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Le Labyrinthe des valeurs

De
194 pages

Jamais notre société n’a bénéficié d’autant de sources d’informations, jamais la science n’a été aussi avancée, jamais autant de modèles de vie et de valeurs n’ont été proposés. Le village que nous habitons est devenu planétaire, mais pour beaucoup, cette libération se traduit essentiellement par une perte de repères. Dès lors, faute de valeurs traditionnelles, nous nous laissons porter par notre instinct et par nos désirs. Est-ce bien raisonnable ? Sommes-nous sûrs ainsi de faire les bons choix et de détenir les véritables clés de notre destin ?
Ce livre offre la synthèse d’un demi-siècle d’observations, de lectures et de réflexions personnelles d’un dilettante éclectique, passionné par la recherche du sens du vécu. La méthode est simple : trouver l’essentiel en soumettant les idées rencontrées


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-66028-2

 

© Edilivre, 2014

Introduction

A qui s’adresse ce livre ?

A tous ceux qui s’interrogent ou se sont interrogés un jour sur leur parcours de vie, leurs choix d’existence et se posent la question du sens de leurs actes et d’une façon plus générale, du sens de leur existence et de l’univers. C’est sans doute le cas de nombre d’entre nous. Quant aux autres, cette lecture sera peut-être pour eux l’occasion d’une prise de conscience.

Le sens de la vie me semble étroitement lié aux valeurs pour lesquelles nous vivons, consciemment ou pas. En effet, ces valeurs, puisqu’elles sont à l’origine de nos choix, de nos projets et de tout ce en quoi nous croyons, donnent un sens à la totalité de notre existence. C’est pourquoi j’ai centré cet ouvrage sur la problématique du choix des valeurs existentielles. Cependant, pour éclairer largement ce sujet, il m’a semblé indispensable de se pencher sur quelques concepts clés issus pour la majorité du domaine des Sciences et enfin, d’envisager non seulement le sens de notre existence individuelle mais également celui de l’humanité dans son ensemble.

Je crois à présent utile d’esquisser brièvement la trajectoire qui m’a conduit à entreprendre la rédaction de ce livre. Dans l’enfance et l’adolescence, j’étais curieux de tout comprendre, de tout connaître. J’étais attiré par les encyclopédies générales et les ouvrages approfondissant telle ou telle notion qui me restait encore obscure. Progressivement, j’ai commencé à développer inconsciemment une forme de synthèse de ces acquis et mes lectures ultérieures se sont enrichies d’une approche de plus en plus critique. J’ai commencé à élaborer mon propre système de référence et une structure hiérarchique des connaissances partant des sciences Physiques et culminant avec la Philosophie de l’Histoire.

Finalement, j’ai ressenti le besoin de transcrire un certain nombre de réflexions plus ou moins personnelles. Après avoir entamé la rédaction d’un journal composé de courtes notes résumant des idées qui me semblaient porteuses de sens, j’ai remarqué après quelques années qu’il existait à travers celles-ci un fil conducteur manifeste. En effet, des notes pourtant séparées par un intervalle de temps considérable présentaient des similitudes étroites alors même que j’avais complètement oublié leur existence. En outre, l’ensemble de ces notes pouvait se partager en groupes relativement homogènes traitant grosso modo des mêmes questions. C’est cette constatation qui m’a finalement poussé à entreprendre la rédaction d’un livre. En effet, j’ai estimé que cette constance de pensée à travers les années en dépit d’une forte impression d’évolution personnelle méritait sans doute une mise en forme plus structurée que des notes éparpillées.

Ce n’est toutefois pas la seule raison qui m’a fait basculer dans l’univers exigeant de l’écriture. J’ai été frappé par le fait que le fruit de mes réflexions, non seulement présentait une certaine cohérence interne, mais pouvait également être relié à une multitude de courants de pensée à travers le temps et l’espace qui, au-delà des mots, me paraissaient refléter une même réalité.

C’est ce qui m’a décidé à écrire, afin de partager mon expérience personnelle de la quête universelle du sens existentiel. J’avais le sentiment qu’à défaut d’être original sur le fond (il ne peut y avoir qu’une réalité et mon orgueil serait grand de penser être le seul à l’avoir entrevue), je pouvais l’être sur la forme. Ainsi, à chaque époque, je crois bon que des hommes et des femmes s’expriment, en fonction de leur culture et de leur sensibilité, afin d’attirer l’attention de leurs semblables sur les questions et les réponses qui ne cessent de hanter l’Homme depuis qu’il existe.

