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La Nouvelle Revue Française N° 580

De
368 pages
Enrique Vila-Matas, Ainsi sont les autistes
Lucette Finas, Bataille, Proust : la danse devant l'arche. L'objection du triomphe
Hédi Kaddour, Savoir-vivre
Stéphane Michaud, Naître à soi : Lou Andreas-Salomé conseillère d'Anne Freud
Andrzej Stasiuk, Rasinari
Peter Schnyder, Mère-grand et le petit chaperon blond. Maria Van Rysselberghe sur l'enfant Catherine
Maria Van Rysselberghe, L'enfant Catherine (1923-1930)
Frédéric Berthet (1954-2003) :
Norbert Cassegrain, Lettre à Michel Braudeau
Frédéric Berthet, Rouge, blanc, noir et or
Textes et contextes du Venezuela (I) :
Gustavo Guerrero - Antonio López Ortega, Un pays portable, une littérature en mouvement : textes et contextes du Venezuela
Eugenio Montejo, Poèmes
José Balza, Calligraphie
Alberto Barrera Tyszka, L'esclave du peuple
Rafael Cadenas, Poèmes
Gustavo Valle, Caracas : laboratoire des mutations
Federico Vegas, Mercure
Chroniques :
Guy Samama, Albert Camus : l'exigence de Midi
Yves Leclair, Les exercices spirituels d'Enrique Vila-Matas
Anne Husson, Le dernier voyage de Julio Cortázar
Chroniques : le cinéma :
Serge Chauvin, L'élan, quand même (Rome plutôt que vous de Tariq Teguia)
Chroniques : les arts :
Pierre Descargues, Pour libérer l'accès à la beauté (A. Breker ; Rodin ; Picasso ; Vélasquez ; P. Kallos ; R. Godin)
Chroniques : le théâtre :
Hédi Kaddour, Quartett [de Heiner Müller] et la classe 'tous risques'
L'air du temps :
François Athané, Allégeances
Julián Ríos, Le domaine d'Arno
Catharine Savage Brosman, Trois poèmes
Notes : la poésie :
Gérard Bocholier, Petit inventaire de poésie
Francis Wybrands, La faim des ombres de Jean-Baptiste Para (Obsidiane)
Nelly Carnet, N'importe où de Jacques Ancet (La porte) - L'heure de cendre de Jacques Ancet (Opales/Pleine page)
Philippe Di Meo, La réalité n'a rien à voir de Renaud Ego (Le Castor astral)
Nelly Carnet, La Venue de Gérard Bocholier (Arfuyen)
Notes : la littérature :
Anthony Dufraisse, De la ruse des femmes de Rétif de la Bretonne (Nouveau Monde)
François Kasbi, De Proust à Dumas de Jean-Yves Tadié (Gallimard)
Notes : les essais :
Alain Clerval, Jacques-Émile Blanche de Georges-Paul Collet (Bartillat)
Patrice Bougon, Henri Thomas de Maxime Caron (La Part Commune)
Sophie Guermes, L'Imaginaire métaphysique d'Yves Bonnefoy (Le Seuil)
Charles Baladier, La Maison Dieu de Dominique Iogna-Prat (Le Seuil)
Notes : lettres étrangères :
Max Alhau, À la vitesse de la lumière de Javier Cercas (Actes Sud)
Alain Feutry, Le chant des regrets éternels de Wang Anyi (Philippe Picquier)
Texte :
Branko Aleksic, Présentation [de Memento de mes ouvrages de Rétif de La Bretonne]
Nicolas Rétif de La Bretonne, Memento de mes ouvrages
Florence Boulerie, Les utopies éducatives de La découverte australe de Rétif de La Bretonne
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La Nouvelle Revue Française N° 333

de editions-gallimard-revues-nrf

LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
ENRIQUEVILA-MATAS Ainsisontlesautistes
1
Lucavaittoujoursétéamoureuxdesparterresvides.Il ypensaitdepuissaplustendreenfance,mêmesi,àcette époque,ilavaitbesoindepluieetdesesentirprotégéà côtédeson frèredanslamaisondeleursgrands-parents. Là,dèsqu'ilentendaitlespremièresgouttes,ilarrêtaitde fairesesdevoirsetcommençaitàs'imaginerentrainde jouerdevantunauditoriumvidedequelquevilleperdue. Lesvilleschangeaientdanssesrêveries,enrevanche,l'audi-toriumvideétaittoujourslemêmeetressemblaitbeau-coupauparterrevideduMoulin-Rouge,lethéâtrequise trouvaitàcôté delamaisondesesgrands-parentsàParis. Parunjourdepluiedéjàlointain,Lucavaitvuceparterre videquand,debonmatin,uneamiedesagrand-mèreles avaitfaitentrer,son frèreetlui,àl'intérieurduthéâtre videpourqu'ilslevoient.Lesilencemorteletlasolitude duparterrevide,sansoublierlemartèlementdouxet impromptudelapluiesurletoit,avaientlaissédestraces ineffaçablesdansl'espritdupetitLuc.
