La Nouvelle Revue Française N° 577

De
Pierre Encrevé - Michel Braudeau, Conversations sur la langue française (III)
Thibault Lang-Willar, Arrête de mourir
Jean-Hubert Gailliot, Introduction au Cercle Adolfo Bioy Casares
Norman Warnberg, 21<sup>e</sup> Émulation
Barry Gifford, B. Traven : L'homme qui n'a jamais oublié
Bruce Benderson, La question Peter Sotos
Alfred Brendel, Pensées sur l'art et la vie (entretien)
Stéphane Audeguy, In memoriam (III)
Dominique Noguez, Duras voit
Littérature américaine d'aujourd'hui :
Benoit Laudier, Anatomies du désastre
William T. Vollmann, Relations Internationales
Carl Watson, Les hommes en cage
George Saunders, Le nœud rouge
Benjamin Weissman, Monsieur Panégyrique
Sam Lipsyte, Ma vie, usage promotionnel exclusivement
Chroniques :
Pierre Campion, Défense et illustration de la fiction française. Waltenberg de Hédi Kaddour
Chroniques : le cinéma :
Serge Chauvin, Le passé et le présent (Hou Hsiao-hsien ; Atom Egoyan ; Philippe Garrel ; Eric Khoo ; Woody Allen ; Tommy Lee Jones ; João Pedro Rodrigues)
Chroniques : les arts :
Pierre Descargues, Le chemin d'une peinture républicaine (D. Karavan ; David d'Angers ; É. Manet ; R. Malaval)
L'air du temps :
Abdelkader Djemaï, Dites-le avec des fleurs ou Jean Paulhan à Tarbes
Henri Droguet, Poèmes
Étienne Faure, Nadja vieillie
Daniel Kay, Poèmes (2003-2005)
Ivan Herisson, Une Descente
Notes : la poésie :
Jacques Réda, La Rumeur des cortèges de Jean Grosjean (Gallimard)
Jean-Pascal Dubost, Avis de passage d'Henri Droguet (Gallimard) - Albert & Cie, histoire d'Henri Droguet (Apogée)
Gérard Bocholier, Poésies du monde
Amaury Nauroy, D'autres astres, plus loin, épars de Philippe Jaccottet (La Dogana)
Notes : la littérature :
Anthony Dufraisse, Quelques jours à Twilightstrasse de Lina Lachgar (La Différence)
Notes : récits :
Yves Leclair, Tsiganes et La Croisée des chemins de Jan Yoors (Phébus)
Notes : la musique :
Feriel Meyer, Le Tombeau d'Anacréon de Hugo Wolf
Texte :
Liliane Hasson, À la rencontre de Reinaldo Arenas
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072388958
Nombre de pages : 352
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LANOUVELLE REVUEFrançaise
PIERREENCREVÉETMICHELBRAUDEAU
Conversationssurlalanguefrançaise ni
MICHELBRAUDEAUNoussommesauxButtes-Chaumont.On avirélespauvresenbanlieue,cen'estplusvraimentunquartier populaire,maisenvoiede«boboïsation»accélérée,commetoutle Parisintra-murosd'ailleurs.LefameuxmotdeSarkozysurle «karcher»nes'appliquesansdoutepasavenuedeLaumière.Et pourlabanlieue,est-ceunemploiappropriédumot«karcher»? PIERREENCREVÉ«Nettoyeraukarcher»labanlieue onapu,ennovembredernier,constaterdevisuleseffets indirectsdecelexiqueministérielinattendu.Cetemploi n'était«approprié»ques'ilcherchaitdélibérémentà provoquerdesréactionsvirulentes.Rienn'autoriseàle croire.Maisconjointeàlamortdramatiquededeux jeunesgens,cetteexpression,augmentéedel'emploidu mot«racaille»pourdésignerl'objetdecette«kârché-risation»,estapparueàtouscommedéterminantedans ledéveloppementd'unesériedeviolencesurbainestelles qu'onn'enavaitpasvuenFrancedepuisplusdedeux décennies.
