La Nouvelle Revue Française N° 567

De
Antonio Tabucchi, Les Morts à table
Bernard Comment, Corrections
Hédi Kaddour, Waltenberg (III)
Thomas A. Ravier, Booba ou Le démon des images
François Vergne, Dans les ténèbres
Greil Marcus, La trilogie 'U.S.A.' de Philip Roth
Jean-Pierre Le Goff (1942 - ...), La Lettre à Herman Melville
Écrivains d'Australie (II) :
Xavier Pons, Une jeune littérature
Archie Weller, Liberté surveillée
Sam Watson, La Vengeance des esprits
Kim Scott, L'Énigme de l'arrivée
Doris Pilkington, La vie continue
Jean-Paul Delamotte, Vivre sa vie...
Arthur Upfield, En inspection, le long de la plus grande clôture du monde
Donald Horne, Vivre avec une femme
Nancy Keesing, Le Club de la Nouvelle, à Sydney
Robin Wallace-Crabbe, À l'ombre des jeunes filles...
Chroniques :
Marie-Victoire Nantet, Le 'vieux poète'. Paul Claudel entre désir de métamorphose et génie de la manipulation
Chroniques : le cinéma :
Serge Chauvin, Passé le pont (L'Arche russe d'Alexandre Sokourov)
Chroniques : les arts :
Pierre Descargues, L'Art comme aliment (Facteur Cheval ; Antonio Gaudí ; Paul Gauguin ; Jean Pougny ; Hans Hartung ; Étienne-Marcel)
Chroniques : le théâtre :
Hédi Kaddour, Cairn d'Enzo Corman
L'air du temps :
Jesús Díaz, Le Pianiste arabe
Mihály Kornis, Le Cimetière juif
Notes : la poésie :
Jacques Ancet, L'Avaleur de feu d'Anise Koltz (Éditions PHI)
Gérard Bocholier, Le long d'un amour de François Cheng (Arfuyen)
Notes : la littérature :
Stephane Zekian, Les Abeilles et la guêpe de François Maspero (Le Seuil)
Notes : le roman :
Philippe Dulac, Romans de Georges Simenon (Gallimard)
Alain Feutry, Gueule d'amour d'André Beucler (Gallimard, Folio)
Stephane Zekian, L'Ignorance de Milan Kundera (Gallimard)
Nicolas Carpentiers, Univers, univers de Régis Jauffret (Verticales)
Notes : les essais :
Thomas Regnier, La Pensée du roman de Thomas Pavel (Gallimard)
Pierre Perrin, Raconter et mourir de Thierry Hentsch (Bréal)
Shoshana Rappaport-Jaccottet, Essais fragiles d'aplomb de Pierre Senges (Verticales)
Notes : lettres étrangères :
Yves Leclair, Un malheur absolu de la mère du révérend Jôjin (Gallimard)
Philippe Di Meo, Le Silence des campagnes, modestes constats en vers de Ferdinando Camon (Gallimard)
Notes : la musique :
Marc Blanchet, Jouir avant toute chose (Jean-Louis Florentz ; maurice Ohana ; Janos Komives)
Texte :
Lionel Follet, Aragon – Pound, brèves rencontres
Louis Aragon, Six lettres à Ezra Pound (1920 et 1928) - Notes pour The Dial - Corps et biens
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072388750
Nombre de pages : 352
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LANOUVELLE REVUEFI~A.N'C~IS'E
ANTONIOTABUCCHI LesMortsàtable
C'étaituntempsdéraisonnable Onavaitmislesmortsàtable, Onfaisaitdeschâteauxdesable, Onprenaitlesloupspourdeschiens. LouisAragon
Lapremièrechosequ'illuiauraitdite,c'estquele nouvelappartementluiplaisaitsurtoutpourlavuequ'il offraitsurUnterdenLinden,parcequeçaluidonnait l'impressiond'êtreencoreàlamaison.Ensomme,c'était unappartementquilefaisaitsesentiràlamaison,comme àl'époquesavieavaitunsens.Etqueçaluiplaisait d'avoirchoisilaKarl-Liebknecht-Strasse,parceque c'étaitaussiunnomquiavaitunsens.Ouquienavaiteu un.L'avait-ileu?Biensûrqu'ill'avaiteu,surtoutla GrandeStructure. Letrams'arrêtaetlesportess'ouvrirent.Lesgens entrèrent.Ilattenditqueçasereferme.Vas-y,cherami, vas-y,cherami,moijepréfèrealleràpied,unebonnepro-menade,ilfaittropbeaupourraterl'occasion.Lefeuétait
