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La Nouvelle Revue Française N' 93 (Septembre 1960)

De
196 pages
Cioran, L'Arbre de Vie
Yves Régnier, Le Chemin de Dalmatie
Louis Aragon, Prologue aux Počtes
Irčne Schavelzon, La Maison des Mčres
Marcel Jouhandeau, Journaliers (II)
Philippe Garcin, ŤArrigo Beyle, Milaneseť (Fin)
Chroniques :
Maurice Blanchot, Reprises
Roger Judrin, Remarques sur Tallemant des Réaux
Philippe Jaccottet, L'uvre poétique de Pierre Reverdy
Pierre de Champris, Sur Poussin
Notes : la poésie :
Philippe Jaccottet, L'Épervier, par Jacques Dupin (G. L. M.)
Notes : littérature et essais :
Henry Amer, Le Diable dans la littérature française, de Cazotte ŕ Baudelaire, par Max Milner (Corti)
Willy de Spens, Lettres d'Alsace, de Voltaire (Gallimard)
Yves Berger, Journal d'un Autre, par Jean-Michel Frank (Gallimard)
Notes : le roman :
Jean-Paul Weber, Nord, par Louis-Ferdinand Céline (Gallimard)
Yves Berger, La Chasse ŕ l'Aigle, par Jean Duvignaud (Gallimard)
Willy de Spens, Les Étonnements de Guillaume Francur, par André Fraigneau (Plon)
Notes : lettres étrangčres :
Alain Bosquet, Fernando Pessoa, par Armand Guibert (Pierre Seghers)
Jean Ricardou, Invitation au supplice, par Wladimir Nabokov (Gallimard)
Roger Judrin, Ses meilleures nouvelles, de Saki (Robert Laffont)
Notes : les spectacles :
Dominique Nores, Édouard II, de Marlowe
Jean Thibaudeau, Moderato Cantabile, de Peter Brook
De tout un peu :
Philippe Jaccottet, Počmes, par Anne Hébert (Éditions du Seuil) - Počmes de l'autre, par Jean Pache (Gallimard)
Janine Pignet, Qu'appelle-t-on penser?, par Martin Heidegger (Presses Universitaires de France)
Denis Périer, Bains de mer, bains de ręve, par Paul Morand (Guilde du Livre)
Jean Follain, Les origines de la Commune. Paris livré, par Maurice Choury (Éditions Sociales)
André Miguel, Charles, dernier duc de Bourgogne, par C.-F. Landry (Guilde du Livre)
Denis Périer, Dix heures et demie du soir en été, par Marguerite Duras (Gallimard)
Jean-Paul Weber, Mémoires d'un Lion, par Jacques de Bourbon-Busset (Gallimard)
Denis Périer, Le Lait sur le feu, par Arlette Wylid (Gallimard)
André Miguel, Judith Hearne, par Brian Moore (Plon) - Les Introuvables, par Ernst Kreuder (Plon)
Jean-Jacques Lévęque, John Levée (Galerie de France)
Les revues, les journaux :
Émile Henriot - Jean Guérin, Oů les critiques littéraires se plaignent
Paul Angoulvent - Jean Guérin, ŤL'inflation du livreť n'existe pas
Françoise d' Eaubonne - Jean Guérin, Le dur métier de lecteur - D'un principat des počtes - Divers
André Pieyre de Mandiargues, Note
Le temps,comme il passe :
Dominique Fernandez, Le Philtre infernal n'était qu'une bonne soupe
Lucienne Lemoine, Une lettre
Serge-R. Lemoine, Éléments imaginaires
Christian Gali, Hilde
Le mois :
M. Boulanger, La lointaine Asie ou Les promeneurs de Kadikoy Çorum Ararat, la longue marche
G. Chaissac, Chronique de l'Oie
P. Bettencourt, Espaces limités
C. Laffay, Mythologie
J. Lebrau, Brindilles
F. Hellens, Le célérophale
Textes
H.-F. Imbert, ŤLe hasard ou l'état de grâce stendhalien m'a fait découvrir cette brochure...ť
Stendhal, Lettres écrites de Méry-sur-Seine sur la Constitution
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RE
LANOUVELLE VUEFRANÇAISE
