La Nouvelle Revue Française N° 570

De
Marie Nimier, L'Accident
Éric Fottorino, Korsakov
Bernard Comment, L'aquarium
Thomas A. Ravier, Mc Enroe, l'impie limpide
Alain Sevestre, Épitaphe à Peg
Pour saluer Julio Cortázar :
Gustavo Guerrero, Pour saluer Julio Cortázar (1914-1984)
Julio Cortázar, Felisberto Hernández : Lettre en main propre
Roger Grenier, 1 040 pages de nouvelles
Pierre Mertens, L'homme qui avait perdu son âge
Mario Vargas Llosa, Rencontre inédite avec Julio Cortázar
La littérature anglaise aujourd'hui :
Christine Jordis, Des romanciers venus de tous les horizons
Janet Frame, Incident en plein océan
Alasdair Gray, Des grandes poches avec des revers à boutons
Ian McEwan, La langue maternelle
Martin Amis, Les belles maladies de Coleridge
Jonathan Coe, Sa première erreur
Albert Wendt, Le Commencement, la Fin
Nicola Barker, La Main libre
Romesh Gunesekera, Batik
Chroniques :
Alain Clerval, Une génération à l'épreuve du feu (Une Grande Génération d'Henri Godard [Gallimard])
Yves Leclair, Sur le billet retour à Ithaque de Cavafis
Thomas Regnier, George Steiner ou Le crépuscule de la pensée
Marion François, Montalbán aux fourneaux
Chroniques : le cinéma :
Serge Chauvin, Le fin mot de l'Histoire (Triple Agent d'Éric Rohmer)
Chroniques : les arts :
Pierre Descargues, Recoller les trois morceaux du Greco (Greco ; Watteau ; Barthélémy d'Eyck ; Ispoutéguy ; N.-N. Coypel)
Chroniques : le théâtre :
Hédi Kaddour, Ma vie de chandelle de Fabrice Melquiot
L'air du temps :
Albert Bensoussan, Le facteur de la Casbah
Léa Basille, Le Cirque Gracus
Marc Benda, La Dernière Américaine
Cyrille Fleischman, L'Opéra de Zalman
Andrei Vieru, Sur l'art
Notes : la poésie :
Jean-Paul Goujon, Poèmes de Radovan Ivsic (Gallimard)
Laure Helms, Pas sur la neige de Jean-Michel Maulpoix (Mercure de France)
Jacques Ancet, Ombres chinoises de J.-P. Gandebeuf (Voix d'encre)
Gérard Bocholier, Des langues poétiques
Notes : la littérature :
Alain Feutry, Laissez-moi de M. Sauvageot (Phébus)
Philippe Di Meo, Le Sillographe de J. Stéfan (Champ Vallon)
Yves Leclair, Des rivières plein la voix de L. Janvier (Gallimard)
Notes : le roman :
Guy Goffette, Carnets d'une soumise de province de C. Lamarche (Gallimard)
Thierry Laget, Le Narrateur d'A. Serre (Mercure de France)
Notes : les essais :
Lucette Finas, Liberté du XVIII<sup>e</sup> de P. Sollers (Gallimard/Folio)
Pascal Chabot, L'homme de l'humour de D. Noguez (Gallimard)
Notes : lettres étrangères :
François Kasbi, Les Ponts de T. Vesaas (Autrement)
Stéphane Zékian, CLOOP et autres récits humoristiques et satiriques d'Ilf et Patrov (Parangon)
Vincent Raynaud, Ton visage demain, I de J. Marías (Gallimard)
Thomas Regnier, Liquidation d'I. Kertész (Actes Sud)
Philippe Di Meo, Oubliettes de L. Sinisgalli (L'Atelier la Feugraie)
Max Alhau, Entre deux mers de C. Abate (Le Seuil)
Sophie Grandin, Septembre est le mois des ouragans de M. Ferrara (Benoît Jacob)
Marc Blanchet, Actuellement en écoute
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072388811
Nombre de pages : 368
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LANOUVELLE REVUEFrançaise
MARIENIMIER L'Accident