LaNouvelleRevueFrançaise aurouge.Ilseregardadanslavitredelaportefermée, mêmesiunebandedecaoutchoucladivisaitendeux. Commec'estbien,diviséendeux,moncher,toujours diviséendeux,moitiéici,moitiélà,c'estlavie,ainsivala vie.Eteneffet,cen'étaitpasmaldutoutils'agissait d'unbelhommeâgé,cheveux blancs,vesteélégante, mocassinsitaliensachetésdansunmagasinducentre, l'airbienmisd'unepersonnebienmiselesavantagesdu capitalisme.Ilchantonnatoutestaffairededécor,changer delit,changerdecorps.Envoilàunquidetouteévidences'y connaissait,ilavaitpassé savieàfaireça.Letrampartit. Illesaluadelamain,commes'ilyavaiteuàl'intérieur quelqu'unàquiildisaitadieu.Quiétaitcettepersonne quis'enallaitentramauPergamon?Ilsedonnaune petitegifleaffectueuse.Ehbien,c'est toi,moncher,pré-cisémenttoi,etàquoibon,puisquec'estencoremoiquimoi-même metrahis.Ilchantonnalefinaledelastrophed'une voixprofondeetlégèrementdramatique,commelefai-saitLéoFerré.LegarçonàmotocyclettedelaPizzaHut quiattendaitquelefeupasseauvertleregardastupéfait unvieuxmonsieurélégantquichantecommeunpinson àunarrêtdetram,c'étaitcomique,non? Enavant,jeune homme,lefeuestauvert,fit-ildelamainenl'invitantà partir,portetamauvaise pizzaàdestination.Passez, passez,iln'yarienàvoir,jesuissimplementunvieux monsieurquichantonnelespoèmesd'Aragon,fidèle compagnondubontempspassé,luiaussiestdéjàpassé, nouspassonstous,tôtoutard,etsonElsaaussialesyeux opaques,bonnenuitchers yeuxd'Elsa.Ilregardaletram quiglissaitverslaFriedrichstrasseetfitunaurevoiraux yeuxd'Elsa.Lechauffeurdetaxilefixa,interdit.Alors, dit-il,vousvousdécidezàentrer?Ils'excusaécoutez, vous voustrompez,j'étaisentraindesaluerquelqu'un,ce n'estpasàvousquejefaisaissigne.Lechauffeurdetaxi
AntonioTabucchi
secoualatêteensignededésapprobation.Cedevaitêtre unTurc.CettevilleestpleinedeTurcs,deTurcsetde Tziganes,ilsonttousfiniici,cesvagabonds,àfairequoi? àmendier,oui,àmendier,pauvreAllemagne.Ah,l'im-migrésemettaitàprotester,quelculot.Jevousaiditque vous vousétieztrompé,répliquai-jed'unevoixaltérée, c'estvousquiavezmalcompris,jesaluaisquelqu'un.Je vousaisimplementdemandésivousaviezbesoind'aide, expliqual'hommedansunmauvaisallemand,excusez-moi,monsieur,vousavezbesoind'aide?Besoind'aide? Non,merci,répondis-jesèchement,jevaistrèsbien, jeunehomme.Letaxipartit.Tuvasbien?sedemanda-t-il.Biensûrqu'ilallaitbien,c'étaitunemagnifique journéeestivale,commeilyenararementàBerlin,peut-êtreunpeutropchaude.Voilà,peut-êtretropchaudeà songoût,etaveclachaleurlatensionatendanceàmon-ter.Pasdenourrituresaléeetpasd'efforts,avaitproféréle médecin,votretensionatteintunniveaupréoccupant, maisprobablementest-ceàdescausesanxiogènes,ya-t-ilquelquechosequivouspréoccupe,vousréussissezà vousreposer,vousdormezbien,vousavezdesinsomnies? Quellesquestions.Biensûrqu'ildormaitbien,comment pourraitmaldormirunvieuxmonsieurtranquille,avec unboncompteenbanque,unmagnifiqueappartement danslecentre, unepetitemaisondevacancessurle Wannsee,unfilsavocatàHambourgetunefillemariéeau propriétaired'unechaînede supermarchés?rendez-vous compte,docteur.Maislemédecininsistait,mauvais rêves,difficultéàs'endormir,brusquesréveils,sursauts? Oui,parfois,docteur,maislavieestlongue,voussavez,à uncertainâge onrepenseauxpersonnesquinesontplus là,onregardeenarrière,verslefiletquinousatous enroulés,lefilettrouédeceuxquipêchaient,car aujourd'huiilssont touspêchés,vousmecomprenez?
