//img.uscri.be/pth/9a80efb23bc3bd85546ef35b7d1b82da7a2ef415
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 8,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

La terre qui meurt

De
112 pages
Que vont devenir nos villes maintenant que l'aménagement de leurs territoires n'est plus considéré comme le fondement de notre société ? Que restera-t-il du patrimoine, passé au rabot de la globalisation ? A la fois cri d'alarme et prétexte à une réflexion pionnière, le petit livre de Françoise Choay est un modèle de synthèse. Du quartier des cathédrales gothiques à la place Stanislas à Nancy, des trouées Haussmaniennes aux villes nouvelles puis aux ensembles urbains étalés à l'infini, Françoise Choay pointe à chaque occasion comment les mentalités, les savoirs techniques et économiques ont façonné les cités. Un brévaire indipensable pour tout piéton des villes.
Voir plus Voir moins

Couverture Atelier Christophe Billoret

© Edouard Boubat/Rapho

© Librairie Arthème Fayard, 2011

ISBN : 978-2-213-66525-2

Photographies de

Jean-Louis Bloch-Lainé

Du même auteur

Le Corbusier, New York, Braziller, 1960.

Marc Tobey, Paris, Hazan, 1962.

L’Urbanisme, utopies et réalités : une anthologie, Paris, Le Seuil, 1965.

The Modern City: Planning in the XIXth Century, New York, Braziller, 1969.

Espacements. L’évolution de l’espace urbain en France, texte de Françoise Choay, photographies de Jean-Louis Bloch-Lainé, Paris, Groupe de l’Immobilière-Construction de Paris, 1969. Hors commerce. Réed. en français et en italien dans un format réduit, avec une introduction de 2003, et une postface d’Ernesto d’Alfonso, Skira, Milan, 2003.

Connexions, texte de Françoise Choay, suivi de Que faire d’un espace abstrait ?, texte de Jean-Toussaint Desanti, images de Robert Malaval, Paris, Groupe de l’Immobilière-Construction de Paris, 1971. Hors commerce.

La Règle et le modèle. Sur la théorie de l’architecture et de l’urbanisme, Paris, Le Seuil, 1980, nouvelle édition revue et corrigée, 1996.

L’orizzonte del Post urbano, Roma, Officina, 1992.

L’Allégorie du patrimoine, Paris, Le Seuil, 1992, 3e édition revue et corrigée, 1999.

Mémoire d’Haussmann (dir.), Paris, Le Seuil, 2000.

Pour une anthropologie de l’espace, Paris, Le Seuil, 2006.

Le Patrimoine en questions. Anthologie pour un combat, Paris, Le Seuil, 2009.

Dictionnaire du l’urbanisme et de l’aménagement (en coll. avec Pierre Merlin), Paris, PUF, 2010.

Ouvrage édité sous la direction

d’Anthony Rowley

Dépot légal : février 2011

Avant-propos

La fin des années 1950 a marqué pour les humains l’émergence d’une révolution culturelle sans précédent depuis la disparition d’Homo neandertalis et la sédentarisation progressive d’Homo sapiens au cours du néolithique, entre 7 500 et 2 500 ans avant notre ère, et peut-être depuis l’apparition du genre Homo il y a 18 à 28 millions d’années. Selon les futurologues américains, la nature de cette révolution pourrait entraîner cette fois la disparition de l’espèce humaine au profit de ce qu’ils nommèrent d’abord le « posthumain » et, plus récemment, sous la plume de Ray Kurzweil, la « singularité ». Autrement dit, sapiens serait en passe d’être éliminé par l’être qu’on pourrait désigner comme singularis, ou, pour utiliser le qualificatif prémonitoire forgé par Freud en 1929, protheticus.

Mal perceptible et mal évaluable au départ, cette nouvelle révolution fut d’abord assimilée, sous le qualificatif de « postindustrielle », à un simple avatar de la révolution industrielle. Sa spécificité et, en particulier, les dangers potentiels qu’elle représentait pour notre espèce furent néanmoins identifiés par une poignée de précurseurs : tels Herbert Marcuse, auteur de One-Dimensional Man (1964), mais au premier chef Günther Anders, qui publiait à Münich, dès 1956, Die Antiquiertheit des Menschen (traduit en français quarante-cinq ans plus tard sous le titre L’Obsolescence de l’homme).

Il appartient pourtant au canadien Marshall McLuhan d’avoir, le premier, lancé le terme « globalization » pour désigner la nouvelle révolution. En 1962, dans The Gutemberg Galaxy, il attribue à l’invention de l’imprimerie la transformation du monde en un « village global ». Cinq ans plus tard, dans The Medium is the Massage (sous-entendu massage du cerveau), il confère son statut « électronique » à la nouvelle révolution et conceptualise le processus qui la sous-tend par le terme « globalization ». Ce vocable, dérivé du mot « globe (terrestre) », traduit avec exactitude la dimension planétaire et territoriale de ce processus. Il a été adopté dans le monde entier. La France, seule, a forgé « mondialisation ».

Quoi qu’il en soit, et en dépit de leur diffusion planétaire par les médias, la confusion règne quant à la signification de ces différents termes. Et, si les conséquences de la globalisation/mondialisation commencent à faire l’objet d’une prise de conscience, celle-ci demeure timide, erratique et marquée au coin des idéologies.

C’est pourquoi, sur les instances d’Anthony Rowley, j’ai réuni ici les textes de deux cris d’alarme que j’ai rédigés à quarante-deux ans de distance.

Le premier, Espacements, fut publié en 1969. Il avait pour objectif de rappeler le rôle, alors et désormais occulté, de l’aménagement de leurs territoires comme fondement des sociétés humaines. La démonstration s’appuie sur une typologie des villes françaises depuis le Moyen Âge. Elle conserve aujourd’hui sa valeur didactique et continue d’être utilisée sous forme de power points dans des cours et des colloques. Le second texte, Patrimoine, quel enjeu de société ?, est inédit. Étayé sur quelques auto-citations, il ne constitue pas seulement une synthèse schématique de la réflexion que j’ai menée depuis les années 1970. Il s’achève à la pointe de l’actualité, sur la perspective nouvelle ouverte en 2010-2011 par le « Manifeste des Territorialistes ».

I