Le racisme

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Des centaines de millions des personnes ont été victimes ou souffrent encore aujourd'hui de l'idéologie fondée sur la croyance selon laquelle il existe une hiérarchie entre les groupes humains. Le racisme, la discrimination, la xénophobie et l'exclusion se nourrissent de l'ignorance, des jugements provisoires formés par avance à partir d'indices qu'on interprète et des opinions adoptées sans examen par généralisation hâtive d'une expérience personnelle ou imposée par le milieu, l'éducation. En examinant les faits historiques et scientifiques, vous ne vous étonnerez pas de constater qu'il existe une égalité indiscutable entre les races humaines.
Publié le : lundi 13 juin 2011
Lecture(s) : 320
EAN13 : 9782748190267
Nombre de pages : 183
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2 Titre
Le racisme

3

Titre
Victor N'gembo-mouanda
Le racisme
La honte d’une société qui se dit
civilisée
Essais et Documents
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-9026-2 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748190267 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-9027-0 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748190274 (livre numérique)

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. .

8 LE RACISME






À mon épouse Ursula Pélagie Kissita,
à mon fils Biasto Uchama Pradinara N’gembo-
mouanda,
à ma fille Urvi Gladly Haifen N’gembo-mouanda,
à mon frère cadet Paul Zimpassi-mouanda,
et à tous ceux qui aiment sincèrement les autres
peuples,
malgré la différence de nations, de tribus,
de langues et de races,
je dédie cet ouvrage.
9 AVANT-PROPOS

AVANT-PROPOS
Quand je suis arrivé en Europe, je croyais
que les Blancs avaient résolu depuis longtemps
leurs problèmes de racisme et que les Noirs
étaient des citoyens comme les autres. J’ai
constaté que c’était le cas sous bien des
rapports. L’Europe m’a paru en avance d’un
siècle sur l’Afrique. Et puis, j’ai découvert,
horrifié, que pas grand-chose n’avait réellement
changé dans le cœur des gens. Res, non verba.
Des réalités, non des mots.

En effet, il y a une longue traînée des
préjugés raciaux. C’est en Angleterre que j’ai fait
plus d’une fois l’expérience du racisme. Le choc
a été terrible. J’ai eu envie de rentrer dans mon
pays, de fuir tout cela. En Angleterre, un des
moments les plus forts de la ségrégation est
quand on emprunte le transport public. J’ai
remarqué que même dans le métro, le bus et le
bateau, les gens hésitent à s’asseoir avec ceux
d’une autre race. Alors, que se passe-t-il dans
11 Le racisme
d’autres lieux, occasions et moments de la
journée ?

J’estime qu’un changement doit passer par
l’éducation. L’éducation nous fait accepter
l’universalité des êtres humains et elle peut aider
à faire tomber les barrières du racisme, de la
discrimination et de l’exclusion, même dans les
pays où la haine ethnique est vivace.

L’auteur
12 INTRODUCTION

INTRODUCTION
Si vous avez été victime de préjugés, sachez
que vous n’êtes pas le seul dans ce cas. Des
centaines de millions d’autres personnes
souffrent encore aujourd’hui du racisme, de la
discrimination, de la xénophobie et de
l’exclusion. Ces pratiques déshumanisantes,
alimentées par l’ignorance et les préjugés, ont
déclenché dans de nombreux pays des conflits
internes et causé d’immenses souffrances
humaines. Si vous n’avez jamais été victime de
préjugés, peut-être aurez-vous du mal à
comprendre combien cela est traumatisant.
Certains souffrent en silence. D’autres rendent
la pareille, plus durement encore.

Si vous appartenez à une minorité, il se peut
que les gens vous évitent, vous lancent des
regards hostiles ou fassent des remarques
blessantes sur vos coutumes ; que les offres
d’emploi se limitent à des tâches ingrates dont
personne d’autre ne veut ; qu’il soit difficile de
trouver un logement décent ; que vos enfants se
13 Le racisme
sentent mis à part ou rejetés par leurs
camarades de classe. Pire, les préjugés poussent
parfois à la violence, voir au meurtre. Les pages
de l’Histoire sont pleines d’ailleurs de
massacres, de génocides, de prétendues
épurations ethniques et d’autres actes de
violence révoltants, motivés par les préjugés.
Les préjugés les plus honteux sont ceux qui
sont produits du racisme, de la discrimination,
de la xénophobie et de l’exclusion.