Monpèreatrouvélamortunvendredisoir,ilavait 36ans.SonAstonMartinDB4s'estécraséesurlepara-pet dupontquienjambelecarrefourdesroutesnatio-nales307et311,àquelqueskilomètresde Paris.Lavoi-tureroulaitsurlafiledegauchelorsqu'elleviraàdroite enfreinantsansqueriennepuisseexpliquercebrusque écartdeconduite.Ellefauchaseptbornesdebétonavant des'immobiliser.Lajeunefemmequiétaitassiseàses côtés,uneromancièreaunomexotique,venaitdesigner chezGallimardleservicedepressedesonpremierlivre. SunsiarédeLarcôneavait27 ans.Elleétaitd'unebeauté peucommune. Iln'yarienàraconter,n'est-cepas,rienàdiredecette relation.Qu'est-cequetuattends?Despotins?Des révélations?Jen'étaispasdanslavoiture.J'avais5ans. Jen'avaispasvumonpèredepuisdesmois.Iln'habitait plusàlamaison.Certainsjournauxdel'époqueont avancél'hypothèsequec'étaitlajeune femmequicon-duisaitl'AstonMartin.Jemedemandeelleest enterréesansdouteàRambervilliers,savilled'origine.
LaNouvelleRevueFrançaise Elleavaitunfils,sonprénomm'échappeaumomentj'écrisceslignes.Ilyaunevingtained'années,nous noussommesrencontrésparl'intermédiaired'unami commun.Jechantaisàl'époquedansungroupe,Les Inconsolables,etlui-mêmeselançaitdanslaproduction musicale.Sij'avaiscruauhasard,j'auraispudirequ'il faisaitbienleschoses.Etinventerça,l'histoiredeça. Uneliaisonentrelesenfantsdecesdeux-làquiensemble ontconnulamort.Lepremierrendez-vous.Luietmoi, danscecafédelaPorted'Orléans.Legestedesamain pourévoquerlablondeurmaternelle.Letremblement demeslèvres.LefilsdeSunsiaréalescheveuxlongset cettegravitétranquilledesenfantsgrandisprématuré-ment.Nousavonslemêmeâge,àquelquesannéesprès. Jeunes,trèsjeunesnousnelesavonspasencore,nous noussentonstrèsvieux.Noussommesassisdanslefond ducafé,loinduregarddesautres.Ilyadegrands miroirs,unelumièretamiséeetdesbanquettesde moleskine.Tuimagineslascène.Lescénario.Situas enviedevendredeslivres,tuécrisçaaveccequ'ilfaut deperversitéetdetendresse.Unsujetenor.Unecou-verturedepresseexceptionnellel'ons'empresserade ressortirlesphotosdel'AstonMartinécrabouillée.Et puisnon.Ilyavingtans,jen'aipasécritcelivre.Etje nel'écriraipas.Ousijel'écrivais,jelecommencerais autrement. Jediraisjesuislafilled'unenfanttriste.Ou,pour reprendrelatraductionanglo-saxonne,d'unenfantdes circonstances.Monpèreétaitécrivain.Ilestl'auteurdu HussardBleuquilerenditcélèbreà25ans.Jerecopierais laprésentationdulivredepoche,enl'assaisonnantàma façon,afindeposerleschosespourceuxquin'ontjamais entenduparlerdelui.Lavieetl'oeuvredeRogerNimier (1925-1962)sontmarquéesparuneprédestinationà
MarieNimier
l'ellipseetauraccourcid'originebretonne,ilnaîtetvit àParis,faitdebrillantesétudes,s'engageen1944dansle 2erégimentdeshussards,entreenlittératureetmeurt dansunaccidentd'automobile.Etl'urgencedecedestin éclairsembleavoirforcél'undesécrivainslesplusdoués desagénérationàpublierunesériederomansfrappésde cemêmecaractèreinsolent.Royalisteversiond'Arta-gnan,d'unecultureimmense,ilprendàrebourscequ'il considèrecommeleprêt-à-penserdesonépoque,cette intelligentsiadegaucheàlaquelles'opposerontceuxque l'onsurnommeraleshussards,fictionréunissantautour deRogerNimierdesécrivainscommeAntoine Blondin, JacquesLaurentouMichelDéon.Lehussardétant,je cite,unmilitairedugenrerêveurquiprendlavieparladouceur etlesfemmesparlaviolence. OuencoreUngarçonavecunevoiture.
