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La Nouvelle Revue Française N° 578

De
368 pages
Pierre Encrevé - Michel Braudeau, Conversations sur la langue française (IV)
Eva Almassy, Chapitres d'un roman à venir
Alain Sevestre, Tchouba
Jean-Pierre Martin, Fragments d'un discours honteux
Paul de Roux, Au jour le jour
Norman Manea, Le retour du Hooligan
Stéphane Audeguy, In memoriam (Fin)
Jan H. Mysjkin, Présentation [des Poèmes roumains de Paul Celan]
Paul Celan, Poèmes roumains
Giacomo Leopardi, Lettre à son père
Autour de Bernard Hreglich (1943-1996) :
Anonymes, Un ciel de reclus
Bernard Hreglich, Proses de Manosque
Lionel Ray, Bernard Hreglich, l'homme brisé (Exil et fantasmagories)
Renouveau de la fiction italienne :
Vincent Raynaud, Notre temps, tout notre temps
Andrea Bajani, Pas de malentendu entre nous
Giulia Fazzi, Jeune fille de bone famille
Alberto Garlini, Quelque chose qui me concerne
Marco Mancassola, Où est passée la réalité?
Vitaliano Trevisan, Quand je tombe
Gian Mario Villalta, Un hiver
Chroniques :
Alain Clerval, L'Amour trahi, de Balzac à Claire de Duras
Alain Duault, Au plus près de ce qui se dérobe. En lisant Jean-Michel Maulpoix
Chroniques : le cinéma :
Serge Chauvin, Les yeux grands ouverts (Le Nouveau Monde de Terrence Malick)
Chroniques : les arts :
Pierre Descargues, Excès de vitesse (Pissarro-Cézanne ; P. Pinoncelli ; Le Douanier Rousseau ; Les van Blarenberghe ; Erró)
Chroniques : le théâtre :
Hédi Kaddour, Ibsen, Strindberg, Bergman
L'air du temps :
Jacques Laurans, Penché sur mon épaule
Shoshana Rappaport-Jaccottet, Marina Tsvétaeva
Pierre Lembeye, Le coach et la mouche
Maurice Couturier, 'Gros roman anglais contre petit roman français'
Notes : la poésie :
Gérard Bocholier, Des lyrismes
Nelly Carnet, Et la terre coule d'Henri Meschonnic (Arfuyen)
Notes : la littérature :
Alain Feutry, Lectures pour une ombre de Jean Giraudoux (Grasset)
Notes : récits :
Christian Garcin, Limites provisoires de la nuit d'Yves Nilly (Mercure de France)
Stéphane Audeguy, Ni fleurs ni couronnes de Maylis de Kerangal (Gallimard)
Notes : les essais :
Thomas Regnier, Jules Michelet, l'homme histoire de Paule Petitier (Grasset)
François Kasbi, Dictionnaire des pièces de théâtre françaises du XX<sup>e</sup> siècle (Honoré Champion) - Nouveaux territoires du dialogue (Actes Sud-Papiers) - Qu'est-ce que le théâtre? (Gallimard/Folio)
Notes : lettres étrangères :
Nelly Carnet, Le Vent du retour de Rainer Maria Rilke (Arfuyen)
Shoshana Rappaport-Jaccottet, Petits textes poétiques de Robert Walser (Gallimard) - La République Nizon de Paul Nizon (Argol)
Philippe Di Meo, Raisins surs de William Carlos Williams (José Corti)
Yves Leclair, Sinon la réalité de Tommaso Landolfi (Christian Bourgois)