L'ARBREDEVIE
Iln'estpasbonpourl'hommedeserappeleràchaque instantqu'ilesthomme.Sepenchersursoiestdéjà mauvaissepenchersurl'espèce,aveclezèled'un obsédé,estencorepire,carc'estprêterauxmisères arbitrairesdel'introspectionunfondementobjectif etunejustificationphilosophique.Tantqu'ontriture sonmoi,onalerecoursdepenserqu'oncèdeàune lubiedèsquetouslesmoideviennentlecentred'une interminablerumination,parundétouronretrouve généraliséslesinconvénientsdesacondition,sonpropre accidentérigéennorme,encasuniversel. Nouspercevonstoutd'abordl'anomaliedufait brutd'existeretensuiteseulementcelledenotresitua-tionspécifiquel'étonnementd'êtreprécèdel'étonne-mentd'êtrehomme.Cependantlecaractèreinsolite denotreétatdevraitconstituerladonnéeprimordiale denosperplexités,carilestmoinsnatureld'êtrehomme qued'êtretoutcourt.Cela,nouslesentonsinstinctive-mentd'oùcettevoluptétouteslesfoisquenous nous détournonsdenous-mêmespournousidentifierausom-1
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
meilbienheureuxdesobjets.Maisjenesuisréelle-mentmoi-mêmequelorsque,dresséenfacedemoi, jenecoïncideavecrien,pasmêmeavecmasingula-rité.Lamalédictionquinousaccablepesaitdéjàsur notrepremierancêtre,bienavantqu'ilsetournât versl'arbredelaconnaissance.Insatisfaitdelui-même, ill'étaitencoreplusdeDieuqu'ilenviaitsansenêtre conscientilallaitledevenirgrâceauxbonsoffices dutentateur,auxiliaireplutôtqu'auteurdesaruine. Ilvivaitauparavantdanslepressentimentdusavoir, dansunesciencequis'ignoraitelle-même,dansune fausseinnocence,propiceàl'éclosiondelajalousie, vicequ'enfantelecommerceavecpluschanceuxque soior,notreancêtrefrayaitavecDieu,l'épiaiteten étaitépié.Riendebonnepouvaitenrésulter. «Tupeuxmangerdetouslesarbresdujardin,mais tunemangeraspasdel'arbredelaconnaissancedubien etdumal,carlejourtuenmangeras,tumourras certainement.»L'avertissementd'enhautserévéla moinsefficacequelessuggestionsd'enbasmeilleur psychologue,leserpentl'emporta.L'homme,dureste, nedemandaitqu'àmourirvoulantégalersoncréateur parlesavoir,nonparl'immortalité,iln'avaitnuldésir d'approcherdel'arbredevie,n'yportaitaucuninté-rêtc'estcedontYahwéparuts'aviser,puisqu'ilne luieninterditmêmepasl'accès pourquoicraindre l'immortalitéd'unignorant?Maisquel'ignorant s'attaquâtauxdeuxarbresetqu'ilentrâtenpossession etdel'éternitéetdelascience,toutchangeait.Dès qu'Adamgoûtaaufruitincriminé,Dieu,comprenant enfinàquiilavaitaffaire,s'affola.Enplaçantl'arbre delaconnaissanceaumilieudujardin,enenvantant lesméritesetsurtoutlesdangers,ilcommitunegrave imprudence,ilallaaudevantdudésirleplussecret delacréature.Luidéfendrel'autrearbreeûtétéd'une meilleurepolitique.S'ilnel'apasfait,c'estqu'ilsavait
i/ ARBREDEVIE
sansdoutequel'homme,aspirantsournoisementàla dignitédemonstre,neselaisseraitpasséduireparla perspectivedel'immortalitécommetelle,tropacces-sible,tropbanalen'était-ellepaslaloi,lestatutdu lieu?Autrementpittoresque,lamort,investiedupres-tigedelanouveauté,pouvaitenrevancheintriguerun aventurier,disposéàrisquerpourellesapaixetsa sécurité.Paixetsécuritéassezrelatives,ilestvrai, carlerécitdelachutenouspermetd'entrevoirqu'au cœurmêmedel'Edenlepromoteurdenotreracedevait ressentirunmalaise,fautedequoionnesauraitexpli-querlafacilitéaveclaquelleilcédaàlatentation.Ily