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La Nouvelle Revue Française N' 99 (Mars 1961)

De
196 pages
Jean Grenier, Les environs d'Alexandrie
Édith Boissonnas, Limbe
Claude Martine, Deux façons de le dire
Philippe Beaussant, La Nef romane
Marcel Jouhandeau, Journaliers (V)
Dominique Aury, L'Amour breton
Michel Léturmy, Pour mémoire (II)
Chroniques :
Michel Deguy, Ŕ propos de Signes
Albert-Marie Schmidt, Histoires Tragiques
Andre Neher, Expériences juives
Claude Roy, Le bon théâtre rend heureux
Notes :
Élisabeth Porquerol, Blaise Cendrars
Notes : la poésie :
Pierre Oster, Odes ŕ chacun, par Henri Pichette (Gallimard)
Yves Berger, Fleuve renversé, par Jean-Pierre Faye (G. L. M.)
Notes : les essais :
Yves Berger, L'usage de la lecture, par Gaëtan Picon
Jean-Paul Weber, Les Trois Matičres, par Stéphane Lupasco (Julliard)
Bernard Cazes, Traité de sociologie, II (P. U. F.)
Édith Thomas, Le massacre de la Saint-Barthélemy, par Philippe Erlanger (Gallimard)
Notes : lettres étrangčres :
Robert André, Autres Rivages, par Vladimir Nabokov (Gallimard)
André Miguel, Conférences, interviews, correspondance, de Federico García Lorca (Gallimard)
Robert André, Le cas Nietzsche, par Karl Schlechta (Gallimard)
Notes : les arts :
Georges Lambrichs, Les nus ou presque, de Bernard Dufour
André Berne-Joffroy, Rome vue par Ingres, par Hans Naef (La Guilde du Livre)
Notes : lectures :
André Miguel, Que l'ombre soit, par Edmond Humeau (Henneuse)
Philippe Jaccottet, Počmes insoumis, par Lena Leclercq (L'Arbalčte)
André Miguel, Évidences, par Georges-Emmanuel Clancier (Mercure de France)
Jean-Paul Weber, Les Dialogues de Paul Valéry, par Jeanine Parisier-Plottel (P. U. F.)
André Miguel, Évocations, par Genevičve Fauconnier (Stock)
Jean Guérin, La Valeur absolue, par Bernard Avenel (Denoël) - Art et Nature (Basilius Presse) - Beautés du monde invisible (Larousse)
Les revues, les journaux :
Jean Grenier - Jean Guérin, Le grand hasard de la nature
Jean Guérin - Gabriel Marcel - Robert Kanters, Sur Le cardinal d'Espagne
Jean Dubuffet, Jean Dubuffet par lui-męme
Jean Guérin, Divers
Le temps, comme il passe :
Marie-Odile Khérig-Fataud, Le Bouc
Georges Perros, L'Âme
Jean Ricardou, Lancement d'un voilier
Le mois :
Roger Judrin, Le centre et le cercle
Jean Follain, Une promenade ŕ Rio de Janeiro
Robert D. Valette, Fatrasie
Robert Levesque, Adieux ŕ Marrakech
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LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
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D'ALEXANDRIE
Dansleslivresdesvoyageursj'aiautrefoisétédéçu derencontrertantd'observationssurleshommesdes paysqu'ilsvisitaientetsipeudedescriptionsdupays lui-même.Ou,quandilsledécrivaient,c'étaitentermes scientifiques,commePausaniasdécrivaitlaGrècede sontempsaucunemesuren'étaitoubliée.J'aurais souhaitérecueillirdesimpressions,savoirquelssenti-mentslepaysleuravaitinspirés,etilsmedonnaient desprécisionsinutiles.Cequ'ilsdisaientpouvaitservir auxarchéologues,auxgéographes.L'onpeutsoutenir