Le coaching, phénomène de société

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À l'heure où le coaching devient un phénomène de société, envahit tous les discours, la Société Française de Coaching le met en débat et en perspective. Ces actes du colloque organisé à Paris en janvier 2005, portent témoignage des réflexions nourrissantes, parfois critiques, qu'ont échangées orateurs et participants. Sociologues, psychosociologues, philosophe, théologien et consultants croisent ici leurs regards et leurs analyses sur le coaching. Ils attirent l'attention sur ses potentiels risques et mettent en exergue que le coaching, en tant que technique d'accompagnement, n'est pas nouveau, mais que son développement tente de répondre aux évolutions de notre société.
Publié le : mercredi 1 mars 2006
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EAN13 : 9782748154900
Nombre de pages : 241
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LE COACHING, PHÉNOMÈNE DE SOCIÉTÉ

DE L'ERE DES PIONNIERS
A L'ERE DES PROFESSIONNELS









Société française de coaching
Le coaching,
phénomène de société

DE L’ÈRE DES PIONNIERS
À L’ÈRE DES PROFESSIONNELS















Éditions Le Manuscrit



© Éditions Le Manuscrit, 2005.
20, rue des Petits-Champs
75002 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
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contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-5491-6 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-5490-8 (livre imprimé)


















REMERCIEMENTS

REMERCIEMENTS
La publication des ces Actes est le point d’orgue du premier
colloque national organisé par la Société française de coaching.
Que tous ceux qui ont contribué, avec compétence et
enthousiasme, à la réussite de cette manifestation nationale, et
de cet ouvrage qui en est l'aboutissement, trouvent ici
l'expression des remerciements de la SF Coach.
En tant que Président, je souhaite témoigner ma
reconnaissance aux fondateurs de notre association et
particulièrement à François Arfel, Roland Brunner,
Lynne Burney, Catherine Caillard, François Delivré,
Oliver Devillard et Alain Gherson qui nous ont fait
l'honneur de participer à cette rencontre et d'y animer
des ateliers.
Ma gratitude s'adresse aussi aux équipes lyonnaises et
spécialement à Serge Eskenazi. De leur initiative des
Rencontres lyonnaises du coaching est née l'idée de ce colloque
national. Le transfert amical de leur expérience a été très
profitable et je leur en sais gré.
Je remercie chaleureusement les membres du comité
d'organisation, Jean-Yves Arrivé, Catherine Blondel, Roland
Brunner, Annie Cottet et Reine-Marie Halbout, dont
9 REMERCIEMENTS
l’investissement, l’énergie et la bonne humeur alliés à un haut
niveau d’exigence et de rigueur ont permis de mener à bien ce
projet.
Je tiens à associer à ces remerciements notre attachée de
presse, Florence de Baleine, et Jeanne Richaud qui se sont
occupées avec talent de la communication et de la logistique,
ainsi que nos permanentes, Carole Templier et Christine
Joannais, pour leur soutien et leur présence efficaces.
Enfin, je voudrais exprimer ma reconnaissance aux
intervenants qui nous ont honorés de leur présence. La qualité
de leurs réflexions et de leurs travaux lors des tables rondes,
conférences et ateliers, ont fait le succès de ces deux jours.
Qu'ils soient ici remerciés de nous avoir donné une si grande
richesse de chemins de progrès.
Cette liste ne serait pas complète sans évoquer tous ceux
et celles qui nous ont donné, par leur participation ou leurs
encouragements, l'énergie de réussir.


Joël Brugalières
Président de la Société française de coaching
10 LA SOCIÉ T É FRANÇAISE DE COACHING

LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE
DE COACHING
La Société française de coaching est la première association professionnelle,
représentative du coaching en France. Sa vocation est d'œuvrer à la
légitimité, à la transparence et au professionnalisme de la pratique du
coaching. Ses valeurs fondatrices s’inscrivent dans l'éthique, l’engagement et
la connaissance.

Créée en 1996 par quinze spécialistes de l'accompa-
gnement, la Société française de coaching est une association
œuvrant dans le champ du strict coaching professionnel. Elle
rassemble, sans distinction d'écoles de pensées ou de pratiques,
sept cents adhérents unis par une même vision du métier et des
qualités requises à son exercice. Ils exercent en profession
libérale, en cabinet conseil ou encore en entreprise au titre de
coach interne.