céda?Ill'appelaplutôt.Enluisemanifestaitdéjà cetteinaptitudeaubonheur,cetteincapacitédelesup-porterdontnousavonstoushérité.Ill'avaitsousla main,ilpouvaitsel'approprierpourtoujours,ille rejeta,etdepuisnouslepoursuivonssansleretrouver leretrouverions-nousquenousnenousenaccommode-rionspasdavantage.Qu'attendred'autred'unecarrière commencéeparuneinfractionàlasagesse,parune infidélitéaudond'ignorancequelecréateurnousavait dispensé?Précipitésparlesavoirdansletemps,nous fûmesdumêmecoupdotésd'undestin.Cariln'ya dedestinqu'endeçàduparadis. Sinousétionsdéchusd'uneinnocencecomplète, totale,vraieensomme,nouslaregretterionsavecune tellevéhémencequeriennepourraitprévaloircontre notredésirdelarecouvrermaislepoisonétaitdéjà ennous,aucommencement,malindistinctencore, quiallaitparlasuitesedéfinirets'emparerdenous pournousmarquer,pournousindividualiseràjamais. Cesmomentsunenégativitéessentielleprésideànos actesetànospensées,l'avenirestpériméavantde naître,unsangdévasténousinfligelacertituded'un universauxmystèresdépoétisés,foud'anémie,affaissé surlui-même,ettoutserésoutenunsoupirspectral,
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
répliqueàdesmillénairesd'épreuvesinutiles,ces momentsneseraient-ilspasleprolongementetl'aggra-vationdecemalaiseinitial,sanslequell'histoiren'eût pasétépossible,nimêmeconcevable,puisque,tout commeelle,ilestfait d'intoléranceàlamoindreforme debéatitudestationnaire?Cetteintolérance,cette horreurmême,ennousempêchantdetrouverennous notreraisond'exister,nousafaitfaireunbondhors denotre identitéetcommehorsdenotrenature.Dis-jointsdenous-mêmes,ilnousrestaitdel'êtredeDieu unetelleambition,conçuedéjàdansl'innocencede jadis,commentnepaslanourrirmaintenantquenous n'avonsplusaucuneobligationenversLui?Etdefait, tousnoseffortsettoutesnosconnaissancestendentà l'amoindrir,lemettentenquestion,entamentsoninté-grité.Iedésirdeconnaître,empreintdeperversitéet decorruption,plusilnoustient,plusilnousrend incapablesdedemeureràl'intérieurdequelqueréalité quecesoit.Quienestpossédéagitenprofanateur,en traître,enagentdedissolutiontoujoursàcôtéouen dehorsdeschoses,quandilluiarrivecependantdes'y insinuer,c'estàlamanièreduverdanslefruit.Si l'hommeavaiteulamoindrevocationpourl'éternité, aulieudecourirversl'inconnu,verslenouveau,versles ravagesqu'entraînel'appétitd'analyse,ilsefûtcontenté deDieu,danslafamiliaritéduquelilprospérait.Il aspiraàs'enémanciper,às'enarracher,etyaréussi au-delàdesesespérances.Aprèsavoirbrisél'unitédu paradis,ils'employaàbrisercelledelaterreenyintro-duisantunprincipedemorcellementquidevaiten détruirel'ordonnanceetl'anonymat.Auparavantil mouraitsansdoute,maislamort,accomplissementdans l'indistinctionprimitive,n'avaitpaspourluilesens qu'elleaacquisdepuis,nin'étaitchargéedesattributs del'irréparable.Dèsque,séparéducréateuretducréé, ildevintindividu,c'est-à-direfractureetfissurede
L'ARBREDEVIE
