Le personnage du bohémien et les littératures rroms

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Ce mémoire est une initiation pour découvrir comment est traité le personnage du bohémien dans la littérature européenne et comment les auteurs rroms se sont emparés de leur propre littérature, comment racontent-ils l'histoire de leur peuple ? Je vous laisse découvrir la richesse évocatoire et le talent de ce peuple à se confier, mais vous découvrirez également comment de nombreux auteurs européens leur ont rendu hommage, tant dans les écrits qu'au cinéma. Cette œuvre est sans prétention, non exhaustive et accessible à tout public s'intéressant aux personnages de gitans, bohémiens ou à la culture du peuple rrom. Venez vous immerger dans ce monde riche et inconnu !
Publié le : jeudi 19 mai 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791026205517
Nombre de pages : non-communiqué
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Jérémy Créac'h

Essai ou mémoire sur le

personnage du bohémien

et les littératures

rroms.

Comparaison entre la littérature européenne parlant des Rroms et les auteurs rroms qui racontent l'histoire de leur peuple.

 


 

© Jérémy Créac'h, 2016

ISBN numérique : 979-10-262-0551-7

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Courriel : contact@librinova.com

Internet : www.librinova.com


 

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Auteur : Créac'h Jérémy

 

 

Directeur de recherche : M. Francis Claudon puis M. Vincent Ferré, professeurs de littérature comparée à l'Upec

 

 

12 novembre 2014

 

Remerciements

 

La réalisation de ce mémoire a été possible grâce au concours de plusieurs personnes à qui je voudrais exprimer toute ma reconnaissance.

 

Tout d'abord, je voudrais remercier mes deux directeurs de recherche consécutifs, M. Francis Claudon et M. Vincent Ferré, tous deux professeurs de littérature comparée à l'université Paris-Est de Créteil pour leur patience, leur disponibilité mais aussi beaucoup de conseils judicieux qui ont su orienter et alimenter ma recherche.

 

Je désire également remercier tous les professeurs de lettres de l'université de Créteil qui ont su nous transmettre la passion des Lettres et le goût de la recherche universitaire.

 

Je souhaite également remercier mes collègues de Lettres parmi lesquels j'ai trouvé des amis sincères dont Sébastien Mion et AbdelKader Bouzidi pour ne pas tous les nommer.

 

Pour finir, je rappellerais à quel point cet apprentissage de la littérature est précieux et combien difficile est la mission des professeurs de lettres qui propagent ce savoir qui est notre héritage et notre identité.

 

Encore merci à tous.

 

Jérémy Créac'h Dumas, le 12 novembre 2014

 

Introduction :

 

Au premier abord, les exemples de personnages de « gitans » dans la littérature ne sont pas légion. Ce personnage est souvent confondu avec celui du héros vagabond en exil qui est un personnage récurent.

Pourtant, ils ne sont pas identiques car l'un représente un peuple avec ses coutumes et l'autre est souvent de noble ascendance et a été contraint à l'exil ou à une vie d'errance par un coup du sort.

On trouve pourtant des occurrences du personnage de bohémien dans quelques œuvres dites « classiques » mais leur traitement diffère suivant le genre et la date de l'œuvre. Ce personnage, en effet, s'adapte et sert les intérêts de l'œuvre dans laquelle il est placé et non l'inverse ; de plus, il est bien souvent un personnage secondaire. D'où vient ce qui peut ressembler à une animosité réciproque entre le « gadjo 1a» et le « gitan »(ou « tsigane », « rrom » ou « bohémien », diverses appellations qui ne se recoupent pas nécessairement mais renvoient dans l'imaginaire collectif et la croyance populaire aux mêmes individus)?

Il serait facile de supposer que cette méfiance vient en partie d'une certaine forme de jalousie que les sédentaires, vivant peut-être parfois enfermés dans une certaine routine, entretiennent vis à vis du mode de vie rrom qui intrigue mais fait également rêver.

