La Virtuosité du mouvement libéral

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Partant du principe que la démocratie est incompatible avec l'ignorance et de la certitude que c'est pourtant l'inverse qui prédomine, cet essai s'adresse à toute personne sensée et réellement désireuse de comprendre le fonctionnement du monde dans lequel elle vit. C'est à la fois par un retour aux fondamentaux et une démarche systémique, que l’auteur élargit la pensée pour analyser les multiples facettes du paradigme libéral et ses conséquences sur l'Homme. Les thèmes abordés, allant du langage à l'image en passant notamment par le pouvoir, le savoir ou la violence, démystifient les faux prophètes puis tentent de susciter la réflexion et le changement. Face à l’imminence de la chute, il est temps de se poser les bonnes questions, sans faux-semblants, afin de retrouver le sens du réel.


Publié le : mercredi 13 novembre 2013
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EAN13 : 9782332627902
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ISBN numérique : 978-2-332-62788-9
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Avant toutes choses, un grand merci à Magali, Maurice et Xavier pour leurs encouragements, relectures et conseils divers. Sans leurs apports, cet essai n’aurait pas eu si fière allure…
Avertissement au lecteur en guise de préambule
Dans cet essai, je prends le parti majeur de penser que si les critiques et les attaques répétées contre le capitalisme et la financiarisation outrancière, n’ont fait en réalité que les renforcer, que si le refus global de la guerre, n’a fait au contraire qu’augmenter son ampleur et son inhumanité, que si les critiques et les solutions proposées pour lutter contre la misère et la pauvreté, n’ont fait qu’aggraver le problème, que si les voix qui se sont élevées contre la marchandisation de la vie ont été ignorées et que si la révolte face à la perte de la morale et des valeurs, n’a fait qu’accélérer leur destruction, c’est que l’Homme ne veut/ ne sait/ne peut pas réellement résoudre ces problèmes : ces caractéristiques contemporaines n’existent pas par elles-mêmes. Elles ne sont en fait que des épiphénomènes, des émanations d’un système à la fois bien plus global et plus profondément ancré en l’Homme : l’idéologie libérale puis ultralibérale (qui est bien une idéologie travestie en refus de l’idéologie, d’où sa perversité). Je pense, en outre, que les libéralismes économique, philosophique et politique sont à comprendre dans une idéologie libérale globale. Ils ne peuvent être traités séparément. C’est pourtant une erreur courante que de vouloir les dissocier. Je suppose ainsi que l’Homme participe, tous les jours, plus ou moins inconsciemment, par ses pensées et par ses actes, à perpétuer et renforcer cette idéologie. C’est pourquoi, le travail qui suit est organisé de manière particulière et fort peu conventionnelle. Afin de rendre celle-ci visible, j’ai choisi de privilégier une analyse-critique à la fois circulaire, verticale et systémique de la logique libérale. Cette forme me semblait en effet la plus appropriée pour apporter une critique efficace à toutes les facettes de cette idéologie intrusive et totalisante. Il s’agit alors de montrer son importance et sa présence systématique, mais plus ou moins masquée, dans les grandes tendances, les grandes questions, les grands courants de pensée et mouvements divers qui façonnent le monde contemporain. Je cherche ici à saboter le travail de sape auquel elle s’emploie elle-même dans toutes les sphères de la société. Par conséquent, mes angles d’approches varient, mais peuvent parfois se recouper pour critiquer un aspect légèrement différent de cette doctrine. De fait, les chapitres composant une partie peuvent souvent se lire dans un ordre différent (bien que je fasse parfois des renvois à des chapitres précédents). Mon objectif est ainsi de pointer les contradictions et la perversité du système auquel l’individu participe et les lui rendre insupportables. L’organisation particulière de cet essai, est en outre motivée par la certitude que le système se renforce avec la critique incomplète. Il fabrique et se sert des critiques parcellaires pour intensifier sa domination à partir de ses autres facettes. Il est évident que si la critique n’est ni complète, ni pertinente, le risque est grand de retomber dans le même paradigme une fois que les conditions mentales ont été réunies pour passer le cap d’un réel changement. Si la critique est complète et pertinente mais qu’aucun projet, qu’aucune alternative viable ne sont proposés, alors il y a toutes les chances de retomber dans le même paradigme maquillé. Je ne prétends bien entendu pas proposer, dans cet essai, une critique complète et définitive de la logique libérale, mais seulement continuer un travail qui a été fait avant moi et qui, j’en suis sûr sera prolongé par d’autres. Bien que je n’en traite pas forcément, il ne saurait en aucun cas être question de dénigrer les actions efficaces entreprises partout et à toutes les échelles par les Hommes ordinaires, qui ont gardé leur bon sens, pour lutter contre l’omniprésence étouffante du système libéral devenu ultralibéral. J’essaie donc ici de traiter des faux combats, des mystifications et des simulacres, employés par et pour la perpétuation du système. J’essaie de comprendre de quelles manières ce système fabrique des catégories et veut transformer l’Homme en excitant ses envies et son ressentiment.