l'être,etque,assumantsonnomjusqu'àlaprovocation, ilsutqu'ilétaitmortel,sonorgueils'enagrandit,non moinsquesondésarroi.Ilmouraitenfinàsafaçon, ilenétaitfier,maisilmouraittoutàfait,cequil'humi-liait.Nevoulantplusd'undénouementqu'ilavait âprementsouhaité,ilfinitparsetournerpleinderegrets verslesanimaux,sescompagnonsd'autrefoislesplus vilscommelesplusnobles,tousacceptentleursort,s'y complaisentous'yrésignentaucund'euxn'asuivison exemple,niimitésarébellion.Lesplantes,mieuxqueles bêtes,jubilentd'êtrecrééesl'ortiemêmerespireencore enDieuets'yprélasseluiseulyétouffe,etn'est-ce pointcettesensationdesuffocationquil'incitaàse singulariserdanslacréation,àyfairefiguredeproscrit consentant,deréprouvévolontaire?Lerestedesêtres vivants,dufaitmêmequ'ilsseconfondentavecleur condition,ontunecertainesupériorité surlui.Etc'est quandillesjalouse,quandillanguitaprès leurgloire impersonnelle,qu'ilcomprendlagravitédesoncas. Lavie,qu'ilafuieparcuriositédelamort,envaintente-ra-t-ildelarattraperjamaisdeplain-piedavecelle, ilenseratoujoursendeçàouau-delà.Plusellesedérobe, plusilaspireàs'ensaisiretàlasubjuguern'yparve-nantpas,ilmobilisetouteslesressourcesdesavolonté inquièteettorturée,sonuniqueappuiuninadapté exténuéetcependantinfatigable,sansracines,conqué-rantparcequeprécisémentdéraciné,unnomade ensemblefoudroyéetindompté,avidederemédierà sesinsuffisances,et,devantl'échec,violentanttout autourdelui,undévastateuraccumulantméfaitsur méfaitparragedevoirqu'uninsecteobtientsanspeine cequelui,partantd'efforts,nesauraitacquérir.Ayant perdulesecretdelavieetempruntéuntropgrand détourpourpouvoirleretrouveretréapprendre,il s'éloignechaquejourunpeuplusdesonancienneinno-cence,ildéchoitsansarrêtdel'éternité.Peut-être
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
pourrait-ilencoresesauvers'ildaignaitrivaliseravec Dieuseulementensubtilité,ennuances,endiscerne-mentmaisnon,ilprétendaumêmedegrédepuissance. Tantdesuperbenepouvaitnaîtrequedansl'espritd'un dégénéré,munid'unecharged'existencelimitée, contraint,enraisondesesdéficiences,d'augmenter artificiellementsesmoyensd'actionetdesuppléerà sesinstinctscompromispardesinstrumentspropresà lerendreredoutable.Ets'ilestdevenueffectivement redoutable,c'estparcequesacapacitédedégénérer neconnaîtpasdelimite.Alorsqu'ileûts'entenir ausilexet,enfaitderaffinementstechniques,àla brouette,avecunedextéritédedémon,ilinventeet maniedesoutilsquiproclamentl'étrangesuprématie d'undéficient,d'unspécimenbiologiquementdéclassé dontpersonnen'eûtpudevinerqu'ils'élèveraitàune nocivitéaussiingénieuse.Cen'estpaslui,c'estlelion ouletigrequiauraitoccuperlaplacequ'ildétient dansl'échelledescréatures.Maiscenesontjamaisles forts,cesontlesfaiblesquivisentaupouvoirety atteignent,parl'effetcombinédelaruseetdudélire. N'éprouvantnulbesoind'ajouteràsaforce,quiest réelle,unfauvenes'abaissepasàl'outil.Parcequ'en toutl'hommeétaitunanimalanormal,submergéde taresetde lacunes,peudouépoursubsisterets'affirmer, violentpardéfaillanceetnonparvigueur,intraitable àpartird'unepositiondefaiblesse,agressifà causede soninadaptationmême,illuirevenaitdechercherles moyensd'uneréussitequ'iln'eûtpuréalisernimême imaginersisacomplexioneûtréponduauximpératifs delaluttepourl'existence.S'ilexagèreentout,sil'hy-perboleestchezluinécessitévitale,c'estque,désaxé etdébridéaudépart,ilnepeutsefixeràcequiest, niconstaterousubirleréelsansvouloirletransformer etl'outrer.Dépourvudetact,decettescienceinnée delavie,inhabiledeplusàdiscernerl'absoludansl'im-
1,'ARBREDEVIE