Une priorité : le respect d’une éthique
Dès sa création, la Société française de coaching s'est
donné pour vocation d'asseoir la légitimité du coaching,
d'instituer et faire vivre les règles déontologiques de son
11 LA SOCIÉ T É FRANÇAISE DE COACHING
exercice et d'œuvrer pour la reconnaissance du métier et
du sérieux de ceux qui l'exercent.
Au titre de la légitimité, la Société française de
coaching a édicté le premier code de déontologie de la
profession. Expression d'une position éthique, il donne des
repères clairs et précis tenant compte des spécificités de
l'accompagnement d'une personne ou d'une équipe dans sa
vie professionnelle.
Ce code déontologique fait aujourd'hui référence tant auprès des
coachs que des entreprises, prescripteurs de coaching.

Un engagement : l’accréditation
Dans le même esprit, la Société française de coaching s'est
engagée dans une politique d'agrément afin d'apporter aux
personnes et organisations, utilisateurs et prescripteurs de
coaching, une garantie de professionnalisme éprouvé. Deux
accréditations, l'une de membre titulaire, l'autre de membre
associé, sont aujourd'hui octroyées par son Comité d'agrément
et de déontologie au terme d'un processus rigoureux
d'évaluation. Dans le contexte actuel de forte croissance de
l'offre, les accréditations délivrées par la Société française de
coaching sont des repères appréciés pour une pratique saine du
coaching en entreprise.

Un état d'esprit : la connaissance
Portée par la volonté de faire progresser le coaching, la
Société française de coaching initie de nombreuses actions
d'information et de compréhension du coaching. Elle offre
à ses membres des groupes d'échanges de pratiques, lieux
ressources pour améliorer leur maîtrise du métier. Elle
organise régulièrement, pour tous ceux qu'intéresse cette
discipline, des manifestations thématiques et des forums
d'échanges d'idées.
Ouverte aux autres champs disciplinaires, la Société
française de coaching contribue, par les réflexions qu'elle
propose, à élargir sans cesse le champ des connaissances et
12 LA SOCIÉ T É FRANÇAISE DE COACHING
penser le coaching dans le cadre de ses enjeux pour la société,
les entreprises et les hommes. Le premier colloque national,
dont le présent ouvrage retrace les moments forts, en
témoigne.

La Société française de coaching
Un pôle professionnel de référence
Un partenaire pour les entreprises
13 LA SOCIÉ T É FRANÇAISE DE COACHING
14 INTRODUCTION AUX ACTES

INTRODUCTION AUX ACTES
Les 28 et 29 janvier 2005 a eu lieu le premier colloque organisé
par la Société française de coaching, autour du thème « De l'ère
des pionniers à l'ère des professionnels, le coaching,
phénomène de société ».
Le comité d’organisation de ce colloque souhaitait
engager une réflexion permettant de mieux comprendre
les ancrages du coaching dans les sciences humaines.
Pour y parvenir, nous avions construit cette manifestation
en trois temps :
le coaching avant le coaching, afin de mieux comprendre
les filiations du coaching dans l’histoire, la philosophie et la
théologie ;
le coaching dans l’organisation, pour en repérer les enjeux
explicites et implicites et intégrer les aspects organisa-
tionnels, économiques, sociologiques et psychologiques en
présence dans les problématiques du coaching ;
le coaching après le coaching, pour nous projeter dans ses
évolutions possibles.