LaNouvelleRevueFrançaise Àpartirdecejour,l'associationentrelessiègesd'une salledespectacledéserteetlapluieselogeaenlui.Et, aujourd'hui,onpeutdireque,derrièrecettefascination pourlesparterresvides,étaitenfaittapielapeurdujeune Lucd'entrerenscène,sapeurdetoutrater,detoutrater àcausedesamaladressenaturelleetdecettetimidité excessive,depuistoujoursauxantipodesdesaudaces vitalesetdutalentensociétédesonpetitfrère,lecélèbre MauriceSadou-Meyer. LetrèsdiscretLucétaitlatimiditéenpersonne,chose qui,danslefond,lefaisaitsouffrir.C'estpourquoionlui faisaitdesfarces.Unjour,alorsqu'ilavaitdéjàquarante ans,ilappritparcourrierordinairequec'étaitprécisément luiquiavaitgagnélegroslotautirageausortannueldesa paroisse,unextraordinairevoyaged'agrémentàStockholm Bizarresedit-ilàpartsoi. Lucétaitunêtretrèstristeettrèssolitaire,pasattirant pourdeuxsous.L'undecespauvresd'espritquiprennent l'habituded'appliquerleurmodesteintelligenceàdes tâchesmonotonesetingrates.Cegroslotétaitimpres-sionnant,carenquaranteansdevie,Lucétaitàpeinesorti deParis,desaparoisse,desonquartier.Ilvenaitdesubir unedélicateopérationchirurgicaleetsaconvalescence étaitpaisibleetprudente.Ilavaitperduplusdequinze kilosaprèsl'opération,sonteints'étaitamélioréetilavait mêmerajeunidedixans,ildonnaitdonclafausseimpres-siond'avoirrecouvrélasveltessedesajeunesse.Ilne savaitpass'ilfallaits'enréjouir.Ilétaitvraimenttrès timide.Ilétaitaussi,soitditenpassant,labanalitémême. Àpartsonsingulieramourdesparterresvides,pourtout leresteLucétaitd'uncommuneffrayant.Iln'étaitjamais tombéamoureuxdesavie.Iln'allaitjamaisaucinéma.Il neparlaitpasbeaucoupaveclesgensetnefréquentait pratiquementpersonne.Iltravaillaitdansunsombre
EnriqueVila-Matas bureaudeposteduquartier.Sescostumesétaienttous gris,commesicetteredondanceétaitnécessairepourlui rappelerqu'ilétaitincommensurablementgris.Ilétait apathiqueetapolitique.Ilsouriaittrèsrarement.Il n'avaitplusuncheveusurlatêteet,aubureau,onl'appe-laitM.Hire,commecepersonnagejouéaucinémapar MichelBlanc.Aprèssonimportanteopération,lesméde-cinsluiavaientrecommandédenepastropbougeret d'attendrelepluspossibleavantdereprendreletravail car,pendantuncertaintemps,lespointsdesacicatrice internerisquaientdes'ouvrir. Lucavaittoujoursétévaguementmalheureuxetiln'avait doncquasimentpasd'histoire,rienquedessouvenirs brumeux.Ilnevoyaitrienau-delàdesapparenceslan-guidesdelaviequotidienne.Pasfou,iln'aspiraitpasàce quesavies'améliore.Saplusgrandeambitionencebas mondeétaitdeserrerunjourlamaind'unartisteoud'un dirigeantimportantetdeluidirequ'ilétaitlefrèreaîné deMauriceSadou-Meyer.Ilavaitbonespoirdetrouver enfinlafemmedesavie,maisilsavaitquec'étaittrèsdif-ficile,parcequeletempsavaitpassé,iln'avaitjamaisrien rencontréet,enplus,ilnefallaitpasoublierqu'ilsecom-portaitaveclesfemmesd'unefaçonunpeubizarre,non