médiat,ilapparaît,dansl'ensembledelanature,comme unépisode,unedigression,unehérésie,commeuntrouble-fête,unextravagant,unfourvoyéquiatoutcompliqué, mêmesapeur,devenuechezlui,ens'aggravant,peur delui-même,effroidevantsonsortdecrevéséduitpar l'énorme,enbutteàunefatalitéquiintimideraitundieu. Letragiqueétantsonprivilège,ilnepeutpasnepas sentirqu'ilaplusdedestinquesoncréateurd'oùson orgueil,etsafrayeur,etcebesoindesefuiretdepro-duirepourescamotersapanique,pouréviterlarencontre avecsoi.Ilpréfères'abandonnerauxactes,mais,en s'ylivrant,ilnefaitenréalitéqu'obéirauxinjonctions d'unepeurquilesoulèveetlefouette,etquileparaly-seraits'ilessayaitderéfléchirsurelleetd'enprendreune consciencenette.Quand,apaisé,ilsembles'acheminer versl'inerte,c'estellequiremonteàsasurfaceet détruitsonéquilibre. Lemalaisemêmequ'iléprouvait aumilieuduparadisn'étaitpeut-êtrequ'unepeur virtuelle,début,ébauched'«âmeNulmoyendevivre ». àlafoisdansl'innocenceetlapeur,surtoutquand cettedernièreestsoifdetourments,ouvertureversle funeste,convoitised'inconnu.Nouscultivonslefrisson ensoi,nousescomptonslenuisible,lepérilpur,àla différencedesanimauxquiaimentàtremblerseulement devantundangerprécis,uniquemomentduresteoù, glissantversl'humainets'ylaissantchoir,ilsnous ressemblentcarlapeursortedecourantpsychique quitraverseraitsoudainlamatièreautantpourla vivifierquepourladésorganiserapparaîtcommeune préfiguration,commeunepossibilitédeconscience,voire commelaconsciencedesêtresquienmanquent. Atelpointellenousdéfinitquenousnepouvonsplusen remarquerlaprésence,sicen'estquandelleserelâche ouseretire,danscesintervallessereinsqu'elleimprègne néanmoinsetquiréduisentlebonheuràunedouce,àune agréableanxiété.Auxiliairedel'avenir,ellenoussti-
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
mule,et,ennousempêchantdevivreàl'unissonavec nous-mêmes,ellenousobligeànousaffirmerparla fuite.Tellequ'elleest,nulnesauraits'enpassers'ilveut agirledélivréseuls'enaffranchitetfêteundouble triomphesurelleetsursoic'est qu'ilaabdiquésa qualité etsatâched'hommeetneparticipeplusàcette duréegonfléedeterreur,àcegalopàtraverslessiècles quenousaimposéuneformed'effroidontnoussommes, endéfinitive,l'objetetlacause. SiDieuapuavancerqu'ilétait«celuiquiest», l'homme,toutàl'opposé,pourraitsedéfinir«celuiqui n'estpas».Etc'estjustementcemanque,cedéficit d'existencequi,réveillantparréactionsamorgue, l'inciteaudéfiouàlaférocité.Ayantapostasiésesori-gines,troquél'éternitécontreledevenir,maltraitéla vieenyprojetantsajeunedémence,ilémergedel'ano-nymatparunesuccessiondereniementsetdedésertions quienfontlegrandtransfugedel'être.Exempled'anti-nature,sonisolementn'ad'égalquesaprécarité.L'inor-ganiquesesuffitàlui-mêmel'organiqueestdépendant, menacé,instableleconscientestquintessencedecadu-cité.Jadis,nousjouissionsdetout,saufdelaconscience maintenantquenouslapossédons,quenousensommes harcelésetqu'ellesedessineànosyeuxcommel'anti-podeexactdel'innocenceprimordiale,nousn'arrivons niàl'assumerniàl'abjurer.Trouvern'importeplus deréalitéqu'ensoi,c'estreconnaîtrequ'onafaitfausse routeetqu'onméritesadéchéance. Dilettantemalgrétoutauparadis, l'hommeacessé del'êtredèsqu'ilenfutchassén'a-t-ilpasprocédé aussitôtàlaconquêtedelaterreavecunsérieuxetune applicationdontonnel'auraitpascrucapable?Cepen-dantilporteenluietsurluiquelquechosed'irréel, denon-terrestrequisedévoiledanslespausesdesa fébrilité.Aforcedevagueetd'équivoque,ilestd'ici etiln'estpasd'ici.Quandonl'observependantses