Jen'aigardédeluiquequelquessouvenirs,bienpeuen vérité.Jemetourneverssesamis.Cequ'ilsontdit,ce qu'ilsontécrit,lesrumeursqu'ils ontcolportées.Drôle defaçondevoirsonpère.Delerencontrer.Onledécrit touràtouretparfoissimultanémentcommeunêtre désinvolte,sérieux,menteur,loyal,lent,rapide,tra-vailleur,paresseux,cynique,patriote,cruel,tendre,indif-férent,passionné,grave,frivole,ponctuel,généreuxet malhabiledesessentimentscommeonestmaladroitde sesmains.J'ajouteraisqu'ilfutaussijournaliste,rédac-teurenchef,scénaristeet,jusqu'àsamort,conseillerlit-térairechezGallimardc'estainsiqu'ilfitlaconnais-sancedeSunsiarédeLarcône,aliasSuzyDurupt,auteur deLaMessagèreetdequelquesautresromansinédits.Je diraisaussiqu'ileuttroisenfants,dontlepremier, Guillaume,mourutàlanaissance.Jem'aventureraisà racontercesanecdotesquiémaillentlalégendepater-
LaNouvelleRevueFrançaise nelle,lesconnuesetlesmoinsconnues.Jegratteraisun peu,allantjusqu'àretrouverdanslacorrespondance privéequelquesaventureslourdesdesensquidonne-raientunéclairagenouveausurlepersonnage.Etjemet-traisletoutàlapoubelle. Oualors,jecommenceraiparunevisiteaucimetièrede Saint-Brieuc.Mapremièrevisite,ilyatroisans.J'écrirai qu'audébut,ilyabeaucoupdepierres,etdesarbres, beaucoupaussi.Beaucoupdetombesalignéescommeles petitslitsd'undortoirenpleinair.Audébutonsedit, oui,c'estlapremièrechosequim'estvenueàl'espriten arrivantaucimetièreilssontbien,là,aveclameren contrebas.Ilestbienlà.
Ilfautprendreletrain,puis marchersouslapluie. Chaquefoisquejesuisalléesurlatombedemonpère,il pleuvait.Jen'entireaucuneconclusionsurleclimatdela FranceengénéraletdelaBretagneenparticulier,nisur l'étrangeadéquationentremonétatintérieuretles capricesdelamétéo.J'achètetoujoursmesfleurschezla mêmefleuriste,enfaceducimetière,unefemmeélégante quivouslesenveloppeavecautantd'amourques'ils'agis-saitd'uncadeaupourlaSaint-Valentin.Ellesaitbienque sonemballageseretrouveraquelquesminutesplustard danslapoubelledel'alléeprincipale,avecsabouffette,et lapetiteétiquettedoréecolléeaubolduc,oui,jeviensde vérifier,ils'agitbiendebolduc(j'avaisundoutesurle mot),quivientdeBois-le-Duc,villeduBrabantsepten-trional,tuprendslerubanàlabase,tulecoincesentrela lamed'uncouteauetleplatdupouceettutiresen remontant,pluslegesteestvif,pluslafrisureest moussue,etenrouléeserréelorsquelegesteestlent,elle
MarieNimier
saittoutçasurleboutdesdoigts,lafleuriste,ellesait bienque,trèsvite,danslapoubellesabelleconstruction, commelespâtissiers,leursdécorationsenpâte d'amande surlabûchedeNoël,dansl'estomacaveclafarce,pêle-mêle,leshuîtresetlechapon,maispeuluiimporte,ses préoccupationssontailleurs.Dansl'instant.Labeauté dugeste.L'amourdutravailbienfait.Tuaurasbeau agiterlamainensignededénégation(c'estpourenface, voussavez,touscesefforts,est-cebienlapeine?),ellene t'écouterapas,neteregarderapas,continueraàpasserla lamedesesciseauxcontrelerubandoréjusqu'àcequ'il dégoulineenanglaisessurlepapierdecellophane.Sa boutiqueestàsonimage.Lesfleursartificielles,les plaquesgravées,lescouronnesmortuaires,oui,toutest disposégaiement,avecdesangesenterre cuitequi volettentàdifférenteshauteurs,desbougiesparfumées etlaradioquiégrènelesactualitésterribleaccidentde larouteencepremierjourduweek-end,seulesdes mesuresdrastiquespermettraientdefairereculerla mortalité.
