La Sorbonne

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BnF collection ebooks - "Au mois d'octobre 1832, il a été écrit au-dessus d'une porte, sur la place de Sorbonne : ÉGLISE CONSTITUTIONNELLE DE FRANCE. Le jour où pareille inscription est venue paisiblement se graver en face de la Sorbonne, celle-ci a cessé de vivre. Son histoire désormais commencera par une oraison funèbre. Mais dans l'enceinte obscure de ce temple de la théologie a pris naissance une Sorbonne littéraire et philosophique..."

BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.


Publié le : lundi 7 mars 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782346012503
Nombre de pages : 41
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À propos de BnF collection ebooks

 

BnF collection ebooks est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection fine réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF par un comité éditorial composé de ses plus grands experts et d’éditeurs, BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés.

Morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse, tous les genres y sont représentés.

Éditée dans la meilleure qualité possible eu égard au caractère patrimonial de ces fonds, conservés depuis de nombreuses années par la BnF, les ebooks de BnF collection sont proposés dans le format ePub, un format ouvert standardisé, pour rendre les livres accessibles au plus grand nombre sur tous les supports de lecture.

Note de l’éditeur

 

Paris ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIXe siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».

Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dans Paris ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.

La Sorbonne

Au mois d’octobre 1832, il a été écrit au-dessus d’une porte, sur la place de Sorbonne : ÉGLISE CONSTITUTIONNELLE DE FRANCE. Le jour où pareille inscription est venue paisiblement se graver en face de la Sorbonne, celle-ci a cessé de vivre. Son histoire désormais commencera par une oraison funèbre.

Mais dans l’enceinte obscure de ce temple de la théologie a pris naissance une Sorbonne littéraire et philosophique, qui a continué, au nom de la pensée et de la raison, l’empire que son aînée exerça tant de fois sur les hommes, au détriment de la raison et de la pensée. Aussi, quand nous avons entrepris de remonter jusqu’au règne de saint Louis, pour demander ensuite à l’histoire la part que, dans chaque époque, elle a faite à la science théologique, une espérance lointaine nous soutenait dans nos recherches. À chaque fois que nous sentions notre courage défaillir, venait à nous la pensée de cet heureux progrès des temps qui a changé la Sorbonne en une école de libre savoir et de populaire éloquence, et sa chaire délaissée en une puissante tribune pour les idées nouvelles.

Si vous allez par hasard visiter les Thermes de Julien, quand vous serez sorti par l’hôtel de Cluny dans la rue des Mathurins, suivez l’étroite et longue rue qui se présente. Le pâle édifice qui s’allonge tristement sur la gauche jusqu’à l’église qui le termine, se nomme la Sorbonne.

Robert, né le 9 octobre 1201 au village de Sorbon, dans le diocèse d’Amiens, prit le nom de son village, et le donna à l’école qu’il fonda. Cependant au mois de juillet 1748, une voix s’éleva pour revendiquer en faveur de Robert de Douai la gloire de cette institution, et l’on crut un moment que la faculté de théologie allait avoir son Améric Vespuce. Le Mercure de France fut le champ de bataille où se rencontrèrent Piganiol de la Force et l’abbé Ladvocat. La victoire demeura à Robert Sorbon, et au médecin de Marguerite de Provence l’honneur de s’être associé à l’exécution de l’entreprise. Robert s’était acquis par sa science et son talent une haute réputation.

« Or, advint par une fois, dit le sire de Joinville, que pour la grant renommée qu’il oyt (saint Louis) de maistre Robert de Sorbon, d’être preudoms, il le fit venir à lui, et boire et manger à sa table. »

Ce fut donc à la cour de saint Louis que maistre Robert conçut le dessein de son institution. Se voyant si haut placé, lui venu de si bas, il se souvint de ses humbles amis d’enfance, que la fortune n’avait pas faits assez riches pour aspirer à la science, et il eut la généreuse pensée d’ouvrir aux pauvres une école où ils n’eussent à apporter d’autre richesse que le talent.

« Le saint roy, dit encore Joinville, fut ung jour de Pentecouste à Corbeil, accompagné de bien trois cents chevaliers, où nous estions maistre Robert de Sorbon et moy. Et le roi après disner se descendit au praël dessus la chapelle, et ala parler au comte de Bretaigne, père du duc qui à présent est, de qui Dieu ait l’âme. Et devant tous les autres me print ledit maistre Robert à mon mantel, et me demanda, en la présence du roy et de toute la noble compagnie : – Savoir mon, si le roi se seoit en ce praël, et vous allissiez seoir en son banc plus hault de lui, si vous en seriez point à blasmer ? auquel je répondis que oui vraiement. – Or doncques, fist-il, faites vous bien à...

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