la vie rêvée des jeunes

De
Publié par

Quelle place pour la jeunesse dans le discours politique français ? Essai sur une thématique plus que jamais d’actualité A travers cette enquête approfondie, André Coutin revient sur la manière dont le conflit des générations s'est mué en véritable fracture entre les jeunes et le reste de la société. Ce fossé infranchissable constitue la faille de notre système social, et révèle l'impossibilité d'être un jeune... intégré. La jeunesse, une vie rêvée ou un cauchemar? Cet ouvrage présente une autre approche de la crise, un ensemble de propositions pour changer la relation entre les jeunes et toutes les formes de pouvoir.
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 352
EAN13 : 9782304013368
Nombre de pages : 139
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
2
Titre
La vie rêvée des jeunes
3
Titre André Coutin
La vie rêvée des jeunes
Pour une nouvelle politique de la jeunesse
Essai
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-01336-8 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304013368 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-01337-5 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304013375 (livre numérique)
6
André Coutin a collaboré cinq ans avec Françoise Dolto pour “La Cause des Enfants” et “La Cause des Adolescents”. Il est l’auteur de “Demain les Parricides” (Balland), de “La Raison des Jeunes” (Robert Laffont) et de “Les Cahiers au feu” (Hallier) Exergue « La guerre c’est le meurtre des fils » Michel Serres “Jeunes gens qui me lirez peut-être, pensez-y, Les bû-chers ne sont jamais éteints et le feu, pour vous, peut re-prendre. “ Pierre Seghers.
8
INTRODUCTION
La cause des jeunes
En mai 1968, les jeunes parlaient, graffitaient, dazibaoaient, les murs avaient la parole. Jusqu’à l’inflation verbale. En novembre 2005, les jeunes privés du lan-gage articulé, rejetés du lexique, n’ayant plus de rappeur pour dire leur haine, muets de douleur, s’expriment avec des pavés et des cocktails Mo-lotov. De leurs portables 3 G ils s’envoient des fausses images de guerre civile. Le quartier Latin avait le verbe, les banlieues ont la gerbe, les étudiants avaient la tchatche, les déscolarisés n’ont plus que la caillasse pour marquer la perte du chemin. Jadis, la parole coulait à flots sur le Boul’Mich ; today, dans les avenues sans nom les sourds muets de la République bombardent des messages illisibles, lancent les silex des sau-vages, allument les feux primitifs. Ce ne sont évidemment pas les mêmes jeunes. Ni pour la culture de génération, ni pour la classe d’âge.
9
La vie rêvée des jeunes
Les étudiants orateurs avaient l’utopie en bouche. Les gamins taiseux ont le nihilisme au ventre. Vous avez dit les jeunes ? Mais quels jeunes ? Des “voyous” cagoulés quand ils lancent des cailloux ? Soit, mais quand ils sont arrêtés et dé-férés, leurs mères implorent l’amnistie : ce sont des enfants. Entre temps, ils ont revêtu leur manteau d’innocence. Et ce sont les pères fouettards qui sont injustes. Nous sommes passés en quelques décennies et entre deux siècles, de l’insurrection bavarde à l’émeute muette. Le grand paradoxe est que ces révoltés qui ne s’expriment pas avec les mots des autres ont déclenché à travers les média chez les adultes, consommateurs ou élus, une bien plus délirante inflation verbale qu’en mai 68. Les commentaires sont infectés par toutes les perversions de la communication : à savoir mo-nologue de malentendants, brouhaha autistique, désinformation, confusion mentale, brouillages des sons, perte de sens, et le pire, dérapages verbaux, pollution et implosion du vocabulaire élémentaire. En dépit du rideau de fumée et de la caco-phonie ambiante, j’entends l’écho d’un même chant rituel . Un refrain funèbre de l’Histoire au rythme cadencé des “galères” de la jeunesse.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.