qu'iln'étaitpaspossibled'écrirequelquechosedeplus durable.LesimpressionsdePausaniasn'auraientproba-blementpasdurépluslongtempsquelatracedeses passurlesable.Seraient-ellesvenuesjusqu'àmoi, jenelesauraispascomprises,alorsquelescoordonnées, lesdatesgardaienttoujoursleur valeur. Aprèstoutcen'étaitpasunebonneobjection. L'instantanéasavaleur.Nousluidonnonsmêmela valeurquel'onaccordaitautrefoisàcequidure.Ce qu'aécritChateaubriandsursesvoyages noustouche encore. CependantnousnousréféronsàlaDescriptionde l'EgyptecomposéesurlesordresdugénéralBonaparte quandnousvoulonsavoirdesdétailssurlesmétiers, t
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lessites,toutcequiconcernaitlepaysetleconcerne jusqu'àmaintenant. Voilàdeuxsourcesdifférentes.Onpeutnes'abreuver qu'àl'une,lapremière.Pourtantjem'aperçoisqueje n'aipusouventm'empêcherdefaireunedescription del'étatsocialaulieudeparlerdetelettelhomme avecquij'aiétéenrelations. Sijeparlemaintenantdupays,vais-jedireque l'EgypteestuncadeauduNiletdévelopperceque jesaislà-dessus?Ceserait fortintéressant,ditparun autre.Moi,aumomentj'écris,jen'aientêtequece balquifutdonnéàAlexandrieparunejeunefilled'une famillegrecqueetelleinvitasesamies àcondition qu'ellesfussenthabilléesenvertetlevertnilétait lacouleuràpartirdelaquelles'étaientcertainement ordonnéestouteslesautres,levertbouteille,levert prairie,levertd'eau,levertvéronèse,levertlézard, levertpistache,levertamande,levertpomme,levert degris,levertserpent.lesbijouxétaientenjade, émeraudes.lebuffetn'étaitgarniquedegâteaux etpâtesdefruitsdecouleurverte,depâtésauxépinards; lesmursavaientétérepeintsenvert;lesjeunesgens portaientdeschemises,descravates,etdeschandails detouteslesnuancesduvertet,àleurpochette,des feuillesdecélerioudelaitue. Levertnilesttrèspâleettrèsdouxàl'œil.(Comment pourrait-ilyavoirdescouleursbrutalessouscesoleil?) Ils'harmoniseaveclesable,aveclelimonpourcomposer unfondu,un«sfumatoauquelonnes'attendrait » passousceclimatdontonditqu'ilestdur.Alalimite dudésert,elleesttouchante,cettevégétationqui n'attendqu'unsignepoursurgir. NoussommesallésunjouràAboukir.Atraversdes ondulationsdeterrainetenlongeantungrandlac, laroutequipartd'Alexandriegagnecevillagesitué aubordduNiletquiestdevenuhistorique.Lesmaisons
LESENVIRONSD'ALEXANDRIE
seblottissentlesunescontrelesautresetildoityen avoirdebelles.Commentenjuger?Ilfaudraitypéné-trer, l'extérieurnecomptepasl'onnevitpasdans cespays pourlesautresmaispoursoi.Dutempsde Chateaubriand,deNerval,onvenaiticipours'em-barquersurleNiletremonterlefleuvejusqu'auCaire. Aboukirétaitunevillevéritable.Aujourd'huic'est unebourgadequicroupitetquitourneledosaufleuve. Surlerivage,desbarquesdepêche;unpeuàl'intérieur, unecitadelledésaffectée.L'amiégyptienquinous accompagnaitvoulutacheterdupoisson;onluien demandaunprixexagéréilrefusaetn'osamarchander depeurqu'onluifîthonted'exploitersescompatriotes, alorsqu'ilsepromenaitavecdesétrangersquidans l'imaginationdecespauvresdevaientêtredesmilliar-daires.LagrèvemerappelacelledeValenceenEspagne. Pourquoi?Sansdouteparceque