LaNouvelleRevueFrançaise
Non,jenecomprendspas,enfindecompte,vous dormez,ounon?Docteur,aurait-ilvouludireàcebrave homme,maisqueveut-onencoredemoi?,j'aitirétoutes lescartes,j'aivomitoutlekirschpossible,j'aientassé tousleslivresdanslepoêle,docteur,etvousespérezque jepuisseencoreavoirlesommeiltranquille?Maisil réponditaucontrairejedorsbienquandjedors,et quandjenedorspasj'essaiededormir.Sivousn'étiezpas àlaretraite,jediagnostiqueraisuneformedestress, déclaralemédecin,maisfranchementcen'estpaspos-sible,votretensionhauteestdoncdueàl'anxiété,vous êtesunepersonneanxieusemêmesivousavezuneappa-rencetranquille,deuxdecespilulesavantdedormir,pas denourrituresalée,etilvousfautarrêterdefumer. Ilallumaunecigarette,unebelleaméricainebien douce.QuandiltravaillaitdanslaGrandeStructure,ily avaitdesgensquiauraientdénoncéleurspropresparents pourunpaquetdecigarettesaméricaines,etàprésentles Américains,aprèsavoirconquislemonde,décidaientque fumerétaitmalsain.Connarddemédecinvenduaux Américains.IltraversaUnterdenLinden,àlahauteurde l'UniversitéHumboldt,etils'assitsouslesparasolscarrés d'unkiosquequivendaitdesWürstel.Danslafiled'attente devantlekiosque,unplateauàlamain,ilyavaitune familled'Espagnols,lamère,lepèreetdeuxadolescents. Lestouristesétaientpartout,désormais.Ilshésitaientsur lafaçondontonprononçaitlenomduplat.Kartoffeln, soutenaitladame.Non,non,objectaitlemari,comme ellesétaientfrites,ilfallaitdemanderdesPommesàla française.UnbraveEspagnolàmoustaches.Enpassantà sescôtés,ilsemitàsiffloterLosquatrosgénérales.Ladame seretournaetleregardad'unairpresquealarmé.Ilfit minederien.C'étaientdesnostalgiques,ouvotaient-ils socialiste?Allezsavoir.AhiCarmela,ahiCarmela.