Vincent Raynaud, Les Détectives sauvages de Roberto Bolaño (Christian Bourgois)
Texte :
Gilles Verdiani, Dix ans après sa mort, des nouvelles d'Alberto Velasco
Alberto Velasco, Trois nouvelles
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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
PIERREENCREVÉETMICHELBRAUDEAU
Conversationssurlalanguefrançaise
IV
MICHELBRAUDEAUL'hôtelBiron,avantdedevenir,en 1919,leMuséeRodin,aabritéHenriMatisse,Isadora Duncan,RainerMariaRilkeetletrèsvolubilejeanCocteau. Passeulementdesstatuesmuettes. PIERREENCREVÉPourvunéanmoinsqu'ilsemetteà pleuvoir,quenoussoyonsobligésd'entrerdansl'Hôtelet denousretrouverdevantl'étonnanteIrismessagèredes dieuxquiyaccueillelevisiteur. M.B.Lessculpturesdanslejardinsuffisentpourl'instant àmonbonheur.Mais,pourcontinuerdeconverser,laproximité avecl'HôteldeMatignon,deuxcentsmètresplusloindanslarue deVarennes,nousramèneauxrelationsdel'Etatetdelalangue, aumoinspourl'orthographepuisquec'estlà-basqu'avaitété prise,en1989,ladécisiondetoucheràcetabourépublicain.Tu m'assurpris,ladernièrefois,auxButtes-Chaumont,quandtu asparlédelalibertédontlescitoyensdisposentpourlesdiffé-rentesformesorthographiques. P.E.EnFrance,contrairement,parexemple,àla situationauxÉtats-Unisàl'égarddel'anglais,lapression
LaNouvelleRevueFrançaise esttellequelesusagersdufrançaisoublient,engénéral, qu'iln'yaaucunecontraintelégalequipèsesurl'emploi privédelalangue,etdoncsurl'orthographe,etquel'État n'intervientsurl'usageindividuelquedanslecadrede l'enseignements'imposelanormescolaire.Endehors del'enseignementchacun,àsongré,suitlanormescolaire ounelasuitpas.Tuavaisterminénotredernièreconversa-tionparuneallusionauxcatleyaschersàOdetteetàSwann. LaformeretenueparProustillustrebienlalibertéortho-graphique.Gallimardimprimeces«catleyas»avecunseul «t»,chezProustet,àlamêmeépoque,des«cattleyas», chezGideparexemple,avecdeux«t». M.B.D'oùvientlemotcatleya? P.E.D'aprèsleshistoriensdulexique,toutdroit du nomdeWilliamCattley,unorchidophilebritanniqueà quilebotanisteJohnLindleyarenduhommageendon-nantsonpatronymeàcettevariétéqu'ilavaitdécouverte. Gideasuivil'étymologie,undesfondementsdeprincipe del'orthographedufrançais.Renvoyercettefleuràce Cattley,pourquoipas,maisProustaautrechoseentête samétaphore,«fairecatleya»,veut,aucontraire,déta-cherlemotdudictionnaireetdequelquebotanistebarbu quecesoitpourle«privatiser»àl'intentiond'Odetteet deSwann. M.B.Rappelonsauxoublieuxque«fairecatleya» c'était,poureux,fairel'amour. P.E.Proustretrancheun«t»,lesouvenirdeMon-sieurCattleydisparaîtetcatleyaprenduneplaceprivilé-giéedanslalangueamoureuseprivéedesesdeuxperson-nages,avecdesévolutionstoutàfaitlibres,comme«faire unbonpetitcatleya»,lemotabrisétoutessesamarres botaniquesetbritanniques. M.B.Donc,pourl'orthographe,Proustfaitpourcatleya commepournénufar.