seulementparcequ'illesregardaitd'unairméfiant(il paniquaitunpeu),maisaussiparceque,s'illuiarrivaitde seretrouverseulavecl'uned'elles,lesentimentdesa misèrespirituelleetdesonisolementétaitsifortqu'après avoirperdul'espoirdetrouverquelquechoseàdireàson interlocutrice,incapabledelacourtiser,ilfinissait,en l'absencedesujetdeconversation,parparleranxieuse-mentdelui-mêmeetdesalamentablemédiocrité. Danslapaumeouvertedesamaingauche,onpouvait parfaitementconstaterquesalignedevieétaitbien droitejusqu'àceque,toutàcoup,ellesebriselalignese
LaNouvelleRevueFrançaise
poursuivait,maistordue.Sagravemaladieetl'opération avaientl'aird'êtreàl'originedecebrusquechangement. Lepassageparlasalled'opérationsemblaitdoncmarquer unavantetunaprèsdanslecours,jusqu'alorsrectiligne, desavie.Enuncertainsens,cegroslotinattendugagné autirageausortdelaparoissepouvaitl'aideràentamer unenouvelleétape.Aprèstout,legroslotnepouvait qu'améliorersavie.MaisLuc,parcequ'ilnesouhaitait rienaméliorer,n'éprouvaaucunenthousiasmeàl'idéede voyager,uniquementuneimpressiond'immenseembar-rasetd'étrangeté.Quefairedecelotsiextravagant?Et, parailleurs,commentbougersansmettreendangerles pointsdesacicatriceinterneetperturberlasérénitédans laquelledevaitsedéroulersaconvalescence? Ilyavait,enplus,quelquechosedebizarredanscette histoire,cariln'avaitjamaisentenduparlerdetirageau sortàl'égliseduquartier,mêmes'ilétaitclairqueles papiersqu'ilvenaitderecevoirportaienttouslecachetde laparoisse.Toutsemblaitmontrerqu'ilnes'agissaitpas d'unelourdeplaisanteriedesesamis.Mais,àbienyréflé-chir,dequelsamis,s'iln'enavaitpas?Etcommesic'était troppeu,levoyagedevaitavoirlieudansmoinsdequinze jours.Sinon,iln'yauraitplusdroit.Toutétaittrès étrange.MaisLucétaitsitimidequ'iln'osaitmêmepas demanders'ils'agissaitd'uneplaisanterie,carleprêtre étaitmauvaiscoucheuretluiinspiraitdurespectetune certainecrainte. Lucétaitsitimidequ'ilnesavaitmêmepascomment onpouvaitrenoncerauvoyage.Ilaimaitsonpropreennui etilsouhaitadetoutessesforcesquetoutnesoitfinale-mentqu'uneerreurouuneplaisanterielourdeducurédu quartier,maiscelui-ci,sansqueLucluidemandequoi quecesoit,luiditqu'ilnes'agissaitnullementd'une
EnriqueVila-Matas plaisanterieetluiconfirmapartéléphone,avecungrand luxededétails,lavéracitédugroslot. Pourlapremièrefoisdesavie,contretouteattente, commeparunressortobscur,Lucs'éloignadelaligne discrèteetdroitedesavieet,osantcesserd'êtresitimide, ilditpresqueencriantauprêtre Maisjenepeuxnineveuxfairedevoyage Laphrase,leton,venaientdufonddesoncœur.Silence àl'autreboutdufil. C'estque,voyez-vous,monsieurlecuré,ajouta-t-il enbaissantlavoix,j'aitoujourspenséqu'ilyabeaucoup defaçonsd'arriveretquelemieuxestdenepaspartir. Àl'autreboutdufil,leprêtresemblaittoujoursaussi stupéfaitetonn'entendaitquesarespirationhachée