AntonioTabucchi
Toutàcoupunventfraisseleva,quiemportalesser-viettesenpapieretlespaquetsdecigarettesvidesquijon-chaientlesol.CelaarrivesouventàBerlinunejournée caniculaireetbrusquementsurvientunventfroidquifait voltigerleschosesetchangel'humeur.C'estcommes'il portaitavecluidessouvenirs,desnostalgies,desphrases perdues.Dugenredecelle-ci,quiluivintentêtel'inclé-mencedutempsetlafidélitéàmesdébuts.Ilressentitun mouvementdecolère.Maisquellefidélité,dit-ilàvoix haute,maisdequellefidélitéparles-tu,toiquitouteta vieasétéleplusinfidèledeshommes,jesaistoutdetoi, lesdébuts,biensûr,maislesquels?DesdébutsduParti tun'asjamaisrienvoulusavoir,tafemmetul'ascomblée detrahisons,alors,àproposdequelsdébutsdélires-tu, crétin?Uneenfants'arrêtadevantlui.Elleavaitunejupe quitombaitpresquejusqu'àterre,etlespiedsnus.Elle luibranditsouslesyeuxuncartonilétaitécritje viensdeBosnie.Vatefairevoirlà-bas,luidit-ilensou-riant.Lafillettesouritelleaussiets'enalla. Peut-êtrevalait-ilmieuxprendreuntaxi,ilsesentaità présentfatigué.Quisaitpourquoiilsesentaitfatigué,il avaitpassélamatinéeànerienfaire,enflânantetenlisant lejournal.Lesjournauxfatiguent,sedit-il,lesnouvelles fatiguent,lemondefatigue.Lemondefatigueparcequ'il estfatigué.Ilsedirigeaversunepoubelleenmétalety jetaunpaquetdecigarettesvide,puislejournaldu matin,iln'avaitpasenviedelegarderdanssapoche. C'étaitunbravecitadin,lui,etilnevoulaitpassalirla ville.Maislavilleétaitdéjàsale.Toutétaitsale.Ilsedit non,jevaisàpied,jemaîtriserai mieuxlasituation.La situation,maisquellesituation?,ehbienlasituation qu'ils'étaithabituéàmaîtriserend'autrestemps.À l'époque,oui,onenavaitlegoûttonObjectifmarchait devanttoi,ignare,tranquille,ils'enallaitpourson
LaNouvelleRevueFrançaise
proprecompte.Ettoiaussi,apparemment,tut'enallais pourtonpropre compte,maisenrienignare,toutau contraire.DetonObjectiftuconnaissaislestraitssoma-tiquesàlaperfection,àpartirdesphotosqu'ont'avaitfait étudier,tuauraismêmepulereconnaîtresurlascèned'un théâtre.Lui,àl'inversedetoi,nesavaitrien,tuétaisàses yeuxunvisageanonymecommeilyenadesmillionsà traverslemonde.Ilmarchaitdanslesrues,etenmar-chantdanslesruesilteguidait,cartudevaislesuivre.Il représentaitlaboussoledetonparcours,ilsuffisaitdele suivre. Ilsechoisit unObjectif.Quandilsortaitdechezluiil avaittoujoursbesoindesetrouverunObjectif,sansquoi ilsesentaitperduetprivéd'orientation.Carl'Objectif savaitbienaller,aucontrairedelui,etpouvait-il désormaisaller,àprésentqueletravaildetoujoursétait finietqueRenateétaitmorte?Ah,lemur,quellenos-talgiedumur.Ilétaitlà,solide,concret,ilmarquaitune frontière,ilmarquaitlavie,ildonnaitlasécuritéd'une appartenance.Grâceàunmur,quelqu'unappartientà quelquechose,ilsetrouveendeçàouau-delà,lemurest commeunpointcardinal.D'uncôtéc'estlenord,de l'autrec'estlesud,tusaistutetrouves.QuandRenate vivaitencore,mêmes'iln'yavaitpluslemur,ilsavaitau moinsaller,cartouteslestâchesdomestiqueslui incombaientàlui,ilnesefiaitpasàladamequivenaità horairefixe,c'étaitunepetiteIndienneauregardoblique quiparlaituntrèsmauvaisallemandetquirépétaitsans cesseyesSir,mêmequandill'envoyaitsefairevoir.Vate fairevoir,petitemoricaudestupideyesSir. Avanttoutilallaitausupermarché.Chaquejour,parce qu'iln'aimaitpas fairedegrandescourses,seulementdes achatsquotidiens,enfonctiondesdésirsdeRenate.De quoiaurais-tuenvie,cematin,Renate?Est-cequepar
AntonioTabucchi