PierreEncrevéetMichelBraudeau
P.E.Ilfaitcequiluiconviententantqu'écrivain. Danslecasdenénufar,ilsetrouvequ'ilsuitlaconvention académiquedel'époque,tandisquelemotcattleya(ou catleya)n'étaitpasdansledictionnairedel'Académie qu'ilapuconnaître,lui,celuide1878. M.B.Ilétaitunauteurtellementsacréqu'onluialaissé sonnénufaretsoncatleyapersonnels. P.E.-Pluscommec'estUnamourdeSwannquiadif-fusécenomdanslalittérature,cetteorthographedont j'ignores'ill'avaitinventéeestrapidementdevenue aussicanoniquequel'autre,endépitdespuristesetdes botanistes,et même,danslesemploislittéraires,c'est l'orthographeproustiennequil'aemporté.MaisProust n'estpasleseulgrandécrivainduxxeàprendredes libertésaveclesdictionnaires.Danssondernierlivre,Le Tramway,ClaudeSimonécritllose,àlacatalane,alorsque lesdictionnairesproposentdéjàquatrevariantespource motlause,lauze,loseouloze.encore,l'écrivainarrache lemotàsonorthographeconvenuepourleplieràses besoins. M.B.ClaudeSimonétaitungrandlecteurdeProust,il luiaurareprisseslicences. P.E.Proustestauxxesiècleundesécrivainsmajeurs quialeplusexplicitementrevendiquésalibertéàl'égard detouteconventiond'écriture,aumomentmêmeil plongeaitdéfinitivementdanssonœuvre.Danslalettreà MadameStrausdejanvier1908,quej'aidéjàévoquée dansnotrepremièrerencontremaisqu'onnediffuse guèredansnoslycées,ilauneséried'affirmationsqu'on devraitbienfairelireànoséternelspleureursdufrançais perdu«Lesseulespersonnesquidéfendentlalanguefrançaise (comme"l'Arméependantl'AffaireDreyfus")cesontcellesqui (. "l'attaquent")Chaqueécrivainestobligédesefairesa langue,commechaqueviolonisteestobligédesefaireson"son"
LaNouvelleRevueFrançaise (. )Laseulemanièrededéfendrelalangue,c'estdel'attaquer, maisoui,MadameStrausParcequesonunitén'estfaiteque decontrairesneutralisés,d'uneimmobilitéapparentequicache unevievertigineuseetperpétuelle.»Etencore,àproposd'un «puriste»amideladestinataire,cettephrasequej'ai souventcitéeàmesétudiantspourlesintroduireàla théorielinguistiqueetquej'aimeraisvoirfigurerentête detoutmanueldegrammaire«Cethommepleindescepti-cismeadescertitudesgrammaticales.Hélas,MadameStraus,il n'yapasdecertitudes,mêmegrammaticales.» M.B.L'incertitudesiedàMarcel. P.E.C'estàcedoutegrammatical,àcetteprisede libertéentièrequenousdevonsunedespluséclatantes «défenseetillustration»delalanguefrançaise.Mais chacunsaitqueProustacommencéparpayerchersa libertéd'écriture,Giden'ayantpassupporté,àpremière lecture,lesfameuses«vertèbres»transparaissantsur«le tristefrontpâle»delatanteLéonie.Luiaussiavaitdes certitudessurlalanguevoilàpourquoisansdouteil choisitd'écrirecattleyaetnoncatleya. M.B.GideetProustsecroisantàlaNRF,belleépoque Lepluslibredesdeuxn'estpasl'auteurdeCorydon.Est-ceun restedecalvinisme? P.E.Sait-onjamais?MaisProustnefaisaitquese saisird'unelibertédontchacundisposequoiquenuln'ose enuser.Lalangueappartientàsesusagers,ellen'appar-tientpas àl'État,niauxcorrecteurs.Enrevanche,l'Etata desresponsabilitésàl'égarddelalangue. M.B. Sijecomprendsbien,tuesobligéd'accorderleparti-cipepasséavecavoir jusqu'aubachot,ouaudoctorat,etaprèstu peuxtrèsbienneplusl'accorder P.E.Exactement.Entantqu'écrivain,parexemple, tuesabsolumentlibredelaisserleparticipepasséinva-riable.Commetusais,maiscomme,hélas,laplupartdes
PierreEncrevéetMichelBraudeau