Personnenenousajamaisproposéd'allersurlatombe denotrepèrequandnousétionsenfants.Nipourl'enter-rement,niaprès.Nouspassionspourtantnosvacances d'étédanslarégion.NousdescendionsdutrainàSaint-Brieuc,puisnousprenionsl'autocarjusqu'àSaint-Quay-Portrieux.JemedemandesimonfrèreMartinlaconnaît. Moi-même,jen'aitrouvéquetrèstardlecouragedem'y rendre,etpresqueencachette,commes'ils'agissaitd'unacterépréhensible.Unjour,j'aimeraisretournerà Saint-BrieucavecMartin.Çafaitmonterleslarmesaux yeux,desphrasescommeça.Unjour,virgule,j'iraifleurir
LaNouvelleRevueFrançaise latombeavecmonfrère.Non,ilfaudraitledireautre-ment.Unjour,virgule,j'iraiavecMartinsurlatombede notrepère.LatombedeRogerNimier.Unjour,virgule, nousironsmonfrèreetmoi,unjour,virgule,maisquand jelaissedesmessagessursonrépondeur,ilnemerappelle jamais,alorscen'estpasqu'onsevexe,maisàforce,ona l'impressiondedéranger.Alorsàforce,onnedérange plus.Ongardeçapoursoi.Lesvisitesaucimetièrequi surplombelamer,lesarbres,lespetitslitsetlessouvenirs douloureuxdupère.
Lapremièrefois,legardienducimetièrem'aprêté unepelleetunbalaipourfaireleménage.Cethomme estfierdesonmétier,ill'accomplitdefaçonostensible-mentméritante.Aveclafleuriste,ilssesont donnéle mot.C'estlui,legardien,quim'aapprisquependant desannées iln'avaitvuquasimentpersonne surcette tombe.Ilyavaitbieneuuneéquipedetélévision,sept ouhuitansauparavant,aumoisd'octobre,maiselle n'avaitfaitqueconstaterl'étatdeslieux,sansaucune-mentchercheràl'amélioreronauraitmêmeditqu'ils seréjouissaientdecetabandon,qu'ilstrouvaientun plaisiresthétique. Unplaisirmalsain,disaitlegardien. Quecherchaient-ilsàprouver?Ilsavaientcommencé letournageenlaissanttoutcommeça,pasungestepour écarterlesfeuillesmortes,rien.Unhommedeprestance auxcheveuxargentésétaitinterviewédevantlacroix.Le gardienavaitproposéd'emprunterquelquespotsde fleursàlatombedeLouisGuilloux,quifêtaitjustement sonanniversaire,ouaupèredeCamusquireposaità quelquestravées.Leréalisateuravaitrefusé,ets'était
MarieNimier
mêmeunpeumoquésemblait-il,croyantsansdouteque legardiennefaisaitjouerlasolidaritélittérairequepour obtenirunpourboire,cequ'ilobtint,unbilletneuf,tout fraissortidudistributeur,puisonlepriagentimentde resterhorschamp.Cetteattitudel'avaitchoqué,pas humilié,non,iln'enfaisaitpasuneaffairepersonnelle, maisiln'étaitpasjusteselonluiqu'uncimetièresibien tenufûtreprésentéàlatélévisionparcegenredetombe. Iln'avaitpaslepouvoird'interdireletournage,mais commeils'étaitmisàpleuvoiretquel'équipes'était réfugiéedansuncafé,legardienenavaitprofitépour remettreunpeud'ordre,désherbant,balayant,grattant, fleurissant,recalantlerameauenmétalquidécoraitla pierre,sibienquelejournalisterevenantuneheureplus tardpourfinirsoninterviewavaitpiquéunecolère,colère quin'avaitserviàrien,cars'ilestpossibledenettoyerune tombeenuneheure,l'abandonnerdemandedutemps l'équipeavaitétéobligéedereprendretouslesplans depuisledébut,l'arrivéeenflânantdansl'alléeprinci-pale,lalecturedesnomsgravésetlemonologueinspiré dutémoindeladernièreheure.