LaNouvelleRevueFrançaise M.B.OnesttoujoursàlatraînedesÉtats-Unis. P.E.Cen'estpastrèssurprenant,dansunpaysaussi soucieuxdesalanguequelenôtre,qu'untelusagedela languefrançaiseaitpujouerdanscetteaffaireunrôle sinondedéclencheurdumoinsderelaisefficacedansla propagationdesémeutes. Enmai68,deGaulle,l'uniquegrandécrivainquiait jamaisdirigélaFrance,dotéd'unformidablerépertoire lexical,ilpuisaitàvolontédestracassin,ramasouquar-teron,enavaitfaitsurgirlemotàlafoispopulaireet savantdechienlit,quiavaitl'avantaged'êtredesonvoca-bulaireetnondeceuxqu'ilvisaitetilavaiteu «l'astuce»(c'étaitundesesmots),loindeleprononcer publiquementlui-même,delefairerapporterparson Premierministre.Quelquesmoisplustard,retournantle titred'unfilmd'Audiard,ilraillaitceuxqui«prennent lescanardssauvagespourdesenfantsdubonDieu»encore,cequiretientc'estl'inventionlangagière.Mais dire«racaille»danslecasévoqué,c'estallerchercherun motdescitéspourleretournercontreellesçacraint,si j'osedire. M.B.Parceque«racaille»,pourlesgensconcernésparce terme,estpéjoratif,saufs'ilestappliquépareux-mêmes. P.E.Lesjeunesgensdesgrandsensemblessubur-bainsemploientsouvent«caille» ou«caillera»pour désignerl'ensembledesjeunesdescités.Leministre,qui visaitprobablementleréférentpourluidumotracaille, c'est-à-direlesdélinquants,l'avaitoublié,oubienilnele savaitpas.MaissiThuramouNoahontprislemotpour euxentantqu'anciensjeunesdebanlieue,c'estparceque c'estl'emploinormalàl'intérieurdescitésencause. M.B.Cequiprouvebiensoncaractèreinsultantau-dehors.
PierreEncrevéetMichelBraudeau
P.E.Celaprouvesurtoutqu'unministrenegagne rienàparlerlalanguedesbanlieuesquandilnelaconnaît pas.Autantàl'intérieurdescitésonpeutemployer «racaille»parautodénigrement,parauto-stigmatisa-tion,auseconddegréensachantqu'ils'agitdecequeles autrespensentdevous,autant,sic'estl'undecesautres quivousrenvoiecetermeenpleineface,c'estuneoffense quifranchitallègrementl'enceintedesghettosetatteint tousceuxquiontunlienaveccetunivers,jusqu'à ThurametNoah. M.B.C'estcommeCyranodeBergerac,quisupportetoutes lesmoqueriessursonnez,pourvuqu'ellesneviennentquedelui. P.E.Toutjuste.Quantàlamétaphoredu«net-toyage»,elleaunlourdpassépolitique,qu'aggravait encorel'évocationdu«karcher».Laconnotationiciest déshumanisante.D'oùlesentimentderévolte,etparfois lesgestes,dansunesituationurbaine,économiqueet socialepropreàlessusciter. Pourm'enteniràlalangue,uneremarquemoinsgrave commeobservateurprofessionneldelapolitiquedela langueenFrance,cetemploim'aétonnéparcequ'ilse trouvequeceministredel'Intérieurestundessignataires delaloidu4août1994,diteloiToubon,relativeà l'emploidelalanguefrançaise.J'aidesdoutessurcette loi. M.B.Quels doutes? P.E.Çanousmèneraittroploindescités.Situle permets,nousenreparleronsdansuneconversationsurla questiondudroit linguistiqueenFrance,danslejardin duMuséeRodin,parexemple,àdeuxpas deMatignon, entreLesbourgeoisdeCalais,Laportedel'EnferetLepenseur, parmilesrosiersetlefantômedeRainerMariaRilke. Maisquelleque soitmonopinionàsonégard,cetteloia forced'obligationetjeremarquequ'ellesesoucieprécisé-
LaNouvelleRevueFrançaise mentdel'emploid'untermecomme«kârcher»dansson article14«L'emploid'unemarquedefabrique,decommerce oudeserviceconstituéed'uneexpressionoud'untermeétrangerest interditauxpersonnesmoralesdedroitpublicdèslorsqu'ilexiste uneexpressionouuntermefrançaisdemêmesensapprouvédans lesconditionsprévuesparlesdispositionsréglementairesrelatives àl'enrichissementdelalanguefrançaise.»C'estclairune personnemoralededroitpublic,c'est-à-direunconsti-tuantdel'Étatentantquetel,nedoitpasemployerle terme«karcher»,quiestincontestablement«unemarque defabriqueoudecommerceconstituéed'untermeétran-ger»,enl'occurrenceunnompropre,celuid'AlfredKâr-cher,industrielallemandquicréa,vers1935,lasociété quiamisaupointlesnettoyeursàhautepressionportant sonnom,lequel,d'ailleurs,nesetrouvepasdanslader-nièreéditionduplusaccueillantdenosdictionnairescou-rants,lePetitLarousse.CertesleMinistres'exprimait