jelavoyaisàlamême heurel'après-midietqu'ilavaitseprésenterdans notrepromenadedescirconstancesanaloguesàcelles quiavaientétécellesdenotrepromenadejadisàla plagedeVilenaàpartirdecetteville.C'estl'ensemble demoncorpsquidevaitsesouvenir.Lavoituredevait êtreaussisouple,ounousdevionsressentirlesmêmes cahots. Nousmontâmesdansunebarquequinousconduisit àl'amontd'Aboukirpourdéjeuneravecnosprovisions suruneéminencesituéeàlaboucledufleuve.Puisnous reprîmeslabarqueetpoussâmesunpeuàl'avaldu village.L'eauétaitmajestueuseetcalme.Quelques maisonsétaientgroupéesautourd'uneautrequiservait deDouane.Ellesétaientabritéespardebeauxpalmiers formantunegrandetouffe.Maislesproportionsdu paysageétaienttellesqu'oneûtditunbouquetd'herbes poussélelongd'unerivièrenormande. Lesplusbellesheuresdoiventêtrecellesdumatin. Ensuitelajournées'enfoncedanslatorpeur.Desânes
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
passentsurlaroutequilongeleNil,chargésde«couf-fins»,grandspaniersremplisdefruitsoudelégumes. Unmorneaccablementprendlaplacedelajoyeuse animationdel'aurore.Laviesemanifesteavantle soleiletaprèslesoleilviedetravail avant,viede sociétéaprèsetpourtantellen'estjamaisquepar lesoleil;l'ombreendemeureéclairée. SinousrevenonsàAlexandrie,noussommesforcésde reprendrelamêmeroute.Ilseraitplusagréablede suivrececanalquiaaujourd'huidisparuetqui,dans l'antiquité,reliaitAboukiràAlexandrie.Aboukir alorsneportaitpassonnomactuelquiest«Saint-Cyr», nomdonnéparlesChrétiens.C'étaitCanope,villeSérapisopéraitdesguérisonsmiraculeuses. Lesmalades allaientydormir,commeenGrèceàÉpidaure,etils seréveillaientenparfaitesanté.Parfois,ledieu,qui n'étaitpasEsculapemaissonparèdre,leurapparaissait ensonge.Canopeétaitcélèbreparsesfêtesorgiaques quisedéroulaienttouslesans.Uncortègedebarques partaitd'Alexandriesurlecanalquiymenait;les barquesétaientfleuriesetabritaientdescouplesqui dansaientausond'unemusiquelangoureusesans doutesurlemodeionien.Lesrivesétaientbordéesde jardins. Celuiquiquittel'Égypteregrettecesjardinssomp-tueuxquiévoquentleJardind'Essaid'Algerenbeau-coupplusgrandiose. Lespalmiers,leseucalyptus,leslebbaksetlesjaca-randassontlesarbreslesplusnombreux.Lesfleurs nesontpastrèsvariées.Ellespousseraienttoutes, maisonsecontenteavecraisondecultiverlesplus simplesdesroses,quisuffisent àcharmerlavueet l'odorat.Leurprésencen'exclutpascelledesautres fleurs;ellelarendsuperflue,commeunamourfamilier rendinutileslesautresaffections. Pourunesommed'argentinsignifiantejepuisache-
LESENVIRONSD'ALEXANDRIE
teraucoindesruesleplusbeaubouquetquisoit.Je ledisposesurunetabledevantmesyeuxetjetâchede jouir,sansarrière-pensée,desaprésence.Peuimporte qu'ilsefanepuisquemoncorpssefaneluiaussitous lesjours.J'ailachance,moi,depouvoirrenouveler lebouquetjenem'aperçoisdoncpasdemonpropre évanouissement. J'aiapprisaussiàgoûterlesfleurssauvages.Déjàen Europej'avaisfiniparcomprendrequ'ilyavaitplu-sieurssortesdebeautés,etqu'ilnefallaitpassefixer suruneseule,cellequel'onconnaissaitparl'éducation, celledontvousparlaientleslivres. EntreAlexandrieetledésertproprementdits'étend