d'hommeobèseetasthmatique.Lucajouta Etpuisilyamacicatriceinterne.Savez-vous,Sain-teté,quejeviensd'êtreopéréetquemaconvalescence doitêtrepaisible? Ilregrettad'avoirappelécesimplevicaireSainteté. Commentavait-ilpul'appelerainsi?Avait-illesnerfsen capilotadeparcequ'ilavaitperdusatimidité?Ouavait-ilperdutoutd'uncoupsonéternelletimiditéparcequ'il avaitlesnerfsencapilotade?Luccommençaàprésenter demillefaçonsdesexcuses.Jusqu'àcequeleprêtreinter-vienneetsemette,luiaussi,àprésenterdesexcuses,enlui disantqu'ilétaitdésolé,maisquerenonceraugroslot obligeaitàsolliciteruneautorisationspécialeàl'épiscopatet qu'ellenepouvaits'obtenirqu'avecun papiertimbrédif-ficileàtrouver,parcequeavant,ilfallaitfaireseptoui, ilavaitbienentenduseptdémarchescompliquées dansautantdeparoissesdeParispourobtenirdespapiers timbréscoûteux,puisendemanderundernieràl'Évêché qui,enfait,patronnaitcegroslotquisemblaittant l'embarrasser.
LaNouvelleRevueFrançaise Sibien,conclutleprêtre,qu'ilestbeaucoupplus simpled'honorerlerésultatdugénéreuxtirageausortet departirenvoyage. Lucseditquel'hommed'Égliseavaitfait unlapsusen utilisantleverbehonorer,parceque,aufond,ilpensait qu'accepterlegénéreux, maiségalementembarrassantet inopportunlot,équivalaitàhonorerunordre. Ilétaitmidi,parunvendrediduchaudmoisd'août,et lequartierdeParishabitaitLucétaitaussidésertqu'un parterrevide.S'ils'étaitmisàpleuvoiràcemoment-là cequirisquaitdeseproduire,cardel'ouestarrivaient degrosnuagesnoirsLucseraittombésurunecombi-naisoninéditepourseremémorersonvieilamourlapluie mêléeàl'imageduquartiervupourlapremièrefois commeunthéâtrevide. PourquoiserendredanslalointaineStockholm,pour-quoiquittercequartier,ceparterredésert,familieret aimableoù,par-dessuslemarché,l'oragemenaçait?Il était,enplus,persuadéquetoutvoyageconsistetoujours àparcourirladésagréableréalitédel'inconnuetque, l'objectifatteint,onnepeutaspirerqu'àrencontrerla désillusionetlenéant. PartirenvoyageIlyabeaucoupdefaçonsd'arriver, monsieurlecuré.Maislameilleureestdenepaspartir. Vousressassezditl'hommed'Église.Vousrendez-vouscomptequevousrépéteztoujourslamêmechose? Enplus,vousêtesunesortedemalheureux.N'importe lequeldemesparoissiensquiseraitàvotreplacesauterait encemomentdejoie.Onn'arrivepasàcroirequedes genspuissentréagircommevous OhmonsieurlecuréCen'estqu'unsérieuxil allaitdirebizarre,maisilserepritcontretemps,croyez-moi.Jenevoudraispasfaireobstacleauxinitiativessué-doisesdemonseigneurl'Évêque,maisilseraitbonque