Le plan de ce livre est articulé autour de trois parties bien distinctes :

– La première, théorique, expose les concepts clés à la base de ma réflexion.

– La deuxième, est la partie centrale au propre comme au figuré. Elle tente de dépister les vraies et les fausses valeurs et d’en tirer une leçon de conduite personnelle.

– La troisième est un essai de généralisation à l’ensemble de l’Humanité du sens de l’existence individuelle.

Ière Partie

Les concepts clés

 

 

Au fur et à mesure de mes lectures personnelles et de mes études, j’ai eu l’occasion de rencontrer des concepts qui se sont avérés essentiels pour l’élaboration d’une vision du monde « riche de sens ». Ce sont ces concepts que je voudrais présenter avant d’exposer dans les IIè et IIIè parties de cet ouvrage les conséquences qu’ils ont eues sur le cheminement de ma pensée.

Si je suis bien évidemment tributaire des auteurs de ces découvertes et des écrivains ou des professeurs qui les ont enseignées, je revendique toutefois la pleine responsabilité de la manière dont je les ai comprises et des conclusions que j’en tire.

Je tiens aussi à prévenir le lecteur que ces concepts, même s’ils paraissent fondamentaux à mes yeux, n’ont rien d’exhaustif. Je veux dire qu’ils n’épuisent pas toutes les questions que l’on est susceptible de se poser. Il serait de toutes façons bien présomptueux de ma part d’affirmer le contraire.

Ils ne présentent pas non plus de liens évidents entre eux, du moins a priori. Cela tient en partie au fait qu’ils se sont révélés au hasard des lectures, des rencontres et de mon expérience de vie personnelle.

Les concepts retenus ici ont cependant été sélectionnés parmi une multitude d’autres pour leur richesse de sens, leur potentiel explicatif. Je pense qu’ils ont le mérite d’être des repères significatifs dans une quête de sens. Pour moi, ils revêtent même une importance critique à cet égard (au sens de : fondamentale, unique). D’une certaine manière, ils sont là à titre de témoignage de la manière dont une réflexion philosophique peut s’élaborer chez un « honnête homme » du XXè siècle.

Avant de les approfondir quelque peu, je vais énumérer ces concepts dans l’ordre chronologique approximatif où ils se sont présentés à moi, ceci pouvant le cas échéant permettre de mieux comprendre ma démarche intellectuelle :

– La connaissance de soi-même.

– Le principe d’émergence et les niveaux d’organisation de l’être vivant.

– Les trois modes d’évolution de l’Histoire sous l’angle des civilisations (le « progrès » irréversible, les cycles, les modes invariants)

– Les grandes lois scientifiques biomédicales : l’entropie, l’indéterminisme, l’évolution,

– La Psychologie.

Les chapitres qui suivent ont pour but d’expliciter ces concepts clés.

Ier Chapitre
La Connaissance de Soi

Voilà peut-être le plus rabâché des concepts dont il sera question dans ces lignes et pourtant, un des plus inépuisables et des plus riches de sens. Cette petite phrase anodine de Socrate : « Connais-toi toi-même » recouvre en effet le champ immense de la subjectivité et du mystère de l’être. Toutefois, c’est sur un plan finalement très concret et même pragmatique qu’elle m’intéresse.

Je pense que beaucoup de gens ne se connaissent pas du tout. Quand je dis cela, je fais référence à deux choses : d’une part, les possibilités individuelles (issues de l’éducation et des qualités innées) avec leurs limites (qui ne sont que l’envers des possibilités) et d’autre part les aspirations, les rêves, les besoins et les désirs profonds de chacun (et non ceux qui nous ont été imposés consciemment ou non par la société). Si nous ignorons qui nous sommes ou si inconsciemment, nous n’acceptons pas ce que nous sommes, nous risquons de vivre en désaccord avec tout ce à quoi nous aspirons en réalité. Nous sommes alors condamnés à l’angoisse, à la dépression ou dans le meilleur des cas, à la frustration. Par contre, la connaissance relativement précise de notre être avec ses possibilités, ses besoins et ses désirs, peut nous permettre de fixer des objectifs réalistes qui seront autant de jalons vers notre épanouissement.

Il est important de dire que la définition de ce que nous sommes peut évoluer en fonction de nos rencontres et des découvertes que nous faisons. Ceci doit permettre de remettre en question certains choix jadis justifiés mais devenus caduques par la suite.

