAÇADES
I
Ilarrivequetoutenmoisedésajuste Parcequ'unefaçadeénormesortdesrangs Etsemetàpencherdanslaclartérobuste Del'été.Pardeuxfois,endeuxpointsdifférents (L'unerueOrfila,l'autreàPhilippe-Auguste), Onm'adenouveauprisdansundecescourants Muets,toutenremous.Qu'est-cequitarabuste Cesmaisonsetlesfaittrembler?Jemesurprends Parfoisàdemeurerassezlongtempsdocile Oucomplaisantàleurmanègel'airvacille, Jerevoisdesmomentsquejamaisjen'aipu Vivre,maisquivoudraientavoirétélavie
Quej'auraispuvouloiretquel'onm'aravie. Puisuncamionpasseet lecharmeestrompu.
II
Chacunedesmaisonsquim'abordentpossède Unpouvoiridentique.Ils'enfautcependant Qu'ellesouvrentlemêmeespaceaccommodant Etjedoiscoupercourtsouventàl'intermède Lacuriositépeutmerendreimprudent. Onnesauraitcompteralorssuraucuneaide Toutsepasseraitendouceur,aveclaraide Fatalitéquiferaitdire«unaccident».
Ainsi,quelledouceuraucoindel'avenue Sousdesarbresenfleur,lafaçadeingénue Rêvaitd'autresétésperdus.RueOrfila, Vingtminutesplustard,danslesoirélectrique, J'aivu,j'aireconnucequemedévoila Lebondd'unsombrepand'amertumeetdebrique.
III
Cen'estsansdoutepaslavillequivarie Atraverssapropresubstanceetnousparaît Mouvantecommelessentiersd'uneforêt Souslesclartésdusoir.Non,c'estlarêverie, Indécisemaisplusactivequ'unfuret, Dupassantdanssabulleriennecontrarie Lechangementdumondeenpureallégorie. Letempslui-mêmealorsflotte,devientdistrait, Confondpassé,présentetquelleombrefuture
Engendrent-ilsdéjàlorsquel'ons'aventure Danscetespacequ'illumineunsoleilmort? Oncroitavoirétécentmilleâmespenchées Encoreàcesbalconsl'oubliquilesmord Lesfaittendreversnousleursmainspresquetranchées.
POURUNEFILLEDUCALVAIRE
Lelongd'unboulevarddésert,danslachaleur, Jemarchecommeenrêveetjen'avanceplus. Maisjemarche,c'estsûr,etmespasrésolus Heurtentl'asphaltedurquirésiste.Malheur
Aquimediraitquejerêvepourdebon. Voyezcemurrobusteetcesarbreslevant D'immobilesbouquetsdansl'airépaissansvent Contreuncielaussibleuquenoirestlecharbon
Posezlamainauflancbrûlantdecepoteau, Déchiffrezcequesapancartevousprescrit S'illefautpincez-vousoujetezungrandcri Nequittezplusdel'œillaférocemoto
Quivapulvériserlesilencepareil Àquelquefrémissantmonumentdecristal Maisviterétablisursonpiédestal, Etregardezcommentlapulpedusoleil
Fondsurlalèvred'ombreavidequil'atteint Atouslescoinsderuej'hésiteunmoment Alorsvousn'aurezpasàbâtirderoman Surmaréalitédouteuseilestcertain
Quesurceboulevarddésert,danslachaleur, Vousêteslefantômeetmoi,demadouleur, Lefersansrêve.
RUEROBINEAUX
Pensait-onvoirlemondeainsi,rueRobineaux? Labalustradeenferétaittouthyacinthe Etdesmascaretsd'oréclaboussaientl'enceinte Ducimetièrejusqu'auxroideslanternaux. Doncvousnenousaviezjamaismenti,canaux Dusoirdontlalumièreilluminaitl'absinthe, Nivous,dévalementsdeflammesdanslasainte Etprofondeherbeavecdesastresvirginaux. OnvoudraitdireEnfin,pourunefois,j'arrive Auport,etjusteavantquesournoise,larive Enfeu,rueRobineaux,commedansunLorrain, Nes'éloigneànouveau.Maisdeboutsurlaproue, J'entendsbattretoujourslesaubesdelaroue Etverssonécubierraclerl'ancred'airain.
AUXBUTTES(AVECTOULET)
C'estainsi,tulevoiscentans Nefontrienàl'affaire. Nicesfousdanslastratosphère Nilescrisquej'entends Ettantôtpoussésparungosse
Ouparundecespaons Rienmoinsque sauvagesrampants Surlapelouseenbrosse. Maisjem'épureletympan Deboutsdecontrerime. Parlertoutseuln'estpasuncrime Jerestesurunbanc, Paisible,àregardermonombre Quis'allongeausoleil Unpeutropmûr,déjàpareil Asonrougedécombre. Ellevapeut-êtrelà-bas relâchelapoigne Dutempsetqu'ellet'yrejoigne Aumètredetonpas.
LAVILLETTE
Lelongducanalmortquin'estqu'uneimpasseaquatique, Unegeléeintensémentvertecommeunpoison, Unegrilleàfleuronsdontlarouillesedécortique N'empêchepasd'atteindreunebergelaflottaison Deboutsdebois,boîtesdebièreetdébrisenplastique Relâche.Unsoleilmoubaigneaulargesapâmoison. D'uncôté,letrottoirdésert,àpartunschismatique Assassinéparlachaleuraumilieud'ungazon Enfaceonvoitdesbâtimentsd'uneaustéritétendre Abandonnésdansduhalliermaisquisemblentattendre Devanteuxleretourd'untempsqu'ilsn'ontjamaisquitté. Ducield'autrefoisluitàtraverslevitrage. Onaimeraitsauterlafosseetcontournerl'ouvrage, Passerenclandestincetoctroidel'éternité.
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin