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La Nouvelle Revue Française N' 91 (Juillet 1960)

De
204 pages
Henri Thomas, John Perkins
Jean Grosjean, Vagabondage parmi les Textures
André Frénaud, Parmi les Saisons de l'Amour
Jean-Loup Trassard, Le Lait de taupes
Mircea Eliade, Les Américains en Océanie et le nudisme eschatologique
Philippe Sollers, Images pour une maison
Chroniques : recherches :
Maurice Blanchot, La Marche de l'écrevisse
Chroniques :
Henry Amer, Ŕ propos de Proust
Philippe Jaccottet, Notes ŕ propos de Jean Tardieu
Jean Revol, Trésors de l'art indien
Umberto Eco, L'uvre ouverte et la Poétique de l'indétermination
Notes : littérature et essais :
Roger Judrin, Le Temps qu'il fait, par Henri Pourrat (Albin Michel)
Bernard Cazes, Le Temps, par François Le Lionnais (Delpire)
Notes : le roman :
Jean Ricardou, Le Gouverneur polygame, par Daniel Boulanger (Éditions de Minuit)
Claude Elsen, Tout l'amour du monde, par Michel Déon (Plon)
André Pieyre de Mandiargues, Emmanuelle (s. l. n. d.)
Notes : lettres étrangčres :
Lucette Finas, Au Cabaret de l'Amour, par Kabir (Gallimard)
Georges Anex, Trente-cinq jeunes počtes américains (Gallimard)
Willy de Spens, La Sčve et le Sang, par Elena Quiroga (Plon) - Le Masque, par Elena Quiroga (Gallimard) - Le Temps, par Anna Maria Matute (Gallimard)
Notes : les spectacles :
Willy de Spens, La Mort d'Agrippine, de Cyrano de Bergerac (Studio des Champs-Élysées)
Jean Thibaudeau, Jazz ŕ Newport
Notes : les arts :
René de Solier, La peinture russe et soviétique (Musée national d'Art moderne) - Hans Fischer (Kunsthalle Bern) - Hans Richter (Galerie Denise René) - Lambert-Loubčre (Galerie de Paris) - Pierre Gastaud (Galerie Jacques Massol)
Jean Revol, Jean Dubuffet (Galerie Cordier, Galerie Bergruen)
De tout un peu :
Henri Kréa, Agonie du général Krivitski, par André Frénaud (P.-J. Oswald)
André Miguel, Les Moissons de l'orage, par André Marissel (Millas-Martin)
Jean-Paul Weber, Letters to Achille Chaper, de Victor Jacquemont
Henry Amer, L'Homme et la Verticale, par Pierre Merle (La Colombe)
Willy de Spens, Le Jeu de l'Oie, par Marcel Schneider (Grasset)
Jean-Paul Weber, Les Jumeaux solitaires, par Marcel Spada (Gallimard)
Denis Périer, La Confession anonyme (Julliard)
Henry Amer, Les Viaducs de la Seine-et-Oise, par Marguerite Duras (Gallimard)
Jean Lecuirot, Le Balcon, par Jean Genet (au Gymnase) - La Dolce Vita, de Fellini
Les revues, les journaux :
Jorge Luis Borges, In memoriam Alfonso Reyes
Jacqueline Brossy-Pagčs, Cévenoles
Jean Guérin, Bizarreries - Divers
Le temps, comme il passe :
Jacques Chardonne, Une Tombale
Georges Perros, Pour Michel Butor
Jean-Claude Hémery, Naissances
Le mois :
Roger Judrin, La vertu d'étrangeté
Édith Boissonnas, Pierres
Anonymes, Lili Marlčne 1660
Philippe Jaccottet, Notes éparses
Manuel Rainoird, Moulin Rouge, la Revue japonaise
Jean Lebrau, Brindilles
Jean Lambert, Le nom de Vancouver (Fin)
Textes :
Jean Roudaut, Les Machines et les Objets dans la poésie du XVIIIe sičcle
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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
JOHN
PERKINS
Lesoiseaux,ens'agitantdanslesdeuxcages,faisaient tomberlesgrainsdemil,etletapissouslescagesen étaitparsemé.Paddydonnaitchaquematinàmanger auxoiseaux,avantdepartiràsontravail(ellen'oubliait pasnonpluslessixchats),maisellenepassaitpassou-ventlabrosseetl'aspirateurdanslamaisonquandelle rentrait,àsixheures,elleavalaitquelquessandwichs etdeuxbouteillesdecoke,etreprenaitsavoiture,pour nereveniràlamaisonqueversminuit,etvannée,car ellenevolaitpassesdixdollars,surl'autodromedu NewHampshireelleallaitainsichaquesoirdonnerle départ,calculerlestemps,courirelle-mêmedanssa Jaguar. PourdixdollarscriaitJohn.Etmêmepasil fautcompter undollard'essencechaquefois,aumoins 1 Il l'attendait,encompagniedecesbêtes.Dansla piècevivementéclairée,lesoiseauxavaientdespaniques quifaisaientvacillerlesgrossescagessuspenduesloin delalampe.Ilsrenversaientleurgobeletd'eau.Johnle remplissait,l'accrochaitdansl'angledelacage,trois, quatrefoisavantquelesoiseauxnes'endorment, j
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abrutis,lesplumesmalades.Lechiendormaitaussisur ledivan,qu'iloccupaitdanstoutesalongueur.C'était lechiendePaddy,qu'elleemmenaitpartout,excepté àcescoursesduNewHampshireelleavaitessayé,mais lebruitdesmoteurs,lavisiondesvoitureslancées affectaientbizarrementcechienquihurlaitensuiteau passaged'uneautodevantlamaison.Lesoiseauxfai-saientsilence,Johns'assoupissaitallongéparterre,la têtesuruncoussinpuisilserelevaitlechiensentait tropmauvais.Enunquartd'heure,l'atmosphèrede lapiècedevenaitinsupportableàJohnildevaits'y mêleraussilafientedesperruchesetlasaletégénérale, lapoussière,lesplantesvertesquipoussaientsournoi-sementdanslesjardinières.Lechienetlesoiseaux dormaient,maiscesplantesbougeaienttoujours,près delafenêtre;ellesfaisaientmêmeunbruit,danslecou-rantd'airentretenuparlaportetoujoursouverte.John nequittaitcependantpascettepièce,parcequec'était dequ'ilpouvaitvoirletournantdelarouteparPaddydevaitarriverilyavaitunlampadaire éclairantsibienlachausséequeJohn,delafenêtre, pouvaitdistingueruninstantlevisagedePaddyau volantdelaJaguarcourantdroitverslamaison.Ce n'étaitpasl'inquiétude,cen'étaitpasl'amourquile faisaientguetterceretoursiquelquechosed'autre qu'uneinvincibleetintolérablehabitudelecontraignait àrestersouslesoiseauxidiots,prèsduchienmalodorant, etàregarderàtraverslesaffreusesplantesvertes,c'était lacolèreelleattendaitenluil'apparitionduvisageà lalumièredelachaussée.Levisagequ'ilavaittrouvé beauseptansavant,cevisageaprèslequelsacolère s'élançaitmaintenant,commeunebête,sanspouvoir l'effrayer,sansqu'ilsoittroublémêmeparunemarque d'attentioncevisageimmuable,tiréparlafatiguede conduireàtoutevitesse,ettoujoursavecuneespècede sourire,ettriste,perpétuellementtristesansriendire.
JOHNPERKINS
Al'instantmêmeilrevoyaitcevisage,surlaroute, oudanslamaison,Johnenavaitassezuncoupd'œil suffisaitiln'allaitjamaisau-devantdesafemmequand, ayantrangésaJaguar,ellemontaitlepetitescalierqui vadelachaussée àlamaison.Ill'attendaittouslessoirs, ilguettaitsonretour,et c'étaitpourquitterlamaison dèsqu'elleyétaitrentrée.Asontourdesortir,passé minuit,etquandilreviendrait,versdeuxheuresdu matin,tremblantdefatigueetdefureur,ceseraitla mêmechoseilvoudraitencores'enfuir,dèsqu'il apercevraitlevisage,surl'oreillercettefois,endormiou éveillé,peuimportaitilsauraitlaréveiller.Adeuxheures dumatin,ilvoudraitencores'enfuircommechaque fois,maisiln'auraitpluslaforces'enfuir,c'étaitse dominer,éviterlepireàdeuxheuresdumatin,ilétait brisé,livréàlafatigue,àlacolère.Iesommeilviendrait, oui,maispasavantd'avoirhurlé,pleuré,frappé.Etait-elleseulementéveillée,lesyeuxouverts? Ilyavaitlesoiseaux,ilyavaitlechien,ilyavaitles chats.C'étaitPaddyquis'occupaitd'eux,luilesaurait laisséscrever,elleleluifaisaitchaquejourdoucement remarquer.Illuirépondaitqueleschatssontdesani-mauxquidiffusentuneonded'unecertainelongueur,et quechaquehumainestunposterécepteurrégléd'une façonparticulière,quecertainsnes'accordentpasavec lesondesduchatetqu'ellesleurfontdumal.Luine pouvaitentrerdanslacuisinesanséprouverunesorte devertigeetdenauséel'ondedessixchatsledémolis-sait,toutsimplement.C'étaitau pointqu'ils'arrangeait pourneplusavoiràpénétrerdanslacuisinechaque soirilrapportaitunsandwichetuneboîtedebière,et secontentaitdecela,l'odeurduchienetleschamailleries desoiseauxluicoupaientd'ailleursl'appétit.Cette théoriedel'ondedeschats,ill'avaittrouvéedansun Reader'sDigest,etd'abord,ellel'avaitfaitrireà présent,ilycroyaitpresqueilsedemandaitmêmesiles
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE chatsn'exerçaientpasuneactionsurluiàtraverslemur maiscommentdémêlercequivenaitduchien,des oiseaux,desplantesvertes,deschats,etàquoibon? C'étaittoutcelaensemble,etlamaison,l'accumulation desjoursetdesnuitsdepuisseptansdanscettegrande bâtisse,quilerendaitmaladephysiquementetmorale-ment. Lessixchatsdemeuraientconstammentenfermés danslacuisineilss'yétaienthabituéssilaporteétait parmégardeentrouverte,ilsn'enprofitaientpaspour s'échapper.Ilsmiaulaientrarement,nesebattaientpas entreeuxilssetenaientdepréférencesurl'appuidela fenêtre,regardantlesarbresetl'herbe,oubiensommeil-lantilsétaientcertainementmaladeseuxaussi,malgré lespoissonsfraisqueleurapportaitPaddy.Aucunn'avait péricependant,depuislesannéesqu'ilsvivaientcaptifs. Onnemouraitplusdanscettemaison.I,amortétait venueunebonnefoispourtoutes,etdepuisplusrien n'arrivait,letempsnepassaitplus.Depuiscinqans,on étaitlà,lesbêtesetlespersonnes,toujoursvivants, maisàpartdetoutlerestepassésdel'autrecôtédela vie,suffocantsdansunairquifaisaitqueletempsne passaitplus.Illuisemblait chaquesoirquecelane pourraitpasdurerlepoidsallaitdevenirintolérable d'unmomentàl'autreilsurveillaitsarespiration,dans l'airempoisonnéquandils'éveillait,augrincement descages,d'unesomnolenced'uninstant,lesoufflelui manquaitd'abordilsedisaitqu'unsoirils'enfuirait pournepasétouffer,etpasseulementdecettemaison, maisdupays.Puislesoufflerevenait,chaquesoir,et lafatigue.Ilsavaitalorsqu'ilnes'enfuiraitjamais,et cettecertitudeluiapportaitunesortedetranquillitéqui coïncidaitsouventaveclesommeildesoiseauxetdes chats.Ilnequitteraitjamaiscettemaison,ilattendrait chaquenuitleretourdePaddy,jusqu'àcequesurvienne quelquechosequ'iln'imaginaitpas,àquoiilnepensait
JOHNPERKINS
mêmepassouvent,maisquifinissaitparêtrelà,ilen avaittoujourslesentiment,commeunhommesurle pointdes'éveillerdoitavoirlesentimentdelaviequi s'approche.Ilessayait,danslespiresmoments,nonpas d'agirpourenfinir,maisaumoinsdetrouveruneparole pourallerplusviteversladélivranceilluiarrivaitde murmurerdesinsultesauxoiseaux,auchien,auxchats. Puisilhaussaitlesépaules.Lechienleregardaitavec unecuriositémorne,commePaddyaprèsleshurlements etlefracasdemeubles.Lesparolesn'ypouvaientrien, etd'ailleursJohnseservaitmaldesmotssonmétierde dessinateurindustrieldemandaitducoupd'oeiletdes connaissancesprécises,etpasmaldesilence,justement. Quandilavaitbeaucoupparlé,ettoutdesuiteil vociférait,c'étaitplusfortquelui,Johnsavaitque sesmainsrestaienttremblantesunmoment,incapables d'untravaildefinesse.Cetteconstatationl'avaitsuffi-sammenteffrayépourqu'ilparvîntàsecontenir,quand iln'étaitpastropfatiguélesmatinéesdudimanchese passaientsansviolence,presquetoujours.Sitoutesles journéesettouteslesnuitsavaientpupasserainsi Danssonbureaudel'Outillageélectronique,àtravers sontravail,ilessayaitdes'ypréparercommentrentrer danslamaisonsansressentircechocaprèsquoitout ?. allaitmalIlysongeaitetc'étaitbientôtcommes'il eûtparlé,lamainn'étaitplusaussisûre,l'espritnon plus.Ilhaussaitlesépaules.Rienàfaire.Secreverau travail,sesaoulerdetempsentemps,êtretellement fatiguéque riennevoustoucheplus,semettredansson tort,unefoispourtoutes. RienàreprocheràPaddy,vraimentrien?Oulepire? quelquechosequ'ilnepouvaitdire,qu'illuifallait hurleroutaireenétouffant.Hurler,etellen'écoutepas, elleasonsouriredemorteetdesaintepitoyablePour aller àsontravailausecrétariatdel'hôpital,etlesoirà l'autodrome,elleaachetéunesacocheréfrigérante
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE tiennenttroisbouteillesdecoca-cola.Combiendefois remplace-t-ellelesbouteillesdanslajournée?Ila calculécinqousixfois.Quinzebouteillesaumoinspar jourest-cecelapeut-êtrequ'ilfautluireprocher? Unefois,ilavaitparléd'empoisonnementlent,demal-propretélesbouteillestraînaientpartoutdanslamaison, jusquesouslelit.Elleavaitrépondutrèsdoucement «Jesuissecrétaireàl'hôpital,sic'estl'empoisonnement quetucrainspourmoi.lesbouteillessontramassées touslesmois.Elleavaitajoutédesavoixlaplus » égale,lapluslointaineLesbouteillestesontd'ailleurs « utiles,ettunebalayesmêmepaslesdébris.Jeleferai, soistranquille.»Johnavait,lanuitprécédente,lancé plusieursbouteillesvidescontrelepostedetélévision dontlavitrejonchaitletapisdelachambre,avecles éclatsdeverredesbouteillescen'étaitpaslapremière foisqu'ils'enservaitcommeprojectiles.Biensûr,elle avaittortdeboiretantdecoca-cola,maisluiausside semettreenfureuràcausedecela.Plusilhurlerait, pluselleenboirait,afindesupportercequ'elleappelait sesépreuves.Elleneluifaisaitpasdereprochesce n'étaitpaslui,l'épreuveilavaitbeaucrier,ellenele voyaitpas.IllasuppliaitavantdesefâcherMaisfais « quelquechose,essayons,nerestepascommeça. » Ellesouriaitdrôlementcommesielleallaitpleurer, mais jamaisdelarmesUnvisage quinechangeplus,nigai nitriste,etlesdentsjaunesàcauseducokeetdutabac celanonplus,ellenevoulaitpasleremarquer. Lechienleregarde,bâille,allongesagueulesurses pattes,refermelesyeux.Ilyatoujoursàcemoment delanuitplusieurspassagesd'avionsquidistraient Johnunmoment.Leurgrondementdiminue,Johncroit encorel'entendre,alorsquec'estunevoituredansune rueéloignée.Aumoins,danscesmoments,ilnepenseà rien,ilfaudraitpouvoirresterainsi,dormir,puisqueaussi bienlesparolesetlesgestesnefontqu'aggraverle
JOHNPERKINS
malheur.Maislamoindreinquiétude,ettoutrevient, l'engrenagemordtoujours.Cettemédaillequ'ellea aupoignet,qu'ellegardejouretnuit.Jamaisilneluia reprochécelailamêmefaitminedenepasleremarquer, dèslespremiersjours,etcommentpourrait-ilmainte-nant,aprèscinqans,luidirequechaquejourilapensé àcemédaillon,qu'ill'aexaminéalorsqu'elledormait, lebrashorsdesdraps,qu'illeconnaîtmieuxqu'elleà présent.Ellen'yfaitpeut-êtreplusattentionest-ce qu'elleremarqueraittoutdesuitesadisparition,s'il venaitàsedétacher?Ilasongéparfoisàcouperdéli-catementlachaînette,pendantqu'elledort.Puisila haussélesépaules,commetoujours.Iln'estpassicertain quePaddyn'apasconsciencedecemédaillonàson poignet.Ilserappellel'avoirtrouvéequelquefois,quand ilrentraitsansbruitdurantlanuit,endormielepoignet contreseslèvres.Et,dansleshurlementsetlefracas, lorsqu'ellepenchelatête,silencieuse,résignée,sanctifiée, qu'est-cequ'elleregarde,lesmainsenlacéessurles genoux? Laphotoquiestdanslemédaillon,c'estluiquil'a prise,troismoisavantlamortdeJim.S'illaconnaît Avantdequitterlaplageilsavaientpassél'après-midi,parcequ'ilrestaitunepellicule,etqu'ilvoulait donnerlerouleauàdévelopperlejourmêmesurleche-minduretour,ilapriscettedernièrephoto,commecela, autantcelle-làqu'uneautre.Ilsavaientplusdetrente photosdeJim,ilsl'ontphotographié,tantôtlui,tantôt Paddy,etdanssonlitmême,deuxheuresavantsamort. Lemagnésiumluiafaitouvrirlesyeux,uneseconde, maisest-cequ'ilsavaitencorecequ'ilvoyait?Paddyne savaitpasnonpluscequ'ellefaisait,àcemoment-là ellen'avaitpasdormidepuiscombiendejours?Lui nonplus,ilrestaitavecelledanslachambre,maisce n'étaitpaspourveillerJim.Jamaisiln'acruqueJim allaitmourirmêmequandJimluiadit,aprèsladernière
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crise«Jesuisauboutdurouleau,c'estfichu»,ila haussélesépaules.C'estcelapeut-êtrequePaddynelui pardonnerajamais.Ilétaitfurieux,déjàilvoulait qu'ellesortedelachambre,ilaessayé,pendantque Jimsomnolait,del'emmenerdeforceverslelitillui tordaitunpoignetellen'apasditunmot,elleest restéesursachaiseauchevetdeJim,etluiilareprissa place,surl'autrechaise.Jimestmorttroisjoursaprès. Ellen'apaspleuré,maissonvisageavaitchangépen-dantqu'elleveillaitJim,ettelilétaitlanuitdelamort, telilestresté.Toutn'apascommencéàlamortdeJim, maistouts'estfixé,toutabutésurcemoment-là. C'estdepuislamaladiedeJimquePaddynecessed'ava-lerducoca-colaavant,elleenbuvait,commetoutle mondependantqu'elleveillait,elleavidébouteille aprèsbouteille,buvantaugoulot,etdepuiscetemps-là ellenesesertplusdeverre.Ellen'aimepascettesale boisson,ellepréféraitlelaitautrefoisJimnepouvait passupporterlelaitàprésentleschatsseulsencon-sommentdanslamaison.Johnlui-même,àla cantine desonentreprise,enboitdemoinsenmoins. S'iln'yavaitpaslacolèrequivientaveclafatigue, s'iln'yavaitpascessouvenirs.Lafatigueréveilleles souvenirslecorpsvoudraitdormiretnepeutpas,et lessouvenirsflambent,mettenttoutenl'air.Ilya cinqansettroismois,danslavoiture,etpuisicidans lachambreLadernièrefoisDepuiscetemps-là, cinqansettroismois,ilnel'aplustouchée.Dansla maison,ellemetencoreceshortnoiràgalonsrouges qu'elleavait,sicourtquelorsqu'ellesebaisse.Ellene saitpasquec'estuneinfamiedes'habillerainsi,ellea oublié,ellen'apeut-êtrejamaiseuconsciencedecette provocation?Commentlui faireunreproche?Laseule manièredes'exprimer,ceseraitdefrapperPaddy, quandellesetientcourbée,qu'elleramasselesgraines desoiseaux.UncoupquidiraitordureUnautre
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