Les chemins qui mènent à la connaissance de soi sont multiples mais supposent toujours une étape de réflexion où l’on fait abstraction des contraintes qui pèsent sur nous et où l’on accepte avec simplicité et humilité de se voir tel que l’on est. Quand je parle de contraintes, je fais référence aux tentatives de formatage que la société ou nos proches exercent à notre égard, en contradiction avec notre être profond. Ce désir de nous transformer est parfois tellement puissant qu’il entraîne une véritable dépersonnalisation qui nous éloigne de notre épanouissement.

Quant au regard à porter sur nous-mêmes, il doit éviter les écueils de la complaisance mais aussi de l’autodépréciation.

La démarche par laquelle nous devons essayer de retrouver notre être profond, au-delà de tous les vernis qui ont pu le recouvrir, demande à la fois de l’humilité (il faut connaître ses limites) et en même temps de la bienveillance (il faut voir ses qualités). Le regard que l’on porte sur soi ou sur les autres est souvent péjoratif. Or, des jugements arbitraires négatifs (p.ex. « Les cheveux longs trahissent automatiquement une personnalité négligente ») sont de nature à influencer de manière défavorable la relation avec une personne et dans une certaine mesure la personne elle-même, qui va se sentir jugée. Ce regard qui juge l’autre peut aussi nous juger faussement nous-mêmes et entraîner une dévalorisation injustifiée. Il vaut donc mieux avoir pour soi un regard bienveillant, même s’il n’est pas exempt de lucidité.

En résumé, pour se connaître, il faut oser se voir avec lucidité et bienveillance tel que l’on est, pour connaître son caractère, son potentiel, ses limites et ses désirs profonds, et pouvoir ensuite ÊTRE EN ACCORD AVEC SOI-MEME.

LA CONNAISSANCE DE SOI EST LA GARANTIE DE L’AUTHENTICITE ET DE L’HARMONIE INTERIEURE

Or, seules l’authenticité et l’harmonie intérieure peuvent nous permettre de donner le meilleur de nous-même.

Se connaître serait stérile et nombriliste si cela n’avait pas pour effet de développer notre potentiel en se libérant du carcan des modèles que l’on nous impose (le plus souvent avec la meilleure volonté du monde) dès le plus jeune âge et de nos illusions sur nous-mêmes. Cette libération nous ouvrira de nouveaux horizons dans nos relations au monde et aux autres. Elle nous apportera un regain d’énergie insoupçonnée, énergie jusque-là consacrée à lutter contre nous-mêmes en raison de la présence de schémas imposés artificiellement de l’extérieur ou de l’existence de conflits internes provoqués par la méconnaissance de notre vraie nature et de nos désirs profonds (cf. plus loin le chapitre sur la psychologie). Elle nous permettra d’exprimer librement notre volonté de manière claire et naturelle, avec souplesse et sans agressivité inutile.

IIè Chapitre
Les Niveaux d’organisation des Etres Vivants et le « Principe d’Emergence »

Les êtres vivants représentent le niveau supérieur de complexité de la matière. Ceci paraît assez évident. Ce qui l’est moins, c’est que chaque niveau possède ses lois propres d’organisation et de fonctionnement, que ne peuvent expliquer à eux seuls les niveaux inférieurs. On appelle cela, le principe d’émergence. Essayons de rendre cela un peu moins abstrait par des exemples. Le niveau d’organisation physico-chimique s’organise en fonction d’un certain nombre de lois telles que les forces d’interaction (électromagnétiques, gravitationnelles, fortes et faibles), les liaisons chimiques, les réactions chimiques (fonction de l’acidité, du potentiel d’oxydoréduction, etc…). Il existe une certaine hiérarchie de complexité au sein même de ce niveau. La complexité de la physique est inférieure à celle de la chimie et cette dernière se complexifie depuis la chimie minérale jusqu’à la biochimie macromoléculaire en passant par la chimie organique. Toutefois, ces lois présentent une certaine continuité qui permet de passer progressivement du plus simple au plus complexe (je dirais au plus organisé) mais ne laissent absolument pas prévoir celles qui apparaissent avec le niveau d’organisation supérieur, à savoir le niveau cellulaire. Avec la cellule, apparaissent des fonctions infiniment plus complexes et surtout d’une autre nature que celles du niveau physico-chimique (homéostasie ou maintien de l’équilibre des caractéristiques vitales, reproduction, adaptation). Les deux niveaux suivants montrent une discontinuité peut être moins grande. Il s’agit de la réunion des cellules en tissus, ceux-ci formant à leur tour des organismes. Par ailleurs, il existe une analogie nette entre l’organisme et la cellule, avec des fonctions relativement semblables. Néanmoins, il est indiscutable que de nouvelles possibilités apparaissent au niveau de l’organisme par rapport au niveau cellulaire, dont la moindre n’est pas d’avoir créé un tissu spécifique à la pensée, le tissu nerveux.