unebandedeterrainexcessivementétenduequ'on appelleleMariout.J'emploiecetermevague«bande deterrain».Cen'estnidelaterrenidel'eauunmarais, maisplutôtunensembledemaraisreliésparunréseau delevéesdeterreouderemblaisdontquelques-uns sontdevenusdesroutes.C'étaitunlac,leMareotis, dansl'antiquité,quicomprenaithuitîlessurlesquelles s'élevaientdesvillasluxueusesentouréesdejardins. Desvignespoussaientsurcesîlesetproduisaientun vintrèsapprécié.Hélas,iln'enresteplusqueces marécages,quelesouffledudésertempêched'être malsains.Lorsquej'habitaisAlexandrie,j'aimaisàme promenersurlaroutequicoupelavilledudésert etpartageobliquementleMariout.Quellecurieuse impressionj'avais!Amadroite,ducôtéduNord, jevoyaiss'éleverunchâteaudecartestoutblanc c'étaitAlexandriedontlesmaisonsverticalesetplates medissimulaientlamercommelefaitundécorplanté àlahâte.Iesoleillevantenfaisaituneapparition théâtrale.Toutautourdemoijenevoyaisquedes maraispoussaientdesroseauxetquesurvolaient descanardssauvages. Quelquescabanesindiquaientqu'àlasaisondela
LANOUVEU.EREVUEFRANÇAISE
chassecesoisauxétaientsacrifiésaucaprice,àla cupiditéouauplaisirdujeu.Lematin,lesteintesdes eauxétaientmoirées.Mefussè-jetrouvéenSologne, jemeseraisattenduàvoirlasarcelleseréfugierdans unbouquetdejoncs. Enfévrierjevoyaissortirdusollesanémonesetles narcisses,enmarsleshéliotropesetlesrenoncules, enavrillespâquerettesetlesasphodèles.Jemarchais avecallégresse,baignéparcetteatmosphèredel'avant-printempsquiaencorelaclartédel'hiveretdéjàla langueurdel'été,l'espoirsedessineàtraversune ombrequ'onavaitcrueéternelle.DanslePurgatoire delaDivineComédie,onretrouvecettelumière. Avecdutempsnouspouvionsallerjusqu'ausanctuaire desaintMénas(AbouMina)quifutdanslespremiers sièclesunlieudepélerinage.CeMénasétaitunsoldat romainconvertiauchristianismeetdontlecorpsfut rapportéd'Asiemineureparsescompagnons(enÉgypte sonpaysnatal).Parvenuaupointilestactuellement enterré,lecorpsrefusad'allerplusloinc'estceque l'oncompritparlarésistancequ'opposal'attelage. Unesourcemiraculeusefutdécouverteàl'endroit même,unebasiliquefutbâtie,desmoiness'installèrent etcultivèrentlavigne.Aujourd'huidesruinesimpor-tantesémergentdudésert,entouréesdebouquets d'arbres. Parmilespierresdemarbrelaisséesàl'abandon j'auraisaiméàenemporterquelqu'une.Jen'avais pourtantpasde«muséelapidaire».Enaurais-jeeu unquej'aurais,enyportantcettepierre,transformé celle-ciquiétaitencorevivante,bienquemutilée, parmilesautres,sescontemporainesetamies,enobjet decuriositéoud'érudition.Quelletristessedégagent lescollectionsetlesmuséesJ'aipassébiendesannées sansvouloirenprendreconscience,etpourtantjem'en apercevaissourdement.Jemeforçaisàapprendreetà
LESENVIRONSD'ALEXANDRIE