professeursd'écoleoublientd'eninformerleursélèves, c'estunerèglequiaétéexplicitementproposéepar Marot,enimitationdel'italienquiluiparaissaitla languemodèle(onestavantduBellay)etquin'avait,en principe,aucuneraisond'êtresuiviepartoutlemonde. Touteslesenquêtesdémontrentqu'ellen'estqu'excep-tionnellementappliquéeàl'oral,d'ailleursellen'ade traceaudiblequedanstrèspeudeverbes.Mais,àl'écrit l'écolerépublicaineafiniparl'imposeràtous,troissiècles aprèsquecetespiègleetgénialpoètel'eutexposéedans unestrophedesesÉpigrammes,laproposantparjeusavant auxlettrésdesontempsdansl'entourage«évangélique» deMarguerited'Angoulême,sanspouvoirimaginerqu'on s'enserviraitunjourpourdisciplinertoutunpeuple. Marot,auteuravecToryd'unpetittraitéd'orthographequi ajetélesbasesdel'accentuationmoderne,LaBriefuedoc-trine,enseraitprobablementassezcontrit,ayanteul'esprit plutôtlibertaire.Ironiedel'histoire,alorsquesasuperbe traductiondesPsaumesenversfrançaisétaitinterditeau royaumedeFrance,l'accorddit«marotique»,complète-mentartificiel,extérieurànotre langue,rejetéparRon-sardMignonneallonsvoirsilaroseQuicematinavait décloseSarobe»,etnonpas«déclos»commeonl'impose-raitaujourd'hui)maisaussitôtsuiviàGenèveparCalvin, quifaisaitaussichantersesPsaumes,estdevenu,aucours dessiècles,lavachesacréeparexcellencedenotreortho-graphegrammaticale. M.B.Ceseraitunaccord«réformé»? P.E.Œcuméniqueplutôt,puisqueMarotl'appuie surl'italienpapiste.Ilamislongtempsàs'imposeretila toujoursétécontesté,surtoutparlesécrivainsetleslin-guistes. M.B.Aveclesverbespronominaux,cetaccorddevient effrayant.L'appliques-tutoi-même?
LaNouvelleRevueFrançaise P.E.Cesystèmebeaucouptropcompliqué,ettrès malassuré,dateduxixe.Onpeutl'assumer,neserait-ce qu'enhommageàMarot.Agentdusystèmed'enseigne-ment,j'essaietoujoursdelesuivreàl'écritmaisjesuis enchantédevoirqueProust,toujourslui,écrit,deuxfois desuite,dansUnamourdeSwann«As-tuvulatêtequ'ila fait?»,ouencore«Voyezlafacturequ'ilafait»dansÀ l'ombredesjeunesfillesenfleurs.Enfait,commetousles linguistesdepuisplusd'unsiècle,jesuispartisanqu'on enrevienne,dansl'enseignement,àlapropositionde l'arrêtédetoléranceduministredel'Instructionpublique GeorgesLeyguesdu31juillet1900. M.B.Cetarrêtéesttotalementinconnudesfrancophones. Tul'asdéjàévoquél'autrejour,maistun'aspasététrèsprécis. P.E.Ilavaitétérédigé,dit-on,parlegrandFerdi-nandBrunot,doyendelaSorbonneetauteurdelamonu-mentaleHistoiredelalanguefrançaise,surlerapportd'une commissionadhocprésidéeparGastonParis,duCollège deFranceetdel'Académiefrançaise,etarrêtaitceci «Pourleparticipepasséavecavoir,ontoléreraqu'ilreste invariabledanstouslescasonprescritaujourd'huide lefaireaccorderaveclecomplément.Exemplesleslivres quej'ailuouluslesfleursqu'ellesontcueillioucueillies lapeinequej'aiprisouprise.» M.B.C'estincroyableonm'aenseignélecontraireà l'école.Moninstituteurconnaissait-ilcetextelégal? P.E.Non,sansdoute,carunanplustard,hélas, Leyguesareculédevantlaprotestationacadémiqueeta remplacécetexteparunarrêtéquinetouchaitpratique-mentplusà cefameuxaccordduparticipe.Pourtantles raisonsinvoquéesdansl'arrêtéde1900étaientsans appel«Larègled'accordenseignéeactuellementàproposdu participepasséconstruitavecl'auxiliaireavoiratoujoursété plusoumoinscontestéeparlesécrivains etlesgrammairiens.Peu
PierreEncrevéetMichelBraudeau