Les gens disent souvent qu’ils n’ont pas de
préjugés raciaux. Pourtant, il est de fait que le
racisme a longtemps prédominé. En
conséquence, beaucoup continuent à croire à
une infériorité innée des Noirs sur les Blancs et
qu’il est normal qu’ils restent au bas de l’échelle
sociale. D’où viennent de telles idées et
pourquoi ont-elles la vie si dure ? Comment
peut-on s’en affranchir ? Quel est votre réel
point de vue sur les races ? Ou plus
précisément, estimez-vous que les Blancs ont
une supériorité inhérente sur les Noirs ? Quelle
que soit votre réponse, que révèlent votre
attitude et vos actions ?
14 Chapitre premier. Les défenseurs de la supériorité
raciale

CHAPITRE 1
LES DÉFENSEURS DE LA SUPÉRIORITÉ RACIALE
Le rôle de la religion
L’idée moderne d’une supériorité inhérente
de la race blanche prit naissance lors de la
conquête de l’Afrique et de l’asservissement des
Noirs africains. Il fallait justifier le commerce
des esclaves, d’autant plus que ceux qui s’y
livraient se déclaraient chrétiens. Le juriste et
philosophe français Montesquieu montra
comment les trafiquants raisonnaient. « Selon
eux, disait-il, il est impossible de croire que ces
gens-là sont des hommes. Autrement on
douterait que nous sommes chrétiens. » En
Amérique aussi, des hommes qui se disaient
disciples de Jésus Christ voulaient justifier
l’esclavage, car l’économie des planteurs de
coton du Sud était basée sur l’esclavage des
Noirs. Ainsi, un historien américain déclare :
« Le planteur du Sud cherchait dans les [Saintes]
Écritures une confirmation biblique de cette
pratique. (…) Il ne cessait d’affirmer que
15 Le racisme
l’esclavage était non seulement approuvé, mais
encore ordonné par la Bible, et que Dieu l’avait
établi pour le bien même des Noirs. » Les
Églises prirent la tête dans la défense de
l’esclavage. Elles enseignaient que les Noirs
étaient une race maudite et que leur peau était
noire pour cette raison. En 1844, la question de
l’esclavage provoqua la séparation des
méthodistes du Nord de ceux du Sud. En 1845,
les baptistes ainsi que les presbytériens se
divisèrent le long de la ligne politique Mason-
Dixon qui séparait le Nord du Sud. Même
encore en 1902, une maison d’éditions bibliques
de Saint Louis publia un livre à grande diffusion
intitulé Le Noir est-il « une bête » ou est-il « fait à
l’image de Dieu » ? On y trouvait un chapitre
intitulé « Preuves bibliques et scientifiques
convaincantes démontrant que le Noir
n’appartient pas à la famille humaine ».

Il ressort de ce qui précède qu’avec
l’approbation des Églises, on regardait les Noirs
comme foncièrement inférieurs aux Blancs.
L’Encyclopédie britannique commente ainsi cette
déplorable attitude : « Pour leur plus grand
malheur, les Africains furent réduits en
esclavage en Amérique par des chrétiens qui, ne
pouvant allier leurs croyances et la pratique de
l’esclavage, remodelèrent leur conception du
Noir pour ne voir en lui qu’un bien de
16 Les défenseurs de la supériorité raciale

consommation et non un être humain habilité à
jouir de ses droits et de la liberté. » Cependant,
les Églises n’étaient pas les seules à défendre ce
point de vue. Des philosophes et des savants
s’en sont mêlés.
D’autres défenseurs de la supériorité blanche
Aux États-Unis, vers les années 1830, des
philosophes sudistes formulèrent les principes
de l’inégalité naturelle de l’homme, concept déjà
accepté par la plupart des Sudistes. De plus, l’un
des plus célèbres anthropologues américains de
l’époque, Josiah Nott, essaya d’apporter à ce
concept des preuves biologiques. Certains en
arrivèrent à penser que les différentes races
avaient évolué séparément et que les Noirs
étaient restés plus proches des singes.
L’Encyclopédie britannique énumère certaines
caractéristiques censément probantes et ajoute :
« Il semble que le Noir se place dans l’échelle de
l’évolution à un degré inférieur à celui de
l’homme blanc et plus proche des anthropoïdes
supérieurs. »

De nos jours, cette opinion a encore des
partisans, parmi lesquels le professeur Carleton
Coon, ancien président de l’Association américaine
des anthropologues. Il soutient que cinq races
d’homme, séparées les unes des autres, « ont
17 Le racisme
évolué indépendamment jusqu’à l’Homo sapiens,
non pas en une fois, mais en cinq fois ». Un de
ses représentants a déclaré, lors d’une émission
nationale à la télévision américaine, que Coon
« soutient, preuves à l’appui, que la race noire a
200 000 ans de retard sur la race blanche dans
l’échelle de l’évolution ». De telles idées sur les
Noirs, propagées pendant si longtemps, nous
aident à comprendre pourquoi les premiers
Américains pouvaient dire que « tous les
hommes naissent égaux » et légitimer en même
temps une forme d’esclavage où des personnes
étaient traitées comme des inférieurs. Paul
Horton et Gerald Leslie donnent cette
explication dans la troisième édition de leur
livre La sociologie des problèmes sociaux (angl.) : « La
déclaration selon laquelle “tous les hommes
naissent égaux” ne s’appliquait pas aux Noirs
puisqu’ils étaient “des biens de consommation”
et non des hommes. Les théories telles que la
malédiction biblique sur les descendants de
Cham, les évolutions séparées ou incomplètes,
le déterminisme géographique et les différences
de quotient intellectuel ont souvent servi
d’excuses pour traiter les Noirs comme des
êtres inférieurs. Aussi longtemps que l’on a cru
à de telles idées, et c’était le cas de la majorité
des gens, il n’était pas contradictoire de
professer un idéal démocratique tout en
pratiquant la discrimination. »
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