15 INTRODUCTION AUX ACTES
L’ambition était là… restait à trouver des intervenants de
renom pour nous accompagner dans ces réflexions et nous
aider à les mettre en perspective.
Tous ceux que nous avons sollicités ont accepté de
participer à cette aventure. Nous sommes fiers d’avoir pu
réunir, lors des tables rondes du colloque, puis dans cet
ouvrage, des chercheurs et des professionnels de grande
qualité.
Leurs apports ont permis de mettre le coaching en
débats, de le relier aux pratiques ancestrales d’accompagnement
dans lesquelles il s’ancre, de l’articuler sur les contraintes
économiques et sociologiques de l’organisation et d’imaginer
son devenir et ses transformations futures.
Nous remercions tous ces conférenciers pour la
richesse de leurs interventions qui sont reprises, et même
souvent développées dans ces Actes, sous forme
d’articles.
La qualité des textes que vous allez découvrir justifie
pleinement la parution de cet ouvrage. Fruit d’un
partenariat entre la Société française de coaching et les
Éditions Le Manuscrit, il est le premier d’une collection qui
réunira les textes des conférences mensuelles de notre
association ainsi que les articles issus des prochains
colloques.
Nous rappelons que ce premier colloque s’est déroulé en
une alternance de conférences, en tables rondes, et d’ateliers.
Les ateliers étaient animés par des coachs dont les interventions
ont été très appréciées. Leurs travaux sont présentés dans un
document annexe à ces Actes. Il est possible de se le procurer
en se connectant au site Internet de la Société française de
1coaching .
Le comité d’organisation tient à exprimer sa gratitude à
toutes celles et ceux qui les ont aidé ou soutenu avant, pendant
et après le colloque.

1. Site SF Coach : www.sfcoach.org
16 INTRODUCTION AUX ACTES
Nous vous souhaitons une bonne lecture de ces Actes et
espérons qu’ils permettront à tous ceux qui œuvrent dans les
champs de l’accompagnement professionnel d’enrichir leurs
pratiques.


Paris, le 26 avril 2005,
le comité d’organisation.

17 INTRODUCTION AUX ACTES
18 DISCOURS INAUGURAL



Discours inaugural
Joël Brugalières
Président de la Société française de coaching


Chers amis, collègues

Nous sommes réunis pour ce premier colloque national
organisé par la Société française de coaching, et je m’en réjouis.
Ce projet, initié il y a un an, s’inscrit dans la volonté de la
SF Coach de contribuer à l’avancée de la réflexion, des partages
d’expériences et de la professionnalisation des coachs.
Dans ce moment clé de notre histoire où nous
confirmons notre position d’une SF Coach professionnelle,
attentive à devenir la référence des pratiques professionnelles et
déontologiques, cet événement est une étape.
La Société française de coaching est à la fois jeune, en
plein essor, et déjà dans une première phase de maturité. Après
un temps où le coaching a été débattu entre coachs, tenants de
différents courants ou écoles, nous sommes prêts à le mettre en
perspective avec d’autres sciences humaines et sociales et à
débattre avec des sociologues, des historiens, des philosophes,
des théologiens et des anthropologues.
Ce faisant, nous prenons le risque de la critique et du
questionnement du coaching, en même temps que nous
témoignons de notre capacité à élargir sans cesse le champ de
nos connaissances, à questionner l’histoire des pratiques de
19 LE COACHING, PHÉNOMÈNE DE SOCIÉ T É
l’accompagnement, leurs sens dans les organisations
aujourd’hui et leurs devenirs dans le monde de demain.