Jemedemandequiétaitcethommeauxcheveuxgris, unécrivainsansdoute. D'aprèslegardien,ilavaitvumon pèrelejourdesamort.Jemedemandesicethommeest aucourantdecerendez-voustardifchezRogerlaGre-nouille,lesoirmêmedel'accident.Monpèredevaity rejoindredesamis,versminuit,c'estdrôle commenom, pourunrestaurantparisien,RogerlaGrenouille.Lelieu existetoujours.L'unedesanecdotesquel'onraconteau sujetdesonfondateurestqu'iloffraitàsesclientesune grenouillesouvenirenéchanged'unbaiser.Unbaiserfra-
LaNouvelleRevueFrançaise ternel,surlajoue,semblait-il,maisquisetransformaiten baisersurlabouchelorsqu'iltournaitrapidementlatête. RogerlaGrenouilleétaitorphelin.Ilinvitaittousles jeudisunevingtained'enfantsàdéjeuner.Unendroitsin-gulier.J'aimeraisavoirlaforced'yaller.D'yinviterlefils delajeuneromancièrenativedeRambervilliers.Lefilsde Sunsiaré.Encorefaudrait-ilquejemesouviennedeson nom.Quejeretrouvesafamille.Rambervilliers,se trouveRambervilliers?Jen'osepasdirecequej'ai découvertsurInternetàproposdeRambervilliers.Pasle moment.Tusaistrès bienestRambervilliers,c'est danslesVosges,tuasmêmeleshorairesdescarsetdans l'albumdetonordinateurlesphotosdelafêtelocale. «Rambervilliers,lacitédestêtesdeveaux»,voilàcequi estapparulorsquetuasinterrogétonmoteurde rechercheundossiercompletsurledéfilédelaconfrérie descharcutiers.Lestêtesdeveaux,promenéestelsdes trophéesdeguerredansdescharsglorieusementdécorés. PauvreSunsiaré,avecunpseudonymesiélégant,desche-veuxdeprincesse,etunemort tellementromanesque maisjedétestecetteidéedemortromanesque,non,rien d'héroïquedanscettevoiturefracassée,rien,quedusang etdesboutsdetôle,sirènes,ambulances,retouràRam-bervilliers,boucherie,charcuterie,têtesembauméesavec tomatedanslesnaseauxetcarottesverniesenguisede collerette,dubeautravail,pourlapostérité.Jemeperds, jenedevraispaspenseràça,aucorpsdisloquédemon père.Jevoisl'accidentauralenti.Jepourraisdécrirepar lemenutouteslesversionspossiblesdelacatastrophe,de çaaussi,jepourraisfaireunroman.Unlivreconstruit autour dufaitdiversenreprenantchaquefoisdu début, commedanscescauchemarstunagesàcontre-courant lespiedsattachésàlabergeparunélastique.Cequ'ilatu, cequ'elleadit.L'odeurdelavoitureetlebruitdumoteur.
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