Il me parait nécessaire de rappeler ici, que l’Homme, pour être total, ne peut se réaliser que dans le réel. Par conséquent, la critique et l’activité intellectuelle pratiquées sans une inscription profonde dans le réel et non orientées vers un idéal, tournent intégralement à vide. La densité du contenu nécessitera alors du temps et de la concentration de la part du lecteur, s’il souhaite vraiment saisir toute la complexité de l’Homme contemporain, du système et de ses ramifications. Je reste en effet persuadé que seul l’effort bien compris mène à un résultat probant : contrairement à la croyance contemporaine, le savoir et la connaissance ne sont pas immédiats. La réflexion présente s’orientera tout d’abord sur une analyse théorique de la notion de libéralisme. Qu’est-ce que celle-ci implique ? Quels sont ses ressorts idéologiques ? C’est seulement ensuite que je traiterai du système de pouvoir global. Qu’est-ce que le pouvoir ? Comment se manifeste-t-il aujourd’hui ? Quelles sont ses finalités ? Cette analyse globale étant un prérequis indispensable à la compréhension du monde actuel, je serai ensuite en mesure de me pencher plus précisément sur une analyse du réel par une approche ontologique. D’où provient la crise de sens ? Comment resituer l’Homme dans le réel ? Enfin, la crise de sens sera illustrée concrètement par des analyses de l’Homme et des mouvements desquels il se revendique. Quel sont les caractéristiques de l’Homme nouveau que le système essaie de produire ? Comment s’y prend-il ? Puis, quelles sont les finalités des courants de pensée qui traversent notre époque ? Le travail qui suit n’est donc ni une enquête journalistique ou politique, ni une analyse géopolitique ou sociologique sur un sujet quelconque et encore moins un roman de science fiction. Il s’agit bien plus d’une tentative de démystification d’un système pervers de domination, exercée à la lumière du réel. Mon dessein est, en dernière instance, de proposer un retour au réel en lieu et place de cette pensée nihiliste qui ne peut mener qu’au néant.
« Les règles de l’art (de l’écriture) ne se sont imposées d’une manière vraiment impérative qu’assez récemment ; les auteurs contemporains paraissent les avoir acceptées sans trop de peine parce qu’ils désirent plaire à un public pressé, souvent fort distrait et parfois désireux avant tout de s’éviter toute recherche personnelle. Ces règles ont d’abord été appliquées par les fabricants de livres scolaires. Depuis qu’on a voulu faire absorber aux élèves une somme énorme de connaissances, il a fallu mettre entre leurs mains des manuels appropriés à cette instruction extra-rapide ; tout a dû être exposé sous une forme si claire, si bien enchaînée et si propre à écarter le doute, que le débutant en arrive à croire que la science est chose beaucoup plus simple que ne pensaient nos pères. L’esprit se trouve meublé très richement en peu de temps, mais il n’est point pourvu d’un outillage propre à faciliter le travail personnel. Ces procédés ont été imités par les vulgarisateurs et les publicistes politiques. Les voyant si largement appliquées, les gens qui réfléchissent peu ont fini par supposer que cesrègles de l’art étaient fondées sur la nature même des choses. »Georges Sorel
« Vers où se dirige l’Homme ? Pourquoi et comment ? »
«Nuls ne sont plus désespérément esclaves que ceux faussement convaincus d’être libres »
Johann Wolfgang Von Goethe
APPROCHE THEORIQUE DE LA NOTION DE LIBERALISME…
Le libéralisme étant le sujet central de cet essai, je vais commencer par définir précisément son sens et ses implications immédiates.