Pourquoi ce thème ?
En choisissant pour thème à ce colloque De l’ère des pionniers à
l’ère des professionnels. Le coaching, phénomène de société, nous nous
inscrivons bien dans un double mouvement : celui de la
professionnalisation des membres de notre société et des
acteurs majeurs de notre profession et celui de l’articulation du
coaching sur d’autres disciplines, plus anciennes, qui peuvent
nous aider à le comprendre comme le phénomène de société
qu’il est, témoin d’une transformation profonde du rapport au
sujet au collectif, générant des attentes nouvelles des personnes
comme des organisations.
Mieux comprendre le coaching dans ses ancrages
historiques, philosophiques et sociologiques est donc bien l’un
des objectifs de ce colloque. Il s’agit également de tenter d’en
saisir les évolutions, les perspectives nouvelles, l’élan dont il est
porteur, par exemple en termes de créativité des personnes et
des organisations, mais aussi d’en mesurer les risques et les
dérives possibles.
Deux journées pour aborder toutes ces questions, c’est à
la fois un temps court mais aussi un temps inaugural pour
poser et engager le débat. Votre présence dans cette salle est la
preuve de l’importance de ces sujets et de votre intérêt pour ces
interrogations plurielles.
Vous êtes nombreux ici à vous intéresser de très près la
vie de la Société française de coaching : membres adhérents,
associés, titulaires ou fondateurs, étudiants en formation dans
une école ou une université, directeurs et responsables de
ressources humaines, dirigeants d’entreprise faisant appel à des
coachs, journalistes… j’en oublie certainement. Je vais donc
profiter du fait que nous sommes tous réunis pour rappeler
brièvement l’histoire de notre association depuis 1996, date de
sa création.
20 DISCOURS INAUGURAL
À cette époque, le coaching n'était pas médiatisé comme
il l’est aujourd'hui. Cependant quinze professionnels, dont
plusieurs sont parmi nous, posaient les bases de cette
association. D'origines professionnelles différentes, ils ont
considéré comme fondamental d'établir un code déontologique
respectueux d'une éthique. Ce code n'a pas pris une ride. Il fait
aujourd'hui référence auprès des prescripteurs et utilisateurs de
coaching.
Très rapidement est apparue une autre nécessité :
permettre aux adhérents d'apporter la preuve de leur savoir-
faire à travers un agrément. Le statut de « membre titulaire »
attestant d'une compétence et d'un savoir-faire éprouvé dans le
métier de coach était né. Il fut suivi, en 2001, par le statut de
« membre associé » reconnaissant le niveau professionnel d'un
coach engagé sur une voie de développement.
Je rappellerai que ces statuts sont octroyés à l'issue d'un
processus rigoureux d'évaluation instruit par un jury de pairs,
membres élus du comité d'agrément et de déontologie (CAD).
Au fil des années, nous pouvons affirmer que les membres de
ce comité ont développé une véritable expertise de l'évaluation
des pratiques, dans le respect des différentes écoles de pensées
et techniques au service du coaching. Cette diversité, cette
ouverture sont l'une des richesses de la SF Coach.
Déontologie, agrément par les statuts sont deux piliers
fondateurs de la Société française de coaching. Notre
association se veut aussi espace d'échanges, lieu de
professionnalisation et champ de réflexion sur le coaching. Ce
colloque s'inscrit dans cette dynamique. Y contribuent
également les conférences débats tenues régulièrement à Paris
et en régions, les groupes d'échanges de pratiques ainsi que les
rencontres lyonnaises du coaching, organisées chaque année
par la délégation Rhône-Alpes. Avec toujours autant de succès,
elle a soufflé, cette année, les bougies de sa dixième édition.
Pour terminer, je citerai quelques chiffres illustrant notre
dynamisme :
21 LE COACHING, PHÉNOMÈNE DE SOCIÉ T É
• 15 personnes en 1996, 300 adhérents en 2000, plus de 650
en 2004 ;
• une progression continue des demandes d'agrément (30%
de membres titulaires d'un agrément) ;
• 2 délégations régionales actives (Rhône-Alpes en 2001 et
PACA en 2002) ;
• 150 coachs inscrits dans les groupes d'échanges de
pratiques.
Vous constatez, comme moi, l’évolution spectaculaire
vécue ces dernières années. En dix ans, notre activité a connu
un essor considérable, qui la sert et la dessert en même temps.

Dans la perspective de ce colloque, je me suis livré à un
petit exercice en relevant le mot « coaching », à chaque fois
qu’il était utilisé dans la presse et les supports publicitaires. En
voici le résultat.
Le Figaro annonçait le 29 décembre 2004 : « Le coaching
est partout. Il envahit toutes les sphères de la société. »
Dans de très nombreux domaines, le mot « coach »,
imprégné d'un sens valorisant, vient qualifier un métier, lui
donnant ainsi un nouvel attrait. La lecture de la presse laisse
aussi à penser que nous sommes tous, à un titre ou à un autre,
le coach de quelqu'un (collaborateur avec le manager-coach,
enfant avec le parent-coach, ami, etc.). Employé pour tout et
partout, le mot laisse percevoir des attentes variées, parfois
démesurées sinon disproportionnées, y compris dans l'univers
professionnel pourtant présenté comme le plus balisé. Toutes
ces attentes, ces rôles attendus des coachs sont-ils légitimes ou
nous disent-ils quelque chose sur notre société, sur l'évolution
des comportements ? Le propos de ce colloque est de réfléchir
à cette question et d'apporter des débuts de réponses.
L'analyse des messages des médias sur les coachs et ce
que leurs clients en attendent permet de dégager schéma-
tiquement quatre univers. Dans chacun, le coaching prend un
sens connoté différent.
22 DISCOURS INAUGURAL
L'univers sportif : présenté comme l'ancêtre de tous les
autres, le coaching sportif renvoie au sens de l'entraînement,
physique comme mental, des champions. En passant de la
compétition à la pratique sportive individuelle puis aux
domaines professionnel et personnel, le coaching ancre l'idée,
d'une part, que chacun est un champion potentiel et que,
d'autre part, il doit, pour y arriver, disposer d'un entraîneur
personnel. L'individualisme prend le pas sur le collectif.