Le niveau du groupe, ou réunion et interaction de plusieurs organismes, a aussi ses lois propres. La vie à deux est bien différente de celle des célibataires et l’on peut dire la même chose à partir du moment où apparaissent les enfants. La vie sociale au sens plus large est également différente et il existe encore des niveaux plus globaux permettant de considérer une nation ou une civilisation dans son ensemble, voire même l’espèce humaine dans sa totalité. On pourrait essayer de détailler tous ces niveaux mais je crois qu’il faut surtout en retenir que ceux qui cherchent à expliquer un niveau à l’aide des lois du niveau inférieur risquent de se fourvoyer largement surtout lorsqu’ils essayent de nier l’existence même de différences significatives entre ces niveaux. Par exemple, il est erroné de vouloir expliquer le comportement humain à l’aide de théories neurophysiologiques car cela revient à réduire le niveau de l’organisme à celui du fonctionnement d’un de ses tissus.

IIIè Chapitre
Les Trois Modes d’Evolution Historique des Civilisations

Ce titre mérite un peu d’explications. Je tiens tout d’abord à rendre un hommage particulier à l’inspirateur de ce chapitre. Il s’agit d’un homme d’une envergure exceptionnelle, un historien remarquable tant par l’élévation de sa pensée que son érudition : Sir Arnold Toynbee.

L’Histoire est un champ d’investigation d’une richesse exceptionnelle dans la quête du sens à donner à l’existence, car elle peut à elle seule, dans son acception la plus large, comprendre toutes les autres sciences. Néanmoins, c’est sous un angle un peu plus restrictif que j’y fais référence dans le cadre de ce paragraphe. En effet, ce sont avant tout les lois qui régissent les civilisations prises comme champs intelligibles qui sont à l’origine de ce troisième concept clé. Une civilisation est évidemment une notion excessivement vaste et diversifiée dont l’unité est à la fois culturelle et le plus souvent géographique mais pourtant évolutive dans le temps. On peut citer la civilisation occidentale mais aussi les civilisations chinoise, précolombienne, indienne etc… Ce qui ressort de l’étude de ces civilisations, c’est que, au-delà de leur diversité interne et comparative, elles subissent un schéma d’évolution commun considéré sous trois modes, possédant chacun leurs lois propres :

Une évolution que l’on peut qualifier d’irréversible : il s’agit essentiellement des conquêtes réalisées par l’Homme au niveau des Sciences au sens large (y compris le Droit, la Philosophie, l’Economie etc…)

Une évolution que l’on peut qualifier de cyclique : c’est elle qui est à l’origine de la notion d’éternel retour et du fatalisme pessimiste sur la condition humaine selon lequel l’Homme (envisagé d’un point de vue social) retombe toujours dans les mêmes erreurs. Ce mode d’évolution pose la question du déterminisme et de la liberté. Il est a priori moins enthousiasmant pour l’esprit que les deux autres car il laisse une impression de fatalité et d’impuissance. Et pourtant, nous sommes en réalité sous l’emprise de bien des déterminismes sans que cela ne nous affecte de façon péjorative. Au contraire, il n’est de liberté que par rapport à un donné qui, par définition, constitue une détermination. S’en affranchir dans une certaine mesure nécessite de reconnaître ces déterminismes.

En quoi consiste le caractère cyclique de l’évolution des civilisations ? Et bien en fait, il semble qu’il existe une suite de stades par lesquels passent la plupart des civilisations à moins qu’elles ne disparaissent avant ou qu’elles ne stagnent plus ou moins longtemps au même niveau. Il s’agit des stades suivants : la naissance, la croissance, le pluralisme politique (p.ex. les cités-états grecques ou les comtés du moyen-âge), la rupture et la désintégration, la réunification dans un empire universel (empire chinois p.ex. ou empire romain), puis une religion universelle. Chacun de ces stades ayant ses propres caractéristiques et ses propres lois. La dynamique qui préside à l’évolution de la civilisation à travers ces différents stades repose sur le couple défi-réponse. Ceci mérite quelques explications. Les civilisations font face à des défis de différentes natures : guerre, difficultés économiques, politique intérieure, changements des mentalités, choc des cultures etc… Chacun de ces défis entraîne une réponse de la part des dirigeants ou de la part du peuple dans son ensemble. A l’issue de cette réponse, le défi peut être remporté ou la civilisation peut faire face à un échec. Une victoire renforcera généralement la civilisation en la faisant évoluer tandis que l’échec va l’affaiblir voire l’anéantir. Elle sera alors absorbée par ses voisines ou le cas échéant disparaîtra physiquement (génocides, famines, conditions climatiques etc…). D’une certaine manière, les civilisations vivent et meurent à l’instar des êtres vivants qui la composent. On retrouve les mêmes principes qui régissent les niveaux d’organisation inférieurs (homéostasie, reproduction-extension, adaptation…).