commepersonnephysiqueetnoncommepersonnemorale. Maisn'était-ilpasentenducommelavoixmêmedel'État parlesjeunesgensdescités?Entoutétatdecause,laloi Touboninterditl'usagedecetermedansuntexteofficiel. M.B.D'autantquecenompropren'estpasdevenuunnom commun,commelepatronymedupréfetPoubelle. P.E.Encorepoubellen'est-ilpasun«motétranger». M.B.OuFrigidaire. P.E.Situveux.Ledébatparlementairesurlaloi Toubon,quej'aieul'occasiondetravaillerdeprès,a révélél'extrêmedifficultéàdésignercequ'estunpré-tendu«motétranger»dansl'usagecourantdesFrançais contrairementàcequel'ons'imagine,rienn'estplusflou quelesfrontièreslinguistiques.Jemesouviensd'un échangepittoresqueentrelesénateurquiétaitàl'origine delaprécédenteloisurlemêmeobjet,etleministredela Culturequiadonnésonnomàlaloi
PierreEncrevéetMichelBraudeau
«M.MarcLauriol"Water-closet",est-cedufrançais oudel'anglais,monsieurleministre? M.JacquesToubonÀmonavis,monsieurleséna-teur,c'estunmotanglais M.MarcLauriolLeCanada,commevouslesavez, estunpaysbilingue.AuParlementd'Ottawa,j'aivuau coind'unmur,avecuneflèche,uneindication"Toilet"en anglaiset"W.C."enfrançais.Nousensommes» Notebienquelemotenquestion,présentdanstousles dictionnairesactuelsdelalanguefrançaise,estattestéen françaisdepuis1816. M.B.Legouvernementdevraitêtreréservéauxlinguistes. Blaguesetmotsétrangersàpart,lafracturesocialeneselimite pasauxéchangesentreSarkozyetlesjeunesbanlieusards.Elle nousaégalementsautéauxoreillesaudébutdel'annéequand nousavonsvuouentenduparlerlesgensd'Outreauàla télévisiononaeul'impressionqu'ilsvenaientd'ailleurs,qu'ils parlaientuneautrelangue,d'unautremonde. P.E.C'étaittrèscertainementl'aspectlinguistique saillantdanscetteauditiondesacquittésd'Outreauparla commissionparlementaireadhoclesurgissementdece quirestelà-basdelalanguepopulairede«ch'Nord».En effet,cequ'onappelaitla«languepopulaire»alarge-mentdisparudesvillesdeFranceautermedes«trente glorieuses»,dufaitdelacroissancedesclassesmoyennes, del'allongement,décidéen1959,deladuréedel'ensei-gnementobligatoireetdelagénéralisationdel'écoutede latélévisionplusieursheuresparjourlesenfantsd'ouvriers sontpassésaufrançaiscommun,standard. M.B.lefrançais«blanc,normal,quoi»,auraitdit Coluche. P.E.Oui,ilssontpassésaufrançaisnormalsinon normé.MaisdansleNordnotamment,malgréladébâcle delaclasseouvrière,ouàcaused'elle,ilyadesrestesde
LaNouvelleRevueFrançaise cequiétaitautrefoisleparlerchtimi,etenentendantles gensd'Outreau,onétaitfrappédeleurprononciation leurphonétique,leurphonologie. M.B.Onsentaitquelatélévisionn'étaitpasloind'envoyer dessous-titres,commepourlesAntillaisparlantencréole. P.E.Parcequephonétiquementc'étaitdifficileà comprendre.Lexicalementetsyntaxiquement,ilyavait peuderégionalismesmaislaformephoniqueétait régionale.Onpeutdoutersilejugelescomprenaitvrai-ment.Lafemmed'undesacquittésdisaitquec'étaitabso-lumentimpossibledesefairecomprendredelui.Jecite demémoire«Quandjeluidisais"Ledimancheonva autemple",ilnotait"LedimancheonvaàÉtamples",et Étamplesc'estenBelgique etçarenvoyaitàl'affaire Dutroux.EtjeluidisaisMaisnon,jevousaidit"au temple"etilécrivaitsurlecompterenduÉtamples".» Sionexclutlamauvaisefoi,etjepréfèreprendreceparti, c'estuncasexemplairedesurditéphonologiqueetd'inca-pacitéàentendrelalanguedel'autre.Ilsemblequel'État nesesoitjamaispréoccupéenFrance,danslaformation desmagistrats,decepointdécisif,quelejugedoitpou-voirpleinementcomprendrelalanguedeceuxqu'ilinter-roge.Ildevraitêtrefamiliariséaumoinsaveclesdiverses variétésdefrançaisetsicen'estpaslecas,qu'ildemande à deslinguistesdel'aider.AuxÉtats-Unis,ilarrivecou-rammentqu'onrecourreàdeslinguistesdanslesprocès impliquantleslocuteursdel'AfricanAmericanEnglish. Lejugeauraitpudemanderàunlinguiste,sinonde l'assister,dumoinsdeleprépareràentendreceslocuteurs particuliers.Leslinguistesseraientparfoismoinsdépla-césdansuneinstructionquelesinévitables expertsen psychologie. M.B.Pasévidentpourquelqu'undeTourcoingdecom-prendreexactementcequeditunMarseillais.