àpeuelles'estcompliquéedeplusenpluslesexceptionssont (. devenuesdeplusenplusnombreuses)Ilparaîtinutilede s'obstineràmaintenirartificiellementunerèglequin'estqu'une caused'embarrasdansl'enseignement,quirendtrèsdifficile ». l'étudedufrançaisauxétrangersPlusd'unsiècleaprès, leconstatesttoujoursaussiconvaincant. M.B.Maispourquoilesmaîtresn'ont-ilspasdéfendudes tolérancesquiauraienttellementsimplifiélaviedeleursmal-heureuxélèves?«Pourfairechierlesmômes»,jesuppose, commeauraitditQueneau,grandpartisand'uneréformeradi-caledel'orthographe? P.E.Oubien,raisonplussociologique,pour défendreleur«capitalspécifique»l'orthographegram-maticale,avecsescomplications,estcequilesdistingue leplusdeleursélèves,surtoutaujourd'huil'Internet donneàcesderniersaccèsàfouledesavoirsautrefoisréser-vés.Entoutcas,ilseraittempsderevenirauxtolérances Leygues,maissansinterventiondel'État,parsimple exercicedeleurlibertéparlesusagersadultesdufrançais. M.B.Mais,moi,entantquejournalisteouentantqu'édi-teur,quandjelislesmanuscritsquim'arrivent,ilyaunesorte desurmoilinguistiquequim'obligeàcorrigerlesparticipes passés,leredoublementdeslettres,etcetera. P.E.C'estcelalapressiondelanorme,particuliè-rementviolenteenFrance.Onaretirélescrucifixdes classesd'écolemaislesmaîtresyontimposécetteortho-graphepartoutcommeladivinitélaïquemême,etmain-tenantencoretuvoistoninstituteursurtondosquandtu esentraindecorrigertescopiesdelaNRF.Enréalitétu pourraisparfaitementdéciderdelaissertesauteurslibres d'appliquerounonl'accorddeleurcollègueMarot,pas plusexpertqu'euxenorthographedivine. M.B.Lafleurquetum'avaisjeté. P.E.Lesparticipesquetum'avaispassé.
LaNouvelleRevueFrançaise M.B.Donc,sortidel'école,lelocuteurestlibre.Maistu disaistoi-mêmequel'Étataquandmêmequelquesresponsabi-litésparrapportàlalangue? P.E.Parrapportàlalanguenationale,oui,maisnon parrapportàlaparoleindividuelle. M.B.Langueetparole.Est-cequetuentendsparlà ladis-tinctionentrel'écritetl'oral? P.E.Non,évidemment,bienquecesoitlaconcep-tionlapluscommunelalinguistiquespontanéedes Français.Mais,commetut'endoutes,jemesituedansla traditiondeFerdinanddeSaussure,pourquiladistinc-tionentrelesdeuxtermesvautpourl'écritcommepour l'oral.Ilfautclairementdistinguerentrelalanguedéfinie comme«trésorcommun»,lesystèmecollectifdesignes quiestenprincipeàladispositiondetousdansunecom-munautélinguistique,etdont,eneffet,l'Étatesten partieresponsable,neserait-cequeparcequ'ilalacharge delefaireenseigneràtous,commelangueoraleetcomme langueécriteetlaparole,quisedéfinitcommel'usage individueleffectifdelalangue,quecesoitsouslaforme oraleousouslaformeécrite.Ilyadeuxréalitésdiffé-rentes.D'uncôtéletrésorcommun,lerépertoirelexical, l'ensembledesrèglesdetoutessortes(phonologiques,syn-taxiques,sémantiques,pragmatiques,orthographiques), enregistré,«objectivé»,danslesdictionnaires,lesgram-maires,les manuelset,del'autre,ilyal'usagedece «trésorcommun»quefaitchaquelocuteur(ougroupe delocuteurs)àpartirdelagrammaireintériorisée,cogni-tive,qu'ils'estpersonnellementconstruite. M.B.Laparole,l'emploidelalanguesontcontrôlésdans lecadredel'écoleetdulycée.Etdanslecadredelafamille? P.E.Ilyaaussiunapprentissagefamilial,exercépar lesparentsetlafratrie,quicorrigelesusagesdel'enfant qu'ilsjugentfautifs.Maiscecontrôlefamilialestsociale-
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