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Le Poisson rouge et le sociologue

De
495 pages
Les choses vont mal. Extrêmement mal. L'auteur, médecin retraité, déplore cet état de fait et plus encore la passivité des citoyens/victimes qui démissionnent et se terrent en surveillant le voisin. Media qui orientent et manipulent l'information pour l'adapter adroitement a l'idéologie. Juges d'instruction qui instruisent a charge s'en remettant au Saint-Esprit pour la décharge. Il n'est pas de meilleure illustration de ce désastre que l'écoute des courriers d’auditeurs qui, tenant le Pakistan pour une marque de semoule, déplorent le favoritisme de règle a « Star Academy» ou le mauvais remboursement des bas a varices. Dénoncer ne change pas grand-chose, mais fait beaucoup de bien au dénonciateur et, parfois même, un peu au lecteur.
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LE POISSON ROUGE ET LE SOCIOLOGUE
André PIGNON
LE POISSON ROUGE ET LE SOCIOLOGUE ESSAIS ET DOCUMENTS
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-7097-0 (fichier numérique) ISBN 13 : 9782748170979 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-7096-2 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748170962 (livre imprimé)
AN D R EP I G N O N
LE POISSON ROUGE ET LE SOCIOLOGUE Observation de quelques Evénements récents suivis Des enseignements que L’on devrait peut-être en Tirer si l’on acceptait de Regarder plus loin que le Coin de la rue.
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LL E S O C I O L O G U ER O U G E E T E P O I S S O N
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AN D R EP I G N O N
HYMNE A LA JEUNESSEMai 68. Cent interprétations ont été données de mai 68, aucune ne rend compte du ridicule de cette gesticulation ; chaque année qui passe la montre pourtant plus creuse et plus déshonorante. Ni grand soir ni matin du monde, ni révolte ni révolution, mais conjonction de deux lâchetés. Et apothéose du non-sens. Pour justifier le maoïsme qui régnait à l’époque, c’est B.-H. Lévy, sauf erreur, qui le présente comme le seul moyen que de très petits penseurs avaient trouvé pour lutter (?) contre le stalinisme. Ultima ratio stupidum. Laogaï contre goulag ! Gribouille dans un bain de sang... Quel combat ! Quelle géniale intuition ! Mais, et il faut bien l’avouer, quel gaspillage ! Exhumer trente ou quarante millions de squelettes, de pauvres restes en cours de décomposition, de cadavres encore frais alors qu’un petit million de braves bougres bien vivants descendant tranquillement une Avenue furent suffisants pour que les soixante-huitards se précipitent dans les bouches d’égout. Dans des trous de rats qu’une Providence programmée allait transformer très vite en trous dans le gruyère. L’époque, il est vrai, était folle, mais quel souvenir ! Notre future « élite » transformée par quelques chamans de troisième ordre en volière de pintades décérébrées ! Messagers de progrès tout de même : Ils ont brûlé des pneus là où d’autres en d’autres temps avaient brûlé les livres. Avaient-ils le sentiment d’écrire avec leurs baskets une grande page d’histoire ? Dans l’exaltation du moment, certains l’ont pensé. Le drame, c’est que le
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LO I S S O N R O U G E E P S O C I O L O G U EE T L E
talent des gardiens du souvenir s’amoindrit avec le temps. Dans un siècle la mémoire de l’événement, métamorphosée en culte, en critère de correction politique, ne sera plus entretenue que par quelques semi-débiles, quelques vestales vieillissantes veillant sur l’interdiction de critiquer un après-mai 68 dont le bon peuple aura depuis belle lurette oublié la fourberie orientée. De zéro à zéro en passant par la Sorbonne. Surprenante évolution en boucle, en cercle parfait, dont l’histoire ne fournit que peu d’exemples. [Une mode stupide a voulu que 68 fût la traduction visible des métamorphoses souterraines qui agitaient une jeunesse confrontée à de nouveaux défis (longévité, métissages divers et vagues migratoires, nouveaux rapports à la souffrance et à la mort, multiculturalisme et disparition des repères anciens, violence et mondialisation – évitons par pitié « universalisme » qui a le parfum niais de l’utopie,...) Une humanité nouvelle était en gestation sous les pavés comme une portée de lombrics dans le terreau humide ! Quand le contexte dans lequel il avait ses habitudes se modifie trop brutalement, l’homme rentre ses cornes, et il revient spontanément à ce qui fait sa permanence. Ainsi regagnons-nous dans les moments troublés cette immuable coquille où nous sommes à l’aise ; tels qu’en nous-mêmes enfin le désordre nous change. Nous ne nous adaptons pas au monde en variation, mais adaptons le monde à notre invariance. Le soixante-huitard n’était pas en train de muer sous l’asphalte brûlant et les pneus calcinés, dérouté par une période de transition à laquelle il ne comprenait pas grand-chose, il revenait à ses fondements : Veulerie, panurgisme, enthousiasme d’enfant pour les causes futiles et démarche incertaine vers un espoir confus. Le merveilleux, dans notre affaire, est la générosité de ces sages sur le retour, gardiens attendris de l’infantilisme, qui, regard clair, plume chevrotante et sourire de bon vieillard, lancent sans ciller leurs bobards alors qu’ils sont pourtant les derniers à y croire. Un homme nouveau en gestation ? Comme au temps des Césars les manipulateurs sont devenus fonctionnaires arrivistes ou députés européens. Et les crétins sont restés crétins comme au temps des Césars (ils aboient toujours au commandement en brandissant des torchons rouges). Non, l’essence ne ment pas.] Plus de trente ans déjà... Avec le temps qui passe, la mémoire nous trahit. Autre siècle autre tableau ; le courage sans faille de nos
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