Cependant, en littérature (entretenant également une certaine forme de marginalité vis à vis des codes de notre société), le voyage, le nomadisme et la découverte perpétuelle ne peuvent que faire rêver et apparaissent à bien des égards comme le mode de vie idéal. C'est sans doute pour cette raison qu'une réalité concrète, sociologique et ethnologique est passée en littérature par un stade de mystification, qui fait que nous pouvons désormais parler du mythe du bohémien dans la littérature.

C'est le jeu perpétuel entre réalité et mythe, entretenu également par les écrivains rroms eux-mêmes, une certaine forme de frontières poreuses qu'il conviendra d'élucider dans ce mémoire.

 

De plus, dans l'imaginaire littéraire, le personnage du gitan se confond souvent avec le personnage de la littérature espagnol du « picaro2 » qui évolue dans les romans picaresque dont les exemples les plus célèbres sont La Vida de Lazarillo de Tormes, Guzmàn de Alfarache de Matéo Aleman, L'Histoire de Gil Blas de Santillane de Lesage ou l'aventurier Buscon.

Le roman picaresque est un genre littéraire qui est né en Espagne au 16ème siècle et qui met en scène des héros miséreux vivant dans les marges de la société.

Ce mode de vie est d'ailleurs appelé « vie de bohème » en référence aux bohémiens et ressemble beaucoup à la vie faite d'expédients qui est décrite dans Carmen par exemple.

De tous les temps et dans la totalité des culture, l'errance associée à la liberté totale a toujours été le fruit de nombreux fantasmes. Notre mode de vie sédentaire et le poids des nombreuses normes qui encadrent notre quotidien en sont sans doute la cause.

 

L'étude de la littérature rrom à notre époque peut sembler, à bien des égards, un défi.

Son étude est rendue complexe par de nombreux facteurs sociaux, politiques et culturels qui ont progressivement formé une aura de suspicion autour de ce peuple.

En effet, de nombreux préjugés ainsi qu'une situation politique tendue peuvent rendre complexe une investigation qui se veut constructive et impartiale.

Comme le rappelle Morgan Garo, docteure en géographie-géopolitique, « tout travail sur l'identité d'un groupe est délicat. Il ne s'agit ni de tomber dans les généralisations ni de ne s'attacher qu'aux particularismes »3. En outre, les rroms sont victimes d'une ambivalence dont les extrémités semblent difficilement conciliables : d'une part, le désir de s'intégrer dans les pays hébergeants face au désir de se réunir et de former une nation sans territoire une et indivisible.

Il semble légitime de se poser la question si le fait même de ne pas réclamer de territoire spécifique et donc de n’être réellement chez-eux nulle part n'est pas un motif en soi de rejet voire de persécutions pour ceux qui ne parviennent pas à comprendre la légitimité de ce mode de vie. L'errance et la liberté, une certaine forme d'affranchissement vis à vis des règles ne sont pas aisément concevables par tous. Cependant, ces questions demeurent très complexes et demeurent la chasse gardée des sociologues qui parviendront peut-être à démêler le vrai du faux et améliorer ainsi le statut et les conditions de vie du peuple rrom.

Ce mémoire n'est pas un travail de recherche politique ou sociologique. Son objet d'étude premier demeure la littérature, son esthétique, son contexte, ses influences car peu de personnes ont conscience de l'existence de cette littérature ainsi que de l'activité critique et associative qu'elle génère.

 

Il est difficile de dissocier l'aspect sociologique de l'aspect artistique car ceux-là sont étroitement imbriqués. Jours après jours, le peuple rrom défraie la chronique devenant malgré lui le personnage clé d'enjeux et d'intrigues qui le dépasse.

Les auteurs rroms eux-mêmes, qu'ils soient écrivains ou cinéastes, ne peuvent s’empêcher d'aborder ces problèmes d'accueil et d'intégration qui prennent une telle ampleur qu'ils finissent par devenir constitutifs de l'identité du peuple rrom.

Si cela est regrettable, il est inutile de l'ignorer car ce serait passer à côté de ce qui est peut-être la raison même de l’émergence de la littérature rrom qui est, l'on ne peut le nier, une littérature engagée.

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