L'univers professionnel : ici, la presse révèle des
attentes liées à un grand nombre de demandes, certaines
légitimes (gestion du stress, besoin de miroir, prise de
recul, …), d'autres, utopiques, traduisant un sentiment de perte
de confiance généralisée, d'isolement face aux environnements
en perpétuelle mutation. Apparaît aussi un sens connoté, le mot
coaching remplaçant toutes formes d'accompagnement
(parrainage, tutorat, encadrement, etc.), voire de formation
personnalisée – « Le coaching étudiant pour lutter contre
l'échec » dans Le Républicain du Centre (novembre 2004) ou
« Improve your English… trois heures trente de coaching avec
English booster » dans L'Express – Guide de la mobilité
professionnelle. Le coaching est annoncé comme LA solution
personnalisée pour gérer et dépasser des étapes, des
apprentissages ou encore changer des comportements non
adaptés dans un univers angoissant de performances, toujours
plus grandes. On le voit même associé au mot de manager,
pour donner manager-coach, une façon parmi d'autres de
revaloriser la fonction hiérarchique ou redorer le blason des
cadres, suivant les cas.

L'univers personnel : ici se dégagent deux tendances
distinctes. Le coaching de vie et ce que l'on pourrait appeler le
coaching pragmatique. Dans le premier, les attentes des clients
renvoient aux questions : Qui suis-je ? Qui dois-je être ou que
dois-je faire pour réussir ? Comment mieux assumer ma vie,
mon couple, ma parentalité, ma vie sexuelle, amoureuse,
23 LE COACHING, PHÉNOMÈNE DE SOCIÉ T É
amicale, mon corps, ma santé, mon look, etc. « Le coach est
investi du rôle de celui qui va nous aider à réaliser nos
fantasmes », décrypte Psychologie en janvier 2005. « 6/20, je file
chez mon coach », dans La Vie du 18 novembre 2004. Le mot
coaching a ici un sens plus flou, entre psychothérapie, conseil
personnalisé, guide de la vie privée, direction de conscience,
maître à penser…
De son coté, le coaching pragmatique est porteur d'une
notion plus infantilisante. Il laisse à penser que pour tout acte
de la vie quotidienne, nous avons besoin que quelqu'un nous
aide, nous guide, voire nous dise quoi faire (le coaching
culinaire, coaching décoration, coaching déménagement,
culturel, immobilier, le coach patrimonial et j'en passe…). Biba
titre ainsi en janvier 2005 : « Jamais sans mes coachs ». Le
coaching devient le moyen de combler le vide laissé par la
désagrégation des liens familiaux, sociaux et amicaux.

L'univers des marques et des entreprises : nouveau
venu, le coaching des marques « Les marques coachent les
consommateurs », annoncent Les Échos, le 11 octobre dernier.
De la marque ou de l'entreprise gourou qui, dans les années
1980, promettaient un monde meilleur avec tel produit de
consommation, nous sommes passés à une marque positionnée
comme guide éclairé de consommateurs débordés. Dans cet
univers, toute offre de services personnalisés aux
consommateurs devient coaching. Le sens du coaching relève
ici du marketing. Il est une autre façon de faire vendre et de
parler services complémentaires et conseils par les vendeurs.
Vous constatez que le coaching fait vendre, qu’il est
devenu un objet médiatique et que les risques de dérive sont
importants. Objet de fascination pour certains, de répulsion
pour d’autres, il est mis à toutes les sauces et sorti, la plupart du
temps, de son contexte. Les risques de banalisation et de
récupération sont grands. Cette situation est de nature à
interroger une association comme la nôtre.

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