Il faut également préciser que l’âge d’or de chaque civilisation ne correspond pas nécessairement au même stade. Ainsi, dans la civilisation grecque, c’est au stade du pluralisme politique que les progrès les plus décisifs ont eu lieu. En Chine ou dans l’empire Romain, ce serait plutôt au stade de l’empire universel que des structures favorisant le progrès culturel ont été mises en place.

Enfin il existe une évolution que je qualifierais d’invariante. Ce terme paradoxal signifie que les modifications constatées n’ont pas un caractère réellement cyclique mais ne représentent pas non plus un progrès stricto sensu.

L’exemple le plus caractéristique est le domaine artistique. Une œuvre d’art, quelle que soit son époque n’a pas une valeur artistique inférieure à une autre en fonction du contexte historique mais uniquement en fonction de sa valeur intrinsèque. L’évolution ne se fait donc pas dans une direction quelconque mais bien simplement à travers une diversité de formes le cas échéant tributaire des progrès technologiques ou théoriques. La musique est ainsi un domaine artistique dans lequel la théorie et la technologie musicale ont fait des progrès à l’époque moderne sans que cela ne remette en cause la valeur intrinsèque des œuvres du moyen-âge, par exemple. Idem pour les arts plastiques où les progrès techniques et théoriques, tels que par exemple l’introduction de la perspective à la Renaissance, ne remettent pas en cause la valeur des œuvres antérieures. Il est donc exact qu’au niveau de la forme, un certain progrès technique se manifeste mais cette affirmation se nuance en fonction de phénomènes pseudo-cycliques (réalisme-abstraction, dépouillement-surcharge, perspective ou vue bidimensionnelle etc…) et du caractère atemporel de la valeur artistique des œuvres.

Comme autre exemple, on pourrait prendre les valeurs existentielles elles-mêmes. Au sein de chaque civilisation, quel que soit son stade d’évolution, s’élève des voix pour défendre les valeurs existentielles sous des formes différentes qui peuvent donner le change pour une évolution réelle mais qui, en profondeur, au-delà des déformations socio-culturelles, font appel à la même réalité ontologique sous-jacente.

Par ailleurs, à côté de ces trois modes d’évolution communs, il existe des phénomènes de rencontres entre civilisations dans l’espace (contacts géographiques à la même époque) ou dans le temps (redécouverte d’une époque oubliée de la même civilisation ou d’une autre civilisation par l’archéologie et l’histoire). Ces contacts permettent de confronter les systèmes culturels, de les remettre en cause, de s’enrichir par les différences de valeur, de connaissance et aussi de prendre conscience de ses origines.

IVè Chapitre
Les Grandes Lois Biophysiques

En dépit du caractère (trop ?) ambitieux du titre de ce paragraphe, j’insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une description exhaustive de tout ce qui fonde la réflexion scientifique actuelle, ce qui serait bien présomptueux de ma part, mais bien de mettre en évidence des clés qui ont nourri ma réflexion personnelle et pourraient, à ce titre, intéresser d’autres personnes.

Après cette mise en garde, je voudrais à présent succinctement exposer les notions rencontrées au hasard de ma formation ou de mes lectures.

A) Les principes de la thermodynamique

Le premier concept qui m’a paru fondamental est celui de la thermodynamique et de ses deux premiers principes.

Le premier principe consiste à dire que l’énergie se conserve, il ne s’en crée pas et il ne s’en perd pas. Au fait, qu’est-ce que l’énergie ? Pour simplifier, on pourrait dire que c’est ce qui permet d’effectuer un travail sous différentes formes (déplacer un objet, faire de la lumière, survivre, produire de l’électricité etc…). En fait lors de chaque travail, l’énergie ne disparaît pas elle se transforme en une autre forme d’énergie, moins utilisable, plus « dégradée ».

C’est ce phénomène qui nous conduit au second principe de...