admirer.Lajeunesseneseraitdoncpasl'âgedunaturel? Non,etc'estunsecretquevousrévèlelavie. Unvoyageurm'arapportédeuxpetitséclatsde marbrequimeserventàtenirouvertslesvoletsdela terrasse.Ilsviennentdelacolonnadetombéequi formaitl'enceinted'unepyramide.Cesontdesdébris charmantsqu'ondiraitd'unecolonneionienne.Avant des'êtredécidésenfaveurd'unearchitecturemas-sivecommecelledestemplesquiserventdevesti-bulesauxpyramidesdeGizeh,lesÉgyptiensavaient commencéà construirepluslégèrementenmarbre. Puislapierredupaysl'avaitemporté. Lematin,lorsquejeplacecesfragmentscontreles volets,jepensequ'ilsdatentdequatremillehuitcents ansetj'aiunesatisfactiondevanitéàmedirequerien n'estplusanciendanslesmuséesquinesontpaspré-historiques.Jemedisaussique,sijeneconnaissaispas leurâge,jepourraissupposerqu'ilsneremontentpas avantleivesiècleavantJ.-C.oumêmequecesontde tardivesimitationsremontanttoutjusteàlafindu XVIIIesiècle.Etvoilàqu'ilssont duXXVIIIesiècleavant J.-C.Monplaisirestdoncbiencérébral.Pourtant,ce n'estpassouciarchéologiqueilsmeplaisent.Leur antiquitén'estqu'unappointàleurcharme.Amoinsque leurcharmemesoitapparusecondaireàleurantiquité. Ilmesembleaujourd'huiqu'ilestabsurded'emporter quelquechosedespaysqu'onatraversés,nefût-ceque despierres.Onlesdépossèdedecequ'ilsontenpropre etquifaitpartiedupasséetdupaysage.L'Italien'est évocatricequeparcequ'elleagardépresquetoutesses richessesenplace.Lesautrespayssonttropdépouillés auprofitdescollectionsetdesmusées.Ilsneprésentent plusauvoyageurdevéritableensemble.Etpuisà quoibonemporterdes«souvenirs»?Auboutde quelquesmois,dequelquesannées,jem'interrogesur l'originedeceuxquej'airapportés.Dequelpays
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viennent-ils?Quandme lessuis-jeprocurés?Dequoi sont-ilscensésmefairesouvenir?Interrogationpara-doxaleetsentimentcruel.Iln'yadepasséquecelui quiestincorporéauprésent.L'objetcommeteln'est rien;iln'estpasprésentlorsquejenel'aipassousles yeux;quandill'est,iln'estplusaupassé,entoutcas iln'estpaslepassédeceluiquil'acréépuisquecelui-ci adisparu;etiln'estmonpasséquesij'aiàsonpropos uneémotionqui,elle,estprésenteetlaseulechose présente. PourunEuropéen,ilestdifficiledecomprendrel'état d'espritdequelqu'unquinecherchepasàrecueillir lestracesdeceluiquil'aprécédé,etquivitaujourle jour,sanssesoucierdelaveilleniparconséquentdu lendemain,carlesouvenirentraînelaprévision.On n'emporteun«souvenir»queparcequ'onpensequ'à l'aveniron seraheureuxdeserappelerlepassé.Et danslaviecouranteonnesesouvientquepourpouvoir agircorrectementetutilement.Maissil'onvitaujour lejour,avecleseuldésirdesatisfairesesbesoinsréduits àleurplussimpleexpression ? TelleestlaviedecesBédouinsquitransportentici etleurtentedansledésert.J'ignorepresquetout d'eux.J'ensaisassezpournepasleurprêterlesSenti-mentsquej'auraisàleurplace,cequefontengénéral lesvoyageurs,qui,toutenrestanteux-mêmes,se figurentpouvoir«entrerdanslapeau»desautres, alorsquelesdeuxsituationssontincompatibles,etpar suitelessentiments.Sijepouvaislefaire,jerêverais, commejel'aifaitl'autrejourpendantuneheure,au mariagedespyramidesetdesétoilessouslaclarté diffusedelalune.Poureux,ceshabitantsnomadesdu désert,pourcesBohémiensdel'Afrique,ilnedoitpas êtrequestiondepareillesrêveries.S'ilsenontune, c'estàproposdecequileurestinhabituel,del'opu-lencedesvilles,etl'oncomprendquelesMilleetUne