PierreEncrevéetMichelBraudeau
P.E.Toutdépendduparcourslinguistiquedel'unet del'autre.Mais,au-delàd'Outreau,unechosem'aretenu danslacrisedesbanlieuesàlaradioouàlatélévision,si onsaisissaitunboutdeconversationdejeunesgensdes citésentreeux,onavaitdumalàlescomprendre,surtout s'ilsparlaientvite.Maisdèsqu'ilssetrouvaientdevantun microilsusaientdufrançaisdetoutlemonde.Iln'yapas entreeuxetnousde«fracturelinguistique»,contraire-mentàuneopinioncourante.Cesjeunesgensparlent entreeuxlalanguedesjeunesdebanlieuemaisavecleurs parentsilsparlentlefrançaiscommun,etplusencoreavec lesautresadultes,aucollègeouhorsdelacité. M.B.Ilssontbilingues,ensomme. P.E.Ilsutilisentdeuxvariétésdefrançaisilspeuvent parlerdansleursociolecteetdansledialectecommun, sansoublierlaouleslanguesmaternellesdeleursparents, dontilsontleplussouventunecompétenceseulement passive.Cettelanguedesjeunesdebanlieueestune variétédefrançaistoutàfaitintéressante,maisilfautse garderdeprojectionstroprapides.Jadis,quandParis intra-murosabritaitencoreunepopulationouvrière,ony entendaitcequ'onappelaitlalanguepopulaire.Ilyaeu destravaux,desétudesquiladécriventbien,audébutdu xxesièclenotamment.Mais,depuisunetrentained'années, depuisl'arrivéeenmassedesémigrésquiontétélogés extra-muros,unepartiedelabanlieues'estconstituée commeunvasteghetto,etlesphénomèneslinguistiques quis'ymanifestentsontassezproches,dansleurprincipe, deceuxdesghettosnoirsdesÉtats-Unis.Ilyaplusde trenteans,lelinguisteaméricainWilliamLabov,quia particulièrementtravaillésurcequ'onappelaitautrefois leBlackEnglishet maintenantl'AfricanAmericanVer-nacularEnglish,aétabli,danssongrandlivreLanguagein theinnercity,traduitenfrançaissousletitreLeparlerordi-
LaNouvelleRevueFrançaise
naire,lalanguedanslesghettosnoirsdesÉtats-Unis,quec'est unsociolectedel'anglais.Ilyanalyselelangagedes bandesderues,parléentrehuitetdix-huitans,etpro-gressivement abandonnéensuite.Celangageatypique mérited'êtrerapproché,nonpaslinguistiquementmais sociologiquement,denotrelanguedesbanlieues,ne serait-cequesurlepointsuivantauxÉtats-Unis,selon lesenquêtesdeLabovetdesescollaborateurs,danstoutes lesgrandesvilles,NewYork,Philadelphie,Chicago, DetroitouLosAngeles,onrencontredesvariantespho-nétiquesspécifiques.ÀPhiladelphielaprononciationde l'anglaisdiffère,surl'antériorisationoulacentralisation desvoyellesparexemple,decelledeNewYorken revanche,chezlesjeunesNoirsiln'yapasdevariantes phonétiquessignificativeslesjeunesdesdifférentsghet-tosaméricainspeuventprésenterquelquesvariantesrégio-nalesdanslevocabulaire,maisilsprononcentleurAfrican AmericanEnglishdelamêmemanière.Parceque la languedesghettoscirculedeghettoàghetto,sansêtre phonétiquementrégionaliséecommel'anglaisordinaire. M.B.A-t-on l'équivalentdunemêmeétudepourla France? P.E.Pasvraiment,non.Ilfautdirequecen'estpas simplecommençantàHarlemdanslesannées60,Labov avaitengagéunjeunehommequiavaitétémembred'une bandequelquetempsplustôtpourqu'ilréaliselui-même,enl'absenceduchercheurmaissursesindications, desenregistrementsdesconversationsspontanéesdes adolescentspendantuneannée.Jenesuispasdutoutspé-cialistemoi-mêmedelalanguedesjeunesdescitésje n'yaijamaisenquêté.Deschercheursdeterrainontrelevé quelevocabulaire,d'ailleursvolatil,pouvaitvarierd'un boutàl'autredelaFranceetprésenterparfoisdesrégio-nalismesmaisque,chaquefoisquelapopulationd'ori-
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