exemplelesfameuxpetitschocolatsbelgesfourrésàla liqueurteplairaient,oupréfères-tudespralinésaux noisettes?Oualorsécoute,jevaisaurayonfruitset légumes,tunepeuxpasimaginertoutcequ'ilyadansce supermarché,tusais,çan'arienàvoiraveclesmagasins alimentairesdenotreépoque,iciontrouvetout,vraiment tout,est-cequeparexempledebellespêchesjuteuseste plairaientencettegrisejournéededécembre?,jet'en rapporte,ellesviennentduChili,oud'Argentine,ces endroits-là,àmoinsquetunepréfèresdespoires,des cerises,desabricots?,jet'enamène.Veux-tudumelon jauneettrèsdoux,celuiquisemariesibienavecleporto ouaveclejambonitalien?Jet'enrapporteaussi, aujourd'huijevoudraisterendreheureuse,Renate,je voudraisquetusouries. Renateluisouriaitd'unairfatigué.Ilseretournait pourl'observerdepuislepetitchemindujardintandis qu'elleluifaisaitunsignedelamaindederrièrela verrièredelaterrasse.Leborddelaterrassemasquaitles rouesdelachaiseroulante.Renatesemblaitassisedansun fauteuil,elleavaitl'aird'unepersonnenormale,elleétait encorebelle,avecunvisagelisseetdescheveuxblonds, malgrél'âge.Renate,maRenate,jet'aitantaimée,sais-tu?,tunepeuxpasimagineràquelpoint,plusencore quemaproprevie,etjet'aimetoujours,pourdevrai. Mêmesijedevraistedirequelquechose,maisquelsens celaaurait-ilàprésentdetedirecettechose?,jedois m'occuperdetoi,telaver,tesoignercommesituétais uneenfant,pauvreRenate,ledestinaétécruel,tuétais encorebelle,ettun'estoutdemêmepastrèsvieille,nous neserionstoutdemêmepastrèsvieux,nouspourrions encorejouirdelavie,quesais-je,voyager,Renate,etau lieudeçatuesréduiteàcetétat,quirendtoutsipénible, Renate.Ilparcouraitlechemind'accèsdelamaisonet
LaNouvelleRevueFrançaise arrivaitsouslesarbresdelagrandeavenue.Lavieestune chosedéphasée,pensa-t-il,toutestendécalagehoraire. Etilserendaitausupermarché,ilallaitypasserunebelle matinée,c'étaitunebonnefaçondepasserletemps,mais àprésent,depuisqueRenaten'étaitpluslà,illuiétait difficiledepasserletemps. Ilregardaautourdelui.Unautretrams'arrêtade l'autrecôtédelarue.Endescendirentunefemmed'âge mûravecunsacàcommissions,ungarçonetunefillequi sedonnaientlamain,unvieuxmonsieurvêtudebleu.Ils luiparurentdesObjectifsridicules.Ducalme,ducalme, nejouepasaugamin,as-tupeut-êtreoubliétonmétier?, ilfautdelapatience,tunetesouviensplus?,tellement depatience,desjournéesdepatience,desmoisdepatience, avecattention,discrétion,desheuresetdesheuresassis dansuncafé,dansune voiture,derrièreunjournal,tou-joursàlirelemêmejournal,desjournéesentières. PourquoinepasattendrelebonObjectifenlisantle journal,commeça,poursavoircommentvalemonde?Il achetaDieZeitaukiosquevoisin,çaavaittoujoursétéson hebdomadaire,auxjoursdesObjectifsvrais.Puisils'assit àlaterrassedukiosquedesWürstel,souslestilleuls.Ce n'étaitpasencorel'heuredudéjeuner,maisl'idéed'une belleWürstelavecdespommesdeterreluiallaitbien. Vouslapréféreznormaleouaucurry?,demandalepetit hommeàblouseblanche.Ilsedécidapourcelleaucurry, nouveautéabsolue,etilfitajouterduketchup,c'était vraimentpostmoderne,selonlemotquis'employaitpar-tout.Illalaissapresqueentièredansl'assietteencarton, unevéritablehorreur,quisaitpourquoic'étaitàlamode. Ilregardaautourdelui.Lesgensluiparurentmoches. Gros.Mêmelesmaigresluiparurentgros,grosdel'inté-rieur,commes'ilvoyaitleurintérieur.Ilsétaienthuileux, voilà,huileux,commes'ilsétaientcouvertsdecrème
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