EnriqueVila-Matas vousluiexpliquiez,vous-même,quejeviensdesubirune sévèreopérationetqu'encemoment,jetraînelajambe, mêmesijeprofitedecequ'ilyademieuxencebas mondelagrandebontéd'uneconvalescenceenchante-resse.Maisonnepeutpasmedemanderd'alleraupôle Nord,ouenSuèdeoun'importeailleurs. Ilsetutquelquesinstantset,peuaprès,perdantde nouveausatimidité,ajouta C'estquejenesorsmêmepasdelamaison.Jesuisen congédemaladie.Jenesuispasencore allévoirmes camaradesàlaposte.Àl'église,cesderniersdimanches, vousavezremarquermonabsence.Nonpasqueje n'aiepasenviedevoirmescamaradesdetravail,dansle fond,j'aimeraisqu'ilsvoientlaréussitedemaconvales-cenceetlenouvelhommequejesuisdevenu.Jenesais passivouslesavez,monsieurlecuré.Jemesensautre.À chaquesecondequipasse,monétats'améliore,unesensa-tionunique.Maisilestvraiaussiquelamaladieetl'opé-rationm'ontrenduplusvulnérable. Bienqu'iln'endiserien,Lucpensaqu'ilyavaitpeut-êtreunliensecretentredeschosesaussidisparatesquela perteprogressivedesatimidité,sonsentimentdevulné-rabilitéetl'immenseplaisirque,àchaquesecondequi passait,luiapportaitdeplusenplussonagréableconva-lescence,cettelenteaméliorationdesasantéselonunfor-midablecrescendo. Jenesuispasassezfoupourpartirenvoyage,dit-il, nimêmepourallerdanslequartierd'àcôté.S'ilyabien quelquechosequipourraittoutgâcher,ceseraitprécisé-mentça,toutmouvementabsurdedemapart.Stockholm Jenesuispasfou,monsieurlecuré.Etd'autantmoins aveclequartiertelqu'ilestencemoment.Vousl'avezvu, monsieurlecuré?Ondiraitunecourvide. Videdequoi?
LaNouvelleRevueFrançaise Lucréfléchitbienàsaréponse.Quelquesminutesplus tôt,quandilétaitsitimide,iln'auraitpassurépondreà cettequestionsiintime,car,sanslesavoir,lecuréfaisait allusionàlaseulechosequiéchappaitsecrètementenlui àlabanalitégénéralequicaractérisaitsapersonneson amourdesparterresvides.Ilréfléchitbienàcequ'ilallait direetfinitparsortirauprêtre C'estquejefaispartiede ceuxquiontvutoutse vider.Parconséquent,je faispartiedeceuxquisaventde quoitoutseremplit. Leprêtreluidemandaderépéterlaphraseparcequ'il nel'avaitpas comprise.MaisLucrefusa,parceque,aufond, luinonplusnelacomprenaitpas.Iléprouvaitdessensa-tionsbizarres,commesicequ'ilvenaitdedireavaitsurgi desacicatriceinterneoudesonnouveaumoi.Ilétaitsi absorbéparsespenséesquelorsqu'ilretournadansle monderéel,leprêtreavaitdéjàcommencéàavouerla vérité,toutelavérité. Ehoui,monfils,c'esthorrible,maisilsm'ontdemandé d'êtreleurcompliceetjen'aipassurefuser.C'estune plaisanteriepastrèsdrôle,je lereconnais,deplusieurs paroissiens.Laseulechosequenousayonstiréeausortà laréuniond'hierjeudi,c'estàquelparoissiennousdonne-rionsunejoieéphémère.Et,jesuisdésolé,c'estvotrefiche quiestsortie.Commentpouvais-jesavoirqu'onvenaitde vousopérerettoutcequis'ensuit? UnejoieéphémèreLucpensaqu'avoirlachanced'entrer dansunepériodederétablissementdesasantéetdepou-voirjouirdescharmespuissantsd'uneconvalescence reposaitprécisémentsurriendemoinsqu'unétatde prospéritéauquelonaccédaitpardecontinuellesjoies éphémèresl'uneremplaçantl'autreàunerapiditéélé-mentaireetdelafaçonlaplusopportune,c'est-à-dire
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