Partie I : L’inconséquence patente de l’idéologie libérale
« Lemouvement historique qui transforme en profondeur les sociétés modernes, doit être fondamentalement compris comme l’accomplissement logique du projet philosophique libéral »
Jean-Claude Michéa
Cette assertion de Jean-Claude Michéa, formulée dans son essai« L’empire du moindre 1 mal ». Il est en effet nécessaire de, sera présente en substance tout au long de ma réflexion prendre conscience, pour éviter de retomber plus tard dans le giron libéral, que la forme 2 actuelle de cette idéologie n’en est que son aboutissement logique . Le libéralisme de John Locke, porte en lui les germes de sa dégénérescence perverse et globale. Ses émanations économiques, politiques, sociales et philosophiques doivent être comprises comme appartenant à un ensemble cohérent et totalisant. Il convient donc d’en déduire que l’on peut intégralement expliquer l’état du monde contemporain par le prisme du libéralisme. Il est pourtant de bon ton de croire que le libéralisme n’est qu’une école de pensée parmi tant d’autres. Poussée originellement par des chefs de file comme David Ricardo et Adam Smith, elle n’aurait de cesse de lutter pour exister dans la masse des courants de pensée. Elle ne se manifesterait en outre qu’à l’échelle macro-économique et serait, de fait, bien loin de l’individu lambda qui essaierait, quant à lui tant bien que mal, de vivre sa vie. Or, celui qui réfléchit un tant soit peu, se trouve vite forcé de réfuter cette croyance absurde : le système, dans son ensemble, est viscéralement libéral. Cet essai le démontrera amplement. Bien sûr, il y aura toujours des libéraux assumés (mais idiots ou aveugles) pour soutenir mordicus que le vrai libéralisme (au sens où ils le conçoivent) n’a jamais existé. Que John Locke et Benjamin Constant n’avaient pas cela en tête. Que les banquiers, les multinationales, et autres FMI et banque mondiale qui se revendiquent du libéralisme et l’appliquent, ne sont en réalité pas des libéraux. Ils diront que« les banques ne sont pas du tout libérales mais juste méchantes parce qu’elles ne respectent pas leurs prochains ». Ils diront que« le vrai libéralisme, c’est les droits de l’Homme, c’est le recul de la misère, c’est la liberté, le paradis… »ajouteront que la situation actuelle est entièrement imputable à l’Etat Ils providence, à la technocratie et au constructivisme (qui n’est pourtant que le libéralisme dans ses développements les plus purs). Ils sont en fait à prendre autant au sérieux qu’un néonazi qui viendrait nous dire qu’«en fait le nazisme au sens pur n’a jamais existé. Hitler n’a pas pu le réaliser à cause desbarrières qui lui ont été imposées par des éléments extérieurs. En fait le nazisme c’est bien ! » Les libéraux pensent encore qu’il y a une différence entre conservateurs et socialistes. Ils refusent de comprendre les rapports de forces réels et la marche du monde dans sa globalité. Leur profond déni du réel n’est que le reflet de leur esprit étriqué et de leur schizophrénie abyssale. Ce sont des rêveurs, mais de dangereux rêveurs parce qu’ils persistent à vouloir légitimer l’idéologie libérale. Ils n’ont en réalité jamais réellement saisi ce qu’était la liberté, ni l’Homme. Ils n’ont jamais compris que l’idéologie libérale est une idéologie de réaction (prenant donc le contre-pied absolu et illimité de toute forme d’autorité) qui a vu le jour dans une période historique où le pouvoir politique devenait totalitaire car il perdait du terrain. Il s’accrochait. Tout comme l’esclavage s’est accroché et durci jusqu’à ce qu’il soit supprimé (et remplacé par un« esclavage éclairé », j’y reviendrais) non pas par humanisme, mais parce qu’il n’était plus rentable. Bien que les libéraux prétendent le contraire, ce n’est donc en aucun cas une idéologie fondée sur le réel. Ils prétendent ainsi que leur rêve absurde trouve ses fondements dans la nature en se basant notamment sur leur fameux« ordre spontané »
(Ludwig von Mises et Friedrich Hayek). Ils oublient que l’Homme n’est pas seulement un animal. Il est autrement plus complexe. Leurs rêves de liberté sonnent d’ailleurs aussi creux que l’application contemporaine des droits de l’Homme. Les libéraux ont ainsi théorisé un système extrêmement pervers et destructeur dans ses développements, tout en affirmant que le principal, c’est le bonheur, l’Homme, la liberté, la vie. En bref, ils sont incapables de comprendre que Bernard Madoff (avec sa chaîne de Ponzi) est au bout de la logique libérale. Un peu comme les scientifiques complaisants, qui, dans leur naïveté, ont créé les éléments de la bombe atomique en pensant qu’ils feraient le bonheur de l’humanité. La puissance du libéralisme est pourtant aujourd’hui tellement écrasante que seul un autiste aggravé pourrait ne pas le voir. C’est le syndrome de l’éléphant dans le couloir. Cet essai est donc aussi fait pour eux. Dans l’idéologie libérale, la notion de progrès a un statut quasi métaphysique. Le progrès devient alors son objectif cardinal et indéfini. Elle prétend en outre, proposer un traitement 3 scientifique , glacé, des questions politiques qui remplacera ainsi la morale et le Bien. La science remplace alors la religion dans la sphère du sacré, en tant que moteur et ossature de la société dans son ensemble. Le libéralisme a effectivement voulu, dans ses fondements, se débarrasser de toute autorité transcendantale et de tout fanatisme, perçus comme sources de tous les maux, pour libérer l’individu de l’oppression et le faire ainsi embrasser une vie tranquille et pacifiée. Le collectif perd de son importance. L’individu est au centre de tout, en opposition avec les anciens régimes dictatoriaux (raison officielle). La vertu, considérée comme intrinsèquement polémogène donc conflictuelle, est écartée. Seule importe la sécurité dans la jouissance privée. Les conflits éventuels seront réglés par une justice neutre, froide, débarrassée de toute morale ou même de décence. Cette vision hédoniste est ainsi la première étape de l’extension de la logique libérale et donc de ses contradictions fondamentales. En assignant l’individu à donner un sens à son existence dans l’oisiveté et l’insouciance du bonheur matériel (étroitement lié au plaisir immédiat), le libéralisme admet implicitement que le bonheur est égoïste et à chercher exclusivement dans le tangible. Il affirme ensuite que ces égoïsmes individuels garantiront, en dernière instance, le bien-être commun, l’ordre spontané, par le procédé, presque magique, de la main invisible (ou des mécanismes du marché). C’est par la loi de l’offre et de la demande, donc par la dite« science économique », que la société connaîtra le bonheur et la prospérité éternelle (d’où l’idéologie du progrès illimité). Sans parler 4 du simplisme aberrant de cette supposition , on sait aujourd’hui, avec le recul, que cette histoire de main invisible, tout comme celle de la libre concurrence dans un esprit bon enfant, est une fumisterie sans précédent. Elle cache en fait la vraie main invisible, celle du plus fort, qui serait, de par ce fait, en mesure d’imposer ses volontés. Hobbes avait démontré que le 5 libéralisme n’est que la guerre de tous contre tous . Sans le Léviathan, ce sont les rapports de forces qui organisent la partie. Le plus fort triomphe. En légitimant la loi du plus fort dans les relations, notamment commerciales, mais plus largement interhumaines et interétatiques, le libéralisme n’a fait en définitive, que multiplier les sources de conflits et accentuer leur violence. Je vais donc m’attacher à montrer dans cette partie, point par point, que le libéralisme est une idéologie inhumaine et que si elle domine toujours, c’est du fait de son implantation profonde dans tous les aspects de la vie.
1 – L’Homme est égoïste
Pour les libéraux, une attitude rationnelle, donc selon eux conforme aux lois de la nature humaine, est celle dont la finalité réside dans la maximisation de son intérêt propre (utilitarisme). L’Homme est donc fondamentalement égoïste (selon un réductionnisme ontologique complètement absurde). C’est par cette maxime péremptoire que le libéralisme définit l’Homme. Ce qui en fait une
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